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LES HABITATIONS

rcncombromentet les conditions antihygiéniques des logements (les pauvres. 'C'est pour toute cette classe que les colonies et les groupes de maisons établis à la campagne, d'après les principes d'une bonne hygiène, destinés aux phthisiques, pourront avec le temps rendre de grands services. Lorsque les malades ne peuvent et ne veulent pas quitter leur logement, il faut les engager, ainsi que leur entourage, à ouvrir souvent les fenêtres et à établir une ventilation aussi bonne que possible. Lorsque, dans les classes moins pauvres ou aisées, le médecin peut avoir quelque influence sur le choix de la chambre ou des chambres du malade, il faut choisir pour les tuberculeux les mieux situées au point de vue hygiénique. 11 faut qu'elles soient suffisamment grandes et largement exposées à la lumière et au soleil ; il est bon d'y éviter autant que possible les courants d'air, les émanations de mauvaise odeur, venant surtout des latrines. La plus grande propreté doit régner dans ces chambres, il faut éviter aussi les émanations ammoniacales des vases de nuit mal lavés. La ventilation fréquente, la nécessité d'avoir toujours un air pur et suffisamment renouvelé dans tout l'appartement est de rigueur. Pendant l'hiver, il faut chauffer modérément; le maximum, aussi bien dans la chambre à coucher qu'ailleurs, sera de 15° R. Lorsque les malades ne sont pas trop affaiblis, il faut qu'ils prennent le plus possible de l'exercice en plein air. C'est pour cela que leur logement ne doit pas être situé trop haut. Est-il au rez-de-chaussée, il faut bien veiller à ce qu'il ne soit pas humide. Le chauffage par les calorifères n'est pas bon pour ces malades ; l'air est trop sec et même des vases remplis d'eau et bien distribués ne remédient qu'imparfaitement à cet inconvénient.

Aussi longtemps que possible, je conseille aux malades de sortir tous les jours, en hiver, de 41 ù 3 heures, lorsqu'il n'y a

ni pluie, ni neige, ni vents d'une certaine intensité. Le froid n'est pas une contre-indication absolue. A Bresfau je me suis très bien trouvé de permettre aux malades de sortir encore, chaudement habillés, par un froid de 6 à 8° R. au-dessous de zéro. Il faut naturellement interrompre les promenades lorsqu'il y a une exacerbation intercurrente de la maladie. Les malades doivent alors garder le lit, mais pas plus longtemps que cela n'est strictement nécessaire. Lorsque les malades ne peuvent plus sortir, lorsque, pendant les hivers j-igoureux, ils sont obligés de garder la chambre des semaines ou des mois, il ne faut pas leur permettre de rester trop longtemps au lit, et il faut qu'ils prennent de l'exercice dans des chambres qui communiquent entre elles et qui doivent être bien aérées et toutes chauffées d'une manière égale. Plus d'une fois j'ai pu rendre ainsi la réclusion prolongée aussi peu antihygiénique que possible, même dans de grandes villes comme Paris, Breslau, Posen.

Des vêlements des malades.

Les vêtements des tuberculeux doivent être conformes aux saisons, et surtout au degré d'impressionnabilité. Il faut bien tenir compte aussi de leurs habitudes, en tant qu'elles ne sont pas antihygiéniques. Pour l'hiver, il faut des vêtements chauds, même dans les stations méridionales qui ont beaucoup de soleil, mais où il existe une forte différence de température entre l'ombre et le soleil, et où surtout les matinées et les soirées sont bien plus fraîches que le milieu du jour. C'est au moment du coucher du soleil qu'il faut ajouter un châle, un paletot, un vêtement chaud quelconque, à cause du refroidissement rapide de l'air. Toutefois, il faut éviter l'excès de vêtements chauds, dont j'ai constaté l'abus tout

