TUBERCULEUSE DES VOIES IJRINAIRES
que celle des uretères, et que des excavations tuberculeuses se
creusent dans le parenchyme des reins.
Il n'est pas rare que le début soit marqué par une hémorrhagie rénale plus ou moins abondante; quelquefois le sang est rendu avec les urines, lorsque les signes de la pyélite ou de la néphro-pyélile se sont déjà manifestés. Ce début est analogue à la pneumorrhagie dans la phthisie pulmonaire. Il est rare que de fortes hémorrhagies se renouvellent, tandis qu'on trouve souvent un peu de sang mêlé aux urines.
Des douleurs de l'une ou des deux régions lombaires surviennent de bonne heure et sont augmentées par la pression ét les mouvements. Le plus souvent elles ne sont bien prononcées que d'un côté. Si dans quelques cas elles sont très-supportables, dans d'autres elles sont vives, fréquentes et s'irradient au loin tout autour.
Les modifications de l'urine sont considérables. Ce liquide est rendu presque clair, ou déjà trouble; il est acide, quelquefois neutre, et devient alcalin lorsqu'il existe en même temps du catarrhe ou une affection tuberculeuse dans la vessie. A l'état de repos, l'urine laisse déposer un sédiment épais, jaunâtre, muco-purulent, ou même purulent, avec beaucoup de grumeaux jaunâtres. Au microscope, on y constate l'existence de cellules de pus, d'épithélium, et dans les grumeaux d'origine tuberculeuse un détritus granuleux, avec quelques cellules incomplètes et méconnaissables. Cependant des morceaux plus volumineux peuvent encore offrir la structure tuberculeuse. Le sédiment est souvent bordé d'un anneau rouge plus ou moins régulier formé de sang; d'autres fois le sang y est irrégulièrement réparti et donne au sédiment une coloration jaune rougeâtre. Je n'ai trouvé de cylindres d'exsudation et d'albumine en certaine quantité dans le liquide fiKré que
TUBERCULOSE ESSENTIELLE DES REINS. 209 orsque la néphrite parenchymateuse, ou maladie de Briglit, \istait comme complication.
La quantité de l'urine ne diffère pas beaucoup de ce qu'elle ■st à l'état normal. Son poids spécifique diminue, car à mesure jue la dégénérescence rénale s'étend, les sels qu'on trouve l;ins l'urine, les urates, les phosphates, les chlorures sont 'xcrétés en quantité de plus en plus faible. Lorsque la vessie ■?t malade en même temps, les malades souffrent de dysurie, rischurie, de strangurie; quelques malades se plaignent de lémangeaisons et de picotements dans le méaturinaire. Lorsque a tuberculose réno-uretérale est considérable, on peut voir un loyau tuberculeux boucher presque entièrement l'orifice de un des uretères; des incrustations calculeuses surajoutées meuvent contribuer à celte oblitération; on voit alors apparaître es signes physiques d'une hydronéphrose de plus en plus conlidérable. On sent une tumeur dans la région lombaire ou dans e côté correspondant de l'abdomen, avec ou sans fluctuation.
Cet état donne déjà lieu par lui-même à une altération de la ^anté générale, à une fièvre habituelle, à des troubles croissants le l'appétit et de la digestion. Mais l'état hectique, le marasme considérable sont dus plutôt à l'extension de la tuberculose ou i sa coexistence dans d'autres organes, à la phthisie pulmonaire consécutive ou concomitante, aux ulcères qui se sont fléveloppés dans les intestins. Aussi, les malades meurent-ils '•puisés et dans le dernier degré du marasme, comme les autres [ihthisiques, à moins qu'une maladie aiguë intercurrente ne termine plus vite leurs souffrances. Chez l'homme il n'est pas très-rare d'observer en même temps la tuberculose des testicules.
TUnKUCULOSE DES ORGANES GÉNITAUX.
Tuberculose des organes (jénilaux de l'Iiomme.
Si la liiberciilose des teslicules est la localisalion la plu. réqacnle de cette maladie dans l'appareil génital, seule ou combinée avec la tuberculose, d'autres parties de cet appareil, il n'est pas moins vrai que l'urèlhre, la prostate, les vésicules séminales peuvent être profondément tuberculisés, sans que les glandes séminales participent à la maladie.
Tuberculose de l'urèlhre.
Non-seulement l'urèthre participe à l'affection tuberculeuse étendue des voies génito-urinaires, mais il peut, de son côté, être très-malade sans que les autres organes soient frappés en proportion. Il peut être infiltré intérieurement de matière tuberculeuse sur toute l'étendue de sa muqueuse, mais le siège principal de la maladie est sa partie postérieure, du côté du col de la vessie et de la prostate. D'ordinaire, il existe alors également une cystite tuberculeuse, tantôt étendue, tantôt bornée au col. Un des premiers signes de la maladie est un écoulement urélhral peu considérable qui se développe peu à peu, sans qu'il y ait eu contagion; aussi la matière de cet écoulement n'est-elle pas contagieuse non plus. Peu à peu la dysurie se développe, et, légère d'abord, elle devient de plus en plus incommode; il y a non-seulement un besoin fréquent d'uriner, mais en outre un obstacle croissant à la miction par suite du rétrécissement considérable de l'urèthre. On apprend alors par les malades que depuis longtemps déjà ils ne peuvent plu^ uriner à plein jet et que la quantité rendue chaque fois est allée en diminuant. On examine l'urèthre avec une sonde, on