TEMPÉRATURE, POULS
nalière, qui est capable de varier à toute période de la journée de 0°,5 à 1° et au-delà entre deux observations distantes de trois ou même deux heures.
Dans quelques cas, la température commence par être trèsélevée, 39°, 40° dans la matinée, 40°, 41° dans la soirée, puis elle se modère et reste à la même hauteur jusqu'à la fin, sauf des exacerbations momentanées. Lorsque la température reste élevée matin et soir, avec des rémissions peu marquées, la marche est ordinairement rapide, la consomption étant singulièrement favorisée par la durée d'une chaleur fébrile intense. Les rémissions dans les cas ordinaires peuvent osciller autour de 1°, ou le dépasser largement, ou varier considérablement. L'influence de l'épuisement et du collapsus sur la diminution de la chaleur fébrile, pendant les derniers temps de la vie, est bien moins marquée dans la forme aiguë ou subaiguë que dans la forme chronique de la tuberculose. La mort survient ordinairement avec une température de 39° à 40°, tandis que dans la forme chronique elle survient dans les deux cinquièmes des cas avec la température normale ou même au-dessous.
Le pouls est plein, parfois dur au début, mais bientôt sa plénitude et sa tension diminuent et sa fréquence augmente. Dans le temps, j'ai saigné quelques malades qui se plaignaient d'une forte oppression, et j'ai été fort étonné de trouver le sang altéré dès le début. Au lieu de la couenne fibrineuse épaisse, comme on l'observe dans la pneumonie et le rhumatisme articulaire aigu, au lieu du caillot ferme et volumineux, celui-ci était plutôt mou et petit et recouvert d'une pellicule mince, grisâtre, irisée. Le pouls devient peu à peu filiforme, et la fréquence, d'abord de 96 à 100 pulsations, atteint 108 à 112 dans la matinée, 112, 120, 132 le soir, chez les enfants 140 à 160. La méningite tuberculeuse peut ralentir momentanément le
pouls. Des sueurs nocturnes surviennent de bonne heure et
sont fort incommodes.
L'amaigrissement et la diminution des forces se prononcent de plus en plus; toutefois, lorsque la marche est rapide, les malades peuvent arriver à une faiblesse extrême, sans avoir maigri en proportion. A la suite de l'anémie rapidement croissante, les pieds et les jambes peuvent s'infiltrer, tandis que l'œdème survenant presque subitement dans un membre inférieur, est la suite de la thrombose de la veine crurale. On a prétendu que des taches rosées lenticulaires se montraient sur la peau de ces malades; j'en ai vu quelques-unes plusieurs fois, mais je crois le fait exceptionnel et sans portée. L'anasarque étendue et l'ascite ne surviennent que lorsqu'il y a comme complication une néphrite chronique. Le décubitus gangreneux du bas du dos et des hanches est plus fréquent que dans la phthisie chronique. J'ai vu plusieurs fois, au début, une rougeur diffuse de la peau qui disparaît au bout d'un jour ou deux, pour ne plus revenir. Les urines offrent les caractères ordinaires de celles des maladies fébriles et inflammatoires; il n'est pas rare d'y trouver, comme dans celles-ci, un peu d'albumine. S'il y a complication de néphrite, l'albumine s'y trouve en quantité plus considérable ; le microscope fait voir des cylindres dans l'urine; la pesanteur spécifique de ce liquide est diminuée, ainsi que sa quantité. Les sédiments fébriles se composent essentiellement d'urates, tandis que les chlorures peuvent être diminués. La dysurie est quelquefois accidentelle. La rétention ou l'incontinence tiennent ordinairement à une complication cérébrale.
La toux doit généralement compter parmi les symptômes précoces. Je ne l'ai vu manquer que dans des cas à marche latente, et surtout lorsque des tubercules se développent dans