‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 110 sur 125 · LES CURES DE KAISIN · texte numérisé non relu

LES CURES DE KAISIN

elle est souvent prolongée avec succès pendant 6 semaines, et l'on peut encore continuer à prendre du raisin au dessert lorsque la cure est finie. Je préfère le raisin en substance à la boisson de son jus exprimé. Après chaque dose de raisins, je conseille de se rincer la bouche avec de l'eau fraîche, à laquelle on peut ajouter un peu de bicarbonate de soude, s'il ya quelque disposition à l'irritation des gencives, accident qui n'est pas très rare pendant la cure, lorsqu'on ne prend pas ces précautions dès le début. A la fm de la cure on diminue la quantité, comme on l'a augmentée au commencement.

Les raisins arrivent ordinairement à maturité aux bords du lac Léman et à Bex vers le milieu de septembre, mais on peut en avoir de bien mûrs auparavant, de Sion ou du midi de la France, lorsque le phylloxéra ne met pas obstacle à l'exportation.

Les enfants, surtout pendant la seconde enfance, supportent généralement bien les raisins, qui, joints aux bons effets du climat, peuvent leur être utiles; mais il n'y a pas d'indications spéciales pour eux, et il est plus qu'exagéré d'attribuer aux raisins une action antiscrofuleuse, antidyscrasique spéciale.

Je me suis arrêté longuement, en entrant dans beaucoup de détails, à l'hygiène de ceux qui sont atteints ou seulement menacés de tuberculose; ceci s'explique lorsqu'on apprécie toute l'importance des traitements prophylactiques dans le traitement de la phthisie, et plus les gouvernements en comprendront la portée, plus on arrachera de victimes à cette maladie qui, à la lettre, décime l'espèce humaine.

THAlïEMENT DE LA Tl]|]EIUUJLOSE.

Traitement des maladies tuberculeuses par les médicaments.

Il n'y a guère do groupe de médicamonts, ni de substance active en thérapeutique qui n'ait été vantéé contre la phtliisic, fausse richesse déplorable ! Nous ne possédons aucun moyen, aucun médicament, qui exerce une action spécifique sur la tuberculose. Mais, sans posséder de remède direct, il en est plusieurs qui peuvent exercer une action salutairesurla nutrition, sur la santé générale et, par conséquent, sur la marche locale des altérations pulmonaires ou autres.

Passons d'abord en revue ces moyens modificateurs, capables de rendre service dans les aiïections tuberculeuses.

Les préparcUions d'iode se présentent en première ligne. Dès la découverte de l'iode on l'a appliqué au traitement de la phthisie; mais ayant choisi la teinture d'iode, on a dù bientôt l'abandonner.

Depuis longtemps j'ai employé l'iodure de potassium dans les cas à complication syphilitique et j'ai été frappé des bons effets et de la parfaite tolérance

Depuis que je suis arrivé, il y a 1^2 ans, à la conviction de la nature inflammatoire delà tuberculose, j'ai fait un usage fréquent de l'iodure de potassium dans le traitement de la tuberculose commençante ou peu avancée. Le sel s'oppose à la formation cellulaire exubérante, à l'hyperplasie, en faisant résorber, comme dans le goitre et les gommes syphilitiques, des masses de cellules d'origine hyperplastique pathologique. Si l'on met ce sel en contact avec du protoplasma, de l'eau et de l'acide carbonique, il se transforme en bicarbonate et en iode Ubre quij modifie profondément les substances albuminoïdes et les cellules qui en sont en partie composées. Il y a des amas cellulairesj

LES Pr.ÉPARATIONS IODÉES. 549

qui paraissent avoir une affinité particulière pour l'iode , comme ceux de l'hypertrophie de la glande thyroïde, des gommes, de la périostite plastique. Un grand avantage de l'iodure de potassium, c'est qu'il est bien supporté par les voies digestives et qu'il tend à conserver une influence favorable sur leurs fonctions. Antiplastique vis-à-vis de certains produits pathologiques, ce médicament est utile à la digestion, à la nutrition, à la santé générale.

Les cas d'amaigrissement et d'affaiblissement rapide, après l'emploi des préparations iodurées, ne sont nullement contraires h ma manière de voir. On n'observe ces efïets fâcheux que lorsque, sous l'influence de l'iode ou des iodures, un produit morbide richement cellulaire, souvent un goitre hypertrophique ou une masse de substance gommeuse, a été rapidement résorbée. L'empoisonnement est dû alors à l'absorption de substances étrangères, jetées promptement ainsi dans le torrent circulatoire et provoquant une perturbation profonde. J'appellerai cet état : empoisonnement par résorption prompte de substances înorbides. Mais le terme de iodisme me paraît tout à fait inapplicable.

