PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE
vache peut remplacer l'autre, mais l'expérience n'a pas encore suffisamment décidé sur sa valeur, sur ses avantages et ses inconvénients. Il n'est pas moins nécessaire de tenir l'enfant trèspropre, aussi sec que cela se peut, et de soigner le moindre catarrhe des voies digestives ou respiratoires. Pendant les premières années de la vie, il faut élever ces enfants avec de grandes précautions et ne pas céder aux injonctions de ceux qui conseillent de fortifier les enfants par des lavages d'eau froide et en les sortant par tous les temps. L'éducation Spartiate est un mauvais système pour de très-jeunes enfants en général et plus particulièrement pour ceux qui sont prédisposés à la phthisie. 11 faut éviter aussi l'excès de soins, et ne pas tenir les enfants trop chaudement, ne pas dépasser 14 à 15° R. daus leurs chambres. Le choix d'une bonne chambre, suffisamment grande, bien aérée, exposée au soleil, surtout pendant la mauvaise saison, est très-important. Les chambres à coucher doivent être tout particulièrement bien choisies. Il faut éviter d'y laisser dormir plus de deux enfants, et les lits doivent être placés assez loin l'un de l'autre. La mauvaise odeur, dans les chambres à coucher des enfants, est un indice d'insalubrité. Il ne faut pas envoyer ces enfants trop jeunes à l'école. Il est bon de les préserver, autant que possible, des maladies éruptives et de la coqueluche. Celle-ci et la rougeole sont les maladies qui, chez des enfants prédisposés, provoquent le plus souvent des broncho-pneumonies prolongées qui conduisent au marasme et à la mort. Il faut avoir soin que les bonnes des entants ne les conduisent pas dans les promenades où beaucoup d'enfants se trouvent réunis. C'est là que les germes de la coqueluche et de la diphthérie se prennent bien souvent.
A l'époque de la puberté, les jeunes filles réclament des soins particuliers. On sait que pendant les premières années
les règles méritent à peine ce nom et reviennent souvent, pendant les premiers temps, irrégulièrement, parfois à long- intervalles. Il n'y a pour cela pas grand'chose à faire, sauf la règle élémentaire de traiter la chlorose par le fer etle régime Ionique. Mais il faut éviter tout ce qui peut troubler la menstruation dans sa durée et dans sa marche, et bien soigner les jeunes personnes pendant les époques. C'est à cette période de la vie que, dans les classes pauvres, le travail dans les ateliers, dans les fabriques, exige des précautions qui ne sauraient regarder l'État, mais qui doiventatlirer l'attention desphilanlhropes désireux d'améliorer le sort, des classes pauvres et de la population des fabriques. Les fabricants prennent aujourd'hui bien plus soin des ouvriers, à l'égard desquels beaucoup d'entre eux sont animés des meilleurs sentiments d'humanité. Mais il faut qu'il se forme aussi des comités de dames, que les femmes et les tilles des fabricants s'occupent du bien-être des jeunes filles et des femmes employées dans les fabriques. En soignant ainsi les diverses phases de la vie sexuelle de la femme : la menstruation, la grossesse et les couches ; en patronnant cette population féminine d'une façon intelligente et rationnelle, on diminuera très-probablement le nombre des victimes de ces cruelles maladies qui déciment la population des fabriques.
Parmi les questions que soulève la prophylaxie, tout ce qui a rapport ù la contagion de la phthisie mérite aussi la plus grandi' attention. Beaucoup moins de proches parents, qui soignent les pauvres phthisiques jusqu'à la lin, prendraient la maladie à leur tour, si les chambres des malades étaient toujours bien aérées, si un air pur y était introduit le plus possible. Même chez les plus pauvres, il faut conseiller énergiquement à l'épouse bien portante de ne pas coucher dans le même lit que le