‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 74 sur 125 · ALTÉRATIONS DU PÉRITOINE · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DU PÉRITOINE

les corpuscules de Venauff ou avec les stomates et les pseudostomates des lymphatiques et de leurs endothéliums a été indiquée, mais non encore suffisamment démontrée. Toutes les parties du péritoine en peuvent renfermer; le plus souvent il y en a un grand nombre. Chez la femme, l'enveloppe péritonéale des organes internes de la génération en est souvent couverte. Une fois j'en ai trouvé beaucoup à la surface de l'appendice vermiforme. Les épiploons et le mésentère en sont souvent profondément atteints. J'ai vu aussi la vésicule biliaire couverte de granulations et de plaques. Les fausses membranes et les réseaux connectifs de nouvelle formation peuvent en être parsemés. L'engorgement inflammatoire, la forte vascularité, l'hyperplasie connective et de très-nombreux tubercules peuvent donner au grand épiploon l'aspect d'une glande ou celui d'une vaste tumeur pancréatiforme.

On trouve des granulations de toutes les dimensions, depuis les railiaires les plus petites jusqu'à celles qui ont le volume d'une lentille; les plus petites sont hyalines, d'autres grises, demi-transparentes, d'autres déjà jaunes et opaques ; les granulations situées sous la séreuse offrent encore l'épithélium péritonéal à leur surface ; parfois des granulations paraissent comme pédiculées. Certains tubercules atteignent la grosseur d'un pois, d'une noisette, d'une amande, d'une noix même, et il y a, en outre, des plaques tuberculeuses de différentes dimensions. Les tubercules volumineux sont quelquefois entourés de la couche cellulo-vasculaire déjà décrite. Ils peuvent garder la dureté fibreuse même lorsqu'ils sont volumineux, mais souvent, en grandissant, ils se ramollissent en dedans, jusqu'à la fonte puriforme. Leur structure a déjà été décrite. Les tubercules durs ont beaucoup de fibres et de corps fusiformes, surtout dans les couches périphériques; les cellules

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géantes n'y sont pas rares. Je n'ai pas vu jusqu'à présent de tubercules péritonéaux crétacés. Les granulations les plus fines, vraie poussière tuberculeuse, se trouvent à la surface des intestins et du foie.

On trouve souvent autour des tubercules du péritoine une quantité très-considérable de pigment noir ou ardoisé, ce qui peut donner à cette tuberculose un aspect marbré et comme panaché. Ce pigment dérive probablement de la matière colorante du sang. Dans des circonstances rares, des tubercules ramollis en totalité forment comme une pulpe caséeuse. L'hyperhémie inflammatoire du péritoine est surtout bien prononcée dans les cas aigus et pendant les premiers temps des cas chroniques. Les tubercules mous, quelquefois comme pustuleux, situés à la surface des intestins, peuvent causer la perforation.

Les adhérences sont quelquefois peu considérables, ordinairement nombreuses, et c'est ainsi que les intestins, les épiploons, le mésentère, l'estomac, le foie et la rate peuvent former des masses adhérentes volumineuses. La péritonite de la surface du foie peut devenir le point de départ d'une hépatite interstitielle générale, avec cirrhose finale.

Les adhérences avec les organes génitaux internes de la femme sont quelquefois intimes, celles avec la paroi abdominale le sont rarement. En un mot, en fait d'adhérences, toutes les combinaisons sont possibles, sans compter les cordons, les faux ligaments, les expansions diverses consécutives à l'exsudation inflammatoire.

L'hyperhémiepéritonéale s'accompagne souvent d'ecchymoses ou de rougeur diffuse, d'état tortueux et d'inégalités des petits vaisseaux; des îlots d'injection peuvent ressembler à des ecchymoses. Des tubercules sont quelquefois entourés d'une zone vasculaire. L'épaississement peut être considérablement aug-

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