‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 59 sur 113 · ALTÉRATIONS DES BRONCHES · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DES BRONCHES

direct avec le siège et la progression du mal. Les signes anatorniques de la bronchite des grosses ou des petites bronches sont les mêmes qu'en dehors de la tuberculose, tant pour Ja forme aiguë que pour la forme chronique. Les ecchymoses de la muqueuse ne sont pas rares dans la première. C'est dans les petites bronches que l'inflammation est le plus prononcée. Le muco-pus est abondant dans les bronches malades, surtout lorsqu'elles sont dilatées. Des tubes fibrineux s'y trouvent rarement : j'en ai trouvé deux fois dans des cas aigus et deux fois dans des cas chroniques. L'odeur fétide du contenu bronchique n'est pas commune non plus. J'ai trouvé celui-ci séreux, presque sanieux, parfois légèrement teint de sang, dans la bronchite fétide ordinaire, tandis que lorsqu'il y a stagnation et altération septique consécutive du muco-pus, comme dans les bronches très-dilalées, j'ai vu ce liquide épais, jaunâtre, homogène ou plutôt grumeleux.

Du sang se trouve rarement en certaine quantité dans les bronches. Les ulcères y sont rares, sauf dans le voisinage des cavernes; exceptionnellement on en trouve de profonds en dehors de toute complication syphilitique. Les petites érosions bronchiques sont ordinairement d'origine tuberculeuse miliaire; on trouve alors des granulations intactes aux alentours. Dans le voisinage des cavernes, les bronches montrent une rougeur prononcée, de la tuméfaction, du ramollissement, quelquefois des ulcérations. Elles peuvent offrir des bords taillés à pic à leur entrée dans la cavité ; on les trouve alors quelquefois dilatées, offrant par places un enduit pseudo-membraneux. Dans des cas rares, la bronchite est rétrécie à son entrée, soit par compression, soit par du tissu cicatriciel ambiant. Quelquefois une membrane fine revêt cette entrée, soit du côté de la cavité, soit dans la bronche; c'est un tissu fibrineux cicatri-

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ciel interne qui donne à l'ensemble quelque ressemblance avec une bronchiectasie. Les bronches situées dans les parois des cavernes ne fonctionnent plus, mais quelques-unes peuvent rester perméables. De gros paquets de glandes bronchiques infiltrées peuvent comprimer, aplatir, rétrécir les bronches, même les troncs principaux d'un poumon.

Rien de plus important à connaître que la péribronchite des tuberculeux. Elle va en augmentant des grosses bronches versles petites, qui en sont le siège de prédilection. La coupe transversale montre l'épaississement de la paroi d'un gris jaunâtre ou déjà d'un jaune mat. Il s'agit d'une hypcrplasie conneclive qui devient plus jaune à mesure que les cellules s'altèrent.. L'intérieur du tube est rempli par le muco-pus, qu'on peut souvent faire sortir en masse par compression et facilement aussi avec la pointe d'une aiguille. Lorsqu'on suit les petites bronchesaussi .loin que possible avec des ciseaux bronchiques très-fins, on voit la péri-bronchite s'étendre jusqu'aux inlundibula, atteignant ainsi les infiltrations alvéolaires et les produits de l'hyperplasie inter-alvéolaire, les granulations, etc. La paroi des petites bronches offre aussi de petits tubercules miliaires, saillants en dehors ou en dedans avec rétrécissement du petit tube. Ces granulations paraissent libres, ou bien sont contenuesdans le tissu épaissi de la péribronchite.

La dilatation des bronches est loin d'être rare à la suite dela tuberculose, et on a lieu d'être étonné qu'elle ait si peu attire l'attention de Laennec et de Louis. A mesure que je l'ai étudiée davantage je l'ai trouvée plus fréquente ; tandis que dans mes premières autopsies elle existait dans 42 p. 1 00, la dernière centaine m'en a offert 21 p. 100. Les cas chroniques en offrent le plus grand nombre d'exemples. Dans la tuberculose argue, on ne la trouve qu'à un degré peu avancé, sous la forme d'une

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