ALTÉRATIONS DU LARYNX
lo Engorgement de la muqueuse, surtout d
2o Ulcères de l'épiglotte et de son
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3° Ulcères des cordes vocales et de leurs
4o Ulcères de plusieurs des régions du larynx déjà mentionnées 3
"50 Ulcères du larynx au-dessous des cordes
vocales
fio Tubercules sans ulcères
Les granulations tuberculeuses se trouvent très-fréquemment à côté des ulcères, aussi le nombre des granulations seules est-il bien inférieur à celui que j'admets aujourd'hui que je regarde les tubercules du larynx comme fréquents. De plus, j'ai confondu souvent autrefois les tubercules du larynx avec des follicules engorgés.
Nous voyons donc prédominer les ulcères multiples qui ne dépassent pas inférieurement les cordes vocales et surtout ceux qui affectent les cordes vocales elles-mêmes ou leur plus proche voisinage. Les ulcères de l'épiglotte se trouvent en plus grand nombre lorsqu'on tient compte des ulcères multiples; dans ce cas l'épiglotte se trouve le plus gravement et le plus fréquemment altérée.
Les ulcères entraînent des altérations des cartilages dans 14 cas p. 100; ces lésions peuvent devenir très-dangereuses par l'œdème de la glotte. Parmi les cas observés un seul appartenait à la phthisie aiguë.
1° Engorgement considérable du larynx sans ulcères. 11 est important de constater que dans un quart des laryngopathies des phthisiques analysées la muqueuse laryngée n'était que plus ou moins fortement engorgée. J'ai observé sept cas de ce genre, dont deux pour la phthisie aiguë, une fois avec engorgement considérable de l'épiglotte. En général l'injection et le gonfle-
302 ANATOMJE PATHOLOGIQUE.
ment de la muqueuse sont très-prononcés et la rougeur s'étend ordinairement vers la trachée.
2° Ulcères de Vépigloite cl de son voisinage. Quant au mode de formation des ulcères du larynx, on en voit naître de follicules ulcérés, et, le voisinage étant infiltré d'une hyperplasie de petites cellules, l'ulcère trouve de quoi s'étendre. D'autres ulcères naissent de foyers enflammés et saillants de la muqueuse. D'autres enfin ont pour origine des granulations tuberculeuses isolées ou agglomérées. Ces ulcères divers peuvent se combiner entre eux et changer encore d'aspect par le bourgeonnement papillaire des bords et du voisinage. D'un autre côté le travail ulcéreux peut atteindre*, dénuder et altérer le cartilage.
L'épiglotte s'ulcère de préférence à sa face inférieure; on y voit depuis des érosions superficielles jusqu'à des ulcères profonds et étendus qui rendent ce couvercle du larynx insuffisant; les pourtours s'épaississent, des végétations papillaires se forment tout autour et peuvent même s'étendre au pharynx et à la racine de la langue; les glandules muqueuses du voisinage peuvent ensuite s'engorger. Si une partie de l'épiglotte est dénudée, elle devient d'un jaune mat, opaque. Les ulcères de la base de l'épiglotte s'étendent aux cartilages avoisinants et à leur muqueuse. Les granulations miliaires n'y produisent que des érosions superficielles. Dans une de mes observations, des végétations papillaires denses s'étendaient à la région des cordes vocales et au-dessous ; de nombreux tubercules existaient aussi dans la trachée. J'ai vu une fois les altérations les plus étendues de l'épiglotte et des parties voisines se développer d'une manière subaiguë et causer un œdème mortel de la glotte.
3° Les ulcères de la région des cordes vocales sont plus abondants tantôt sur les cordes inférieures, tantôt sur les supérieures.
ALTÉRATION DU LARYNX. 303 Dans nos observations, le côté droit a été affecLé deux Ibis plus souvent que le gauche. Ces ulcères sont allongés, plats, à fond jaunâtre, de 4 à 6 millim. de long, de 1 à 3 de large en moyenne ; les bords sont lisses ou tuméfiés, ainsi que les parties voisines. Le mucus épais et jaunâtre qui les recouvre peut masquer leur existence à l'inspection laryngoscopique. Le pourtour des cordes vocales en est quelquefois le siège principal. Lorsque les deux côtés sont malades, le siège principal est tantôt près de la commissure antérieure, tantôt près de la postérieure jusqu'aux cartilages aryténoïdes. La muqueuse tout autour est tuméfiée ou même passablement épaissie, entourée parfois de végétations papillaires, souvent de follicules engorgés. Les ulcères peuvent envahir profondément les ventricules de Morgagni. Une fois j'ai trouvé l'un d'eux rempli par une végétation cicatricielle épaisse et saillante. Lorsque les carLilages sont dénudés, ils tendent à la nécrose moléculaire et même des morceaux plus volumineux peuvent s'en détacher. Les laryngopathies prolongées conduisent souvent à l'ossification des cartilages. Des ulcères en apparence isolés communiquent quelquefois par des ponts de muqueuse minée.
4° Ulcères de plusieurs régions du larynx à la fois. Les ulcères se trouvent dans la région de l'épiglotte et dans celle des cordes vocales avec la même fréquence à peu près. Au total, les lésions de l'épiglotte, seules ou combinées avec d'autres ulcères, constituent le tiers du chiffre des laryngopathies desphthisiques. Les altérations multiples se distinguent encore par leur localisation souvent profonde et étendue sur les cartilages aryténoïdes. Toutes les altérations concomitantes des follicules, de la muqueuse, le bourgeonnement granuleux ou papillaire, s'y retrouvent aussi. Parmi les altérations des cartilages, celles de l'épiglotte sont les plus graves;
30i ANATOMIE PATHOLOGIQUE,
puis viennent celles du cartilage thyroïde, puis des aryténoïdes et du cricoïde, dont, dans des cas rares, des morceaux nécrosés peuvent se détacher et devenir très-dangereux.
5° Les ulcères sous-gloUiques n'offrent rien de particulier; ils sont moins granuleux, moins papillaires; ils n'ont guère plus d'importance que ceux que l'on rencontre dans la trachée.
fi" Les granulations tuberculeuses du larynx sont, comme nous l'avons déjà dit, bien plus fréquentes qu'on ne l'a cru autrefois. Ilistologiquement elles n'offrent rien de particulier, mais il n'en est pas de même au point de vue pathogénique. On sait que Louis et Cruveilhier n'ont pas assigné aux ulcères laryngés une origine tuberculeuse. Le fait est que des destructions aussi profondes ne s'expliquent pas par le ramollissement et l'érosion de quelques petites granulations, même lorsque celles-ci sont, agglomérées. On ne trouve guère non plus de tubercules distincts dans les ulcères. Il est donc probable qu'une bonne partie des ulcères profonds et étendus du larynx doivent leur origine à des foyers hyperplasiques non tuberculeux clans le principe, comme cela a lieu pour les intestins. Cette manière de voir permet d'admettre aussi qu'un semis de granulations tuberculeuses dans le larynx soit la conséquence de ces ulcères profonds et étendus.
Le siège des granulations tuberculeuses est rarement à l' épiglotte seule. Dans un cas, toute la surface de la région des cartilages aryténoïdes en était parsemée. Leur fréquence augmente sous la glotte et vers la trachée.
3° Des altérations des bronches,
Rien de plus fréquent, de plus constant même, chez les'phthisiques, que les altérations des bronches, souvent en rapport