‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 90 sur 125 · LES VINS · texte numérisé non relu

LES VINS

d'espèces pectorales, d\me de Polygala amara et d'une deGaliopsis grandi/lora. Les boissons mucilagineiises, la décoction d'orge, de gruau d'avoine, de riz de Salep, de lichen Carragean, la décoction blanche de Sydcnham, la solution de gomme conviennent, si la toux est fréquente, fort incommode, ou s'il y a diarrhée. Mais les malades n'aiment pas prendre pendant longtemps des mucilages.

Les préceptes donnés jusqu'à présent s'appliquent surtout aux tuberculeux qui ont conservé un appétit normal, ou au moins passable, qui digèrent bien ou assez bien, et qui ne sont pas encore atteints d'une fièvre hectique bien établie. Du moment que les divers états d'anorexie, de dyspepsie, de fièvre habituelle se développent, il faut diminuer la quantité de la nourriture et l'adapter à l'état de chaque malade. Des repas peu copieux, mais répétés toutes les 3 heures, sont quelquefois les mieux supportés. Mais que faut-il diminuer, la nourriture végétale, la viande, le vin, les alcooliques ? Diminuez principalement les végétaux, qui ne nourrissent point en petite quantité et qui ne se digèrent que lentement. La viande bien rôtie, le lait se digèrent plus facilement, nourrissent sous un plus petit volume et sont agréables. Depuis qu'il est démontré par les travaux de Bin que l'alcool, pris en quantité modérée, est nutritif, diminue la chaleur et facilite la digestion, on est en droit, et l'expérience l'a confirmé, de continuer le vin pendant longtemps encore, à la dose que le malade supporte bien, lors même que la fièvre hectique existe et fait des progrès. Chez les malades épuisés, ce sont souvent les vins généreux et le Champagne qui sont le mieux supportés et qui les soutiennent. Un verre de bon grog leur fait souvent plus de bien que toutes les tisanes et même que les boissons amères et aromatiques.

J'ai vu des malades conserver presque jusqu'il la fin l'appéti

TRAITEMENT DE I.A TUBEHCllLOSE.

et une bonne digestion. Ceux-là on peut les nourrir abondamment, leur permettre de une demi bouteille à une bouteille de vin de Bordeaux par jour, même lorsque le marasme est déjà avancé. Mais ces cas sont rares. Le plus souvent on est obligé de diminuer graduellement la quantité de la nourriture, à mesure que les pbases destructives font des progrès. L'extrait de viande, l'extrait de malt {77ialz eœtract) peuvent-ils remplacer ou aider notablement d'autres aliments et boissons, dans leur action réparatrice? Je ne le pense pas. La valeur nutritive de l'extrait de Liebig reste toujours bien en arrière de celle de la viande rôtie ; on peut en ajouter au potage, mais sans fonder sur lui un grand espoir. L'extrait de malt de Iloff n'est qu'une bière concentrée, avec addition d'extrait de trèfle, de nerprun Bourdaine {Rliamnus frangula) et, pour le rendre apéritif, d'un peu de glycérine. Les autres extraits de ce genre renferment de l'amidon de pommes de terre, du sucre, de la dextrine, de lamucine, etc. Ces compositions, d'une valeur nutritivefort médiocre, peuvent être tolérées par le médecin ; il peut les permettre aux malades qui y tiennent beaucoup, mais il n'y a aucun motif pour les conseiller.

Pendant les derniers temps de la phthisie, la plupart des malades ne supportent plus que de petites quantités de bouillon, de lait, de vin. Il faut s'en tenir là, sans cela on provoque la dyspepsie, la diarrhée et on abrège les jours du malade. Les lavements nutritifs de lait, de jaunes d'œufs, du mélange pancréatico-carné de Leube ne sont qu'un succédané nutritif fort imparfait. Le.régime, vers la fm, doit tendre à procurer aux malades une fm aussi douce que possible.

VhahitcUion des tuberculeux mérite une surveillance toute spéciale de la part du praticien. On ne peut souvent rien contre

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