‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 6 sur 256 · LUXATIONS PE LA CLAVICULE · texte numérisé non relu

LUXATIONS PE LA CLAVICULE

Luxations steriio-claxiculaires.

La réduction de l’extrémité Luxée s’effectue au moyen de l’ampiexation. En d’autres termes, le chirurgien, appuyant contre sa poitrine l’épaule du côté sain, enlaçant la poitrine du malade de telle manière que les mains viennent se croiser au dessous du coude correspondant à la clavicule luxée, imprime à l’épaule le plus fort mouvement d’élévation dont celle-ci soit susceptible.

La nouvelle condition dans laquelle se trouve la clavicule par le fait de celte manœuvre permet à cet os de reprendre sa position normale.

Quant au maintien de la réduction, c’est à l’aide du bandage que nous avons imaginé et décrit pour la fracture de la clavicule, qu’on parviendra à réaliser ce desideratum de la thérapeutique des luxations ( Voy. t. II, p. )

Le mode de traitement que nous venons de décrire est applicable à la fois aux luxations en avant et en arrière de l’extrémité sterno-claviculaire, qu elles soient complètes ou incomplètes. Nous devons ajouter que, dans les premiers temps qui suivent la réduction, une pression douce, au moyen

d’une pelote de bandage herniaire sur la tête de la clavicule, nous parait un complément nécessaire de l’emploi de notre appareil.

Luxations acromio-elaviculaires.

Même traitement que' pour les précédentes.

Dans un cas de luxation complète de 1 extrémité externe de la clavicule, cas dont j’ai rendu compte à la société de chirurgie (séance du 9 mars 1859), j ai mis en pratique le mode de réduction suivant, qui a parfaitement réussi :

L’opérateur, appuyant contre sa poitrine, l’épaule du côté sain, passe un bras en avant et l’autre en arrière de la poitrine du malade, croise ses mains au-dessous du coude, et obtient par cette espèce d’amplexation une élévation tellement prononcée du moignon de l’épaule, que l’extrémité externe de la clavicule reprend ses rapports normaux.

Luxations «lu sternum.

Jusqu à ce moment les observations de luxation du sternum ne sont pas assez nombreuses et les résultats pratiques ne sont pas assez concluants pour permettre de, tracer aux praticiens une ligne de conduite bien arrêtée. '

Les luxations sternales sont de ces lésions peu communes dans lesquelles l’homme de l’art s’inspire du fait qu’il a sous les yeux et des indications auxquelles ce fait lui paraît donner naissance. Il y satisfait de son mieux en faisant, à chaque cas particulier, l’application la mieux entendue possible, des connaissances générales qu’il possède sur le traitement des luxations.

Luxations «le l’humérus.

Avant de résumer dans des considérations générales, l’histoire des divers systèmes de réduction de la luxation scapulo-humérale, nous présenterons un exposé des principales méthodes encore employées de nos jours. Nous pourrions, dans la description de ces méthodes , suivre un ordre chronologique, qui aurait l’avantage de faire (connaître quelle a été la marche de la science à cet égard ; mais nous ne voulons faire ici ni l’historique de la question, ni une appréciation comparative des travaux qui ont été publiés sur ce sujet. Notre but a été de déterminer quels sont, au milieu des nombreux procédés de réduction connus, ceux qui sont les plus rationnels.

A ce point de vue, nous croyons pouvoir rattacher les diverses méthodes de réduction de l’humérus à trois classes , d’après le sens suivant lequel l’extension est dirigée. N’est-cc pas en effet, le sens suivant lequel on pra-

CHAI». II. — TIlÉUAPEUXJGmS DLS LUXATIONS UN PARTICULIER.

tique l’extension , qui constitue , si nous pouvons parler ainsi, le caractère fondamental de chaque méthode.

Un coup d’œil général sur les méthodes de réduction fait reconnaître qu’elles peuvent être ramenées aux trois catégories suivantes : 1° méthodes où l’qxtension est dirigée en bas ; 2° méthodes où l’extension est dirigée perpendiculairement à l’axe du tronc; 3° méthodes où l’extension est dirigée en haut et du côté de la tête du malade.

Il est, nous devons en convenir, des procédés qui ne peuvent rentrer dans les trois classes que nous venons d’admettre :

tels sont , par exemple , ceux dans lesquels on fait exécuter à l’humérus un mouvement de bascule sans pratiquer aucune extension. Nous désignerons ces procédés sous le nom de réduction par mouvement de bascule. Il en est de même des procédés par mouvement de rotation.

Méthodes îi extension dirigée en bus.

À cette classe se rattachent la méthode ordinaire, la méthode du talon, etc.

1 Dans la méthode ordinaire, le malade est généralement assis, les pieds

(1 IJCette planche représente une luxation récente de l’humérus. Ta piècea élé recueillie a 1 hôpital Lariboisière et se trouve dans ma collection. La luxation existait sur un homme qui succomba par suite d’un vaste épanchement produit par une fracture du bassin avec pointe aiguë du côté de la cavité pelvienne.

