DÉTAILS DE LA DIÈTE
lait, les malades doivent prendre au bout d'une heure leur déjeuner ordinaire, du thé ou du café légers, ou plus fort, mais avec parties égales de lait chauffé. Si les malades ne s'imposent pas une trop grande privation en renonçant à ces boissons agréablement excitantes, je préfère qu'ils prennent avec le lait du café de gland pur, ou préparé avec parties égales de poudre de café ordinaire et de cacao dégraissé, ou du chocolat. Ce dernier, ainsi que le racahout, composé de 2 parties de chocolat et d'une partie d'arrow-root, avec addition d'un peu de vanille, ne peuvent être supportés bien longtemps par les malades, tandis que le mélange de café de glands et de café arabe, ainsi que le cacao, peuvent être agréablement continués pendant longtemps. On peut tremper dans ces boissons delà biscotte, ou un petit pain, et on mange ce dernier avec du beurre, lorsqu'on y est habitué. Quelques médecins, partant de l'utihté de l'huile de foie de morue, recommandent beaucoup le beurre et les aliments gras ou d'un apprêt très-gras; mais j'ai trouvé que l'estomac déjà si impressionnable des tuberculeux les supportait rarement pendant longtemps.
Le principal repas doit avoir lieu dans le milieu du jour, le dîner pour les uns, le second déjeuner pour les autres. Un bon potage au bouillon, suffisamment dégraissé, doit en composer la première partie. On aromatise le bouillon, peu nourrissant en lui-même, mais excitant l'appétit, par les racines ou les végétaux connus pour cet usage. En ajoutant quelques amandes mondées, on en améliore encore le goût. On peut, selon les circonstances, y ajouter un peu d'extrait de viande.
Il est toujours bon d'ajouter au bouillon des substances nourrissantes, de la semoule, du riz, du sagou, du tapioca, des macaronis, du gluten granulé riche en azote, de l'orge mondé, du v(^rmicelle, des farines, riches en léguraine azotée, de pois
^iil) THAITEMENT DE LA ÏUBEUCULOSE.
secs, de fèves, de lentilles. On peut aussi ajouter au potage un peu de viande de poulet ou de veau finement divisée ou du riz de veau en purée. En un mot, il faut à la fois de la variété et une qualité réparatrice dans les potages. Il est bon d'en donner une quantité modérée, et d'insister pour que les malades ne le prennent pas trop chaud, disposés qu'ils sont à la transpiration. Un jaune d'œuf délayé dans le bouillon le rend plus nourrissant. Les malades qui supportent bien le lait peuvent aussi prendre de temps en temps une soupe au lait.
Les œufs, aliment essentiellement nourrissant, peuvent êtrepris sous différentes formes. Un ou deux œufs à la coque, au premier ou au second déjeuner, sont la forme la plus simple, peutêtre la meilleure. Parmi les légumes il faut également de la variété, des légumes verts, épinards, chicorée, laitue, oseille;, des racines, comme des carottes; parmi les choux, les chouxfleurs surtout sont à recommander. Les légumineuses, petits pois, haricots, etc., doivent être prises très-jeunes. Les légumineuses sèches sont riches en caséine végétale, mais sont souvent d'une digestion difficile ; il faut donc les réserver pour ceux dont les forces digestives sont normales. La forme la plus facile à digérer est le potage ou la purée. Les pommes déterre, après leur apprêt si varié, constituent pour beaucoupun plat indispensable. Mais leur valeur nutritive étant considérable, il ne faut les permettre qu'en petite quantité. Tant qu'il n'y a pas de diarrhée, les fruits crus ou cuits, cerises^ fraises, framboises, pruneaux, pommes, poires, pêches, abricots, oranges, raisins sont non-seulement permis, mais agréablement rafraîchissants. Il va sans dire qu'ils ne doivent constituer qu'un accessoire du régime. Nous reviendrons spécialement plus tard sur les cures de raisin.
Il faut toujours soigner aussi la bonne qualité du pain ; il