‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 98 sur 125 · INDICATIONS DES STATIONS D'HIVER · texte numérisé non relu

INDICATIONS DES STATIONS D'HIVER

cernent la marche fâcheuse de la maladie, à moins qu'il n'ait fait d'avance toutes ses réserves et qu'il ait conseillé le changement de climat plutôt comme un essai , à résultat douteux , que comme un moyen devant offrir de grandes chances de succès.

D'un autre côté, nous posons un bien meilleur pronostic pour d'autres malades, pour lesquels l'examen de la poitrine démontre des altérations bien appréciables, bien manifestes, des cavernes même, lésions que les malades supportent quelquefois assez légèrement. Leur appétit est bon, les digestions sont faciles; ils n'ont que peu de fièvre et d'une manière peu continue. Cette catégorie de tuberculeux est éminemment propre à l'hibernisation dans une station sanitaire climatérique. Je rappellerai de nouveau aussi les remarques déjà faites plus haut sur les cas de pneumonie chronique du sommet ou d'un lobe supérieur qui, pendant bien des années, peuvent n'offrir que les caractères d\m mal local et guérir même à la longue complètement. Ces malades sont tuberculeux dans le sens large du mot; ils sont atteints de cette broncho-pneumonie d'un lobe supérieur qui peut devenir si grave, et pourtant ils sont loin d'être phthisiques. Ces malades sont prêts également pour la cure climatologique ; ils la supportent fort bien, y reviennent volontiers et en retirent le grand avantage d'être ainsi fortifiés, d'éviter fextension locale de la maladie, de mener une vie douce, tranquille et hygiénique et de se mettre à fabri des causes nombreuses qui, dans des conditions extérieures moins bonnes, pourraient facilement aggraver leur maladie et transfbrraer le pronostic passable en un pronostic douteux ou mauvais.

Un des plus beaux côtés de la cure climatologique est son utilité dans la prédisposition héréditaire à la phthisie. Plus les enfants sont jeunes, moins Fâgede l'adolescence est passé, plus

il y aura de chances de succès. Mais il faut, dans ces cas, une expalrialion prolongée, l'hiver au Midi, ou dans les stations intermédiaires, et, pour les constitutions de bonne apparence, dans la montagne, à Gœrbersdorf ou à Davos; pour l'été, la montagne, les Alpes. 11 vaudrait la peine de faire une série d'essais pour ces individus ainsi prédisposés, en les faisant séjourner pendant plusieurs années, été et hiver, dans la Ilaute- Engadine. La seconde enfance, l'époque de la puberté, les cinq à dix ans qui lui succèdent, ofl'rent le plus d'occasions et de chances de remplir cette indication préventive.

Lorsque les ganglions lymphatiques superficiels, surtout ceux du cou, sont engorgés, infiltrés, tuberculeux, qu'il y ait ou non ramollissement ou suppuration, le séjour dans une station d'hiver et dans une station d'été est très-indiqué. Nous savons bien que la diatlièse tuberculeuse s'épuise, dans la majorité des cas, dans ces ganglions lymphatiques superficiels. Mais, d'un autre côté, les organes de la respiration sont également menacés, bien qu'cà un degré très-modéré. C'est alors que la vie en plein air, la bonne hygiène des stations peut faire beaucoup de bien à ces enfants, de même qu'aux enfants scrofuleux pas trop malades, qui ne sont atteints ni de fièvre ni d'une localisation grave, telle que l'arthrite suppurée chronique avec altération des os et des cartilages, la tumeur blanche, la coxalgie, la carie vertébrale. Tant que des scrofuleux peuvent sortir, vivre en plein air, surtout au bord de la mer et d'une mer à climat doux, comme la Méditerranée, l'hiver passé dans une de ces stations peut leur être très-salutaire.

Il n'est pas moins essentiel de saisir pour la cure climatologique le début de la tuberculose, souvent insidieux.

C'est alors qu'il importe de soustraire les malades, par un changement de climat et d'habitudes, aux inlluences fâcheuses

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