‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 245 sur 256 · TITRE XI. — EXPLORATION DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

TITRE XI. — EXPLORATION DE L’UTÉRUS

à fait à plat sans oreiller sous la tête ou sous les épaules, les pieds sont placés sur le même plan qui soutient le corps, de manière à ce que le bassin puisse être facilement soulevé.

Le spéculum doit être chauffé, soit en le tenant quelques instants entre les mains, soit en le plongeant rapidement dans l’eau chaude. Il est enduit d’un corps gras, tel que l’huile, le cérat, une décoction de graine de lin. L’huile est ce qu’il y a de préférable.

Les valves du spéculum tenu de la main droite sont exactement rapprochées.

L’extrémité du spéculum est présentée un peu obliquement à la vulve, les branches tournées vers la cuisse gauche, la main du chirurgien étant en pronation.

Avec l’extrémité du spéculum on déprime la fourchette, ce qui fait éviter l’une des circonstances les plus douloureuses de l’application du spéculum, celle qui consiste en ce que l’extrémité de l’instrument est portée en avant contre l’arcade pubienne. Il faut donc attacher un soin particulier à déprimer la partie postérieure de l’anneau vulvaire. Tant que cette portion d’anneau n’a pas cédé, le spéculum ne doit pas tendre à passer outre.

Le spéculum est alors poussé jusqu’à ce qu’on éprouve un sentiment de résistance annonçant que l’instrument a pénétré au fond du vagin ou qu’il est arrivé sur le col.

Lorsqu on a conduit le spéculum à une profondeur suffisante, on en écarte les valves, et alors de deux choses l’une, ou le col utérin se place pour ainsi dire de lui-même entre celles-ci, ou il a été refoulé soit en avant, soit en arrière, soit sur le côté; on imprime à l’instrument des manœuvres qui varient suivant la position du col et l’on parvient avec plus ou moins de facilité à le saisir entre les valves.

Dans le cas où (ce qui a lieu quelquefois) on arrive à reconnaître que le le col élude obstinément l’extrémité du spéculum, il devient nécessaire d’ajouter une ou deux valves, et alors il n’est point de difficulté qui ne puisse être vaincue.

Le col de l’utérus est quelquefois tellement porté en arrière que le spéculum ne peut l’encadrer dans son ouverture terminale. Dans ces cas, on parvient toujours à lever en grande partie, la difficulté, en se servant du spéculum tri valveet en faisant élever considérablement le siège de lamalade.

Nous croyons aussi que l’on peut, dans des cas de ce genre, arriver à une exploration suffisante du col utérin par la manœuvre suivante.

On doit se rappeler que dans tous les cas qui offrent quelque difficulté au point de vue de l’emboîtement du col dans le spéculum, il faut avoir recours au toucher pour s’éclairer sur le degré de mobilité de l’utérus et sur le sens le plus favorable à adopter pour les mouvements que l’on doit imprimer a 1 extrémité de l’instrument.

Des moyens «1e «lilsiter le col utérin pour l’exploration.

Dans le cas où le chirurgien a besoin d’explorer certaines particularités de la cavité du col utérin, dans le but de rechercher l’existence soupçonnée d’un corps fibreux, il fera bien d’attendre le moment d’une menstruation. C’est un fait clinique très-réel et que nous avons mainte fois constaté que chez la femme qui a eu des enfants, l’orifice du col pendant la période menstruelle est facilement dilatable et que tel orifice utérin qui, hors le temps des règles, se refuserait à l’introduction de l’extrémité du doigt, la permet facilement dans l’état de menstruation.

TITRE XII

PROLAPSUS DU VAGIN.

Deux ordres de moyens ont été proposés pour combattre le prolapsus du vagin; les uns sont simplement palliatifs, les autres ont pour objet la cure radicale.

Traitement palliatif. — Il consiste dans l’application despessaires vaginaux. Ceux-ci sont de deux sortes : les uns représentent un cylindre creux d’un décimètre de longueur et de la largeur du vagin (pessaires en bondon), les autres sont un peu aplatis, concaves en avant, légèrement renflés à leurs extrémités et percés d’un canal central (pessaires élvtroïdes).

Les pessaires doivent être introduits de la manière suivante :

La femme est couchée sur le dos, les jambes et les cuisses fléchies et écartées, le pessaire enduit de cérat est présenté au vagin par son extrémité la moins large.

S’agit-il du pessaire élytroïde, on le présente de champ à la lente vulvaire. L’angle postérieur ayant déprimé la fourchette, l’antérieur glisse assez facilement au dessous de la symphyse ; on le pousse alors dans la direction du canal, puis, par un mouvement de rotation, on lui fait présenter sa concavité en avant, sa convexité en arrière, son extrémité inférieure en tiavers au dessus des ischions.

Cure radicale. — Elle peut être obtenue par l’un des modes opératoires suivants :

1° Excision des téguments. — C’est une méthode semblable a celle que Dupuytren avait adoptée pour la chute du rectum. Elle consiste à pres^ci doucement avec les doigts de la circonférence au centre, la sut lace du bourrelet, en même temps qu’on la repousse ensuite de bas en haut, à soulever avec une pince quelques plis des tissus relâchés de la face interne des grandes lèvres ou du périnée et à les exciser d un coup de ciseaux. La suppuration des plaies qui résulte de cette excision amène la coai dation de la vulve et de l’entrée du vagin.

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