‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 23 sur 125 · MARCHE DE LA PHTIIISIE · texte numérisé non relu

MARCHE DE LA PHTIIISIE

Marche de la phlhisie.

Excluant complètement ici la phthisie aiguë, nous devons ('pendant faire remarquer que la forme chronique peut prenli e à ses diverses phases une marche aiguë ou subaiguë. Il st souvent très-difficile de fixer le début de la phthisie, surtout liez des malades qui toussent déjà depuis un certain temps )ar suite d'une autre maladie. En thèse générale, le début et la iiarche de la phthisie pendant les premiers mois sont lents, iisidieux; il y a des alternatives de mieux, de bien-être même t d'aggravation, plus rarement on observe de bonne heure iéjà une marche continue. Le plus souvent le passage de sym- )lômes peu alarmants à une phase plus sérieuse, les progrès iiôme des signes fournis par l'auscultation et la percussion, ni vent une marche si graduelle qu'il n'est guère possible de i viser la maladie en périodes, en stades fixes et distincts. ' puis Laennec on a imposé plutôt à la marche de la phthisie h'S caractères anatomiques, tels que les phases du tubercule ru, du ramollissement, des cavernes. Mais ne trouve-t-on pas >ien souvent des foyers récents, des granulations, des foyers lias volumineux, fermes et caséeux encore, à côté d'autres [ui sont en pleine voie de ramollissement? Des cavernes rexistent-elles pas souvent déjà au sommet, lorsque des ''Vers durs encore, ou peu ramollis, existent dans le lobe iioycn, et que des granulations et des petits foyers alvéolaires lunes commencent à se multiplier dans le lobe inférieur des 'oumons?

Abandonnant donc l'idée de périodes fixes, on peut admettre

seulement des phases diverses : celle de la maladie commeil çante, celle de raffection bien déclarée et progressive, ou colle, au contraire, de l'état stationnaire, de l'amélioration, de la guérison. La maladie progressive avancée conduit de son côl<' à la phase qui, anatomiquement destructive, se traduit cliniqiiement par le marasme, la fièvre hectique, la consomption, l'épuisement ordinairement mortel.

Résumons en quelques traits les principaux caractères. La marche latente d'une altération de l'un ou des deux sommets est si peu rare, que nous rencontrons des lésions guéries dans un assez grand nombre d'autopsies de malades qui ont succonib.' aux affections les plus diverses. D'un autre côté, l'étude attentive des antécédents nous permet de faire remonter chez beaucoup de tuberculeux les premiers symptômes, une toux sèche, rare encore, une diminution des forces, des douleurs vagues et fugitives dans la poitrine, etc., à une époque bien antérieure à celle que le malade indique. Toutefois l'interrogatoire le plus attentif peut ne faire découvrir aucun symptôme et même aucun malaise jusqu'au moment où un crachement de sang abondant fait penser que la maladie existe à l'état latent depuis quelques mois déjà. Dans d'autres circonstances le malade se dit parfaitement bien, nous l'auscultons et nous sommes étonnés de trouver les signes non douteux du catarrhe de l'un

des sommets pulmonaires.

Peu à peu les signes deviennent plus manifestes; la fièvre survient de temps en temps, le pouls s'accélère un peu, le malade est essoufflé, surtout après toute ascension, la toux est plus fréquente, elle est opiniâtre et résiste aux calmants, à l'opium; les sueurs nocturnes s'établissent, les signes stéthoscopiques indubitables s'étendent, la matité de la partie supérieure d'un ou des deux sommets devient plus complète et plus élan-

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