L'HYDUOPATIIIE. ^^57 aussi bien et d'une manière beaucoup pbis irrationnelle dans les classes pauvres que dans la population aisée. Pendant, riiiver, il est bon de porter de la laine immédiatement sur le corps, des bas de laine, un gilet de flanelle mince et large, des calerons de tlanelle. Ces vêtements doivent être changés assez souvent et toujours lavés à froid, pour ne pas se feutrer et se rétrécir. Ceux qui n'ont jamais porté de la flanelle et de la laine et qui sont relativement peu impressionnables aux changements de température, peuvent s'en passer aussi longtemps que possible, surtout s'ils font usage de l'eau froide d'après les méthodes que nous allons indiquer. Chez quelques-uns, plus impressionnables, mais un peu aguerris, la soie peut remplacer la laine.

Il est très essentiel que ces malades aient les pieds secs, au moyen d'une bonne chaussure, et qu'ils changent celle-ci immédiatement en rentrant, s'ils ont eu les pieds humides ou mouillés, comme c'est le cas assez souvent dans les promenades de nos stations suisses et dans celles de la montagne. Il faut éviter aussi de porter des fichus, des cache-nez trop chauds autour du cou. Si on ne peut pas s'en passer, un mouchoir en soie est ce qu'il y a de mieux, la laine étant réservée pour les vieillards et les personnes très impressionnables à l'air. Les respirateurs de Jefferson ne conviennent également qu'aux malades très délicats, les autres font mieux de s'en passer, sans compter qu'ils affichent ainsi, pour ainsi dire, leur maladie.

De l'hydropathie appliquée au traitement de la tuberculose.

Nous avons parlé tout à l'heure des moyens de diminuer l'impressionnabiUté à l'air. L'emploi judicieux de l'eau froide est sans contredit le meilleur. C'est un grand progrès de notre époque, si préoccupée du traitement hygiénique des maladies

4o8 TRAITEMENT DE LA TUI]EllCULOSE.

chroniques, d'avoir inlrodiiit les moyens etles méLliodes liydropalhiqucs dans le Lrailcnient de la Luberculosc. Si dans quelques établissemenls on a peut-eLre un peu abusé, en ernplovant trop largement les douches, ces mmnes sanatoriums de montagnes, Goerbersdorf et Davos, nous ont rendu un immense service, en appliquant largement la cure d'eau froide à l'hygiène et à la thérapeutique de la plithisie.

On pourrait m'objecter que parmi ceux qui, depuis longtemps, sont habitués à l'eau froide, des refroidissements surviennent également, mais il est certain qu'ils se refroidissent bien moins souvent et qu'ils sont bien moins impressionnables à l'air, ainsi qu'aux changements atmosphériques, que ceux qui n'ont pas ces habitudes. C'est pour cela que je recommande à tous les tuberculeux, surtout lorsque la maladie n est pas avancée, les lavages d'eau froide. On les fait au moyen d'une éponge Irempée dans l'eau froide que l'on a en partie exprimée; on lave rapidement le cou, la poitrine, le dos, les membres, puis on sèche le malade, en le frictionnant légèrement avec du linge sec. ti y a des malades que l'on ne peut habituer que peu à peu à ces lavages. Je fais alors commencer par le cou, la poitrine, puis le dos, et plus tard les membres. Je fais commencer aussi par une température de 25 à 20" C, pour arriver peu h peu à la température de la chambre, puis à celle de l'eau de fontaine. Je fais ajouter au commencement un 1/4 à 1/2 verre d'esprit de vin et 2 à 4 cuillerées à soupe de sel de cuisine par litre d'eau, et j'arrive plus tard à l'eau pure. Aux bords de la mer, je fais usage de l'eau de mer, seule ou additionnée d'esprit devin.

