CHAPITRE VII
Maladie commune, d'apparence bénigne, mais souvent funeste dans ses suites, la rougeole, connue de tous les praticiens, décrite dans tous les traités de médecine, et dans un grand nombre de monographies, n'attire plus l'attention des pathologistes. Un médecin, qui, en France, a publié au commencement de ce siècle une boom monographie sur la rougeole, Gaspard Roux, gémit à chaque page de son livre sur la pauvreté de la science en fait d'observations, et se plaint sans cesse que les pathologistes aient remplacé par des des descriptions complètes. En effet, la plupart des auteurs se contentés de décrire l'éruption, et d'indiquer brièvement les complications qui lui donnent de la gravité; satisfaits de cette étude superficielle, ils n'ont pas déterminé quels sont les signes qui peatwL indiquer l'imminence d'une affection intercurrente, et recherché si kl prodromes de la marche de l'éruption, si les symptômes qui l'accompagnent éprouvent quelques modifications, soit avant le début de h maladie secondaire, soit par suite de son développement En un root, le chapitre des complications rubéoliques a toujours été traité d'uat manière très incomplète. Dans le travail qui va suivre, nous fefOM nos efforts pour combler cette lacune.
Commune à tous les âges et à toutes les constitutions, la rougeole atteint les enfants au milieu de la santé la plus florissante, comme dans le cours ou la convalescence des maladies les plus graves. Forte ou faibles, bruns ou blonds, sanguins ou lymphatiques, les enfante peuvent en être atteints, et l'éruption emprunte à ces diverses circonstances, des caractères quelquefois assez remarquables pour mériter l'attention du praticien.
L'éruption étant le phénomène saillant autour duquel viennent ee grouper tous les autres symptômes, c'est elle surtout qui fera la base de nos divisions, et c'est à elle que nous rattacherons le plus de cofr» sidérations possibles. Phénomène visible et le plus mobile de la ma* ladie, c'est lui qui est le plus souvent influencé, et qui doit, daas beaucoup de cas, guider le praticien dans son diagnostic ou son pronostic.
Or, l'éruption a une marche régulière qui suit des périodes déterminées. Compliquée ou simple, la maladie constitue alors un typa bien tranché, que nous allons étudier sous le nom de rougtot* normale.
Chez d'autres enfants, au contraire, l'éruption suit une marche tout à fait irrégulière; ses périodes sont interverties, ou bien encore
son apparence et sa coloration ont changé ; dans ces cas cependant on ne peut méconnaître la nature rubéolique de l'affection, soit par quelques-uns des caractères de 1 éruption elle-même, soit par l'ensemble des autres symptômes. Presque toujours, dans ces cas, on découvre qu'il existe une cause à ces irrégularités.
Ce type bien tranché constituera pour nous la rougeole anomale.
Enfin, dans quelques cas, on a pu observer des maladies qui, ayant tout l'aspect de la rougeole, ne présentaient cependant aucune espèce d'éruption. Celte forme, sur laquelle nous insisterons peu, constitue la rougeole sans éruption, et ne doit être considérée que comme une subdivision de la rougeole anomale (1).
Art. I. — Historique (t),
La plupart des auteurs sont d'accord pour attribuer à Rhazès (3) la première description qui nous soit parvenue sur la rougeole. Ce médecin a, il est vrai, traité conjointement la variole et la rougeole; nais il a cependant bien distingué ces deux maladies, qui, avant lui, étaient d'ordinaire confondues. A la fin du xe siècle, Avicenne (4) décrivit de nouveau la rougeole. Le premier écrivain grec qui en ait lût mention est, d'après Sprengel, Synesius (5), qui vivait au milieu doxir siècle. Il emprunta sa description à Rhazès. Chez les écrivains chrétiens de l'Occident, on trouve une description plus exacte de la rougeole j mais seulement après l'époque de la renaissance des lettres : Forestus (6), Schenk (7) et Sennert (8) méritent particulièrement d'être cités. Cependant bon nombre de médecins de cette époque confondaient encore la rougeole et la scarlatine, Morton (9) les regardait comme de
(1) Nous nous tommes servis pour la composition de ce chapitre de 167 observions recueillies par nous a l'hôpital. Sur ce nombre nous ayons 47 exemples de flageole normale, 64 de rougeole anomale, et 56 fois nous n'avons pas vu l'éruption, ou nous Pavons vue pendant trop peu de temps pour pouvoir juger si elle était normale on anomale. Depuis notre première édition, nous avons observé un grand nombre de rougeoles, soit a Paris, soit à Genève. L'un de nous (M. Rilliet) i publié dans la Gazette médicale, un mémoire détaillé sur l'épidémie de Genève 4» 1817. Une partie des addiUons de ce chapitre est empruntée à ce travail.