C’est une luxation en avant, en dedans et en bas. Celles dans lesquelles la tête humérale est plus elevée, méritent le nom de luxations sous-coracoïdiennes. Les luxations de 1 humérus en dedans peuvent donc présenter les variétés suivantes : 1» la luxation sous-coracoulænne. C’est cette variété de luxation en dedans et en avant dans laquelle la tetede 1 humérus se place directement au-dessous de l’apophyse coracoïde ; 2°la luxation

danS laqUe“e ’a tétG de niumérus> Placée touj°urs en dedans, se trouve oute entière au-dessous du centre de la cavité glénoide (voyez la belle observation d’A Cooper dans notre traduction); 3° laluxation simple en avant et en dedans. LuxatioTinit

J 13 t6le hU'nérale r6Ste Ù 'a même hauteur 5U« la cavité glénoide.

dZSto JÏÏ aü ZT, ? TT 8Ur les œUVreS chirurSica,es d’A. Cooper, la première mé Cettrie rfm ^ 1 anatomie Pathologique des luxations récentes de l’hu-

autrë ne la dÏK v* eté “piee:dePuis par une d’auteurs, les uns la citant, les ctant pas Voyez Œuvres chirurgie. d’A. Cooper aux Luxationsde l'épaule.

appuyés sur le sol, ou bien soulevés, de manière à être privés de tout appui. Cette méthode comporte aussi l’altitude horizontale du malade, ainsi qu’on peut le voir dans l’ouvrage de Boyer. Le chirurgien est placé en dehors du membre luxé. L’omoplate est fixée au moyen de deux lacs, l’un destiné à retenir le bord axillaire, portant sur une pelote placée dans l’aisselle, et dirigé un peu obliquement en haut ; l’autre porte, par sa partie moyenne., sur le bord saillant de l’acromion, tandis que ses extrémités sont ramenées un peu obliquement en bas. L’avant-bras est étendu sur le bras. L’extension est dirigée obliquement en bas et en dehors. Le lacs d’extension est appliqué au poignet. Pour l’extension, comme pour la contreextension, on emploie généralement les aides. La coaptation consiste dans un mouvement combiné des aides et du chirurgien, dans lequel, pendant que les aides ramènent le membre en avant et près du tronc, le chirurgien imprime, avec ses mains, à la partie supérieure de l’humérus, un mouvement en sens inverse de celui qu’exécutent les aides.

2° Dans la méthode du talon, le malade est toujours couché horizontalement ; le chirurgien, se plaçant, soit du côté luxé, soit entre les jambes du malade, applique son talon dans l’aisselle, et c’est là le seul moyen de fixation de l’omoplate. L’avant-bras est mis soit dans l’extension, soit dans la flexion, l’extension est dirigée parallèlement au tronc du malade. Le lacs extensif est appliqué soit au poignet, soit au dessus du coude ; la force est constituée par les efforts du chirurgien, qui peut être secondé, au moyen d’unlacs assez long, par plusieurs aides placés derrière lui. Quant àla coaptation, nous nous sommes assez expliqués sur le mécanisme par lequel elle s’effectue, pour nous croire dispensés d’entrer ici dans aucun détail. Nous nous bornerons à faire remarquer qu’on pourrait ajouter beaucoup àla perfection de cette méthode, en faisant retenir par des aides l’angle supérieur de l’omoplate qui, d’après le mécanisme de la réduction, doit avoir une tendance marquée à suivre la tête de l’humérus.

A l’occasion de la méthode du talon, nous croyons devoir indiquer que le mécanisme par lequel le chirurgien se sert de son talon, pour concourir aux manoeuvres de réduction, peut être modifié de plusieurs manières. Ainsi, il peut appliquer le talon perpendiculairement sur le bord axillaire de l’omoplate, pendant qu’il tire le membre directement en dehors. C’est surtout dans ce cas qu’il serait urgent de prévenir la bascule de l’omoplate, en faisant retenir l’angle supérieur de cet os ; enfin, il peut encore se servir du talon , en 1 appuyan t sur la voûte acromio-coi acoïdienne, pendant qu’il tire le membre directement en haut, en le rapprochant de la tête du malade.

3° Deux autres procèdes rentrent dans la classe des méthodes a extension en bas. Le premier est celui de l’échelle. Dans ce procédé, le malade est debout, le corps passé dans un des carrés de l’échelle. L’omoplate peut être fixée par divers moyens qui n’appartiennent point à ce procédé en parti-

culier. L’avant-bras est étendu sur le bras, l’extension est obliquement dirigée en bas et en dehors. La main est fixée à l’un des barreaux de l’échelle, à quelque distance du carré dans lequel se trouve le corps du malade. L’extrémité inférieure de l’échelle, c’est-à-dire, celle qui est du côté opposé à celui de la luxation, est fixée au sol d’une manière mobile ; l’extrémité supérieure, située du côté de la luxation, représente le bout d’un long levier sur lequel s’appliquent les forces extensives.

-i° Un autre procédé mentionné par sir A. Cooper, est celui dans lequel le malade réduit lui-même sa luxation. (Voyez pages 96 et 97 de notre traduction d’À. Coopei’) ; il y a une fi'appante analogie entre ce procédé et la méthode du talon.

