FUI
(1) 1 à 2 ans.
3 à 5 ans.
Garçons 52
. Filles 35.
Espèce de scarlatine.
Forme de scarlatine.
Santé
Age.
Primitive. Secondaire.
antérieure Normah
i. Anomale,
Ignores.
igoorée.
1 à 2 ans.
3 à 6 ans.
6 à 10 ans.
Il à 15 ans.
S«xe.
Garçons
Filles
(2) Encyclopédie,
t. Il, p. 127
neeHe-mémeven conclut, d'après le principe homœopathique, que i belladone devait prévenir la scarlatine. Il prescrivit en conséquence l médicament à doses infinitésimales. Plusieurs médecins l'ont adliotslré de cette manière. Nous citerons en particulier Scheuk, qui, mis le cours d'une épidémie, a vu, sur 525 personnes qui prenaient i préservatif, 3 seulement être atteintes de l'éruption (1) ; Hassius(2), ui affirme l'avoir employé avec succès sur lui-même et sur ses eninta. Depuis lors, une foule de médecius ont mis en usage ce prénrvatif; mais ils l'ont prescrit à doses élevées. Tels sont Hufeind, Zeuch, Gumpert, Berndt Pitschaft; et, plus récemment, lartini, Hillenkamp, Serlo, Cohen, Kaiser. La plupart de ces mélecins ont appuyé leurs assertions sur des chiffres : ainsi Gumert, dans plus de vingt familles, l'aurait employé avec un succès ouatant. Sur 195 enfants auxquels Berndt l'a donné, \k seulement ni pria la scarlatine. Les résultats du docteur Hillenkamp sont plus ivorables encore, puisque, sur 120 enfants, 5 seulement ont contracté i fièvre éruptive.
Au nombre des médecins qui se sont le plus élevés contre l'usage b la belladone, nous citerons Jos. Frank, qui a repoussé le préserttif par desmotifspurementthéoriques, et les docteurs Lehmann (3), taffel (4). Wagner (5), etc., qui ont cité des faits. Ces médecins ont m le tiers ou le quart des individus auxquels ils avaient donné la Mlladone contracter la scarlatine. D'après le docteur Lehmann indépendamment de ce que la belladone n'a aucune vertu préservatrice, die n'apporte pas de modification dans la durée, l'intensité ni la terminaison de l'exanthème. Suivant Frank, la belladone, donnée aux doses que prescrit Hahnemann, serait tout à fait insignifiante, tandis que son usage prolongé peut avoir des inconvénients chez de jeunes enfants, lorsqu'elle est administrée à des doses un peu élevées.
Il est bien difficile de trouver la vérité au milieu de tant d'opinions contradictoires. On aobjectéque touslesenfants ne sontpas aptes à contracter l'exanthème, et que, s'ils échappent à la contagion après avoir pris la belladone, ils y auraient également échappé sans avoir pris ce médicament. Mais nous ne pouvons nous empêcher de croire que, lorsqu'un nombre considérable d'individus jouissent de l'immunité après l'usage du préservatif, on doit lui accorder quelque valeur. Nous pensons, en conséquence, que le traitement préservatif par la belladone peut être mis en usage sans inconvénient aux doses prescrites par
(1) Hufeland jour*., mai 1812.
(2)/6id Janvier 1813.
(3) Rusl's Magazine. Bd 22.
(4) Annalen fur die gesammte Heilkundo unler Rédaction der badischen Sanitatsummitsion. 2 Jahrgang 1825.
{$) Horn't Archh, 1825 (cité dans Fraertkel, III Licf. 9. 527).
Hufeland, Berndt, Pitschaft Gumpert (1). On peut d'ailleurs, d'après les conseils du docteur Kûlilbraod, prévenir les effets fâcheux qui pourraient résulter de l'emploi de la belladone, en faisant matin et soir, sur le front et les tempes, des frictions avec du vinaigre camphré.
Il nous semble sage de réserver l'emploi de la belladone pour kl cas où l'épidémie régnante est très grave; si elle est bénigne, il y a peu d'inconvénient à ce que les enfants contractent l'exanthème) parce qu'ainsi ils en seront préservés» pour l'avenir.
Du reste, de nouvelles expériences sont nécessaires, et ai ellee amenaient à un résultat favorable, elles pourraient servir aussi à résoudn plusieurs questionsaccessotres. Ainsi, pendant combien de temps faut-il employer le médicament? Quelle est la meilleure manière de l'administrer? L'effet préservatif est-il permanent ou temporaire ? Paut-ï renouveler l'emploi de la belladone à chaque épidémie? Dans les ces où elle n'a pas prévenu le développement de l'exanthème, exerce»!* elle quelque influence sur sa marche?
Si l'action de la belladone est encore douteuse, malgré le grand nombre de ses partisans, celle des autres préservatifs est encore bien plus hypothétique. Ainsi, on a prôné une combinaison de soufre doré et decalomel. La dose, pour les enfants de deux à quatre ans, estd'ta sixième ou d'un huitième de grain de calomel uni à autant de soufre doré d'antimoine et mêlé à un peu de sucre ou de magnésie; m répète cette dose trois ou quatre fois par jour. Cette méthode a été conseillée par un médecin hollandais (2), qui affirme que, dans toutes les familles où l'on fit usage du préservatif, la scarlatine ne sévit pat. Il cite l'observation d'un entant qui, sous son influence, n'eut ni nul de gorge ni éruption, mais la desquamation consécutive.
Disons, en résumé, que jusqu'à présent la meilleure prophylaxie^
(1) If Extrait de belladone 15 centigrammes.
Eau distillée 30 grammes.
Esprit-de-vin rectifié i gramme.
Deux fois par jour autant de gouttes que l'enfant a d'années. (Hifelard.)
y Extrait de belladone 5 centigrammes.
Eau de cannelle 15 grammes.
Aux enfants d'un an, matin et soir, deux à trois gouttes; aux plus âgés, par chaque année une goutte de plus. (Berndt.)
% Extrait de belladone. ..... 5 centigrammes.
Eau de fleurs d'oranger 1 20 grammes.
Esprit-de-vin rectifié 4 grammes.
Sirop simple 15 grammes.
Aux plus jeunes eufants, une demi-cuillerée à thé ; aux plus âgés, une cuillerée matin et soir. (Pitschaft.— G ompeit)
(2) E. J. Thomassen à Tbuessink, docteur cl professeur en médecine, traduit da hollandais daus Journal de Rayer, Corwart et Leroux, 1811, t, XII, p. 152.
earlatine est, comme te remarque Jos. Frank, l'isolement. Dès m enfant est atteint de la fièvre éruptive, il faut, si l'épidémie est ne, éloigner de lui tous ceux qui n'ont pas encore eu la maladie, «npécher, en outre, toute communication directe entre les peraeequi soignent les scarlatineux et les autres enfants. I. Traitement de la fièvre éruptive. — A. Pendant la durée de Vexan~ ne. — § I. Indications. 1° La maladie simple et primitive, guéris* I toujours par les seules ressources de la nature, doit être abaninée à elle-même, et il ne faut jamais chercher à modifier ou à ibler la marche de l'exanthème ; I* On doit parer à quelques accidents spéciaux; »• Il faut s'efforcer de prévenir les complications au moyen d'une * hygiène.
II. Examen des médications. — Antiphlogistiques. Il ne nous est lais arrivé de trouver l'opportunité d'une émission sanguine dans scarlatine simple, quelque violents qu'aient été ses symptômes riles ; mais nous comprenons que, si la tendance aux complications amraatoires domine, on puisse pratiquer sans danger une saignée ne à deux palettes, suivant l'âge.
