ALTÉRATIONS DU CERVEAU
avec le temps, granuleux ou mou. Rilliet et Barthez en ont trouvé de stratifiés. Des tubercules anciens sont quelquefois comme enkystés. C'est alors que le ramollissement considérable et la liquéfaction peuvent les faire ressembler à un kyste. Si la compression a ordinairement lieu du côté du cerveau, elle peut aussi quelquefois creuser une cavité dans la boîte crânienne. Lorsqu'il y a à la fois tubercules cérébraux et méningite, les premiers sont primitifs et la méningite tuberculeuse est secondaire; celle-ci constitue une terminaison rapide et aiguë, comparable à celle de la phthisie pulmonaire chronique par tuberculose miliaire aiguë.
La substance cérébrale autour des tubercules peut se ramollir, s'indurer ou rester normale, faire même corps avec eux complètement, état que j'ai aussi observé dans les tumeurs gommeuses du cerveau.
Il n'est pas rare de trouver l'hydropisie ventriculaire à la suite de tubercules cérébraux volumineux. Mais l'explication trop mécanique de Rilliet et Barthez, qui attribuent ce fait à la i,^ène de la circulation veineuse, n'est pas toujours admissible. lUen souvent, en effet, le siège des tubercules est si superficiel qu'il n'explique nullement une gêne circulatoire profonde. Dans trois cas de tubercules volumineux du cervelet, j'ai même constaté l'absence de toute hydropisie des ventricules. Celle-ci peut donc tenir à des causes diverses, à l'hydrémie consécutive à la dystrophie cérébrale et générale, à la tendance phlegmasique des méninges et de l'épendyme, si fréquente dans cette maladie, et enfin, à la gêne de la circulation veineuse.
Dans huit de mes observations de tubercules cérébraux, c'està-dire dans un 1/3 des cas, il avait existé auparavant une maladie grave du système osseux, carie du rocher, carie de la colonne vertébrale, thoracique ou lombaire. Dans tous ces cas,
la carie était le mal primitif, mais il n'y avait pas de tubercules dans les os. On sait que la méningite tuberculeuse constitue aussi, dans quelques cas, la phase terminale d'une maladie grave du système osseux.
Des altérations de la moelle épinière et de ses membranes.
Les méninges spinales peuvent, comme nous l'avons vu, participer à la méningite tuberculeuse par propagation. Les tubercules des méninges spinales et de la moelle sont rares. J'en ai vu un dans la dure-mère, du volume d'une noisette, au niveau de la troisième vertèbre dorsale. Un lapin, paralysé des quatre membres, m'a présenté à l'autopsie un tubercule du volume d'un haricot, provenant de la dure-mère, au niveau des troisième et quatrième vertèbres dorsales. J'ai réuni, de sources diverses, 18 faits de ces tubercules chez l'homme. Leur siège était 2 fois dans la région de la moelle allongée, 2 fois dans la région cervicale, 2 fois dans la région dorsale, et 10 fois dans la région lombaire, 12 fois dans deux régions à la fois. Je ne compte pas ici une de mes observations, dans laquelle un gros tubercule vertébral a comprimé la moelle épinière. Le volume des tubercules a varié dans les faits analysés entre un petit pois et une noisette. Dans un cas de Serres, des tubercules de la moelle avaient l'aspect d'un chapelet, se succédant et se touchant sur une longueur de 5 centimètres. La moelle est ordinairement ramollie autour des tubercules. Tous les cas se rapportaient à la jeunesse et à l'âge moyen.
Dans un de mes feits, j'ai trouvé une ancienne méningite spinale guérie, avec adhérence de la pie-mère. Trois fois j'ai trouvé des foyers locaux de ramollissement médullaire, sans tubercules et sans altération vertébrale. Chez cinq malades.
ALTÉUATIONS DES VOIES DIGESTIVES. 361 l'inflammation et le ramollissement de la moelle étaient la conséquence non douteuse de la carie vertébrale voisine, 2 fois thoracique, o fois lombaire.