‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 43 sur 125 · TUBERCULOSE DE LA PHOSTATE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DE LA PHOSTATE

^ pénètre pas dans la vessie; on prend des instruments d'un ,lus petit calibre et on est tout étonné de ne pénétrer qu'avec les bougies ou des sondes fort petites. La dilatation la plus

léthodiqiie ne diminue que lentement et incomplètement le ('-Irécissemcnt et même l'incision n'a qu'un effet tout à fait

issager. C'est pour cela que la stagnation des urines dans la .'ssie survient tôt ou tard et que des fistules urinaires, des nfiltrations urineuses, des fistules vésico-rectales même peu-

'nt se développer consécutivement.

Après avoir vu des cas pareils chez Ricord, à Paris, et des lièces anatomiques qui s'y rapportaient, présentées à la So- •iété anatomique par Dufour, qui a fait une excellente thèse sur •e sujet, j'ai pu observer longuement plusieurs cas de ce genre lans ma division des syphilitiques, pendant que j'étais profeseur de clinique médicale à Zurich.

Tuberculose de la prostate.

La prostate est, plus souvent qu'on ne le croit, le siège de tubercules, mais ils y sont rarement étendus. Cette localisation l'St la conséquence de la tuberculose uro-génitale plus étendue, d'une phthisie pulmonaire ou d'une péritonite tubei'culeuse. Des tubercules prostatiques peuvent donner lieu à la base de l'urèthre à un rétrécissement des plus difficiles à traiter. D'un :uUre côté des cavités tuberculeuses peuvent se creuser dans la prostate, communiquer avec la base de l'urèthre et s'interposer ontre celle-ci et lavessie qui alors ne peutplus se vider; et même i;n sondant on tombe dans cette cavité en avant de la vessie, sans pouvoir parvenir dans la vessie elle-même. J'ai observé à /Airich un cas curieux de ce genre. Un homme âgé de vingtquatre ans est conduit à l'hôpital, comme atteint de fièvre ty-

phoïde. Il fui, facile do reconnaître qu'il s'agissait d'une maladie cérébrale aiguë terminale. Les urines étaient évacuées involontairement et en petite quantité, mais la vessie restait pleine et tendue. Mon chef de clinique essaya de sonder le malade, mais sans y parvenir. J'essayai à mon tour, mais sans plus de succès. J'arrivais bien dans une cavité dans laquelle le bec de la sonde se mouvait librement,' mais il ne sortait qu'un liquide purulent et la vessie restait pleine en arrière. 11 était impossible de pénétrer. J'aurais pratiqué la ponction de la vessie, si le malade n'avait pas été près de sa fm. Il succomba en effet le lendemain. — A l'autopsie nous trouvâmes une hydrocéphale interne aiguë, une épendymite avec épanchement considérable, sans granulations tuberculeuses dans les méninges. Il y avait de la diphthérie dans l'œsophage; quelques tubercules jaunes occupaient le sommet du poumon droit. Les uretères et les bassinets étaient distendus par les urines. Les ganglions lymphatiques du bassin et ceux du mésentère étaient tuberculeux; le rein droit renfermait un foyer tuberculeux en partie ramolli, du volume d'une noix. Avant de continuer l'autopsie, j'essayai de nouveau de sonder la vessie qui était restée pleine. J'arrivai au même résultat que pendant la vie. La dissection me donnaalors la clef de cette énigme. Laprostate, très-volumineuse, entièrement tuberculeuse, renfermait une caverne assez étendue qui formait un cul-de-sac au-devant de la vessie et qui avait arrêté chaque fois la sonde. Les ganglions lymphatiques voisins étaient tuberculeux. Rayer rapporte un cas semblable dans son Traité des maladies des reins, et Dufour, dans sa 7° observation {De la tuberculose génito-urinaire, thèse, Paris, 185:2, p. 52), relate aussi un fait analogue.

Lorsque, soupçonnant la tuberculose de la prostate, on examine le malade par le rectum, on sent la glande volumineuse,

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