En effet, les émissions sanguines générales et locales doivent être ployées avec vigueur et sans crainte dans plusieurs des compilais de la scarlatine (voyez ci-après). Pour seconder la médication iphlogistique, on peut joindre à l'emploi des émissions sanguines artrate de potasse à petites doses, ou bien donner des tisanes légè- Mot acides.
^wgatifs. — Plusieurs praticiens ont recommandé de légers purgacomme méthode habituelle, et surtout le mercure à dose fracroée : on l'a préconisé principalement dans les formes malignes, 'on a dit qu'un dévoiement modéré, entretenu pendant toute la ■ée des symptômes aigus, était de la plus grande utilité, et réussis- ; manifestement à conduire à bien les formes les plus graves de la ladie. Cette méthode a été particulièrement préconisée par Stieglitz. os ne saurions recommander l'usage exclusif de ce traitement ir les enfants, et surtout pour les plus jeunes, qui prennent si ilement des diarrhées de long cours.
Cependant, comme il nous semble prouvé que dans la scarlatine le oiement léger est moins grave que dans les autres fièvres érup- »t nous croyons qu'on doit plutôt entretenir la liberté du ventre i respecter la constipation. En conséquence, lorsque celle-ci existe, prescrira, soit des lavements laxatifs, soit quelques prises decalo- I et de Jalap, ou une potion huileuse, ou un verre d'eau de Sedlitz. ike prescrit aux enfants âgés de moins de dix ans, de 10 à 15 cenimmes de calomel, deux et trois fois par jour; mais il évite de voquer des évacuations trop abondantes.
Tiaphorétiques. —Les diaphoniques pourraient être utiles dans
5U VlLiDIEf GÊNER \LES AIGOES SPÉCIFIQUES.
efn>*ch*r de iKter que. dans l'épidémie décrite par M. Guéretin, ce ns***-: n i m remarquer que les topiques actifs ne faisaient qu'entratjr-> 1 -Voe>?e de la gorge: qu'ils contribuaient par suite à augrr^:-*r "■» rv-t?enfr?nt ganglionnaire du cou, et aggraver la fétidité ■:•* la^i-e I voûte que les injections antiputrides, telles que II .ip...^.»;;,^ ^ ^Taquina camphrée, employées pour déterger la gorge ■k "e "*'x. tt itte*2ntient pas ce but : et qu'en définitive, il en était venu iw< -«rir-er -le *a gorse que très secondairement, même quand le ïft;iry?i *t •*? allers étaient tapissés presque partout de faussa Twmfco.-w ftir? ces cas. il se bornait à quelques gargarismes légère- ■n*nt iotv?jmcî5-
buts -fes .-« irakvne?, M. Bretonneau emploie avec succès legarxvsim s£>vt :
X Fa<*. 120 grammes.
icw 15 grammes.
Tjijkt* 8 grammes.
Axtttt «le ptaab 50 centigr.
Le 7n :.^rer: a :e nous venons de conseiller est applicable à l'iorv* ;i- rfv*k '.i :Vme inflammatoire: mais si elle prend les carac- *r» •!. *i. an:em mérite te nom de gangreneuse, les émission surines Te $*>:: plus applicables. Alors le traitement local #t général :oiC ^r« joxi.Se. e< nous croyons que les toniques doivent être mil
H £-iersi:r: ^tnrioîe wmnw gurs irisroe la décoction de quinquina **w ?u susj"i.va empare, ou Jtvr*- addition d'un quart de solution .V •iu«;nrv i .\\y?e Je a>Uuoi. J. Frank recommande le collutoire
*U.<OiXC
X rvc*xt:«nr J? {triinçriiid. 500 grammes.
Jk-*fr? >vir*nAn«Srw fTwiii .... 1 gramme 20 centigr. **■ ^"*« W grammes.
Ai mk !Mnm;ic%*r :-* ndEren v* Frvoti-ations par le chlorure de «A*a« **a» «* ?«■ t» fsnptrs.T?e -S? Wendt. dont nous arc» wk*** àa titra** w; »?. lKIjs es- nutite d'employer sinml-
l^ vftftwc?* **k tm$n rm» j ;-c f^tr.-- Wendt est celui deswtotr*it*f a«s j«mk chc&tiot^ x'x -wc fetre dans le plus de déuilf s*r oks* Khahcafecit
U vv*mu <«t*t «s es» ml : insTLi* £ irçaraice gangreneuse etf w^mp«f»Wii>BBtfB»w ?ri*c-*Ei.:,T. - ^ eouisement évident <te tam* viuWtk si «m p*.*rs»r ? vt*im :«; toi $J remploi des tonkji* évitants, et eu pmac«L *r j* a *rw«< a .-* ôe Virginie. Voici « formule ;
gCARLATINI. SI 5
% Racine de serpentaire A&8 grammes.
( Faites infuser dans nne suffisante quantité d'eaa bouillante
pendant une demi-heure, exprimez et ajoutez à la col a tu re de
180 grammes :
Eau de cannelle simple. ) mt% . .
Sirop de fleurs d'oranger, j ta 15 grammes.
Lorsque la prostration est encore plus prononcée, la peau couverte fane sueur froide, le pouls moins Fréquent, à peine sensible, il faut* d'après lui, avoir recours aux préparations de camphre II conseille l'emploi de la formule suivante :
Tfi Camphre pafrérisé 2à5ceotigr.
.Sreb.atg°n"ne j - 30cent.gr.
Faites une poudre.
On donne toutes les deux heures une de ces poudres; dans l'intervalle, le malade doit boire l'infusion de serpentaire ci-dessus indiquée.
' B. Laryngite pseudo-membraneuse. — Dans le cas où les fausses ttembranes auraient envahi le larynx, si l'enfant était robuste, bien partant au début et peu débilité, il faudrait mettre en usage le traitenent conseillé contre le croup La trachéotomie ne serait pas même tttttre-indiqiiée. Nous avons, en effet, trouvé un exemple de guérison du croup scarlatineux qui a été obtenue par la trachéotomie. 11 s'agit d'un enfant de sept ans qui était arrivé au neuvième jour d'une angine |rave, accompagnée de gêne de la respiration, avec altération de la voix, renflement dans les deux temps respiratoires, retour des boisions par les fosses nasales. Le huitième jour, la prostration alterne avec du délire, la face est violacée, les yeux sont fermés, les lèvres lèches et encroûtées, la langue noirâtre, considérablement épaissie. La respiration de plus en plus bruyante est à 80 par minute. Le neuvième jour, lividité de la face, anxiété croissante de la respiration, petitesse et irrégularité du pouls. On pratique l'opération, elle ttt suivie de succès (Journal des conn. médic.-chirurg , 10e année, 1* semestre, p. 63).
C Hydropisiet. — Nous avons indiqué le meilleur moyen de prévenir les hydropisies. Lorsqu'elles sont survenues, on peut diriger contre elles les médications détaillées aux chapitres qui traitent de chacune en particulier (voy. t. 11, Maladie de Bright, Hydropisibs).
Toutefois nous devons faire remarquer que les hydropisies sont habituellement actives et surviennent chez des enfants encore robustes : aussi la méthode antiphlogistique et surtout la saignée générale leur sont-elles applicables de préférence.
les cas où l'on jugerait convenable de rappeler à la peau l'éruption trop fugace, et cette indication devient plus importante à remplira l'on se rappelle que la marche normale simple est, de toutes, celle qui offre le moins de danger. Toutes les fois donc que l'éruption aort disparu avant son temps, et qu'on aura la crainte de voir survenir des accidents graves du côté de la gorge ou de l'encéphale, on pourra essayer de la faire reparaître; mais nous sommes forcés de convenir que cet effet sera difficile à obtenir, et qu'il n'en résultera pas souvent une amélioration dans les symptômes généraux.