(f) On trouvera des détails historiques assez circonstanciés sur la rougeole dans sttnèse de Lefort, Recherches sur Vorigine de la rougeole, son état simple et quelquesmm dises variétés (Paris, 1806) et dans le travail de Berndt. Nous empruntons à ce dernier médecin la plupart des remarques qui vont suivre.
(9) De variolis et morbUlis, arabice et latine. Lond., 1766.
(4) Canon., lib. IV, Cen. I, cap. VIII.
(a) De Febribus. Amst., 1749.
(6) Tome I, lib. VI.
(7) De variolis et morbillis.
(8J De Febribus.
(9) Exercitatkmes de Febribus universalibus.
différents points de l'histoire de la rougeole. Nous nous bornerons ici à indiquer les sources où Ton peut trouver quelques faits importante sur les complications de celle maladie avec la bronchite capillaire ot pseudo-membraneuse (1), la pneumonie (2), la pleurésie (3), la péri» cardite (4), l'endocardite et les caillots du cœur (5), le coryza pseudo» membraneux (6), l'angine pseudo-membraneuse (7), la laryngite spasmodique (8), la laryngite grave (9), la laryngite pseudo -membraneuse (10), l'entéro-colite (11), les accidents cérébraux (12), l'aoisarque (13), l'hydrocéphalie (16), la gangrène de la bouche et de il face (45), du larynx (16), la scarlatine (17), la variole (18), la varicelle (19), lamiliaire (20), les tubercules de différents organes (21).
Art. XX. — Tableau, marche, durée.
I. Rougeole normale. — La rougeole débute au milieu de la bonne santé par de la fièvre, de la toux, de l'anorexie, de la soif de la coati) Rayer, t. 1, p. 199. — Fauvel, thèse citée, passim.
(2) Murdoch, Clin. Ann. de méd., t. II, p. 49. — Journal général des kâfh taux, 1828, p. 297.— Ibid. 1829, p. 16.-— Constant, Gaz. m éd., 1835, p. 801.- Ibid., 1836, 101.— Rayer, 1. 1, p. 197.— Boudin, thèse de la Faculté, 1836.
(3) Baron, thèse; 10 mars 1841, p 86.
(4) Pnchlt, De carditide infantum.
(5) Bulletin de la Soc. anatom., 1837. — Legroui, Dissert, inaugurale.
(6) Guibert, Clinique des hôpitaux, 1828, t. III, p. 148.
(7) Heyfelder, Studien im Gebiete der Heilwissenchaft, Bd. H, S. 15.
(S) Clinique Annales, etc., t. II, p. 26. — Mémoire de Jurine sur le croup, passim.
(9) Bartels, cité par Meissner, t. II, p. 488.
(10) Hache, thèse sur le croup. — Boudet, épidémie du croup, Archives, 1842, passim. »
(11) Rayer, 1. 1, p. 199.— Boudin, passim.— Rufi, loc. cit., idem.
(12) Bibl. méd., 1812. t. XXXVI.
(13) Siebergundi, Harless neue Jahrbiicher, etc., 1827. — Nicola, Beobackr tungen aus dem Gebiele der praktischen Heilkunde, etc., 1822. — Tutt, Hon't Archiv., Il Heft. 1835. Ces auteurs cités dans Meissner, t. H, p. 489.
