DURÉE, MARCHE DE LA PHTHISIE PULMONAIRE
gulière. A différentes reprises, à des mois d'intervalle, du mieux alterne avec une marche de nouveau progressive.
Plus tard la marche devient continue et les malades succombent après deux, trois, cinq ans de durée' totale et bien plus tard -encore. — Les altérations restant locales, avec un bon état général, la durée peut être bien plus prolongée et se terminer par la guérison.
Celle-ci est bien plus fréquente que la statistique mortuaire des hôpitaux ne le forait supposer; sa fréquente constatation anatomique en est une preuve certaine. Les rechutes, avec une marche plus ou moins grave, peuvent survenir après des années de guérison. Dans ces cas il ne faut compter que la durée de chaque phase morbide, sans cela on arriverait à des chiffres de longue durée tout à fait fictifs. La récidive survient quelquefois si tard que le père, ayant donné le germe de la maladie, dont il avait guéri, à ses enfants, en a vu succomber plusieurs et ne meurt de phthisie qu'après eux.
Les chiffres de durée pris sur l'ensemble des diverses classes de la société sont donc bien plus consolants que ceux qui sont basés exclusivement sur l'observation dans les hôpitaux.
Chez les malades jeunes encore, jusqu'à trente ans, la marche moyenne est généralement plus rapide et plus grave qu'après trente ans, mais cette règle offre de nombreuses exceptions.
La mort par anémie cérébrale et épuisement extrême est la plus fréquente. Elle est plutôt asphyxique, lorsque les malades ont jusqu'à la fin une gêne considérable de la respiration. Le plus souvent l'agonie est lente, prolongée, sans souffrances, avec un étatsoporeux de plus en plus prononcé. Parfois elle est abrégée par une syncope ou une pneumorrhagie mortelles.
La mort cérébrale est la conséquence d'une complication du
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côté du cerveau, des méninges ou d'hydrocéphale ventriculaire.
Divers accidents peuvent imprimer à la fin un cachet particulier. Tels sont : la péritonite perforative, le pneumothorax, l'œdème de la glotte, l'urémie, la colite diphthéritique.
Passons en revue, en terminant cette description générale, les principales formes de la phthisie pulmonaire chronique. On peut distinguer les suivantes : 1° La forme latente, qui pendant longtemps ne donne lieu à aucun symptôme caractéristique. 2° La forme la plus ordinaire est la broncho-pneumonie disséminée chronique, débutant par les signes d'une affection d'un sommet ou d'un lobe supérieur, s'étendant ensuite de haut en bas, puis de l'autre côté, et donnant lieu aux symptômes types. Lorsque, dans la seconde moitié, à l'époque où le ramollissement et la formation de cavernes ont lieu, des symptômes intestinaux opiniâtres compliquent ceux des poumons, la forme broncho-pneumonique passe à la pneumo-entérique. 3° La pneumonie disséminée interstitielle chronique a aussi une marche à elle. Elle reste plus longtemps locale, conduit, par le retrait cicatriciel du tissu connectif hyperplastique, à la dilatation des bronches, à la rétraction d'une partie ordinairement supérieure et antérieure du thorax; si c'est à gauche, on sent et on entend les battements de l'artère pulmonaire. Cette forme conduit plus lentement h l'infection étendue, à moins qu'elle ne se complique de broncho-pneumonie disséminée, ce qui est loin d'être rare. 4° La pneumonie diffuse passant à l'état caséeux, donne lieu ensuite à la dissémination des foyers, à la fonte de quelques-uns avec cavernes; c'estune forme plutôt rare. Il faut en distinguer celle qui naît accidentellement de la confluence des foyers disséminés d'abord. 5° La phthisie pulmonaire peut être consécutive à une autre localisation tuberculeuse