Les moyens qu'on emploie dans les cas de ce genre sont principalement les tisanes chaudes faites avec de la bourrache, auxquelles on ajoute de k à 8 grammes d'acétate d'ammoniaque. Henke conseille eo pareil cas l'acétate d'ammoniaque, uni à une préparation antimoniale d'après la formule suivante :
% Eau de fleurs de sureau 120 grammes.
Liqueur d'acétate d'ammoniaque • • 8 grammes.
Vin d'antimoine . 2 grammes.
Sirop de framboise 15 grammes.
Toutes les deux heures, d'une cuillerée à dessert à une cuillerée à bouche.
Wendt est peu partisan des diaphoniques dans les premières périodes de la maladie, il les réserve pour une époque plus avancée. On peut y joindre aussi l'emploi des bains de vapeur ou simplement des bains chauds à 28 ou 30 degrés Réaumur, en même temps que descompressesfroidessontappliquéessurle front. On peut, en outre, mettre sur les extrémités des cataplasmes chauds et sinapisés, et faire des frictions légèrement irritantes avec de la flanelle imbibée d'alcool, etc.
Hygiène. — Les soins hygiéniques sont les plus importants lorsque la scarlatine est simple. Ici nous partageons complètement l'opinion deSydenham, deJ. Frank et d'un grand nombre de praticiens. On recommendera donc des soins minutieux, et l'on se bornera à surveiller les symptômes, afin de les prévenir et, s'il est possible, d'arrêter à leur début les maladies intercurrentes. La chambre sera grande et aérée, la température égale, médiocrement élevée, les boissons acidulés, le régime sévère (voy. ci-après Résumé).
B. Traitement de la convalescence. — L'éruption une fois terminée, le régime alimentaire n'exige pas une grande sévérité, et l'enfant peut revenir graduellement h son alimentation habituelle. Hais il faut exiger une réclusion sévère, et faire la défense expresse de s'exposer k l'air froid ou au moindre refroidissement. Nous ne saurions d'ailleurs mieux faire que de rapporter les paroles de Vieusseux, déjà répétées parMéglin : « Le terme de la réclusion des malades dépend de la durée de » la maladie, et surtout de la durée de la desquamation. Le danger ' » subsiste certainement encore quand la desquamation parait finie, et
SCABLAUNE. 21 S
► dans les temps froids ou seulement frais, on ne doit pas permettre de sortir avant six semaines, à compter de la fin de la fièvre. Quand
► il fait décidément chaud, on peut être un peu plus hardi et ouvrirles fenêtres dans le milieu du jour, en évitant les courants d'air. Si la chaleur diminue et que la desquamation soit bien finie, on peut
1 sortir au bout de quatre à cinq semaines, avec les plus grandes pré- ' cautions, en se souvenant toujours que, si le temps devient subite-
• ment froid» on est encore exposé au danger. Les premières sorties
► doivent être des essais, et se borner à de courtes promenades pen-
• dant le temps chaud du jour, eu évitant les lieux froids ou frais et
• exposés au vent ; car il arrive souvent qu'après une première sortie
• le malade n'est pas si bien le soir ou le jour suivant, ayant un peu de fièvre ou de bouffissure qui l'oblige encore a garder la chambre pendant une ou deux semaines. En hiver, il faut non-seulement garder la chambre pendant six semaines entières, en ayant soin que celle où Ton se tient soit d'une chaleur suffisante, mais même ne pas passer dans une autre plus froide. On a vu l'anasarque survenir par ce manque de précaution, ou parce que des enfants s'étaient tenus un peu longtemps auprès d'une fenêtre fermée où l'air était plus froid que dans le reste de la chambre. »
III. Traitement des complications. — A. Pharyngite. — Les scarlatines ogtoeuses ont de tout temps attiré l'attention des pathologistes par îor gravité et par la nécessité de leur opposer un traitement actif. Usons d'abord que l'angine légère ne réclame pas une médication nèrgique. Des gargarismes émollients ou légèrement astringents ourront être utiles.
Hais si la pharyngite est grave, nous croyons qu'on doit suivre les ddications fournies par la forme de l'éruption, l'intensité de la fièvre, t la constitution de l'enfant. Si rien ne s'y oppose, nous commenons le traitement par une émission sanguine générale faite au moment où l'angine devient grave, c'est-à-dire pendant les prodromes» omme pendant l'éruption.
Le jour même nous mettons en usage le traitement par les gargatsmes astringents ou légèrement caustiques. Si l'émission sanguine énérale n'a pas calmé les symptômes pharyngés, si l'enfant conervede la force et de la réaction, on pourra faire une application de angsues autour du cou derrière les apophyses masloïdes. Hais il 16 faut pas oublier que les annélides doivent être employées en assez rand nombre pour produire un écoulement notable, si non elles peuont augmenter les accidents locaux : il faut donc appliquer de huit . douze sangsues pour un eniant de sept à quinze ans; on laissera ouler les piqûres pendant quatre à cinq heures. Si l'enfant n'a pas asez de force pour supporter cette émission sanguine, il vaut mieux 'en abstenir.
Tel est le traitement que nous préférons. Nous ne pouvons nous
514 MALADIES GèNBRALES A1GCTBS SPÉCIFIQUES.
empêcher de noter que, dans l'épidémie décrite par M. Guéretin, ce médecin a cru remarquer que les topiques actifs ne faisaient qu'entretenir la phlogose de la gorge; qu'ils contribuaient par suite à augmenter le gonflement ganglionnaire du cou, et aggraver la fétidité de l'haleine. Il ajoute que les injections antiputrides, telles qttoh décoction de quinquina camphrée, employées pour déterger la gorge et le nez, n'atteignaient pas ce but ; et qu'en définitive, il en était Venu à ne s'occuper de la gorge que très secondairement, même quand le pharynx et les piliers étaient tapissés presque partout de fausses membranes. Dans ces cas, il se bornait à quelques gargarismes légèrement astringents.
Dans des cas analogues, M. Bretonneau emploie avec succès le gargarisme suivant :
Tf Eau 120 grammes.
Alcool 15 grammes.
Vinaigre 8 grammes.
Acétate de plomb 50 centigr.
Le traitement que nous venons de conseiller est applicable à l'angine qui revêt la forme inflammatoire : mais si elle prend les caractères qui lui avaient mérité le nom de gangreneuse, les émissions sanguines ne sont plus applicables. Alors le traitement local et général doit être modifié, et nous croyons que les toniques doivent être mis en usage.
M. Guersant emploie comme gargarisme la décoction de quinquina avec ou sans alcool camphré, ou avec addition d'un quart de solution de chlorure d'oxyde de sodium. J. Frank recommande le collutoire suivant :
% Décoction de quinquina 500 grammes.
Acide hydrochlorique étendu .... 1 gramme 20 céhtigr. Miel rosat 30 grammes.
Ou peut remplacer ces différentes préparations parle chlorure de chaux ou l'alun, ou parle gargarisme de Wendt, dont nous avons donné la formule page 265, t. Ier. Mais il est inutile d'employer simultanément un traitement tonique général.
Les médecins sont unanimes à cet égard. Wendt est celui des auteurs que nous avons consultés qui est entré dans le plus de détails sur cette médication.
Il conseille, dans les cas où l'angine d'apparence gangreneuse est accompagnée d'une grande prostration, d'un épuisement évident des forces vitales, d'une petitesse extrême du pouls, l'emploi des toniques excitants, et en particulier de la serpentaire de Virginie. Voici sa formule ;
y Racine de serpentaire A à 8 grammes.
