‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 22 sur 125 · I.EBEUT · texte numérisé non relu

I.EBEUT

Des rapports qui existent entre les maladies des os et la tuberculisation interne

Il est très-regrettable que l'on néglige beaucoup trop dans la clinique interne les observations chirurgicales et la lumi< re vive qu'elles peuvent jeter sur des maladies internes. J'ai eu cette bonne fortune d'avoir à ma disposition pendant un cmtain nombre d'années des services mixtes, dans lesquels la chirurgie et la médecine étaient également représentées. Aii>>i ai-je pu comparer souvent ces deux ordres de faits, ce qui, pour les maladies des os et leurs suites, a été pour moi d'une utilité incontestable.

Nous verrons plus tard, dans la partie anatomo-pathologiqu de ce travail, la fréquence de la corrélation des maladies des os avec la tuberculose. Nous pouvons résumer ici en quelques mots nos résultats. L^s malades atteints d'altérations des vertèbres, des os des membres, du rocher, offrent fréquemment à l'autopsie des foyers tuberculeux et broncho-pneumoniques internes. Dans la tuberculisation aiguë, les granulations de la moelle des os sont communes, mais elles sont jusqu'à préseul sans portée pathologique. Dans les cas de maladies chronique? des os avec leurs symptômes caractéristiques, je trouve dans un cinquième de mes faits des tubercules des os, petits ou plus volumineux, jaunes, caséeux, fermes, ou en voie de ramollissement. Ces tubercules sont plus fréquents dans les vertèbres que dans les os des extrémités et dans les rochers. Dau.^ la grande majorité des cas, les 4/5, les altérations des os ne sont pas d'origine tuberculeuse, mais sont dues à une infiauimation souvent destructive du périoste, du tissu osseux ou médullaire, avec carie, nécrose, fistules, suppuration abondante et lièvre habituelle, prolongée, consomption pendant les dermiers temps.

MALADIES DES OS DANS LA PHTHISIE. 14.7 Kn défalquant la carie des rochers dont il a déjà été question, JUS trouvons pour les autres affections osseuses un tiers des ts relatifs aux extrémités et les deux tiers relatifs aux maladies i tébralcs, proportion à laquelle nous n'attachons point d'imi tance, vu qu'elle doit varier et dépendre souvent de circonances fortuites. La carie du voisinage des articulations, de ■paule, du coude, de la main, de la hanche, du genou, du rd prédisposent plus à la phthisie que les maladies des dialyses. Dans les affections vertébrales les os et les articulations lient également altérés; nos tubercules vertébraux se sont i Lout rencontrés dans les parties dorsale et lombaire de la lionne vertébrale.

Que le point de départ de l'affection osseuse soit tuberculeux

i inflammatoire et suppuratif, les conséquences sont les rmes : détérioration de la constitution, consomption, bronlo-pneumonie disséminée lente et progressive ou tuberculilion aiguë assez rapidement mortelle. Il résulte aussi de ces Ils que la tuberculose peut être fixée primitivement dans les

et ne se propager que secondairement à d'autres parties du

'l'pS.

La carie des épiphyses articulaires suivie de la tuberculisan interne, a été dans la plupart de mes observations simplecnt inflammatoire et suppurative, exceptionnellement tuberilcuse. Mais la tuberculisation articulaire miliaire peut aussi 10 primitive. J'ai vu un de mes anciens élèves mourir des lies d'une de ces arthrites granuleuses qui avait d'abord ocilté les deux genoux, puis le péritoine devint le siège d'une ■ntonite tuberculeuse, enfin la tuberciilose se généralisa. Sa

ii cho fut subaiguë, et amena la mort dans l'espace de moins ; deux mois.

Des modifications dans les fonctions des organes de la génération.

Je reviendrai plus tard spécialement sur les maladies tuberculeuses des organes génitaux et urinaires. J'exposerai aussi, à celte occasion, l'influence de la grossesse et des couches sur la marche de la phthisie. Je ne donnerai ici que quelques notions générales sur les changements fonctionnels présentés par les organes de la génération chez les malades.

On prétend encore aujourd'hui assez généralement que le phthisiques sont très-portés aux jouissances érotiques. Il n'en est rien, et j'ai pu confirmer, par ce que j'ai observé dans la pratique privée aussi bien que dans les hôpitaux, ce que Louis a établi, il y a longtemps, comme règle générale : c'est qu'à ,i mesure que la maladie progresse, les facultés génératives diminuent chez l'homme. Même à une période peu avancée il va plutôt déjà diminution qu'augmentation des désirs sexuels. Aussi les femmes qui soignent leurs maris tuberculeux li traitent-elles plutôt comme une mère ou une sœur que comme une épouse habituée à la vie conjugale.

Il n'est pas rare, il est vrai, que des femmes tuberculeusedeviennent enceintes, surtout lorsque la maladie n'est pa^ avancée. Mais la cessation des règles est si fréquente, lorsque le mal progresse, qu'un trouble dans l'ovulation doit survenir aussi bien qu'une diminution de la sécrétion spermatique. Lorsque la maladie s'arrête ou guérit, les règles reviennent, et c'est alors que la grossesse est de nouveau possible. Les régit peuvent persister régulièrement jusqu'à la terminaison fatale- Le plus souvent cependant elles cessent après six mois à un an de maladie, quelquefois seulement pendant les derniers mois ; de la vie. *

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