ÉT10LOGIE ET PATHOGÉNIE
niques entourés d'un tissu calleux gris noirâtre. Un certain nombre de granulations miliaires se trouve dans un tissu induré semblable; quelques ulcères dans les intestins. — Un malade, âgé de quatre-vingt-quatre ans, s'est toujours bien porté et n'a surtout jamais souffert des signes d'une maladie de poitrine, sauf parfois des catarrhes prolongés, jusque dans l'été de 4864 où il fait une chute sur le côté droit de la poitrine. Dès ce moment, inflammation lente du poumon droit, toux, oppression, fièvre, marasme, hydropisie, mort au bout de quatre mois et demi. — Un bouvier de quarante ans est lancé par terre avec violence par un bœuf. Bientôt après il entre dans ma clinique, dans laquelle il reste pendant dix-neuf semaines, atteint d'abord d'une pneumonie diffuse aiguë, puis à marche lente, suivie bientôt de foyers disséminés. C'est à droite, où la violence extérieure avait le plus porié, qu'est le siège principal de la maladie. Il se remet incomplètement, rentre à différentes reprises avec tous les signes de la broncho-pneumonie chronique et sort dès qu'il se sent un peu mieux. Je l'ai perdu de vue. — Un homme de trente et un ans reçoit un coup de couteau dans le côté droit de la poitrine; il a une pneumorrhagie intense. Dès ce jour il commence à tousser et il se développe une pneumonie chronique à droite avec épanchement pleurétique. Peu à peu il arrive au marasme et à la fièvre hectique, mais il quitte l'hôpital et je n'ai plus eu de ses nouvelles.
Je pourrais citer bien des exemples semblables. J'ai perdu un de mes amis d'université atteint de phthisie consécutive à une chute de cheval qui avait surtout porté sur la poitrine. Il est connu que des coups d'épée reçus dans la poitrine deviennent, dans un certain nombre de cas, le point de départ d'une inflammation lente qui peut conduire à la phthisie. Je passe sous silence les plaies de poitrine par armes à feu, comme trop compliquées.
CONDITIONS EXTÉRIEURES. 41 Lors même que parfois une prédisposition particulière peut donner lieu à cette marche fâcheuse du traumatisme, il est certain pour moi qu'à lui seul il peut engendrer une dystrophie locale du poumon, qui à son tour devient le point de depart de la dissémination des foyers et conduit finalement à la phthisie.
Le fait suivant vient à l'appui de la thèse que nous soutenons. En 1874, M. Perroud, de Lyon, a communiqué à Lille, dans la troisième session de l'Association française pour l'avancement de la science, le fait que les mariniers du département du Rhône qui appuyaient fortement la poitrine sur l'harpi, instrument destiné à faire avancer les bateaux, devenaient physiques en grand nombre à la suite de cette contusion volontaire prolongée et souvent répétée de la paroi thoracique antérieure. L'harpi est une longue perche, garnie en bas d'une pointe ou d'un crochet de fer, destinée à prendre un point d'appui sur le bord de la rivière, et dont l'autre extrémité arrondie se fixe sur le haut de la poitrine, dans la région sous-claviculaire. L'instrument étant ainsi placé, le marinier exerce sur lui, avec la partie supérieure du thorax, des efforts de pression et de poussée au moyen desquels il éloigne le bateau de la rive ou le fait progresser le long des bords.
4° Influence nuisible de V inhalation de diverses poussières.
J'ai traité ailleurs ce sujet. Qu'il me suffise de dire ici que le catarrhe chronique provoqué par l'inhalation prolongée de parcelles de charbon, de fer, de silex, d'ouate, de tabac, se propageant peu à peu aux alvéoles et aux tissus interstitiels, peut conduire à des inflammations chroniques capables d'offrir une grande ressemblance avec la broncho-pneumonie chronique et ses phases destructives.