{ Faites infuser dans nne suffisante quantité d'eau bouillante
pendant une demi-heure, exprimez et ajoutez à la colature de
180 grammes :
Eau de cannelle simple. ) „ . K
Sirop de llenrs d'oranger, j aa «5 gramme».
Lorsque la prostration est encore plus prononcée, la peau couverte d'une sueur froide, le pouls moins fréquent, à peine sensible, il faut, d'après lui, avoir recours aux préparations de camphre. Il conseille l'emploi delà formule suivante :
Tfi Camphre polférisé 2à6centigr.
Pondre de gomme ) a «A *.„•»„■.
Sncre blanc j aa 30 centî^
Faites nne poudre.
On donne toutes les deux heures une de ces poudres ; dans l'intervalle, le malade doit boire l'infusion de serpentaire ci-dessus indiquée.
B. Laryngite pseudo-membraneuse. — Dans le cas où les fausses membranes auraient envahi le larynx, si l'enfant était robuste, bien portant au début et peu débilité, il faudrait mettre en usage le traitement conseillé contre le croup La trachéotomie ne serait pas même contre-indiquée. Nous avons, en effet, trouvé un exemple de guérison du croup scarlatîneux qui a été obtenue par la trachéotomie. Il s'agit d'un enfant de sept ans qui était arrivé au neuvième jour d'une angine grave, accompagnée de gêne de la respiration, avec altération de la voix, renflement dans les deux temps respiratoires, retour des boissons par les fosses nasales. Le huitième jour, la prostration alterne avec du délire, la face est violacée, les yeux sont fermés, les lèvres sèches et encroûtées, la langue noirâtre, considérablement épaissie. La respiration de plus en plus bruyante est à 80 par minute. Le neuvième jour, lividité de la face, anxiété croissante de la respiration, petitesse et irrégularité du pouls. On pratique l'opération, elle est suivie de succès (Journal des conn. médic.-chirurg , 10' année, 1er semestre, p. 63).
C Hydropisie*. — Nous avons indiqué le meilleur moyen de prévenir les hydropisirs. Lorsqu'elles sont survenues, on peut diriger contre elles les médications détaillées aux chapitres qui traitent de chacune en particulier (voy. t. H, Maladie de Bright, Htdropisibs).
Toutefois nous devons faire remarquer que les hydropisies sont habituellement actives et surviennent chez des enfants encore robustes : aussi la méthode antiphlogistique et surtout la saignée générale leur sont-elles applicables de préférence.
Les auteurs allemands ont conseillé, en outre, dans la formeaigué, le calomel uni à la digitale, d'après la formule suivante :
Tf Calomel 40 & 80 centigr.
Poudre de feuilles de digitale 10 & 20 centigr.
Sucre blanc 4 grammes.
Divisez en huit parties égales. Toutes les deux heures une poudre.
Ils ont aussi vanté la crème de tartre soluble, unie au nitrate de potasse. Voici leur formule:
jjfi Crème de tartre soluble 15 grammes.
Nitrate de potasse 2 grammes.
Eau de fleurs de sureau 120 grammes.
Sirop de polygala seneka 45 grammes.
On donne aux très jeunes enfants une cuillerée à café toutes les heures, et ose demi-cuillerée à soupe aux plus âgés.
Le docteur Mùller donne dans ces cas le nitrate de potasse à très haute dose jusqu'à 15 grammes par jour.
Les médecins allemands recommandent, en outre, l'emploi des antiphlogistiques, tel que nous l'avons détaillé ailleurs.
Dans la forme chronique, lorsque la sécrétion urinaire est rare, ils conseillent principalement la scille, l'oxymel scillitique, les bains de genièvre. Dans les cas où l'hydropisie chronique résiste à ces moyens, Wendt fait usage de l' hydrochlorate d'or :
% Hydrochlorate d'or 5 à 10 centigr.
Eau de fleurs d'oranger 30 grammes.
Toutes les deux heures 10 gouttes de cette solution dans une cuillerée de tisane
Krukenberg vante, dans cette forme d'hydropisie, le lait pris en abondance*
Le docteur Mûller dit s'être bien trouvé de l'emploi de Vhydrobromate de potasse à la dose de 75 centigrammes à 1 ,50.
Le docteur O'Ferral (1) conseille spécialement après la disparition des symptômes aigus, l'emploi de l'acétate de plomb à la dose de 1 ou 2 décigrammes cinq fois par jour, et consécutivement celui delà teinture de chlorhydrate de fer.
Accidents cérébraux liés aux hydropisics scarlatineuses. — Le traite* ment a, chez tous les malades dont nous avons lu les observations, été proportionné par son énergie à la gravité apparente de la maladie. Les émissions sanguines ont été employées dans tous les cas, sauf un seul, tantôt d'une manière modérée (quatre, huit ou douze sangsues derrière les apophyses mastoïdes), tantôt à des doses énormes pour des enfants. Ainsi Abercrombie fit tirer 60 onces de sang à une petite
(I) Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1816, p. 117.
Ile de dix ans; Hunt, 50 à un enfant du même âge ; Marshall-Hall a lit pratiquer à un garçon de quatorze ans une saignée de la jugulaire e.625 grammes, et comme le coma ne disparaissait pas, il fit une ronde saignée du bras de 218 grammes.
La digitale a été donnée à plusieurs enfants. Coindet en fit prendre es doses assez fortes à une jeune fille de neuf ans (en moins de vingtoatre heures h grammes de teinture et 30 centigrammes de poudre). 'est aussi à ce remède, uni au calomel, que Gœlis a eu recours.
Le calomel a été donné plusieurs fois, mais jamais seul.
Les vésicatoires ont été appliqués à plusieurs malades à la nuque a aux cuisses.
Enfin, nous citerons deux moyens qui ont été fort efficaces : la impression des carotides et les mouchetures. L'enfant dont le progseur Trousseau a publié l'observation a dû sa guérison à la cornression de la carotide, du côté opposé à celui où les convulsions laient le plus intenses. Chez l'enfant dont l'observation nous apparent, les moucheturesont eu pour effet la diminution rapide de l'anairque, l'augmentation proportionnelle des urines et la cessation des fmptômes cérébraux. Pendant la convalescence, on a administré à uelques enfants une infusion de quinquina et de valériane.
En résumé, le traitement qui nous parait le plus convenable est le livant :
4* Si la fièvre est intense, et si les convulsions sont violentes, une lignée du bras ou de la jugulaire, on une forte application de sangles derrière les apophyses mastoïdes.
2* Si la convulsion ne cède pas, la compression de la carotide.
3° Si l'anasarqueest très considérable et que les urines soient rares, es mouchetures aux extrémités inférieures et la digitale à l'intérieur.
&° Dès que les accidents convulsifs ont cessé et que la connaissance tf revenue, une ou deux prises de calomel seul ou uni à la poudre e digitale, et la continuation des diurétiques pendant quelques jours >nt nécessaires.
5° Dans la convalescence, il fautse hâter, surtout si la perte de sang été considérable, d'alimenter les jeunes malades. Le lait d'ànesse, ar ses propriétés sudoritiques et diurétiques, est le meilleur aliment à ooployer. Il est quelquefois convenable d'y joindre de légers toniques.
D. Autre* accidents cérébraux. — Lorsque les accidents cérébrauxse îanifestent dans les premiers jours de la scarlatine, et que, en un lot, la fièvre éruptive est ataxique, des moyens énergiques doivent tre employés dès l'abord ; c'est principalement dans les cas de cette atore qu'on a vanté une méthode sur laquelle nous devons attirer 'une manière spéciale' l'attention de nos lecteurs : nous voulons arler des lotions et des affusions froides (1).
