‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 80 sur 125 · REMARQUES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES

La méningite tuberculeuse s'est souvent présentée à nous et nous avons insisté sur la possibilité de sa localisation primitive et sur sa fréquence relative chez l'adulte. Les tubercules cérébraux, sous la forme d'encéphalite corticale tuberculeuse disséminée dans deux de nos observations, compliquent souvent et précèdent la méningite tuberculeuse ; leur fréquence est incontestablement plus grande chez les enfants que pendant l'âge adulte.

Le foie et la rate ne sont que secondairement malades, mais les granulations du foie sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croyait il y a peu d'années encore. Le cœur et le péricarde ne sont pas souvent atteints ; dans des cas rares le péricarde peut être le siège d'une tuberculisation étendue et la péricardite tuberculeuse peut être primitive. Les tuberculeux en général sont plus prédisposés à la péricardite que les autres. En ce qui concerne les localisations primitives dans les organes génito-urinaires, les reins et les testicules occupent le premier rang'. Les maladies des os conduisent souvent à la phthisie; et, à leur tour, les os peuvent être le siège de tubercules primitifs.

Parmi les altérations non tuberculeuses des organes, un petit nombre est d'origine mécanique, telles que la dilatation du cœur par suite de la gêne circulatoire croissante dans les poumons, l'établissement d'une circulation nouvelle intermédiaire entre la circulation pulmonaire et la grande circulation. Mais la plupart de ces altérations sont dystrophiques , congestives, inflammatoires, hémorrhagiques, etc.

Le cerveau devient le siège d'œdème et d'hydropisie ventriculaire, avec ou sans épendymite, quelquefois d'une méningite de la base, sans granulations. L'anémie et l'hypérémie ne sont pas rares dans le cerveau et les méninges. La

ANATOMIE PATHOLOGIQUE, moelle épinière peut être le siège d'un ramollissement localisé primitif ou consécutif à la carie vertébrale. Pour le larynx nous avons déjà appris à connaître le travail ulcéreux indépendant de la tuberculose dans un certain nombre de cas.

Dans les poumons nous avons constaté la congestion, le collapsus lobulaire des vésicules, l'inflammation broncho-alvéolaire, interstitielle sous toutes les formes ; la pneumonie est tantôt lobulaire et disséminée, tantôt confluente et diffuse. Il en est de même de la pleurésie dont toutes les variétés peuvent compliquer la phlhisie. Les perforations diverses du poumon s'ouvrant dans la plèvre, l'abcès d'un ganglion bronchique se faisant jour dans le péricarde, ou même dans l'artère pulmonaire, peuvent survenir dans tous ces états, et en précipiter l'issue funeste.

Nous avons appris à connaître aussi la variété considérable des inflammations gastro-intestinales. C'est ainsi que le catarrhe chronique de l'estomac peut conduire à la phthisie dyspeptique; des ulcères et leurs cicatrices se sont rencontrés dans l'estomac un certain nombre de fois. Le catarrhe peut occuper aussi toutes les parties du tube intestinal, dont les ulcères, assez 'souvent, ne reconnaissent pas pour cause une origine tuberculeuse, c'est là encore un genre de localisation inflammatoire à tendance ulcéreuse prononcée. A propos du péritoine, nous avons étudié la péritonite simple, sans tubercule, et les épanchements séreux, hydropiques, l'ascite.

Quant au foie, ses altérations sont fort variées aussi : état congestif habituel, hépatite interstitielle, allant jusqu'à la cirrhose, inflammation des voies biliaires, état graisseux lobulaire, périphérique d'abord, et tous les degrés jusqu'au foie gras le plus prononcé, et à sa dégénérescence amyloïde.

La dégénération graisseuse du cœur est loin d'être rare; la

REMARQUES GÉNÉRALES. 393 rate s'engorge, se ramollit, devient stéatomateuse, ou le siège dune splénite interstitielle. Les reins offrent toutes les formes de l'inflammation chronique, jusqu'à Fatrophie générale.

Toutes les muqueuses sont disposées aux catarrhes, toutes les séreuses à une augmentation de leur exhalation.

En un mot : il y a peu de maladies qui puissent exercer une influence aussi variée , aussi profonde, aussi délétère sur le corps humain que la tuberculose aiguë ou chronique. Et pourtant elle peut s'arrêter dans sa marche, même à un état déjà avancé, et la nutrition si profondément troublée est susceptible de revenir de nouveau tout à fait à l'état normal.

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