Le drap mouillé, suffisamment exprimé aussi, dont on entoure le malade au moment de sortir du lit et avec lequel on frotte successivement tout le corps, pour faire ensuite, après avoir bien séché le corps, des frictions sèches, demande plus de soins

L'EXERCICE EN PLEIN AIR. 459 [plus d'IiabiUule. Aussi fais-je toujours commencer, lorsque c'est possible, l'application du drap mouillé par une personne (jui a rhabitude de l'hydropatbie et qui peut ensuite en enseigner le maniement à la personne de la maison qui doit en être chargée plus tard.

• J'ai souvent conseillé aussi à ceux qui étaient déjà habitués à l'eau froide la douche écossaise, douche en pluie venant d'en haut. Plus d'une fois, je l'ai fait remplacer par un arrosoir à large pomme percée d'une multitude de trous et remplaçant presque la douche écossaise. Ces douches ne doivent être que de quelques secondes de durée, et il faut avoir soin de bien sécher et bien frictionner les malades après. Chez les habitués de i'hydropathie, j'ai aussi conseillé quelquefois les bains par immersion, à une température de 15 à^O^C. Même pour les bains tièdes, si souvent et si éminemment utiles, calmants, antipyrétiques chez les tuberculeux, je fais souvent faire une aspersion d'eau froide à la sortie du bain, en garantissant la tête au moyen d'un bonnet de taffetas ciré.

Quant aux douches régulières, érigées en méthode de traitement, j'en parlerai avec détail à l'occasion des sanatoriums de montagnes.

De l'exercice en plein air.

J'ai toujours conseillé aux phthisiques, même dans le nord de l'Allemagne, de sortir aussi longtemps que possible tous les jours et plutôt deux fois qu'une, pendant l'hiver aussi bien que dans les autres saisons. Il faut seulement rester à la maison lorsqu'il pleut un peu fort, lorsque le vent souffle avec intensité , lorsque la température descend au-dessous de 8 à 10° R. 11 faut éviter la fatigue, mais celle-ci vient de plus en plus tard

TllAITKMEiNT DE LA TUBERCULOSE, à niesLirc qu'on s'iinbituc davanlaoe ù un exercice rég-uliei- et graduellement prolongé. Il faut que le médecin réagisse avec énergie et conviclion contre la crainte de l'air et la paresse des malades, qui s'étiolent bien plus dans" l'immobilité et la réclusion dans des appartements mal aérés que dans les conditions ,| que nous avons indiquées. L'exercice passif en voiture doit remplacer la marche devenue trop pénible et mieux encore être combiné avec elle le plus longtemps possible. Je fais faire des promenades en voiture, surtout aux citadins, et, dès qu'ils sont en plein air, hors de ville,, ou en ville dans une localité riche en végétation, je les fais promener aussi longtemps qu'ils peuvent marcher à côté de la voiture. Il ne faut pas que les malades sortent en hiver ti op tôt, avant 40 à H heures, et ils doivent rentrer avant le coucher du soleil, à 3 heures, 3 heures et demie dans le climat du nord. Souvent la soirée est bien plus douce, passé 5 à 6 heures, et, dans les bulletins météorologiques des stations du midi, il n'est pas rare en hiver de trouver la température un peu plus élevée à 6 heures du soir qu'à midi. Il est i donc irrationnel de défendre systématiquement l'air du soir à ces malades, tant que la tuberculose n'est pas très avancée. Il j est bon, toutefois, d'être muni de vêtements chauds pour sortir le soir et de le faire en voiture fermée, si la température n'est ' pas douce. Il y a aussi sous ce rapport des différences selon \e> localités. C'est ainsi qu'à Monlreux les matinées, après 9 heures, sont souvent douces et calmes, et qu'à Wiesbaden les soirée? sont fréquemment d'une remarquable douceur. C'est donc aux médecins des stations hivernales qu'il faut demander sous ce rapport des conseils spéciaux.

