LES VL\S
Les vins de Bordeaux, de Bourgogne, le Maçon, les vins du Rhin, de la Moselle, sont recommandables, mais, d'un autre côté, on n'a jamais de vin plus pur que celui du pays, lorsqu'on habite un pays vinicole, ou lorsqu'on se trouve dans une station hivernale. C'est ainsi qu'à Montreux, à Hiéran, à Cannes, cà Nice, tout le long delà Riviera, on a de bon vin. Toutes ces boissons doivent être prises en quantité modérée, surtout lorsqu'on n'y est pas habitué. Ceux qui sont habitués à boire de une demi-bouteille à une bouteille de vin par jour ne doivent pas être limités dans leurs habitudes, tant qu'ils ne dépassentpas ces quantités. H serait contraire à l'hygiène d'aller au delà. Aussi le dogme contraire de l'usage des alcooliques en grande quantité, qui reparaît toujours de temps en temps, n'a-t-il point encore pris droit de domicile dans l'hygiène. Il ne faut pas perdre de vue que la digestion, facilitée par des quantités modérées de boissons fermentées, est profondément altérée par des quantités habituellement trop fortes. Lors même que le vin est habituellement mêlé d'eau et qu'il est bon, la quantité totale des boissons aux repas doit être modérée et ne pas dépasser le strict besoin de la soif. Les dyspeptiques surtout ne doivent pas trop boire en mangeant. Chez les pauvres on peut remplacer le vin par de petites quantités d'eau-de-vie, ajoutées à l'eau aux repas. Les vins généreux, tels que les vins vieux de Bourgogne, du midi de la France, du Rhin, de la Hongrie, les vins de Madère, de Marsala, de Xérès, de Porto, ne doivent être pris qu'en petite quantité et passagèrement dans un état de faiblesse momentanée. Vers la fin ces vins peuvent trouver un emploi plus large. Quelques dyspeptiques digèrent mieux en prenant un verre de vin généreux au commencement du repas. Il faut toujours user très sobrement aussi des vins mousseux, tels que le Champagne. Lorsqu'il y a une
profonde anémie on une complicalion chlorolique, je fais volontiers boire aux principaux repas, à côté du vin, une eau ferrugineuse acidulée, telle que Schwalbach, Pyrmont, SL-Moritz en Engadine, une des meilleures et des plus agréables et, à la Riviera. l'eau également fort bonne et agréable d'Orezza. Pour les malades à digestion lente et laborieuse, je préfère les eaux de Vais, de St-Galmier, de Bilin en Bohême. Cette dernière eau est peu connue en France, mais elle mérite de l'être bien davantage. Elle est aussi fortement alcaline que Yichy, plus riche en sulfates et plus riche aussi en acide carbonique, tant fixe que libre. L'eau de "Vichy s'emploie beaucoup aussi dans ces circonstances. Toutefois, pour un usage prolongé, je préfère des eaux moins alcalines et plus acidulées. Il faut cependant être sobre d'acide carbonique, lorsqu'il existe une disposition prononcée à l'hémoptysie. L'eau de Seltz artificielle, l'eau de soude en siphon ne conviennent pas à la longue non plus, parce qu'elles renferment trop d'acide carbonique.
Les malades atteints de fièvre sont quelquefois très altérés en dehors des repas. En général il faut leur conseiller de maîtriser autant que possible leur soif. Ceux qui boivent une certaine quantité de lait par jour n'ont pas besoin d'autre chose. Tout au plus peuvent-ils couper le lait parfois avec de l'eau de Vais, de Bilin, de Seltz naturelle, excellente aussi ; les tisanes édulcorées, délayantes, sont mal supportées à la longue. Je préfère conseiller du thé pectoral aromatisé avec de la mélisse, de l'hysope, l'herbe de Galiopsis grandiflora. L'infusion de petite centaurée, de Polygala amara, la décoction de mousse d'Islande conviennent mieux aussi. J'emploie souvent la gélatine de la mousse d'Islande, fraîche ou sèche et délayée dans de l'eau chaude. En Silésie et dans le grand-duché de Posen, un thé composé par moi a joui d'une grande popularité ; il se compose de 3 parties