SYMPTÔMES DU CÔTÉ DE LA MOELLE
facial dans le canal de Fallope, jusqu'à la carie intra-crânienne avec phlébite des sinus, encéphalite et abcès cérébral môme. D'après quelques faits observés, je serais même disposé à croire qu'une carie prolongée de l'un ou des deux rochers peut conduire à la tuberculisation consécutive des glandes lymphatiques superficielles et à celle des poumons. La succession de ces diverses altérations s'est présentée dans un certain nombre de mes observations et la fréquence de la tuberculose interne après la carie permet de considérer comme très-probable que la carie du rocher peut être le point de départ de la bronchopneumonie disséminée.
Des symptômes du côté de la moelle épinière et de ses enveloppes.
A en juger par le silence des auteurs, on croirait ces localisations rares. D'abord il n'est pas rare du tout qu'une carie de la colonne verLébrale atteigne secondairement les méninges spinales et la moelle et que cette carie devienne à son tour le point de départ de la tuberculose. Mais j'ai vu aussi assez souvent la parésie et la paraplégie survenir rapidement ou peu à peu sans carie chez des tuberculeux. Dans quelques cas heureux qui ont guéri, j'ai diagnostiqué une méningite spinale avec un épanchement qui s'est résorbé. Mais, dans d'autres cas, j'ai constaté pendant la vie et après la mort une méningo-myélitc lente et progressive comme seule cause de la paraplégie. Il m'est resté des doutes au sujet d'une apoplexie de la moelle dans un cas de paraplégie subite, persistant jusqu'à la mort, chez une jeune fille dont, à mon regret, je n'ai pu (aire l'autopsie. Les cas peu nombreux de tubercules des méninges et de la moelle n'ont pas donné lieu à des symptômes certains, et je crois que cette localisation secondaire est souvent latente.
LEBERT
Des rapports qui existent entre les maladies des os et la tuberculisatlon interne.
Il est très-regrettable que l'on néglige beaucoup trop dans la clinique interne les observations chirurgicales et la lumière vive qu'elles peuvent jeter sur des maladies internes. J'ai eu cette bonne fortune d'avoir à ma disposition pendant un certain nombre d'années des services mixtes, dans lesquels la chirurgie et la médecine étaient également représentées. Aussi ai-je pu comparer souvent ces deux ordres de faits, ce qui, pour les maladies des os et leurs suites, a été pour moi d'une utilité incontestable.
Nous verrons plus tard, dans la partie anatomo-pathologique de ce travail, la fréquence de la corrélation des maladies des os avec la tuberculose. Nous pouvons résumer ici en quelques mots nos résultats. Les malades atteints d'altérations des vertèbres, des os des membres, du rocher, offrent fréquemment à l'autopsie des foyers tuberculeux et broncho-pneumoniques internes. Dans la tuberculisation aiguë, les granulations de la moelle des os sont communes, mais elles sont jusqu'à présent sans portée pathologique. Dans les cas de maladies chroniques des os avec leurs symptômes caractéristiques, je trouve dans un cinquième de mes faits des tubercules des os, petits ou plus volumineux, jaunes, caséeux, fermes, ou en voie de ramollissement. Ces tubercules sont plus fréquents dans les vertèbres que dans les os des extrémités et dans les rochers. Dans la grande majorité des cas, les 4/5, les altérations des os ne sont pas d'origine tuberculeuse, mais sont dues à une inflammation souvent destructive du périoste, du tissu osseux ou médullaire, avec carie, nécrose, fistules, suppuration abondante et lièvre habituelle, prolongée, consomption pendant les dermiers temps.
MALADIES DES OS DANS LA PHTHISIË. 147 En défalquant la carie des rochers dont il a déjà été question, nous trouvons pour les autres affections osseuses un tiers des cas relatifs aux extrémités et les deux tiers relatifs aux maladies vertébrales, proportion à laquelle nous n'attachons point d'importance, vu qu'elle doit varier et dépendre souvent de circonstances fortuites. La carie du voisinage des articulations, de l'épaule, du coude, de la main, de la hanche, du genou, du pied prédisposent plus à la phthisie que les maladies des diaphyses. Dans les affections vertébrales les os et les articulations étaient également altérés; nos tubercules vertébraux se sont surtout rencontrés dans les parties dorsale et lombaire de la colonne vertébrale.
Que le point de départ de l'affection osseuse soit tuberculeux ou inflammatoire et suppuratif, les conséquences sont les mêmes : détérioration de la constitution, consomption, broncho-pneumonie disséminée lente et progressive ou tuberculisation aiguë assez rapidement mortelle. Il résulte aussi de ces faits que la tuberculose peut être fixée primitivement dans les os et ne se propager que secondairement à d'autres parties du corps.
La carie des épiphyses articulaires suivie de la tuberculisation interne, a été dans la plupart de mes observations simplement inflammatoire et suppurative, exceptionnellement tuberculeuse. Mais la tuberculisation articulaire miliaire peut aussi être primitive. J'ai vu un de mes anciens élèves mourir des suites d'une de ces arthrites granuleuses qui avait d'abord occupé les deux genoux, puis le péritoine devint le siège d'une péritonite tuberculeuse, enfin la tuberculose se généralisa. Sa marche fut subaigue, et amena la mort dans l'espace de moins de deux mois.
Des modifications dans les fonctions des organes de la génération.
Je reviendrai plus tard spécialement sur les maladies tuberculeuses des organes génitaux et urinaires. J'exposerai aussi, à cette occasion, l'influence de la grossesse et des couches sur la marche de la phthisie. Je ne donnerai ici que quelques notions générales sur les changements fonctionnels présentés par les organes de la génération chez les malades.
On prétend encore aujourd'hui assez généralement que les phthisiques sont très-portés aux jouissances érotiques. Il n'en est rien, et j'ai pu confirmer, par ce que j'ai observé dans la pratique privée aussi bien que dans les hôpitaux, ce que Louis a établi, il y a longtemps, comme règle générale : c'est qu'à mesure que la maladie progresse, les facultés génératives diminuent chez l'homme. Même à une période peu avancée il y a plutôt déjà diminution qu'augmentation des désirs sexuels. Aussi les femmes qui soignent leurs maris tuberculeux les traitent-elles plutôt comme une mère ou une sœur que comme une épouse habituée à la vie conjugale.
Il n'est pas rare, il est vrai, que des femmes tuberculeuses deviennent enceintes, surtout lorsque la maladie n'est pas avancée. Mais la cessation des règles est si fréquente, lorsque le mal progresse, qu'un trouble dans l'ovulation doit survenir aussi bien qu'une diminution de la sécrétion spermatique. Lorsque la maladie s'arrête ou guérit, les règles reviennent, et c'est alors que la grossesse est de nouveau possible. Les règles peuvent persister régulièrement jusqu'à la terminaison fatale. Le plus souvent cependant elles cessent après six mois à un an de maladie, quelquefois seulement pendant les derniers mois de la vie.