‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 66 sur 125 · STRUCTURE DES TUBERCULES · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES TUBERCULES

L'alléralion atteint toutes ces diverses espèces de cellules : infiltration granuleuse, métamorphose graisseuse, désagrégation. Un autre mode est, au contraire, la dessiccation, le ratali tinement, l'infiltration de granules minéraux, avec forte pig- || mentation mélanique.

J'ai parlé à différentes reprises de l'absence de vascularité des tubercules. Les injections fines multipliées m'en ont donné I la conviction. On observe quelquefois une apparence tromy peuse, sous la forme d'un petit vaisseau qui semble traverser latéralement le tubercule ou l'entoure circulairement, mais je n'ai jamais vu de capillaires pénétrer et y former des réseaux. Les alvéoles englobés perdent aussi leur vascularité, tandis que ceux du voisinage peuvent présenter une injection très-fine et normale.

Les tubercules volumineux du cerveau, du péritoine, de la plèvre peuvent offrir une constitution en apparence bien difféj rente, une espèce d'enveloppe cellulo-vasculaire d'un tissu connectif, riche en jeunes cellules et qui sert, pour ainsi dire, (lelieu de germination, de matrice aux granulations qui deviennent de plus en plus volumineuses par agglomération; ces en- 1 veloppes cellulo-vasculaires subissent plus tard la transformation fibreuse et peuvent former ainsi des capsules autour de ' ces grands tubercules.

Le véritable ramollissement a beaucoup de ressemblance i avec ce processus de décomposition qui détruit aussi bien que i la nécrose et la gangrène, mais qui, ayant lieu tout à fait à l'abri de l'air, reste libre do toutproduitde putréfaction (Verwesung, deschimistes allemands). Le ramolHssement est donc un processus nécrotique qui a lieu au centre et dans les autres parties des foyers. Celte altération provoque un travail d'irritation dans le voisinage, une inflammalion plastique ou purulente.

Formation des cavernes.

Le ramollissement conduit, à l'ulcération qui s'étend par suite de l'altération des parties voisines, et c'est ainsi que se forme l'ulcère creux que nous appelons caverne dans les poumons, mais qui existe tout aussi bien dans d'autres organes tuberculeux.

Nous avons vu des petites cavernes déformées déjà à la firi du premier et dans le cours du deuxième mois dans la phthisie aiguë. Dans les cas chroniques, elles se montrent plus tard, , du quatrième au sixième mois dans les cas précoces, ordinaire- ment beaucoup plus tard. Dans bien des casa issue funeste elles s manquent pendant toute la durée. Leur siège de prédilectiom est le lobe supérieur, et, au commencement, plutôt en arrière $ qu'en avant. Plus tard elles se multiplient, il s'en forme dans $ d'autres lobes, et la coupe du poumon peut offrir un aspect laby- rinthiforme par la communication des cavités entreelles.Troisfois 5 j'ai vu les cavernes siégerprincipalemenl dans le lobe inférieur. . Le sommet qui recouvre une cavité est adhérent, épaissi, souvent rétracté; les lobes se trouvent fréquemment adhé- ■ rents les uns aux autres. Chez le singe, la prédilection pour ■ le lobe supérieur fait défaut; il en a été de même dans plusieurs de mes expériences sur les lapins tuberculisés artificiellement.

Nous avons toujours eu soin de séparer des cavernes les dilatations bronchiques cavilaires des sommets. Celles-ci mises de côté, les excavations existent dans la moitié de nos cas de phthisie, pour la plupart à marche chronique; en effet, nous avons vu que, dans la phthisie aiguë, les cavernes un tant soit peu volumineuses sont de date antérieure.

ALTÉRATIONS DU POUMON. 337 Voici le siège des cavernes dans 204 de mes observations :

Cavernes presque exclusivement dans le poumon droit

— gauciie

Cavernes dans les deux poumons

Page 1