Méthodes à extension dirigée perpendiculairement à l’axe du tronc.

La méthode à extension perpendiculaire au Leone est explicitement indiquée et décrite dans le texte de sir A. Cooper; elle y est même d’autant mieux développée, que ce chirurgien expose avec détail les données anatomiques par lesquelles il a été conduit à substituer l’extension horizontale à l’extension oblique, employée dans la méthode ordinaire. (Voyez pages 80 et 81 de notre traduction d’A. Cooper.)

A cette méthode se rattache le procédé suivant employé par M. Belleville de Trenton. ( London med. and. phys. Journ t. LIX, p. 552.)

Il s agissait de réduii'e une luxation de l’épaule chez un malade ivre et indocile, ce qui ajoutait beaucoup aux difficultésde la î-éduction. i\I. Belleville fit placer le malade par terre, reposant sur le côté sain. Pour effectuer la contre-extension, en même temps qu’on maintenait le malade, un lacs fut passé sous l’aisselle de manière à porter sur le bord antérieur de l’omoplate, et ce lacs fut maintenu par des aides placés de chaque côté du malade, pendant qu’un troisième aide fixait la partie supérieure de l’omoplate avec la paume de la main ; alors, le chii’urgien, saisissant le poignet, tira le membre dans une direction verticale, comme s’il eût voulu relever le corps du malade. De cette manièi’e, la réduction se fit sans difficulté.

A cette classe de méthodes se rapporte le procédé assez ingénieux de Kirby. (Voyez page 96, de notre traduction d’A. Cooper.)

Méthodes à extension dirigée en haut.

L’extension en haut a été indiquée pour la première fois dans un mémoire publié dans les Medical Observ. and. Inq ., t. II, p.340, par Henry Ihorapson. Mais la priorité appartient incontestablement à Whitc, puisque ce chirurgien avait fait l’application de cette méthode dès l’année 1748

ut, bien qu il n ait publié ses observations que le 29 juin 1761 c’est-à-dire quatre mois après la publication du mémoire de Thompson, publication qui icu au mois de février de la même année, la question de priorité n’est

qu

eut

GO

pas douteuse. (Voyez, pour la partie historique de cette question et pour l’analyse des travaux publiés sur ce sujet, aussi bien que pour les observations de White, de Thompson, de Mollic de Lyon, une note très-étendue de notre traduction d’À. Coopcr. Déchet, Paris, 1837.)

Méthodes «le réduction par mouvement de bascule.

Dans ces méthodes, on n’exerce point une extension directe sur l’humérus, mais on se sert de cet os comme d’un levier du premier genre auquel on fait exécuter un mouvement de bascule, en prenant pour point d’appui, tantôt le genou ou le poing, tantôt l’avant-bras, qu’on place entre la partie supérieure de l’os et le ti’onc. On comprendra très-bien ce mécanisme, en se reportant au procédé du genou, tel qu’il est décrit par A. Coopcr. Il en est de môme du procédé qui consiste à placer le poing dans l’aisselle, ainsi qu’on peut s’en faire une idée dans l’observation suivante, publiée par M. David Bell. (The Lond. Med. Gaz., août 1833.)

Obs. — J. R., âgé de 33 ans, tomba sur le pavé, dans un état d’ivresse; il se luxa l’humérus droit en avant. C’était un sujet peu robuste; on reconnaissait, au toucher et à la vue, la tète de l’humérus dans sa position anormale. Le docteur Bell le fit asseoir sur une chaise, puis saisissant fortement, avec la main droite, le poignet du malade, en plaçant sa main gauche fermée sous l’aisselle, il fit une extension très-légère, tira brusquement le bras en travers du corps vers la hanche gauche, et sentit la tête de l'humérus glisser doucement dans la cavité glénoïde.

Dans les deux procédés qui précèdent, le poing et le genou servent passivement, et seulement par leur volume et leur résistance, de point d’appui pour le mouvement de bascule. Autre chose est d’exercer activement avec la main ou l’avant-bras, un mouvement par lequel on attire la partie supérieure de l’humérus en dehors, pendant qu’on porte le coude contre le tronc.

Desault a réduit deux ou trois fois des luxations en avant, en se bornant à placer la main gauche sous l’aisselle pour servir de point d’appui, pendant que la droite, appliquée à la partie inférieure et externe du bras, abaissait l’humérus contre le tronc, et par conséquent portait en haut et en dehors la partie supérieure de l’os.

Ce mode de réduction est parfaitement caractérisé dans le procédé dû à Gérard de Morteau (. Journ.hebd ., t. II, p. 126, 1834.)

Indications thérapeutiques de la luxation scapnlo-humérale.

Ces indications sont celles-ci : 1° donner au malade une position favorable aux manœuvres de la réduction ; 2° assigner au chirurgien une attitude qui accroît sa force; 3° assurer l’immobilité de 1 omoplate (contreextension); 4° exercer l’extension de manière à produire les plus grands

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résultats avec le moins de force possible; 5° seconder par quelques manœuvres plus immédiatement appliquées aux parties luxées, les résultats de l’extension (coaptation).

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