JNDICATIONS DES STATIONS D'HIVER
qui peuvent aggraver la maladie. C'est alors aussi que le changement complet de vie, de climat, aidé du repos et d'un traitement convenable, peut ramener la constitution à l'état normal. Mais que le praticien n'oublie pas que ces malades n'aiment pas à consulter, qu'un état psychologique spécial, mélange singulier de crainte et d'insouciance, leur fait négliger, cacher même cette altération commençante et progressive de la santé. Le médecin habituel du malade ne saurait donc être trop vigilant en pareil cas.
Les hypocondriaques qui craignent la phthisie, sans en présenter les symptômes, mettent, au contraire, un soin extrême à consulter de bonne heure, à se faire passer pour plus malades qu'ils ne sont, en exagérant surtout les sensations, les quelques douleurs en particulier qu'ils éprouvent dans la poitrine. Ce sont ces malades, ces pseudo-poitrinaires, qui ont fait en partie la gloire de quelques stations sanitaires, en passant pour des merveilles de guérison, parfois avec la complicité de médecins désireux d'étendre la réputation de leur centre d'action. Il en est de même de la pseudo-phthisie des hystériques qui simulent admirablement, quelquefois involontairement, mais par le fait de leurs instincts pervers, la toux, les douleurs, l'oppression, la langueur, la dyspepsie, même jusqu'au crachement de sang de la phthisie. Ces malades n'ont pas besoin d'une cure climatérique et sont souvent un embarras pour les stations sérieuses.
La négligence et l'incurie des tuberculeux font que souvent le médecin ne constate la maladie que lorsqu'elle a déjà fait des progrès et envahi dans une certaine étendue le premier atteint des deux lobes supérieurs; la fièvre a commencé à s'établir, la santé générale fléchit. C'est alors qu'il ne faut pas tarder d'envoyer le malade dans une station climatologique. Toutefois, vis-à-vis de la famille, le médecin doit poser alors un
pronostic prudent par rapport à l'utilité probable du cbangement de climat, car la broncho-pneumonie disséminée chronique, surtout avec tendance à devenir coniluente, avec Icndance au ramollissement, à la nécrose moléculaire, peut s'arrêter, guérir même, mais elle est souvent incalculable dans sa marche, môme dans les meilleures conditions extérieures, il n'en est pas moins bien plus rationnel d'ordonner en pareil cas le repos, une bonne hygiène, un climat doux et salubre, à la fois calmant et tonique, que de courir les chances bien plus mauvaises que peut entraîner l'abstention de toutes ces mesures médicales préventives.
Le premier début clinique des foyers pulmonaires disséminés du sommet est quelquefois si complètement latent que même un médecin attentif et instruit, près d'un malade qui a l'habitude de bien se soigner dès qu'il est indisposé, est surpris par une hémorrhagie pulmonaire tout à fait inattendue. Après ce premier accès d'hémoptysie , quelques malades se rétablissent assez vite; mais, dès ce moment, l'épée de Damoclès reste suspendue sur leur tête. Chez d'autres cette première hémorrhagie est déjà l'expression d'une tuberculisation générale aiguë ou subaiguë, qui, en peu de mois, conduit à la terminaison fatale. Le cas le plus ordinaire cependant c'est que, l'hémoptysie finie, une toux sèche s'établisse, que l'état général, les forces, l'embonpoint commencent à s'altérer. Le thermomètre révèle de temps en temps une augmentation de la température, le pouls devient plus fréquent; en un mot, les signes d'une maladie chronique sérieuse se dessinent.
Cependant il est grand le nombre des malades chez lesquels ces signes alarmants ne surviennent pas, ou passent, et qui retrouvent une santé en apparence bonne, parfois à un tel point que le médecin, même attentif, ne trouve plus à