‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 103 sur 113 · I.EBERT · texte numérisé non relu

I.EBERT

deux jaunes d'œuf dans 150 gr. d'eau), la teinture d'iode, etc. La ponction, même l'opération de l'empyème par incision, ne doit pas être négligée, lorsque ces indications se présentent. Plus d'une fois j'ai vu les tuberculeux très soulagés par cette intervention chirurgicale.

Le pneumothorax ne comporte qu'un traitement palliatif. Pendant la perturbation et l'affaissement nerveux, pendant le choc, l'alcool, le vin, l'éther, les excitants sont de rigueur. Puis, dès que ce trouble est passé et que les malades se plaignent surtout de douleurs vives et d'une forte dyspnée, l'opium à haute dose, à 0sr,03 est le meilleur moyen, aidé du repos absolu. Si les accidents se calment et si la perforation pulmonaire prend une marche subaiguë ou passe à l'état chronique, il n'y a pas d'autres indications à remplir que celles exigées par la tuberculose et la pleurésie combinées. Mais encore faut-il ne pas hésiter à faire une ponction, et même une incision, lorsque l'épanchement est considérable, opiniâtre, et aggrave ainsi l'état déjà si précaire de ces malades. L'expérience m'a démontré que les phthisiques supportent très bien ces opérations, qui amènent toujours du soulagement.

Le catarrhe de V estomac, la dyspepsie des tuberculeux, mérite dès le début la plus grande attention. Avant tout il faut régler'la diète, non seulement pour la qualité, en défendant tout aliment d'une digestion difficile et en ne permettant que peu de boissons excitantes; mais aussi, pour chaque repas, la quantité des aliments et des boissons doit être rigoureusement fixée. Sans un régime bien déterminé et bien surveillé par le médecin, on ne peut pas soulager ces malades, qui en ont pourtant si grand besoin. Lorsque l'appétit diminue et lorsque les digestions deviennent plus laborieuses encore, il faut provisoirement réduire la nourriture des malades au lait, au bouillon,

LA DYSPEPSIE, LA DIARRHÉE'. 57!) aux soupes, avec un peu de viandes rôties, en préconisant l'eau de Vais, de Saint-Galmier, de Bilin, de Vichy, comme boisson. S'il existe de la prédisposition aux aigreurs, on administre 2 à Ê grammes de bicarbonate de soude par jour, en solution ou en poudre. J'ajoute volontiers à la solution 20 à 30 grammes de sirop d'écorces d'oranges ou de quinquina.

S'il y a de la gastralgie, on se trouve bien de donner chaque jour trois ou quatre pilules composées d'un centigramme d'extrait de belladone et d'un centigramme de nitrate d'argent. S'il y a tendance aux vomissements, l'eau de Seltz en siphons, les poudres effervescentes, pures ou renfermant 0^r,30 à 0°l',60 de sous-nitrate de bismuth par dose, la glace avalée par petits morceaux, rendent des services. Gueneau de Mussy recommande les pilules d'extrait de belladone et d'extrait de quinquina, et extérieurement, à l'épigastre, un emplâtre composé de diachylon, de thériaque, deux parties de chaque, et d'une partie d'extrait de belladone, moyen qu'il emploie souvent avec succès contre des vomissements dépendant de causes très diverses.

Les vomissements une fois établis, le régime léger indiqué est presque seul supporté; mais il est bon de renoncer le plus tard possible à la viande rôtie et au vin en petite quantité, pris 1 ou 2 fois par jour.

Dans quelques cas, de larges vésicatoires volants appliqués à l'épigastre m'ont paru utiles. On peut encore aider la nutrition par des lavements de lait ou de bouillon avec i ou 2 jaunes d'œuf, ou avec les lavements de Lucke, dans lesquels de la viande très finement hachée est rendue plus soluble par son mélange avec du liquide pancréatique ou avec du pancréas frais haché menu.

La diarrhée des tuberculeux s'arrête par les moyens connus ordinaires, tant qu'il n'existe pas d'ulcères dans les intestins;

une fois ceux-ci formés, surtout en certain nombre, il est bien difficile de s'en rendre maître. Il faut alors supprimer les légumes et les fruits dans le régime des malades, les nourrir surtout d'œufs, de viande, de lait, de préférence de lait de chèvre ou de brebis; les farineux sont également utiles. Un peu de vin vieux sera donné aux repas. En fait de médicaments, l'opium entre dans presque toutes les préparations, mais on peut épargner les fortes doses à ces malades en le combinant avec le nitrate d'argent, le sous-nitrate de bismuth, le sulfate de fer, le tannin, le cachou, l'acétate de plomb. On aide son effet par des lavements opiacés, avec addition de 5 à 10 gouttes de sous-acétate de plomb liquide, ou de (T,06 à Û>,40 de nitrate d'are-ent en solution. La décoction blanche de Sydenham a surtout été préconisée en France ; je l'ai entendu recommander par Ghomel, dans sa clinique. La noix vomique à la dose de 0sr,05 à f>*r,20 de poudre, deux à trois fois par jour, est utile à quelques malades. 11 en est de même de la thériaque, du diascordium, des pilules de cynoglosse. J'emploie souvent la potion suivante par cuillerée à soupe toutes les deux heures :

Décoction de Colombo, préparée avec 8 gr. de la

racine ' • • '

Mucilage de salep

Extrait d'opium, ou codéine

Sirop d'écorces d'oranges

Parmi les astringents recommandés, je mentionnerai encore la cascarille, le simaruba, le bois de campèche en extrait ou en décoction. Des vésicatoires volants, appliqués successivement sur divers points des parois abdominales, peuvent aider l'effet du traitement interne et de la diète.

La perforation intestinale est rapidement mortelle ; l'opium à haute dose peut donner un soulagement momentané.

150 gr.

6 à 12centigr.

30 gr.

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