On a attaché, autrefois, une importance réelle à l'exercice à cheval. Sydenliam l'a fortement recommandé, et après lui Portai, Clarke, Vogel , Hufeland, Simons, Rust et d'autres. M. Noël

LA GYMNASTIQUE. 461 Gueneau de Mussy, qui est pour moi une grande autorité scienlifique et pratique, dit que cet exercice est très utile pour développer les organes thoraciques et stimuler les fonctions digcstives. Il le conseille surtout au début de la maladie, lorsqu'il n'y a pas de fièvre; il faut cependant éviter les courses violentes ou trop prolongées, qui pourraient amener des congestions pulmonaires et favoriser les liémopLysies. Toutefois, cet exercice est à la portée d'un petit nombre et très fatigant pour ceux qui n'en ont pas l'habitude ou qui l'ont perdue. On peut donc permettre, conseiller même cet exercice à ceux qui y sont habitués et qui le supportent très bien.

La natation est un excellent exercice, tant comme gymnastique des voies respiratoires que pour tout le corps, lorsqu'il y a simple prédisposition ou localisation peu avancée, sans fièvre. Je conseille non seulement, dans ces cas, les bains de rivière, mais même les bains de mer, surtout dans une mer méridionale, comme la Méditerranée. Une bonne station, sous ce rapport, est Pegli, près de Gênes, de même que Cannes. Je préfère de beaucoup les plages sablonneuses aux plages à galets. Dans le golfe de Biscaye, Biarritz et Arcachon sont aussi, sous ce rapport, de bonnes stations. L'avantage des bains de mer du midi est de pouvoir être pris dès le commencement de mai et de pouvoir être continués jusqu'en novembre. Je les ai même vus continuer à Nice encore en décembre. Il ne faut pas les permettre trop prolongés. On commence par l'immersion, on arrive à 1, ^ et tout au plus 5 minutes, que je ne permets pas de dépasser. J'ai même vu de bons effets de la simple immersion répétée tous les jours pendant 4 à 6 semaines.

La gymnastique ne doit pas être négligée dans l'hygiène des individus prédisposés à la phthisie. Sous sa forme ordinaire, telle qu'elle est enseignée dans nos collèges et nos écoles, elle

fortifie tout le corps cL développe surloul le système rnuscuiQirc. La gymnastique suédoise, inaugurée par Ung, trouve une application bien plus grande encore dans la phtliisie, tant que celle-ci n'est pas très avancée. Elle a ce grand avantage que le maître peut venir chez le malade et lui faire exécuter chez lui les mouvements nécessaires.

On a défendu autrefois à ces malades l'ascension des collines et des montagnes. Aujourd'hui nous n'y voyons

gymnastique et d'expansion pulmonaire, à condition que les malades montent lentement, s'arrêtent de temps en temps et évitent autant que possible la transpiration. J'ai toujours déconseillé, au contraire, la danse, la valse surtout, qui donnent souvent de l'essoufflement aux individus bien portants, à plus forte raison aux tuberculeux. En outre, on a la mauvaise habitude de faire circuler dans les salles de bal des boissons rafraîchissantes, d'ouvrir de temps en temps les fenêtres, et de faire entrer ainsi un air froid au milieu d'un air surchauffé. Aussi les refroidissements pris au bal sont-ils fréquents et souvent fort mauvais. Il n'est pas douteux que, lors même que les règles de la prudence sont observées, il y a très souvent dans la danse excès de durée et de fatigue. Aussi plus d'une fois ai-je vu un crachement de sang succéder immédiatement à cet exercice dangereux prolongé. Il faut donc proscrire complèt-ement la danse, qui souvent excite aussi le sens génésique, que les tuberculeux doiventfaire taire le plus possible, à cause des très graves inconvénients des moindres excès vénériens ; ce qui ne serait nullement un excès pour un homme bien portant l'est déjà pour le tuberculeux.