(t) Nous avoDf emprunté & Henke une grande parlie des délaits qui vont suivre.
C'est à Currie que l'on doit d'avoir, le premier, proposé et mis ea usage les allusions froides. Frappé des succès qu'il avait obteoas dans le typhus épidémique par l'emploi de cette méthode, ce raéde» cin n'hésita pas à la mettre en usage dans la scarlatine. II l'emptop entre autres sur ses deux fils âgés, de trois et de cinq ans, atteints de scarlatine grave ; la chaleur de la peau faisait monter le thermomètre à 108 et 109° Fahrenheit (3&° Réaumur environ); le pools bit* tait 150. Currie employa d'abord les affusions froides, puia les alto sions tièdes ; on fit au plus âgé quatorze affusions en trente deux heures; huit fois avec de l'eau froide, 64° Fahrenheit (\U° Réaumutfenviron), deux fois avec de l'eau fraîche, quatre fois avec de l'eau Uèéa Le plus jeune eut douze affusions, dont sept froides : la guériaonfat rapide. De 1801 à 1806, la scarlatine ne cessa pas de régner à Lirapool, et Currie traita 150 malades, toujours avec le même succès. U employa aussi sa méthode, à la fois comme curative et prophylaa» tique, dans plusieurs maisons d'éducation où il fut appelé. Le de* teur Grégory prescrivit le môme traitement à ses enfanta, et le* réussir. Kolbany, de Presbourg, dans l'été de 1808, employa aiac avantage la méthode de Currie. Sur trente huit malades, pas un ai succomba. Depuis, dans un mémoire adressé à la Société physioemédicale d'Erlangen, il affirma avoir traité plus de cent malades sans en avoir perdu un seul. Les mêmes succès furent obtenus parle docteur Wood. Le docteur Nasse, dans une épidémie qui régna à Bielfeld en 1809 et 1810, employa les lotions froides chez quinze malades ; six enfants furent traités exclusivement par cette méthode, les autres prirent en outre quelques doses de sel de Glauber, ou une solution de nitrate de potasse : tous guérirent sans accidenta. Le docteur Petz traita avec succès cinq malades au moyen de lotions faites avec une éponge trempée dans l'eau froide. Elles échouèrent chez un enfant dans un cas où elles furent employées à la dernière extrémité après un traitement très actif. Horu a aussi employé, avec succès, les affusions froides sur la tête pendant que le malade était plongé daas un bain, dans un cas de scarlatine compliquée d'accidents cérébraux; mais cette méthode ne fut pas la seule qu'il mit en usage. Enfin, plue récemment, les docteurs Kreyssig, Frohlich, Harder, Martius, Albert, Thaer, ont eu recours au même traitement. Ce dernier médecin a employé, avec le plus grand succès, les lotions froides dans les cas où il existait du délire, des vomissements fréquents, une fièvre vive, beaucoup d'agitation. Il les a mises en usage avant l'apparition de l'exanthème, et aussi à l'époque où il était déjà établi.
Effets physiologiques et pathologiques des affusions. — Les auteurs sont unanimes à cet égar<l : un effet qui succède constamment aux affusions est la diminution de la chaleur et de la sécheresse de la peau et l'abaissement du pouls. Cette amélioration n'est pas permanente ; elle dure une, deux ù trois heures, de façon qu'où est
Migé de répéter fréquemment les affusions pour en obtenir des effets n peu durables. Après la chute de la fièvre, il survient de labattelent, de la faiblesse, du calme et de la propension au sommeil, qui, aprèsCurrie, paraît quelquefois dégénérer en somnolence, et en une (pression considérable des forces vitales, mais dont il ne faut jamais inquiéter. On a vu aussi, dans les formes nerveuses, le délire dispaitlfe à la suite des affusions. Un effet qui a été noté par presque tous s auteurs, est un léger œdème borné en général aux mains; il n'a Are que peu de temps, et a rapidement disparu, le plus souvent sans n'il fût nécessaire d'employer de médication spéciale. Les médecins ue nous avons cités n'ont pas observé d'autres accidents secotiiirea.
Mode d'administration. — Currie employait les affusions froides rop rement dites. Aussitôt qu'il était appelé auprès d'un malade, il \ Taisait dépouiller de ses vêtements et placer dans une baignoire, et
jetait sur lui cinq ou six seaux d'eau froide. Gregory et Colbany emloyaient aussi les affusions proprement dites, tandis que Nasse se ornait à de simples lotions, et que le docteur Petz employait une ponge trempée dans l'eau de fontaine.
La température du liquide n'a pas été toujours indiquée; cependant, livant Currie, il faut employer de l'eau aussi froide qu'on peut se la rocurer, quand on pratique l'affusion au début. A une période plus rancée, il conseille les affusions tièdes, qu'il met aussi en usage trsque les parents se refusent à l'emploi des premières. Nous avons u aussi qu'il faisait succéder aux affusions froides des affusions «tcbes, puis tièdes. Le docteur Nasse emploie de l'eau qu'on a tissée pendant quelques minutes dans une chambre chaude. Le docîur Horn prescrit les affusions froides sur la tête, tandis que le lalarie est dans un bain tiède.
Immédiatement après l'affusion ou la lotion, il fautessuyer soigneusment le malade et le porter dans son lit. Si le froid persiste aux xtrémités, on rappellera la chaleur au moyen de topiques chauds.
Indications. — La principale indication pour l'emploi du traitelent par les affusions ou les lotions est, d'après les auteurs que nous vons cités, la sécheresse l'augmentation de température de la peau ppréciable au thermomètre et V accélération considérable du pouls. Dans sa cîi-constances contraires, c'est-à-dire lorsqu'il existe du frisson, ou )rtque la peau est humide et fraîche, l'affusion ne peut avoir que les (fets les plus fâcheux. Les lotions ou les affusions doivent être répètes aussi souvent que la peau reprend une chaleur et une sécheresse normales.
Henke, après avoir résumé les travaux dont nous venons de parler, ose les conclusions suivantes, qui nous semblent tout à fait praiques, et que nous adoptons entièren ent : 1° les affusions froides 6 conviennent pas comme méthode générale de traitement.
2» Les formes légères ou simplement inflammatoires ne réclament nullement l'usage d'un moyen aussi énergique.
3° Il faut en réserver l'emploi pour les cas où la scarlatine est épidémique, et s'accompagne de chaleur intense, de sécheresse de ta peau, de petitesse et d'accélération du pouls ; pour ceux où les symptômes cérébraux sont très violents et caractérisés par une grande agitation, alternaut avec de l'assoupissement, et se montrent dès lai premiers jours de la maladie. La scarlatine est alors si dangereuses» souvent mortelle, qu'on doit recourir à tous les moyens curatib;et les affusions froides sont bien mieux indiquées que la saignée chez te enfants.
Nous donnons comme preuve de l'efficacité de cette méthode ans observation du docteur Caron d'Annecy, dans laquelle les lotioni froides ont eu un succès aussi prompt qu'évident.
