LE SÉJOUR DANS LES ÉTABLES
pendant toute la saison, en comparaison de celui, souvent hérissé de difficultés, de quelques semaines, d'un mois, de >ix semaines au plus, dans une station balnéaire !
Il va sans dire qu'un tel séjour en dehors des villes, effectué dans de bonnes conditions, ne peut souvent pas enrayer les progrès de cette cruelle maladie, mais on a au moins la satisfaction d'avoir obtenu tout ce qu'on peut attendre d'une bonne hygiène physique et morale. D'un autre côté, j'ai pour moi l'expérience qui a sanctionné largement, dans ce que j'ai vu dans ma clientèle, la valeur réelle des résultats retirés de cette pratique.
L'utilité de la villégiature me conduit à parler d'une cure très en vogue autrefois, presque oubliée aujourd'hui, qui, sans être d'une efficacité constante ou même fréquente, m'a cependant paru utile dans quelques cas.
Du séjour prolongé dans les écuries à vaches.
Cette méthode a été fortement préconisée par Reid et Beddoïs en Angleterre et par Bergius dans le Nord. Les agents regardés par ces praticiens comme utiles sont la chaleur humide et égale, le mélange de vapeurs ammoniacales avec l'air, l'augmentation d'acide carbonique par l'air expiré d'un certain nombre d'animaux. Quoi qu'il en soit de cette explication dojnt la valeur me paraît douteuse, je citerai plus loin deux cas dans lesquels cette cure m'a rendu de vrais services. Elle est facile à réaliser, sans grands frais, sans déplacement lointain, sans sacrifices onéreux. Je ne veux pas y ajouter une importance plus grande qu'elle ne mérite, mais il me paraît néanmoins opportun de donner quelques détails sur son mode d'emploi.
Pour un séjour tout à fait passager, je fais boire aux malades
qui séjournent à la campagne le lait fraîchement trait à l'écurie, le matin entre 7 et 8 heures et le soir entre 5 et 6 heures. Un banc placé près de l'entrée de l'écurie suffit pour permettre aux malades d'y séjourner chaque fois pendant 1/2 h. à 1 heure et plus longtemps s'ils s'y trouvent bien. Ils se conforment très-volontiers à ce conseil et la plupart éprouvent du bienêtre de ce séjour passager.
Lorsqu'il faut en faire un plus durable dans l'écurie, ce qui constitue alors la cure en règle, il faut choisir une écurie vaste et bien bâtie, très-proprement tenue surtout. Il faut que l'écurie ne contienne que la moitié des animaux qui peuvent y trouver place. Je fais arranger à l'extrémité libre du local une chambre, séparée par une paroi en planches, à plancher de bois, an peu élevée au dessus du sol, assez spacieuse pour contenir le lit, quelques chaises, un canapé, une table, etc. Elle communique avec l'écurie au moyen d'une porte que l'on tient tantôt ouverte, tantôt fermée. Les fenêtres doivent pouvoir s'ouvrir, une ou deux du côté de l'écurie, une autre du côté de l'extérieur, pour pouvoir renouveler l'air à volonté.
Le malade reste pendant une bonne partie de la journée etpendantla nuit dans cette atmosphère, la porte et la fenêtre ou les deux fenêtres du côté de l'intérieur de l'écurie étant ouvertes ou entr'ouvertes, selon le bien-être du malade. Celui-ci est commodément assis ou couché sur son canapé ou dans un bon fauteuil, s'occupantagréablcment comme il lui convient. Ce séjour n'empêche pas l'exercice plus ou moins prolongé en plein air, une ou deux fois par jour, selon ses forces, par le beau temps ou un temps au moins passable.
Pendant les premières nuits, le bruit que font les animaux incommode, mais on s'y habitue bientôt. C'est surtout pendant les promenades que la chambre de l'écurie doit rester ouverte