J'ai donc beaucoup employé depuis longtemps l'iodure de potassium contre la broncho-pneumonie disséminée chronique. Dans un bon nombre de cas son effet a été nul. Je ne Vai jamais trouvé nuisible. Mais d'année en année j'ai observé davantage l'effet salutaire de ce sel dans la tuberculose peu avancée. Il ne faut pas le prescrire du moment qu'il y a fièvre hectique, cavernes, consomption, non qu'il soit nuisible, mais parce que son effet est absolument nul. Le préjugé de beaucoup de médecins pi oscril encore ce sel du traitement de la phthisie, mais ' bien à tort. Dans les premières phases d'évolution de la tuberculose, lors même qu'un certain nombi e de foyers s'est déjà

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formé, il peut vraiment rendre de bons services. Mais il faut le donner longtemps et à des doses vraiment thérapeutiques. J'ordonne de 0,30 centigrammes à 1 ou 2 grammes par joui', en solution, /(■ à 0 grammes dans 150 gr. d'eau avec 30 gr. de sirop de fleurs d'oranger, de 2 à 4 cuillerées à soupe par jour. Je prescris souvent aussi le sel ioduréen pilules, 40 grammes pour iOO pilules, avec de l'extrait de réglisse, pour former la masse pilulairc, en commençant par 3 fois par jour 1 pilule et en allant progressivement à 12 ou 15 dans les 24 heures. On peut aussi remplacer l'extrait de réglisse, à l'exemple deGueneau de Mussy, par l'extrait de quinquina.

J'emploie beaucoup aussi en même temps la teinture d'iode à l'extérieur, en badigeonnant avec un pinceau les parties antéroet postéro-supérieures de la poitrine, qui sont le principal siège de l'altération, ou la partie inférieure, s'il y a douleurs ou pleurésie. Il faut faire cette application tous les 2 à 3 jours et interrompre, si la peau était irritée. L'évaporation rapide de l'iode fait que ces applications servent en partie aussi d'inhalation iodée.

Cette inhalation de vapeurs iodées a souvent préoccupé les pathologistes. Waldenburg * l'expose avec détails. Berton recommande les vapeurs iodées déjà en 1828, et Murray en 1830, par évaporation de l'iode humecté dans un vase ouvert sur lequel passent des vapeurs d'eau chaude. Scudamore a popularisé aussi cette inhalation en Angleterre. De l'iode dans une solution d'iodurc de potassium, avec de la teinture de ciguë, fut employé dans un appareil à fumigation, pour être inhalé. Corrigan, Wilson, Martin-Solon, Maddon, Piorry, les ont beau-

(1) Lehrbuck der respiratomchen Thérapie, II Aufl. Berlin, 1872, p. CU cl suiv.

LES PRÉPARATIONS lODURÉES. 531

coup préconisées. Piorry fit simplement chauffer la teinture d'iode et inhaler ainsi les vapeurs d'iode et d'alcool.

Ghanlroule recommande des cigares dont le tahac a été imhibé d'une solution d'iodure de potassium, mais Kletschinsky et Koffmann ont démontré que la fumée de ces cigares ne renfermait point d'iode.

Iluetti recommande l'inhalation, simple et en flacon, de va-^ peur d'éther iodique recouvert d'une mince couche d'eau pour que l'éther iodique ne s'évapore pas trop vite. 15 cà 20 inhalations suffisent pour faire retrouver l'iode dans les urines. On fait répéter ces inhalations 2 à 3 fois par jour. TournbuU recommande des inhalations d'iodure d'éthyle. Aujourd'hui on peut faire inhaler facilement l'iodure de potassium (2 grammes dans 500 grammes d'eau), au moyen des appareils pulvérisateurs de Sieglo, de Lewin, de Waldenburg. L'ancienne méthode peut devenir très irritante pour les poumons et a trouvé de nombreux adversaires. Pourquoi, en effet, faire inhaler l'iode ou l'iodure de potassium, lorsque celui-ci est si bien supporté par l'organisme, qu'il traverse pour ainsi dire tout le torrent de la circulation et les divers organes assez rapidement pour être ensuite, éliminé par les urines, par l'exhalation rutanée etpul. mena ire?

