FORME LATENTE, FORME TYPHOÏDE
volumineux, el cela se voit surtout lorsqu'il existe une tuberculose prononcée de cet organe ou une diarrhée opiniâtre. Des évacuations involontaires peuvent s'observer vers la fin. Lorsque de nombreuses granulations et des masses tuberculeuses existent clans beaucoup d'organes, il survient volontiers un état hydropique, Fanasarque et l'ascite.
La tuberculose aiguë peut offrir une certaine variété de formes. En voici les principales :
La forme latente, sans signes caractéristiques, s'observe quelquefois lorsqu'un grand nombre d'organes sont frappés simultanément d'une éruption abondante de petites granulations. Cette forme s'observe plus souvent pendant l'enfance. D'autres fois l'absence de symptômes existe surtout pour la poitrine. On voit des enfants succomber à la méningite tuberculeuse, qui paraissaient sains auparavant; cependant l'autopsie révèle chez eux de nombreux tubercules dans les poumons, tubercules d'une date évidemment antérieure à la méningite, ayant produit des foyers confluents, de petites cavernes même. — J'ai été frappé dans le temps par le fait d'un ouvrier trouvé sans connaissance dans les rues de Paris; il fut transporté à l'Hôtel-Dieu, où il succomba le lendemain. A l'autopsie, nous trouvons les poumons farcis de tubercules; il n'y avait rien au cerveau ni dans les méninges.
D'autres malades atteints de cette forme latente ne se plaignent que de faiblesse, de troubles gastriques, de douleurs de tète; ils ont une fièvre modérée; ils ne toussent pas et ils ont L'air de respirer aisément; ils s'affaiblissent rapidement et meurent dans l'espace de quelques semaines. A l'autopsie on trouve des tubercules dans beaucoup d'organes.
La forme typhoïde n'est pas rare, mais on a exagéré sa fréquence, parce qu'on l'a souvent confondue avec la forme
cérébrale. La physionomie typhoïde la plus marquée ne trompera cependant pas le pathologïstc expérimenté, la courbe de la phthisie aiguë et toute sa marche thermique étant complètement différentes de celles de la fièvre typhoïde. Même une fièvre intense et rémittente, avec de hautes températures, le soir, est bien autrement irrégulière sous tous les rapports dan* la tuberculose fébrile. Les malades accusent de bonne heure une prostration extrême des forces, ils se plaignent de maux de tête, de vertiges, de tendance au délire; ils tombent peu à peu dans une somnolence habituelle qui peut aller jusqu'au coma ; le pouls est très-petit, très-accéléré ; la sécheresse de la langue, l'enduit fuligineux autour de la bouche et des narines, la rétention ou l'évacuation involontaire des urines, la tendance au décubitus gangreneux rendent la ressemblance assez grande. On observe cette forme aussi bien dans la tuberculose aiguë générale que dans celle qui reste principalement localisée dans les poumons, surtout lorsque l'évolution des tubercules, leur multiplication est rapide. J'ai vu dans un cas de ce genre l'affection se ralentir d'abord, puis rester slationnaire, puis arriver à une amélioration notable. Mais ordinairement la mort survient dans l'espace de 4 à 6 semaines.
La forme cérébrale est plutôt pour la phthisie aiguë une forme terminale, mais elle peut se prolonger pendant plusieurs semaines. Au moment où elle se développe survient un mieux trompeur du côté des voies respiratoires, avec diminution de la dyspnée, de la toux et ralentissement de la respiration. La méningite tuberculeuse dure de 1 1/2 à 2 et 3 semaines. La céphalalgie est intense, il y a des vomissements de temps en temps, 'puis du délire, du coma, du strabisme, des troubles des sens, l'accélération puis le ralentissement du pouls qui, vers la fin, devient de nouveau fréquent; des spasmes, des convulsions, de