Il faut aussi que les tuberculeux évitent tout effort intense ou prolongé de la voix, surtout s'il y a commencement ou existence confirmée d'une affection du larynx. Parmi les pauvres, les

LE TRAITEMENT MORAL. m?>

crieurs publics, les marchands ambiilanls qui crient leurs marcliandises sont^bien à plaindre. Dans les classes aisées, les instiluteurs, les professeurs, les officiers, les prédicateurs, les avocats, en un mot tous ceux qui fatiguent habituellement leur voix, sont obligés de se ménager beaucoup, sous ce rapport, lorsque la tuberculose est déclarée. Il en est de même pour les musiciens, qui doivent cesser de jouer de tout instrument qui réclame un effort quelconque des voies respiratoires.

Des récréations et du repos.

Nous avons beaucoup insisté sur l'opportunité de l'exercice journalier des malades, lorsque le temps le permet. Mais il ne faut pas moins régler leur repos. Ils doivent éviter toute fatigue dans leurs occupations habituelles et les interrompre plutôt que d'aggraver leur position. Il faut qu'ils soient couchés de bonne heure, entre 8 et 10 heures du soir, qu'ils aient au moins 8 à 10 heures de lit, que l'heure de leur lever soit donc entre 7 et 9 heures; mais il ne faut pas rester plus longtemps au lit qu'il n'est absolument nécessaire. Il faut que ces malades soient sobres des plaisirs de la société, qu'ils évitent les heures tardives, les repas trop abondants, les locaux rendusnuageux parla fumée du tabac et les vapeurs de boissons fermentécs dont la quantité dépasse souvent les préceptes d'une bonne hygiène. En un mot, la sobriété sociale est aussi indispensable à ces malades que tous les autres préceptes hygiéniques.

Le traitement moral n'est pas moins indispensable que le traitement physique. Le médecin doit soutenir le courage de ces malades et leur confiance dans l'avenir, en leur démontrant tout ce que l'on peut obtenir, ce que l'on obtient en réalité,

TUAITEMENT DE LA TUBERCULOSE, d'une bonne hygiène et d'un Iniilcmcnl approi^ric dans les maladies tuberculeuses. 11 faut qu'ils soient aveiiis qu'ils doivent s'entourer pendant longtemps de soins et de précautions, niais qu'ils soient suffisamment encouragés pour les suivre régulièrement. 11 faut cependant èlre toujours vrai vis-à-vis des parents, mais encore faut-il l'être avec beaucoup de tact et de ménagements, en faisant bien ressortir à côté du danger les chances favorables qui peuvent exister encore. Que de fois n'ai-je pas vu des malades sacrifiés à toutes les menées, à toute la perfidie du charlatanisme, parce que le médecin avait trop effrayé, et effrayé sans préparation aucune, les familles de ces malades. Mettez du cœur et de la compassion même dans ces prédictions, tristes au fond, et vous trouverez que dans la grande majorité des familles le médecin à la fois expérimenté, affectueux et muni du lact nécessaire, trouvera, même dans des circonstances bien pénibles, de la justice et une appréciation aussi équitable qu'affectueuse. Soyez, du reste, persuadé d'un point important, c'est que, lors même que vous avez mis tous les ménagements dans votre pronostic, la marche de la maladie se charge le plus souvent elle-même de diminuer graduellement les illusions de fentourage et du malade luimême. Vous avez préparé la famille sans lui ôter tout espoir, mais celui-ci a disparu peu à peu de lui-même. Ne manquez jamais de recommander aux familles de bien s'observer pour ne pas montrer au malade, qui scrute les physionomies autour de lui, de la tristesse, des craintes, de fangoisse. On ne peut pas éloigner d'un malade les soucis et les chagrins inhérents à la nature et à la vie humaine ; mais que la famille s'efforce de les atténuer, autant que possible, et de cacher toute impression pénible que le malade peut ne pas connaître. Il est certain que les chagrins et les impressions tristes, répétées, .