Si je suis partisan de l'usage fréquent et à dose suffisante de l'iodure de potassium, dans le traitement de la phlhisie commençante, j'attache une bien grande valeur aussi à l'iodure de fer, qui convient surtout dès que la faiblesse et l'anémie font des progrès. C'est une erreur que de croire que ce sel n'agit que par l'iode.Glaude Bernard a démontré, au contraire, que c'est un dos sels de fer qui font absorber le plus de ce métal, dont souvent avec d'autres sels une bien petite quantité arrive à sa destination, aux globules sanguins. Louis a déjà

TRAlTEMEiNT DE LA TUBERCULOSE, fait justice, des exagérations de Dupasquier qui le préconisait comme spécifique de la tuberculose. Mais, sans lui attribuer aucune action de ce genre, c'est un moyen qui m'a rendu de vrais et d'assez nombreux services dans ces maladies, souvent si difficiles à traiter. Je possède une série d'observations de tuberculose peu avancée, dans lesquelles un mieux progressif a suivi de près son emploi ; dans d'autres l'action était moins prononcée, mais d'une utilité réelle par son usage prolongé. Il va sans dire que dans bon nombre de cas aussi son action a été nulle ou passagère. S'il y a encore quelque élément syphilitique dans la tuberculose, son effet devient quelquefois salutaire. Je regarde en général l'iodure de fer comme un bon médicament dans la syphilis invétérée, et j'en ai vu plus d'une fois des effets beaucoup plus durables que ceux que l'on obtient avec l'iodure de potassium.

La meilleure préparation, d'après mon expérience, ce sont les pilules d'iodure de fer de Blancard, mais il faut que ce soient les véritables, ayant remarqué que celles qui étaient préparées dans diverses pharmacies étaient beaucoup moins bien supportées. Chaque pilule de Blancard renferme 0,06 d'iodure de fer. Je fais commencer par une deux fois par jour, et j'arrive peu à peu, en augmentant d'une tous les trois jours, à deux ou trois, trois fois par jour quelquefois quatre, en moyenne à six ou neuf dans les vingt-quatre heures.

Le sirop d'iodure de fer est encore une bonne préparation. GqIuI de la pharmacopée allemande est beaucoup plus fort que celui du Codex français. En Allemagne j'ai fait mêler /^grammes avec 100 gr. de sucre, et j'ai fait prendre successivement deux à quatre fois par jour deux cuillérées à café de cette potion, tandis que le sirop d'iodure de fer du Codex français peut être donné à la dose de deux à irois petites cuillerées par jour.

L'HUILE DE FOIE DE MORUE. 553 Souvent on peut désirer une action plus fortement ferrugineuse qu'iodique. C'est pour cet usage que j'ai composé le sirop suivant, qui est devenu très-populaire en Allemagne et en Suisse, et dont voici la formule :

lodure de potassium 4 grammes.

Sulfate de fer 2 à 3

Dissolvez dans eau de canellc 30

Sirop de fleurs d'oranger (ou sirop d'écorces

d'orange) 150

J'en fais prendre une cuillerée à dessert deux fois par jour d'abord, et peu à peu jusqu'à deux à trois cuillerées à soupe dans les vingt-quatre heures.

Vhuile de foie de morue exerce une influence favorable sur la nutrition tant que les altérations ne sont pas trop profondes, que la fièvre n'est point encore habituelle, que le ramollissement et la formation des cavernes n'ont pas trop détérioré les voies respiratoires. Comme pour l'iodure de potassium etl'iodurede fer, aveclesquelsje combine souvent l'usage de l'huile de foie de morue, c'est une erreur que de vouloir restreindre son usage à la tuberculose d'origine scrofuleuse. Il convient beaucoup plus généralement dans la tuberculose commençante et pas trop avancée. Il faut avant tout 'bien surveiller l'estomac et voir si l'huile de foie de morue est bien supportée. Ordinairement elle l'est mieux que les autres substances grasses. Lorsqu'au commencement la tolérance est incomplète, je fais prendre d'abord une cuillerée à café une à deux fois par jour et, ce n'est que très graduellement que j'arrive à deux cuillerées à soupe par jour; lorsqu'elle est bien supportée, il y a avantage à aller jusqu'à trois et quatre cuillerées à soupe dans les 24 heures, jusqu'à 40, 50, 60 grammes. L'huile de bonne

55i TRAITEMENT DE LA TUBEHCULOSE.

qualiLo rappelle faiblement par l'odeur et le goût le saumon. La couleur est un indice incertain; selon les années elle varie entre celle du vin blanc pale et celle du vin de Madère; elle doit ôtre transparente ; toute opacité indique l'impureté. Vanter l'huile de foie de morue inodoi-e et incolore est du charlatanisme., La seule bonne préparation vient de Bergen en Norvège.

