PERCUSSION, AUSCULTATION
fois celle-ci survient assez souvent dans son cours sous une des clavicules, plus tard parfois sous l'autre également, plus rarement en haut et en arrière. La matité thoracique inférieure est ordinairement la conséquence d'un épancheraient; celle de la région du cœur est la suite d'une péricardite. Cependant la dilatation du cœur droil peut l'offrir aussi, mais à un moindre degré. Le bruit de pot félé est perçu, sans qu'il y ait pour cela une caverne. Le frémissement pectoral n'est pas modifié par la maladie, il est diminué seulement par un épanchement pleurétique abondant.
L'auscultation fait entendre aux sommets une respiration faible, peu distincte, ou au contraire, un soufle rude, presque bronchique, ordinairement plus marqué d'un côté que de l'autre.
Mais le phénomène le plus fréquent est la dissémination générale en avant et en arrière, du sommet à la base, des bruits les plus divers du catarrhe, râles sibilants, sonores, ronflants, sous-crépitants, très-nombreux, très-persistants. Ce n'est qu'à une période avancée que les râles sous-crépitants ou muqueux peuvent prendre un timbre presque métallique.
En arrière, au sommet, la respiration peut devenir tout-à-fait bronchique, avec bronchophonie. Les complications, telles que la pleurésie, la pneumonie diffuse, le pneumothorax, la pénétration par perforation d'un épanchement purulent dans une bronche, présentent leur signes connus et exposés ailleurs.
Les nuits des malades sont généralement mauvaises et agitées. J'ai observé une fois, chez un enfant de trois ans, une insomnie complète qui a duré quinze jours. Quelques malades sont fort incommodés par l'abondance des sueurs nocturnes. La faiblesse fait des progrès rapides et conduit à un état soporeux d'apparence typhoïde. — Lorsqu'une complication céré-
brale survient, les malades se plaignent d'une céphalalgie vive; bientôt, ils ont du délire; celui-ci est rarement bruyant; il alterne bientôt avec le coma qui, vers la fin, devient permanent. — Quelquefois on observe le délire alcoolique. — 11 y a de* malades qui gémissent et soupirent souvent encore pendant le coma, d'autres poussent de temps en temps des cris aigus. Vers la fin, la parole devient indistincte, le regard a une fixité singulière, le strabisme n'est pas rare. Les pupilles, "d'abord normales ou plutôt étroites, se dilatent et restent immobiles. Parmi les troubles moteurs, il y en a de légers, tels que du tremblement, des mouvements automatiques et sans but, des spasmes localisés. Lorsque la lésion est plus profonde, on a observé la paralysie d'un ou de deux membres, la monoplégie, l'hémiplégie, des spasmes dans les membres paralysés, la blépharoptose, la paralysie faciale, des mouvements convulsifsdes yeux, la raideur tétanique des muscles de la mastication, l'aphonie, la dysphagie; lesyeux restent incomplètement clos et ne laissent voir qu'un peu de blanc.
La soif et l'anorexie sont en rapport avec la fièvre ; la langueest blanche et jaunâtre, le goût pâteux ou amer. Par la suite, la langue tend à se sécher, à se fendiller et elle peut se couvrir, ainsi que le pourtour de la bouche et des narines, d'un enduit fuligineux, comme dans la fièvre typhoïde. Des nauséeset des vomissements persistants ne surviennent que lorsqu'il y a gastrite ou péritonite tuberculeuse. La constipation existe surtout au commencement; plus tard il y a tendance à la diarrhée : deux à quatre selles liquides dans les vingt-quatre heures, avec ou sans coliques passagères, quelquefois avec météorisme. Lorsqu'il y a péritonite granuleuse, le ventre est plutôt dur, irrégulièrement mat par places. La rate se montre assez souvent engorgée à la percussion. Le foie est plus rarement