Il s'agit d'un garçon de treize ans, le cinquième d'une famille de six entais, dont quatre venaient de succomber en peu de jours à la scarlatine. Il avait éprouvé les symptômes ordinaires de la maladie, lorsque Fauteur, ayant été appelé, le trouva dans l'état suivant : assoupissement profond ; délire continuel, que les questions ne pouvaient suspendre; visage abattu, lèvres sèches, dem et narines enduites d'un mucus grisâtre, nez contracté, yeux ternes, pools serré, très accéléré, petit; amygdales très tuméfiées, mais n'apportant aucoi obstacle à la déglutition; il vomissait des matières verdàtres mêlées avec des vers; les déjections al vines, de même nature, étaient fréquentes et involontaires. M. Caron fit aussitôt asperger ce malade avec un gros goupillon de bois qu'on trempait dans un seau rempli d'eau froide, après quoi il le fit envelopper d'un drap chaud. La même opération fut renouvelée de quatre et quatre heures. Dès la première heure, les vomissements cessèrent, l'assoupissement diminua ; bientôt la peau devint plus souple, le pouls moins fréquent: on ne tarda pas à discerner quelques tâches rouges sur le visage et les extrémités inférieures. Le troisième jour, l'éruption était générale, et la constip* tiou avait remplacé Je dévotement. On aperçut le cinquième jour quelques aputhes sur les amygdales ; le septième, une otite aiguë se manifesta, et fat suivie d'un écoulement. Enfin la desquamation s'opérait de toutes parts k dixième jour, et le malade entra en convalescence.
Henke fait observer avec raison, que, dans bon nombre de cas, des circonstances particulières s'opposent à l'emploi de cette méthode Ainsi, quelquefois ce sont les parents qui s'y refusent obstinément; d'autres fois la scarlatine sévit chez des enfants du peuple, qui ne sont pas entourés d'assez de soins pour que l'on puisse, sans dangers, mettre en usage un traitement qui réclame tant de précautions.
En cas pareil, on peut remplacer les affusions froides par uu bain un peu frais, à 20 ou 22J Réaumur, en même temps qu'on promène sur la tête des linges imbibés d'eau plus fraîche que le bain de 4 à 5°. Lorsque l'enfant a passé de dix à vingt minutes dans le bain, il eu résulte presque toujours un calme remarquable; le délire, l'agitation
cessent, et l'enfant s'endort d'un sommeil paisible. Toutefois, ce moment de tranquillité n'a pas une longue durée; et il arrive souvent pTao bout de peu d'heures, où môme moins encore, le malade se réveille avec les mêmes symptômes qu'avant le bain. Cependant nous voyons qu'on ne doit pas négliger l'emploi de ce moyen, car il est oajours utile de procurer quelques moments de calme. On peut d'ailenrs répéter les bains deux et trois fois dans la même journée, et Hrolonger ainsi le bien-être qu'ils déterminent.
Pendant l'emploi du bain, il faut éviter, autant que possible, les efroidissements trop brusques, de crainte des hydropisies consécuives. Il ne faut pas cependant attacher trop d'importance à cette dée ; car les accidents cérébraux dont nous parlons ici se développent e plus souvent pendant le cours de l'éruption elle-même, tandis que es hydropisies sont une des complications de la convalescence.
On a aussi vanté le carbonate d'ammoniaque comme un véritable spéciâque, dans la forme ataxique de la scarlatine. Voici la formule la docteur Strahl de Philadelphie, qui l'a particulièrement préconisé ians ces derniers temps.
y Carbonate d'ammoniaque h grammes.
Eau distillée. 150 grammes.
Sirop d'althaea 30 grammes.
Une cuillerée a bouche toutes les demi-heures ou toutes les deux heures.
Le docteur Stœber a rapporté une observation de scarlatine typhoïde dans laquelle il parait évident que ce médicament a eu du succès ; mais il s'agit dans ce cas d'une fille de vingt-trois ans.
Le docteur Riecken (1) a publié un volumineux mémoire sur les avantages du carbonate d'ammoniaque, qui parait avoir merveilleusement réussi dans quelques épidémies. La scarlatine dite nerveuse semble être celle dans laquelle les résultats sont le plus favorables. Nous avons donné le carbonate d'ammoniaque à quelques enfants atteints de scarlatine ataxique ; mais le plus souvent sans succès.
Musc, — C'est aussi contre les accidents cérébraux, les mouvements convulsifs, le délire, le tremblement de la langue, les troubles de la vue, que le musc a été conseillé. Voici la formule de Wendt, qui l'unit au carbonate d'ammoniaque :
^ Musc 40 centigr.
Carbonate d'ammoniaque 20 centigr.
Sucre blanc 15 centigr.
Mêlez, broyez, et ajoutez peu à peu :
Eau de fleurs de tilleul 120 grammes.
Toutes les deux heures une petite cuillerée a bouche.
(I) Journal de médecine publié par la Société des sciences médicales et naturelles dtBrairlles, dans Joitrn. des Conn. mftZ.-cftîr., 1843, p. 39.
222 MALADIES GÉNÉKÀL1S AlGtJES SPÉCIFIQUES.
Nous avons guéri une jeune fille de dix ans au moyen de celle pré^ paration.
E. Aulrescwnplicafions. — Nous n'avons aucun délail à donner sur k traitement des autres complications de la scarlatine. Dès qu'on 1m aura reconnues, ou leur appliquera les diverses règles de traitement que nous avons indiquées dans les chapitres destinés à ces affections.
IV. Résumé. — A. Un enfant bien portant, est pris de fièvre, 4a douleur dégorge, de vomissements et des symptômes qui annoncent une scarlatine normale et bénigne. Pendant les prodromes et pendant la durée de l'éruption, on fera les prescriptions suivantes :
1° L'enfant gardera le lit dans une chambre grande, s'il e*t possible, et maintenue à une température égale et modérée. L'air sera renouvelé de temps à autre en évitant les courants, surtout sur l'enfapt lui-même. 11 sera utile d'environner de tous côtés son Ht d'une étoffe légère, telle que la mousseline, pendant tout le temps où l'on laissera ouverte la porte ou ia fenêtre.
2° Les couvertures ne seront ni trop légères ni trop épaisses ;
3° Ou donnera des boissons acidulés, telles que la limonade, l'eau de groseilles, de framboises ou bien émollientes, telles que l'infusion de Heurs de violettes, de coquelicot, On les édulcorera avec les sirops de limon, d'orange, de censé; on les administrera tièdes ou fraîches .et en quantité proportionnée à la soif de l'enfant.
U* La diète sera absolue.
J>° On maintiendra, sur les extrémités inférieures, des cataplasmes UP peu chauds.
6° On fera gargariser l'enfant, s'il est d'âge à le faire, avec de l'eau d'orge additionnée de miel rosat. Si l'angine, sans être très intense, l'était cependant assez pour attirer l'attention, on promènerait sur la. gorge un pinceau imbibé du mélange suivant :
¥ Miel rosat 30 grammes.
Acide hydrochlorique de k à 8 grammes.
Ou bleu le collutoire de M. Breton neau (voyez ci-dessus, page 214).
B. La maladie a suivi son cours normal, aucun accident n'est survenu, l'éruption n'existe plus, le mal de gorge a cessé, l'enfant de* mande de la nourriture :
1° Suspendez les tisanes et les gargarismes.
2° Permettez une nourriture légère, que vous augmenterez peu à peu.
3° Si l'enfant est faible, pâle, si la convalescence est lente à s'établir par suite de l'adynamie, donnez, chaque matin, une ou deux cuillerées de sirop de quinquina.
4° Laissez l'enfant sortir du lit dès que la convalescence est franchement établie; mais prescrivez que pendant ce moment les portes
âCAtLATlNK. 223
les fenétree soient fermées, afin qu'il n'existe aucun courant d'air.
le temps est froid, empêchez l'enfant d'aller près des fenêtres et aceoler sa figure aux vitraux.
5* Attendes, pour permettre la sortie au grand air, que la desqua- •tion soit terminée complètement, et suivez tous les préceptes indilés par Vieusseux (voy. ci-de*sus, p. 212).