L'huile de foie de morue se compose surtout de glycéride d'acide oléïque (oelsaûreglycerid); elle renferme des slvcérides d'acide palmitinique et stéarique, plusieurs acides gras volatils à odeur désagréable, des substances de la bile, plusieurs sels, parmi lesquels un peu d'iode et de brome. Bien mieux supportée que les autres graisses, elle favorise singulièrement l'activité de l'échange des matières de l'organisme et améliore la nutrition. Sa résorption relativement rapide y contribue. D'après 0. Naumann, les substances de la bile y ont leur part et, d'après Buchheim aussi, les acides gras libres, en se combinant avec les alcalins des sucs intestinaux, forment des savons facilement solubles et favorisent la distribution fixe des glycérides.

Lorsque l'huile de foie de morue fait du bien aux tuberculeux, et cela n'est heureusement pas rare, elle n'agit nullement d'une manière exclusive en augmentant la formation de la graisse; mais, en outre, elle améliore la nutrition, l'état des forces, elle diminue la fièvre et les sueurs nocturnes, tant que la maladie n'est pas trop avancée; puis on constate de l'amélioration progressive dans les signes physiques de la tuberculose, et c'est ainsi que l'huile de foie de morue peut en ralentir la marche, amener l'état stationnaire, guérir dans des cas heureux, passagèrement ou d'une manière durable. Hatons-nous d'ajouter que cette action heureuse n'est ni constante, ni en

V\m\M DE FOIE DE MORUE. 555 aucune façon spécifique. Si le scepticisme de quelques auteurs modernes a voulu nous priver de cette ressource précieuse, nous avons pour nous, d'un autre côté, le témoignage d'un grand nombre de médecins distingués de France, d'Allemagne, d'Angleterre, d'Amérique.

On prétend que pendant l'été l'huile de foie de morue est moins bien supportée qu'en automne, en hiver et au printemps. C'est là un préjugé. Les enfants et les jeunes gens jusqu'à la puberté supportent généralement bien ce médicament. Chez l'adulte il faut distinguer la répugnance et l'intolérance. Il faut tenir compte de cette dernière, en commençant par de fort petites doses; il faut opposer la persuasion à une répugnance peu ou point motivée. S'il y a déjà de la dyspepsie, peu d'appétit, si, après les premiers essais, le médicament n'est pas supporté, il ne faut pas insister sur son usage, ou guérir auparavant, s'il est possible, l'estomac. L'action est nulle lorsqu'il existe une diarrhée opiniâtre et lorsqu'il y a soupçon d'ulcères intestinaux. Elle n'est plus supportée ni utile, lorsqu'il y a fièvre hectique. Il faut régler soigneusement la diète de ceux qui doivent prendre pendant longtemps cette huile, défendre tout aliment d'une digestion difficile et la suspendre pour quelques jours, s'il y avait embarras gastrique. Je préfère faire prendre l'huile de foie de morue pure, et immédiatement après une ou deux tablettes de chocolat ou de menthe, ou une cuillerée à soupe de vin, une cuillerée à café de rhum. Mais souvent cela n'est pas nécessaire.

On a voulu remplacer l'huile de foie de morue par la glycérine, par d'autres huiles, mais tous ces essais ont été promptement abandonnés.

Ayant constaté que les iodures, les ferrugineux et l'huile de foie de morue étaient le? meilleurs moyens pour améliorer la

sanLé générale des tuberculeux et pour agii-, par conséquent, sur les altérations locales, j'ai fait beaucoup d'essais pour les combiner et les avoir en un seul et môme médicament.

Un premier essai s'appliquait plutôt aux maladies scrofuleuses qu'à la tuberculose. J'ai fait faire un mélange de 5 à 10 gr. d'iodure de potassium, de 0,15 à 0,30 d'iode pur et de 500 grammes d'huile de foie de morue, à prendre deux fois par jour une cuillerée à soupe, après avoir bien secoué la bouteille. Quant au mélange de l'huile avec du fer, M. Meiller, pharmacien de l'hôpital de Breslau, sur mon désir de combiner l'huile avec le benzoate de fer, contenu à trop faible dose dans une préparation parisienne que j'avais examinée, m'a préparé un mélange des plus recommandables qui en peu d'années a acquis une grande réputation sous le nom d'huile de foie de morue ferrugineuse (Eisenleberlhran). L'oxyde de fer benzoïque est obtenu par le mélange d'une solution neutre de perchlorure de fer avec du benzoate d'ammoniaque. Une partie du benzoate de fer ainsi obtenu est mêlée à 100 parties d'huile de foie de morue et reste pendant huit jours à une température de 80 à 40° centigrades; on secoue souvent ce mélange, puis on filtre. La plus grande partie du benzoate de fer a été dissoute par l'huile, qui a pris une teinte d'un jaune brun; elle contient 1 p. 100 de benzoate de fer. Ce mélange est fort bien supporté et m'a déjà rendu de bons services dans un grand nombre de cas.

