SYMPTOMES FÉBRILES
qu'elle existe seule, tout aussi bien des courbes hautement thermiques que dans la phthisie aiguë?
En prenant l'ensemble de mes observations de phthisie aiguë et subaiguë, je ne leur trouve donc pas une marche thermique particulière, plus intense, comme F. Niemeyer l'a prétendu, d'après un petit nombre d'observations. Nous [sommes arrivés aux mêmes conclusions pour la méningite et la péritonite tuberculeuses.
Lorsque la pneumonie diffuse, en devenant caséeuse, est le point de départ de la phthisie, la courbe thermique est d'abord plus élevée ; mais plus tard elle ne diffère plus de celle de la phthisie ordinaire. Lorsque les produits de sécrétion des bronches prennent un caractère fétide prononcé à la suite de la putréfaction du mucus bronchique, la marche thermique n'en est point influencée; il en peut être autrement lorsque la putrescence est due à la gangrène pulmonaire.
Si la pleurésie prolongée a été le point de départ de la phthisie, la courbe pleurétique prédomine pendant longtemps; la lièvre est modérée matin et soir; de temps en temps il survient une poussée thermique plus intense ne dépassant cependant guère 39°,5 à 40°. Il en est de même lorsqu'un épanrhement pleurétique persiste avec une phthisie peu avancée; mais dans ce cas la résorption fait diminuer, puis cesser la fièvre. Lorsqu'un épanchement considérable survient à une période avancée, la marche thermique n'en est point influencée.
1-e pneumothorax provoque un accroissement rapide de la température de plusieurs degrés, puis la perturbation nerveuse, le shoc, peut faire descendre le thermomètre de 1° à 2° pour arriver ensuite à la température combinée de la pleurésie et ,1, la phthisie, avec prédominance de celle-ci. Lorsque le pneu-
mothorax guérit et que la phthisie reste stationnaire, la fièvre diminue ou cesse.
Les ulcères profonds du larynx, ainsi que ceux des intestins n'ont pas une influence marquée sur la marche de la température. La péritonite perforative, ainsi que les inflammations terminales en général, n'exercent pas non plus une grande influence sur la température. Lorsque, dans la péritonite, le refroidissement devient considérable, j'ai vu des malades mourir avec 3-4°,2, 34° même. Ces cas sont l'exception. La suppuration prolongée du système osseux, qui conduit volontiers à la phthisie, n'influe guère sur la température fébrile, la phthisie une fois déclarée.
Les grossesses et les couches sont souvent défavorables aux phthisiques, lors même qu'elles surviennent avant que la maladie soit avancée. Dans ces cas, la fièvre suit l'extension et la marche des foyers pulmonaires. Dans les cas heureux dans lesquels l'influence de la grossesse est moins accentuée ou nulle, la fièvre manque ou est minime. J'ai observé que dans la grossesse la température pouvait ne pas dépasser 37°, 5, 38° le matin, osciller entre 38° et 38°,5 le soir, malgré la marche progressive grave et inquiétante de la maladie. Du reste, toutes les fluctuations, toutes les irrégularités thermiques se retrouvent dans la grossesse. La chaleur terminale suit les mêmes variations que nous avons indiquées plus haut. La mort survient pendant la grossesse, plus souvent pendant les couches, dans les 2/5 des agonies, avec une chaleur normale ou légèrement subnormale ; dans les 3/5, avec augmentation thermique, rarement au-dessus de 39°.