C. Un enfant bien portant et vigoureux est pris des prodromes ■ne scarlatine angineuse ; le mal de gorge et la fièvre sont intenses g le début; il n'y a pas d'éruption ou bien celle-ci a été fugace et a mé inaperçue; on prescrira :
1° Une saignée de une à trois palettes, suivant l'âge;
S* Des cataplasmes chauds entretenus et promenés sur les membres
teneurs;
y S'il n'y a pas de dévoiement, deux prises, à trois heures de dis-
itee, de poudre de jalap et de calomel (40 centigrammes de jalap
Mir 20 de calomel).
Si l'on préfère donner le calomel à dose altérante, on en prescrira
centigrammes toutes les heures.
Si la déglutition est difficile, et si l'enfant ne peut avaler les poudres,
l donuera des lavements purgatifs avec 30 à 45 grammes d'huile
I ricin.
&* On fera dans la gorge des applications de chlorure de chaux ou
> poudre d'alun, ou d'un mélange à parties égales de miel rosat et toide bydrochlorique.
5* Les soins hygiéniques et les tisanes seront les mêmes que sous le je A.
Le lendemain, si la fièvre est encore vive, si le mal de gorge a muiué ou est stationnaire, bien qu'il soit encore intense, appliquez
> trois à six sangsues à l'angle de chaque mâchoire et laissez couler i piqûres pendant quatre à cinq heures.
Continuez les autres médications, si le gonflement du cou empêche explorer la gorge; insistez uu peu plus sur les dérivatifs cutanés et testinaux, mais n'appliquez pas de vésicatoires. En tous cas, si les irgatifs déterminent des selles très abondantes qui s'accompagnent : douleurs de ventre, suspendez le calomel et le jalap.
D. Dans les mêmes conditions, si l'enfant est peu fort on évitera les tissions sanguines, ou on les conseillera moins abondantes, maison ivra les autres prescriptions.
E. Un enfant bien portant est pris des prodromes d'une scarlaledont l'éruption est anormale; la douleur de gorge est peu intense, lis l'angine revêt l'aspect gangreneux, l'enfant est dans la prostra- >n; le médecin doit prescrire :
1° Le collutoire de J. Frank ou celui de Wendt, ou celui de M. Guer-
Dt (voy. p. 214) ;
2e Une tisane de quinquina ;
3° La potion avec l'extrait de quinquina (jnlep gommeoi, 60 gr.; extrait de quinquina, 1 gr.).
F. Si la maladie progresse, et si les prescriptions précédentes soit sans effet, on ajoutera au traitement ci-dessus la potion de serpentaire ou la poudre de camphre conseillées par Wendt (page 215) qu'on alternera avec la potion de quinquina.
G. Un enfant bien portant est pris d'une scarlatine avec accidents cérébraux ; l'aspect est typhoïde et ataxique; le délire est intense; on prescrira :
1° Chaque jour, un ou plusieurs bains légèrement tièdes, ou bien les affusions froides, ainsi qu'il a été dit plus haut (page 219);
2° Dans l'intervalle des bains, des applications de compresses froides sur la tête; pendant qu'on cherchera à entretenir la mottetf du corps par des cataplasmes chauds, des boules d'eau chaude, etc.;
3° Dix centigrammes de calomel toutes les deux heures.
U° On alternera avec la prise précédente, toutes les deux heures aussi, une pilule ou une poudre, contenant 1 0 centigrammes de musc et 1 centigramme d'extrait d'opium ; on donnera trois à cinq de ces prises dans la journée.
On continuera cette médication tant que les accidents persisteront; toutefois on suspendra les bains s'il est évident qu'ils ne procurent plus de calme. En outre, on cessera le calomel si la diarrhée devient très abondante.
Si ce traitement ne réussit pas, on remplacera le musc et l'opium par le carbonate d'ammoniaque et l'opium (page 221).
Les autres complications seront traitées par les moyens indiqués ci-dessus.
H. Dans tous les cas exposés aux titres C, D, E, si l'enfant arrive à la convalescence; on cessera toute médication active et l'on sui?m la marche indiquée au titre B.
K. Si la scarlatine est secondaire, on suivra les indications fournies par la maladie primitive lorsqu'elle sera grave ; mais si la fièvre érop» tive domine, on emploiera le traitement conseillé aux litres A, D, E,C, en évitant les purgatifs ou les émissions sanguines, suivant la force de l'enfant et l'état des voies digestives.
Observation. — Début au milieu de la bonne santé par de la tristesse, fuis de la constipation, des vomissements, de la céphalalgie. — Symptômes iê méningite tuberculeuse. — Le huitième jour, éruption fugace de scarlatine. — Persistance des symptômes cérébraux, — Mort le treizième jour. — A l'autopsie, pas de lésions de l'encéphale ni d'aucun autre organe*
Letartre, âgée de trois ans huit mois, entrée le 16 mars 1837 à l'hôpital des Enfants.
Jusqu'à l'âge de trois ans, cet enfant a toujours été à la campagne. Depuis huit mois, elle habile une chambre au rez-de-chaussée, assez grande et aérée, mais encombrée. Elle n'a eu aucune des maladies de l'enfance, sauf des enge-
m. Sa santé générale élail bonne ; sa figure était colorée ; elle ne se plaiait jamais de maux de tête ; seulement elle avait le caractère triste et
Premier jour. La jonrnée se passa comme d'habitude ; le soir, Penfant fit repas très copieux et d'aliments lourds et de difficile digestion. La nuit cendant fat bonne. Dans la journée, il y avait de la tristesse et de la mauvaise imeur plus que d'habitude, sans céphalalgie.
Deuxième jour. L'enfant ▼omit des aliments qu'elle venait de prendre et an sucrée qu'on lui donna. Pas de céphalalgie ; constipation depuis trois m; fièvre toute la soirée et la nuit. (Lavements.)
Troisième jour, il y a de la douleur au front et à la tempe droite. Les voissements ne se sont point renouvelés ; la constipation persiste. Depuis les emtars symptômes de la maladie, il y a un assoupissement peu profond et ssager, et quelques réveils en sursaut la nuit. On remarque aussi ce jour des «natives de pâleur et de rougeur de la face, plus prononcées que le jour éeédent. Fièvre.
Quatrième jour. Toujours la fièvre, même état que la veille. Évacuations à Ue de lavements. (Quatre sangsues à l'épigastre; tisane de mauve.) Cinquième jour. Rien de nouveau. Les mêmes symptômes existent, mais bs prononcés.
Sixième jour. Le matin, et pour la première fois, les bras se tordent en di* » sens ; la malade se lève sur son séant et se frappe la tête de tous côtés ; face est rouge; les yeux sont hagards, convulsés ; la vue est trouble; grinmeots de dents ; il n'y a plus de connaissance. Avant cet accès, dont on ne it pas la durée, on remarqua une altération de la voix et de la difficulté ins l'articulation des sons : il y avait aussi du mal de gorge. (Huit sangsues ix apophyses mastoldes ; sinapismes aux jambes ; pédiluves sinapisés, et en eme temps compresses d'eau vinaigrée sur la tête.) Au sortir du bain de eds, vomissements, selles involontaires.
Dans la nuit suivante, elle reprit connaissance depuis deux heures jusqu'à lit, et reconnut toutes les personnes qui l'entouraient. Alors revinrent de Nivelles convulsions moins fortes que les précédentes, et depuis ce moment, y eut une perte complète de la connaissance, une abolition presque entière : Poule et de la vue ; la malade poussait des cris de temps à autre. Vers le ir, éternnment; coryza, un peu de toux.
