‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 244 sur 256 · TITRE XI. — EXPLORATION DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

TITRE XI. — EXPLORATION DE L’UTÉRUS

1° Palpation sus-pubienne.

La vessie et le gros intestin ont été préalablement évacués soit spontanément, soit parle cathétérisme ou les lavements. La malade est couchée sur le dos, la tête soutenue, les cuisses demi-fléchies.

La main étant appliquée en travers, puis en long sur l’hypogastre, on commence par déprimer les parois abdominales en même temps que par des mouvements latéraux, on écarte les viscères les plus mobiles, les intestins.

Si pendant ces manœuvres on rencontre quelque corps dur, on ramène sur lui la pulpe des doigts, de manière, en l’explorant avec plus de soin, a apprécier son volume, sa forme, sa consistance, sa mobilité, ses connexions avec les organes voisins.

Il importe de débuter par les fosses iliaques où l’on trouve quelquefois les trompes et les ovaires malades; puis, arrivé à la région hypogastrique, on recherche le fond de l’utérus que l’on atteint en déprimant les parois abdominales et parfois même en les refoulant jusque vers le bassin avec les doigts graduellement fléchis. Dans tous ces mouvements la paume de la main prend un point fixe sur le pubis.

2° Exploration par le toucher.

A. Toucher vaginal. — Même attitude que pour la palpation hypogastrique.

Je m’abstiens de lits spéciaux. Seulement j’ai soin que le bassin soit un peu relevé, afin de faciliter l’introduction du doigt.

J’ai souvent remarqué qu’on trouvait de grandes facilités pour ce mode d’exploration à faire porter les deux mains des malades au dessous du siège.

S agit-il d’apprécier le poids, la mobilité de l'utérus, on poi’te le doigt à la base du col, on communique au globe utérin des mouvements de ballottement.

\ eut-on reconnaître l’état de la matrice, son volume, sa consistance, la main gauche appliquée sur l’hypogastre facilitera singulièrement cette exploration.

Pour saisir ainsi l’utérus entre les deux mains de manière à en apprécier rigoureusement la configuration, le volume, etc., il faut, l’index et le médius de la main droite étant introduits dans le vagin, que la main gauche en déprimant la paroi abdominale antérieure aille former un contre-appui qui refoule l’utérus contre les doigts placés dans le vagin et écartés l’un de l’autre en manière de fourche, ce qui empêche l’utérus de fuir soit à droite, soit à gauche.

Lorsque la cavité vaginale est très-longue et l’utérus exempt de prolapsus, il est quelquefois très-difficile d’atteindre et d’explorer le col utérin. On obviera cà cet inconvénient en faisant marcher les malades an

moment de les visiter ou en les engageant, au moment de l’examen, à pousser comme pour aller à la garde-robe.

Lorsqu’on trouve dans le vagin, des tumeurs sur la nature desquelles l’exploration par l’index et le médius est insuffisante pour éclairer le chirurgien, Lisfranc conseille d'introduire la main tout entière, mode d’examen beaucoup moins douloureux qu’on ne pense, quand il est fait avec ménagement.

La menstruation peut amener une dilatation plus ou moins marquée de l’orifice utérin. On pourra profiler dans quelques cas de cette circonstance pour se livrer à une exploration complète. Pour cela, le bout du doigt indicateur étant engagé dans l’orifice du col, on le pousse dans la cavité de l’utérus par des mouvements de demi-rotation, tantôt de droite à gauche, tantôt de gauche à droite, et cela très-lentement, avec une douceur extrême, et en faisant surtout agir la pulpe du doigt dont l’ongle aura été coupé très-court.

Le toucher par le vagin permet encore, dans certains cas, d’explorer les ligaments larges de l’utérus et quelquefois même les ovaires dont le volume est augmenté et dont l’exploration est plus facile en général par la région hypogastrique.

B. Toucher rectal. — Même attitude que pour le toucher vaginal.

L’index est glissé dans l’anus avec les mêmes précautions que pour la vulve. Ce doigt recourbé en avant présente sa face palmaire contre la

paroi antérieure du rectum.

Arrivé sur l’utérus, l’indicateur décrit, à mesure qu’il pénètre plus profondément, des lignes hoi'izontales de droite à gauche et de gauche à droite ; on reconnaît de cette manière l’étendue transversale de l’organe, on apprécie sa consistance et les inégalités que peut présenter sa face postérieure qu il est ordinairement facile de toucher jusqu’à l’union de sa moitié inférieure

avec sa moitié supérieure; on parvient quelquefois jusqu’à son sommet.

Le toucher rectal permet encore d’explorer les ligaments larges de la matrice.

C . Exploration à l’aide du spéculum. — Je m abstiens, ainsi que je 1 ai dit plus haut, de lits spéciaux. Une table, un lit, un divan ou canapé sans dossier, placés en face d’une fenêtre suffisent parfaitement poui 1 application du spéculum.

Hors le cas de cautérisation, je ne fais jamais usage que de spéculum à valves. Le plus habituellement le spéculum bivalve suffit quand on a acquis l’habitude de le manier. Dans les cas de laxilé extrême du vagin, ce spéculum est rendu trivalve ou quadrivalve, par 1 addition d une ou de deux valves supplémentaires au moyen desquelles on transforme sur-lechamp le spéculum bivalve en spéculum tri ou quadrivalve.

La malade est placée dans le sens longitudinal du lit sans dossiei ou d’une tabl dont une des extrémités regarde la fenêtre; elle doit être tout

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