M. Werner, pharmacien à Breslau, a préparé delà manière suivante un bon mélange, à solution parfaite, d'iodure de fer et d'huile de foie de morue. On triture une partie d'iode avec 100 parties d'huile de morue, puis on ajoute à la solution une demi-partie de fer métallique pulvérisé, et on secoue souvent ce mélange, sans intervention de la chaleur. L'iode se combine

PRÉPARATIONS FERRUGINEUSES. 557 bientôt avec le fer; puis on laisse déposer et on filtre. Cette huile de morue renferme 1/2 p. 100 d'iodure de fer; elle est d'un brun foncé, mais parfaitement transparente. Une cuillerée à soupe contient, sur iO grammes, 0,05 d'iodure de fer. On peut augmenter à volonté la quantité del'iodure de fer contenu dans cette huile de foie de morue. En effet une moyenne deO,'10centigr. par cuillerée à soupe ne serait pas trop, vu qu'ordinairement on ne dépasse pas deux à trois cuillerées par jour. Toutefois il est bon de commencer par l'huile à 1/2 p. 100 d'iodure de fer. On pourrait en préparer qui fussent iodurées à divers degrés.

Préparations ferrugineuses. — Des préjugés se sont opposés pendant longtemps à l'usage du fer dans la tuberculose. On a prétendu qu'il donnait la fièvre et qu'il prédisposait à l'hémoptysie. Rien n'est plus inexact. On ne s'est même pas demandé de quelle façon il était possible que le fer excitât la fièvre. Comment le fer, régénérant le sang, améliorant la quantité de ses globules, peut-il provoquer l'hémorrhagie, lorsqu'il neproduit ni ces congestions pulmonaires, ni ces altérations des parois vasculaires qui jouent un si grand rôle dans la production de l'hémoptysie? Si quelquefois le crachement de sang coïncide avec l'usage interne du fer, dans l'immense majorité des cas cela ne se montre pas. On a remarqué que les grandes épidémies de choléra avaient coïncidé un certain nombre de fois avec de nouveaux opéras de Meyerbeer. Meyerbeer doit-il, pour cette raison, être compté parmi les causes du choléra?

Nous avons déjà vu que l'iodure de fer, dont j'ai fait un très large usage, était non seulement bien supporté, mais souvent utile et exempt de tout inconvénient. A plus forte raison des préparations plus légères doivent-elles pouvoir faire du bien comme reconstituantes, comme toniques, comme favorisant les

TRAITEMENT DE \A TUriEUCUlOSE.

fonctions digestives. El rcxpérience m'a démontré, en eiïet, leur parfaite innocuité d'un côté, leur utilité réelle de l'autre.

Je fais faire usage d'eaux minérales ferrugineuses, bues aux repas, comme légers toniques, vu qu'elles renferment peu de fer. Les eaux de Bussang, de Saint-Moritz en Engadine, d'Orezza, sont de celles que je recommande le plus. Mais en général je préfère les sels de fer unis aux amers : le lactate, le citrate, le proto-carbonate de fer en fait de combinaisons à acide organique; le sulfate, le pyrophosphate, le perchlorure, le fer réduit par l'hydrogène, le fer oxydé dialyse, etc., peuvent également être utiles. Ce sont les extraits de quassia, de trèfle des marais, de gentiane qui servent le mieux, dans ces cas, à former la masse pilulaire. Je dépasse rarement 0,20 à 0,30 centigr. de sels de fer dans les 24 heures. Je donne comme exemple une de mes formules les plus fréquentes :

Faites GOpilules argentées ou couvertes de poudre de cannelle. Les malades en prennent 2 à 3 fois par jour 1 à 2 et dépassent rarement 6 par jour.

Dans les états dyspeptiques je donne volontiers le lactate de fer sous forme de poudre effervescente.

Lactate de fer • 4

Bicarbonate de soude <. 12

Mêlez et donnez dans un flacon bien bouché, à large ouverture. — Le malade en prend 2 fois par jour 1/2 à i cuillerée à café dans i/4 de verre d'eau sucrée, au moment de l'effervescence.

Le fer, dans les maladies tuberculeuses, n'agit pas direcle-

Lactate de fer. . .

Extr. de gentiane

3 grammes.

2 grammes.

Acide tartriquc Sucre

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