Le huitième jour, une éruption de nature douteuse, scarlatineuse ou rubéorae, existe surtout aux membres. Coryza, larmoiement, toux. Le soir, les âchoires sont serrées ; la respiration par la bouche est gênée ; la face est oge ; lesyeux sont enlr'ouverts, non convulsés ; les pupilles sont contractiles, plement dilatées ; coma; mouvements du membre droit; l'épigastrc est douurenx ; le ventre est souple. Le pouls est fort, fréquent, vibrant. (Bouricbe ; sinapismes.)
Neuvième jour. Disparition de l'éruption ; coma. Pendant la nuit du 10 l 11, cris presque continuels.
Le onzième jour, elle entre à l'hôpital. (Les renseignements précédents nous it été fournis par un médecin.) Nous trouvons la malade dans l'état suivant : Décubitus dorsal, coma. En la remuant un peu, on la tire de son assoupis- ►ment : alors elle pousse des cris inarticulés, et retombe bientôt dans le coma. (solution ôt$ membres supérieurs et inférieurs, sans contracture ni parade ; seulement du membre supérieur gauche la sensibilité est très obtuse. En m. 15
226 maladies gén6bales aiguës spécifiques.
pinçant la malade assez fortement à ce bras, elle est à peine tirée de i et Ton peut apercevoir de très faibles mouvements dans les doigts. Le I droit est beaucoup plus sensible et s'agite lorsqu'on te pince. Les deux I étant depuis longtemps dans le lit le long du corps, le gauche est plus froid que le droit. Los mêmes différences n'existent pas dans les i inférieures. Les pupilles sont dilatées, égales et légèrement contractiles; les yeux, le nez et les lèvres sont croûteux, les dents et la langue sèches» la déghttition imparfaite. Elle serre assez violemment une cuiller qu'on met enta ses dents. La pression du ventre augmente les cris. Pas de selles ni de Yonutsements depuis le matin. 128 pulsations; pouls petit; 14 inspirations; psi de toux.
Le douzième jour au matin, la malade crie dès qu'on la touche, et si l'os continue, il s'y joint une vive coloration de la face et une grande agitation dm les membres ; le membre supérieur gauche se meut à peine. Lorsque cette agitation a cessé, la malade retombe dans le coma, et il y a résolution de toit le corps, bien qu'il y ait un peu de tendance à porter la tête en arrière. U chaleur est également bonne partout. Sur les membres inférieurs se remarqae une large desquamation de scarlatine. Les pupilles, moins dilatées qu'hier, sont inégalement contractiles ; la gauche l'est peu ou point. Quelques trembletnents convulsifs se font remarquer de temps à autre dans la mâchoire inférieure. Le pouls, très difficile à compter, tant il est petit et insensible, donne i peu près 100 pulsations. Pas de sensibilité au ventre. (Mauve gommée ; potioe avec deux gouttes d'huile de croton ; vésicatoire sur la télé, le long do stani supérieur.)
Dans la journée, la face se colore par moments sans cause ; la malade s'agi* toujours plus du côté droit que du gauche, qui est à peu près immobile et insensible. Ces symptômes durent quelques minutes, et reparaissent plusiesri fois dans le jour.
Le soir, les criailleries sont moindres; le coma est plus profond ; le pouls, très petit et très fréquent, ne peut pas être compté. La tête est renversée en arrière. La déglutition des boissons se fait assez bien ; la peau est chaude. Une selle demi-liquide, jaune clair.
Treizième jour. Coma profond dont on tire à peine la malade en la pinçant; alors elle remue la main droite; mais la gauche reste immobile. Les mâchoires sont serrées et les dents serbes. Les yeux, les lèvres et le nez sont toujourscrouteux; la tête est renversée en arrière. Le ventre est sensible, et sa pression lire l'enfant du coma. Le vésicatoire de la tête a pris à peine. (Mauve gommée; potion avec l'huile de croton; vésicatoire sur la tète; bain de vapeur.)
Le bain de vapeur a beaucoup excité la malade; la face s'est colorée ; il y a eu beaucoup dag. talion des membres inférieurs et du membre supérieur droit; le pouls est devenu plus fréquent qu'il ne Tétait ; il y a eu quelques cris ; pois le coma a augmenté et a duré sans interruption jusqu'à six heuies du malin k 19 mars, moment de la mort, treizième jour depuis le début.
Autopsie trente heures après la mort. — Le crû ne ue présente rien de remarquable à l\ xtérieur ni après la section. La conformation de la télé est bonne. Les circonvolutions cérébrales ne sont nullement écartées ni aplaties: les vaisseaux ne sont pas gorgés de sang; il existe une très légère quantité de sérosité sous-arachnoïdienne trouble. Aucune granulation ni dans les circonvolutions, ni à la surface, ni dans aucun point de la base. La consistance dt cerveau est bonne dans (putes ses parties, et ne présente qu'un piqueté fort
peu abondant. Les ventricule» ne sont pas dilatés, et ne contiennent qu'une très peifte quantité de sérosité trouble ; leurs parois ne sont pas ramollies.
Dans la poitrine, rien d'anormal. Les poumons, crépitants, non routes, sans changements de consistance, surnagent l'eau et ne présentent aucun tubercule ; les bronches sont saines, les ganglionsbronchiques aussi. Le cœur est dans son eut normal.
La moqueuse gastro-intestinale est parfaitement saine, sans changement de couleur ni ramollissement, sauf les légères modifies lions suivantes : quelques i apparaissent peu gros et non rouges dans l'intestin grêle, vers la On sont aussi quatre ou cinq plaques de Peyer légèrement boursouflées, s, non ramollies. Vers la On de cet intestin se trouvent quatre ascarides kmbrkoldcs. Dans le gros intestin, rien de remarquable que la présence de Mssbrenz tricocéphales dans le cul-dc-sac du caecum.
Remarques. — Parmi plusieurs observations intéressantes, nous lions choisi celle qu'on vient de lire, parce qu'elle nous parait remarquable sous plus d'un rapport.
Un enfant bien portant est pris des symptômes qui caractérisent le début d'une méningite tuberculeuse ; et ce n'est qu'après huit jours de l'existence de ces phénomènes qu'on aperçoit une éruption de Mure douteuse, et qui disparaît dès le lendemain. L'attention devait être attirée par ces rougeurs, et cependant elles furent si fugitives qu'on s'y arrêta peu, tant les symptômes de méningite étaient tranchés; la desquamation qui survint le douzième jour de la maladie, quatrième après la disparition de l'éruption, démontra que l'exanthème était scarlaiineux. Cependant nous étions tellement persuadés qu'il existait une méningite, que nous ne ttnmes aucun compte de la chute de l'épiderme. L'autopsie seule nous détrompa.
En réfléchissant alors sur la marche de la maladie, et en la comparant avec les scarlatines ataxiques, nous sommes arrivés à ranger cette observation parmi les faits de cette espèce; mais elle n'est pas moins très remarquable par la longueur et la marche des prodromes, ptr l'absence complète de lésions qui puissent expliquer la paralysie et le refroidissement du membre droit, et par la persistance des symptômes si intenses, pendant treize jours de suite.
Si le diagnostic eût été porté assez promptement, la thérapeutique aurait sans doute fourni quelques médications plus utiles que celles qui ont été mises en usage. Il serait cruel, en effet, de penser que la médecine est tout à fait impuissante dans des cas où elle doit traiter des enfants d'une constitution robuste, et dont les organes sont, comme ici, dans un état parfait d'intégrité.
Peut-être que la compression des carotides aurait eu un résultat favorable; peut-être aussi, vu la Force de l'enfant, que les affusions froides ou les émissions sanguines auraient eu une influence plus utile que les purgatifs violents qui ont été administrés, et que les vésicatoiies qu'où a appliqués sur la tète.
228 MALADIES GÉNÉRALES Al GUES SPÉCIFIQUES .