L'ATMOSPHÈRE DES CHAMBRES. 465 peuvent aggraver la marche de la maladie, tandis qu'une vie tranquille, autant que possible exempte d'émotions inutiles, lait partie intégrante d'une bonne et salutaire hygiène.

Vers la fin de la maladie, beaucoup de malades de la classe aisée font encore de grands projets de voyage ; il faut ajourner ces projets sans les refuser brusquement, les permettre en perspective, dès que le malade sera un peu mieux, que le temps sera un peu plus favorable, etc. Mais il faut s'opposer à leur exécution de la façon la plus sérieuse, vis-à-vis de la famille et de l'entourage. Rien de plus désolant que de voir mourir les malades en route ou peu de temps après leur arrivée dans la station climatérique.

De l'atmosphère factice et médicamenteuse dans les chambres des malades.

Laennec, exagérant l'utilité du climat marin et son immunité contre la phthisie, surtout sur la côte méridionale de la Bretagne, où il dit que de six phthisiques, qu'il y a vus, trois ont guéri, a eu l'ingénieuse idée d'établir une atmosphère marine dans une salle d'hôpital destinée aux phthisiques. Il y a fait placer une quantité considérable de varechs, de fucus des bords de la mer {Fucus vesiculosus) . Il dit qu'il y a traité douze phthisiques, chez lesquels la maladie est restée stationnaire ; chez quelques-uns la fièvre hectique et l'amaigrissement ont môme diminué. 9 de ces malades, se croyant guéris, ont voulu quitter l'hôpital; de ces 9, un seul, ajoute Laennec, donnait l'espoir d'une guérison. Le varech manqua au printemps et c'est alors que les trois malades qui étaient restés eurent une aggravation de la maladie et moururent peu de temps après.

J'ai à coup sûr une grande vénération pour Laennec, mais ce

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'iee TRAITEMENT DE lA TUBEnCULOSE.

récit m'a loujours paru plein d'exagération et ces faits, mentionnés sans détails, n'ont par cela môme point de valeur et ne donnent aucune conviction. Les enthousiastes, sans attacher d'importance à l'éloge donné au varech, dont l'action salutaire n'a jamais été confirmée, attribuent à Laennec le grand méi ite (( d'avoir devancé, par la prévision de son génie, la découverte de l'iode, en employant le varech qui en contient ». Voilà qui est un peu fort. Mais écoutons avant tout le cousin de Laennec, Meriadec Laennec, qui dit, dans une note ajoutée à la remarque de Laennec sur la rareté de la phthisie aux bords de la mer et sur l'utilité du varech (Traité de V auscultation , t. II, p. 45, note), que cette rareté lui paraît inadmissible, qu'au contraire la phthisie est fréquente et pernicieuse sur beaucoup décotes. Il regarde l'emploi du varech comme une idée malheureuse, et il croit que le succès apparent n'était dû qu'au ralentissement de la phthisie dans un certain nombre de cas, pendant l'hiver et l'été, tandis que le printemps et l'automne sont des saisons plus particulièrement défavorables. Quoi qu'il en soit de l'explication de Meriadec Laennec, l'idée du grand réformateur de l'examen physique de la poitrine n'a plus aujourd'hui qu'un intérêt historique.

J'ai vu chez Louis une petite salle destinée aux phthisiques, pour le traitement du D' Turck de Plombières par les vapeurs ammoniacales. Succès nul. J'ai établi à Zurich en 1856, dans une de mes salles, l'inhalation de vapeurs de chlorhydrate d'ammoniaque, répétée plusieurs fois par jour, pendant un temps prolongé. Pas un phthisique ne m'a offert une amélioration qu'avec la meilleure volonté on eût pu attribuer aux vapeurs du sel ammoniacal. Les vapeurs goudronnées n'ont pas plus d'action sur la phthisie. Ne gâtez donc pas la bonne action de l'air pur dans les chambres des phthisiques, bénéfice que le

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