‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 32 sur 113 · TOUX, CRACHATS, DYSPNÉE · texte numérisé non relu

TOUX, CRACHATS, DYSPNÉE

beaucoup d'organes à la fois. Chez quelques malades, je n'ai vu apparaître la toux qu'au bout de huit ou dix jours. Ordinairement la toux devient fréquente de bonne heure; ses accès sont plus nombreux et plus intenses, elle est surtout très-incommode pendant la nuit. Sèche d'abord, elle s'accompagne bientôt d'une expectoration peu copieuse, gluante, aérée, difficile, colorée souvent par quelques stries ou de petites taches de sang. De fortes pneumorrhagies sont plus rares, elles s'observent dans quelques cas à tendance pneumorrhagique prononcée, mais de préférence lorsque le mal existait déjà à l'état chronique ou latent. Dans certains cas, l'expectoration devient abondante dans le cours de la maladie, muco-purulente, à crachats plats, déchiquetés sur les bords, semblables à ceux de la broncho-pneumonie, de la coqueluche ou de la rougeole. Dans la bronchite aiguë diffuse intense, les crachats peuvent former momentanément une purée confluente. Il est rare de leur trouver une mauvaise odeur.

L'enrouement, les douleurs de la région laryngée, la difficulté de la déglutition tiennent aux altérations spéciales du larynx. Dans quelques cas on a le tableau de la phthisie laryngée aiguë. Mais ordinairement on trouve alors dans les poumons, à l'autopsie, de nombreux tubercules qui ont donné lieu à leurs signes caractéristiques à une époque antérieure, ou qui ont été latents avant et pendant le cours de la phthisie aiguë. Le laryngoscope rend compte du siège et de l'étendue des altérations laryngées. Ces cas peuvent devenir rapidement mortels par le fait de l'œdème de la glotte.

La respiration, dans la tuberculose aiguë, est habituellement accélérée, en moyenne de 36, 40, H respirations par minute, môme jusqu'à 56, 60 chez l'adulte, lorsqu'il y a dyspnée intense; jusqu'à 80 chez les enfants. Toutefois, chez quelques

malades, la respiration ne dépasse pas 28 à 32 pendant tout le temps. Les complications cérébrales ralentissent la respiration et peuvent la rendre irrégulière. Le mode particulier de respiration dit de Cheyne-Stokes est très-rare. Dans un cas, j'ai vu trois inspirations devenir de plus en plus profondes, puis une pause et, au lieu de la diminution, de nouveau trois inspirations de profondeur croissante, avec une nouvelle pause, douze inspirations en tout par minute. Chez quelques malades, la respiration est remarquablement superficielle. Il n'est pas rare de voir un côté moins distendu par une inspiration profonde que l'autre. Parfois la respiration est bruyante, et l'on entend à distance des râles ronflants, sibilants, sous-crépitants.

La dyspnée, variable d'abord, augmente le plus souvent en proportion de la multiplication des tubercules pulmonaires et atteint ordinairement plus tard un haut degré, au point que pendant les derniers temps les malades ne peuvent plus respirer qu'assis, et que l'orthopnée est devenue habituelle. Avant cette période, des accès asthmatiques ne sont pas rares au milieu d'une dyspnée déjà considérable. Cette forme aspbyxique peut persister jusqu'au collapsus terminal. Quelquefois, une dyspnée opiniâtre diminue d'une manière inattendue; le praticien expérimenté ne s'en réjouit pas. C'est qu'une mémingite cérébrale est en train de se développer.

Les douleurs thoraciques sont fréquentes, vagues, circonscrites, intercostales et répondent souvent à une pleurésie locale, surtout adhésive, tandis que les grands épanchements se forment plutôt sans douleurs. La percussion sous-claviculaire peut provoquer des douleurs. Les malades sont couchés sur le dos ou sur le côté, et à mesure que les tubercules se multiplient, ils demandent à être couchés plus haut. La phthisie aiguë peut suivre sa marche sans amener de la matité; loule-

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