‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 16 sur 113 · DE [/EXPECTORATION · texte numérisé non relu

DE [/EXPECTORATION

position. Dans quelques cas les crachats peuvent prendre un aspect plus généralement mat et caséeux. — Il y a des malades jui sécrètent beaucoup de salive et chez lesquels l'expectoration ievient très-liquide. A l'époque des règles, un mélange des craîhats avec un peu de sang n'est pas rare et n'a pas d'impor- :.ance.

Les ramifications bronchiques (ibrineuses, si caractéristiques pour la bronchite fibrineuse, sont rares dans les crachats des phthisiques.

A mesure que le ramollissement et la formation de cavernes ont lieu dans les poumons, la quantité de crachats augmente, pour diminuer de nouveau vers la fin. Les malades peuvent ainsi expectorer 2, 4, 600 grammes dans les 24 heures, pour revenir vers la fin à 200, à 100 grammes et moins par jour.

Les crachats des cavernes n'offrent souvent rien de particulier. D'autres fois, ils forment une masse grisâtre, sale, pulpeuse, parfois un peu teinte de sang, à odeur fade ou désagréable. A une époque avancée, les crachats des phthisiques sont souvent plats, comme nummulaires, à bords déchirés, muco-purulents, avec beaucoup de détritus granuleux mat disséminé par taches ou stries au milieu de la teinte jaune verdâtre. J'ai démontré le premier, en 1844, dans mon travail sur la tuberculose, publié dans les Archives de Mûller, qu'il n'était pas rare de trouver des fibres élastiques isolées ou par amas, dans les crachats des phthisiques, du moment qu'un travail destructeur s'emparait des foyers et du tissu pulmonaire qui les renferme ou les entoure. On a attribué cette découverte à Schrœder van der Kolk, qui en a parlé en 1850.

Lorsqu'un épanchement pleurétique purulent s'ouvre dans les bronches, les malades évacuent subitement, parfois avec

des efforts apparents de vomissements, une quantité considé| rable d'un liquide séro-purulent, plus tard muco-purulent. Lorsqu'on laisse reposer les crachats dans l'eau, ils peuvent se séparer en trois, même quatre couches différentes, à aspect et a caractères variés. Un fait curieux que j'ai observé 10 fois en tout, la dernière fois tout récemment, c'est l'extrême fétidité persistante des crachats, tenant à une bronchite septique, à une fermentation putride du mucus qui, dans les crachats, est quelquefois mêlé d'un peu de sang. Dans ces dix cas, il n'y avait ni altérations distinctives profondes, ni bronchiectasie, ni gangrène. La fétidité était due exclusivement à une fermentation (butyrique?) du mucus bronchique, avec une muqueuse' relativement peu malade. Ce n'est qu'exceptionnellement que l'on trouve, comme une des causes de la bronchite fétide, une' disposition particulière des cavernes qui rend difficile le passage de leur contenu dans les bronches, et qui favorise ainsi la décomposition avec fermentation.

Crachement de sang et hémorrhagies pulmonaires.

L'hémoptysie est un des symptômes des plus fréquents et des plus importants de la tuberculose. Il est vrai qu'elle peut être la conséquence de maladies pulmonaires bien différentes, ainsi que de diverses maladies du cœur. 11 est démontré aujourd'hui que non-seulement le crachement de sang, mais même l'hémorrhagie plus abondante, peuvent avoir lieu sans que l'observation attentive et prolongée du malade en fasse découvrir la cause, en un mot, sans altération organique quelconque démontrée.

Cependant, malgré ces restrictions, la règle pathologique est qu'un crachement de sang un tant soit peu abondant, sans

Page 1