(14) Siebold's journal, etc., Bd. XV, I Heft, S. 110, 1835. Dans Meissner, t. H, p. 490. — Berndt, loc. cit., p. 71.
(15) Heyfelder, loc. cit., 17.— Joseph Frank, Encyclop., t. H, p. 150.
(16) Nouv. bibUoth. méd., 1828, t. IV, p. 63. — Journ. génér. des hôpUê** lre année, 1828, p. toi.
(17) W. Meicr, Ann. der gesamm. Heilk., etc. Heft. I, Jahrg., 1825. (Dm Berndt, loc. cit., p. 67.)
(18)DeHaen. — Rosen.
(19) Reuss. Ueber das Wesen der Exanthème. Bd. 111, S. 270.
(20) Hasper, Heidelberger, Clin. Ann. Bd. I, Heft. 4. Dans Meissner, loc. cit., p. 436.
(21) Constant, Gaz. méd , 15 février 1834.— Berndt, loc. cit., 72.
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La plupart des autres symptômes généraux que nous avons rapidement passés en revue à propos de la rougeole normale compliquée et de ses suites, peuvent se retrouver dans la forme anormale primitive. 3* Rougeole anomale secondaire. — Lorsque la rougeole anomale débute pendant le cours d'une autre maladie, les symptômes dont mm venons de parler présentent des modifications qui sont en rapport avec la nature de l'affection antérieure; et comme, en général, c'est pendant une maladie longue que la rougeole survient, elle lui emprunte son aspect.
Ainsi, la figure reste souvent pâle et blême ou se colore à peine ; il l'y a pas ou peu de congestion sur les muqueuses oculaire et natale ; le ftcies n'est ni vultueux ni rubéolique. Le pouls augmente de fréquence, mais il reste ou devient petit ; la chaleur est plus vive; l'op~
pression du doigt, restes de l'éruption qui rappellent incomplètement sa forme.
Pendant ce temps ou plus tard, mais toujours rarement, il se bit une desquamation peu abondante, petite, furîuracée, farineuse mette; débutant sur la face, s'y limitant ou bien se continuant sur le reste du corps, mais devenant rarement très générale.
Tel est l'aspect de la rougeole normale et simple; mais si quelque complication vient s'y ajouter, la marche des symptômes éprouve des modifications qui varieront suivant la nature de la maladie secondaire et l'époque à laquelle elle survient.
Ainsi, est-ce une laryngite intense, la toux augmentée! consent les caractères spéciaux que nous avons indiqués. Ces symptômes même s'accroissent et se joignent à d'autres que nous énumérerons plus tard en parlant de cette complication.
Est-ce une broncho-pneumonie grave qui se développe, la ton persiste et augmente sans timbre particulier ; la fièvre, au Heu de céder au monent de la période de déclin, s'accroît, soit dès ce même moment, soit après avoir diminué pendant quelques jours, et suivant l'époque du début de la complication. En même temps l'oppresm est plus grande, les signes stéthoscopiques annoncent le début et permettent de suivre la marche de la maladie. Tous les symptômes q«i dépendent de l'état fébrile et de l'état local existentiels que nom les avons énumérés ailleurs.
D'autres fois la rougeole suit une marche différente, la fièvre tombe en partie avec l'éruption : il se fait une atténuation de tous les symptômes fébriles, l'enfant peut se lever; il mange un peu, maisil pâtit, dépérit, conserve un léger mouvement fébrile le soir, sa toux persiste, les selles sont normales, ou bien il existe du dévoiement: c'est l'origine d'une maladie chronique, thoracique ou abdominale qui doit entraîner la mort dans un temps plus ou moins éloigné. Mflie, quelles que soient les suites de la fièvre éruptive, ce qu'il est important de noter, c'est que :
1° Dès que l'éruption n'est pas modifiée dans sa période décroissance, il n'existe pas actuellement de complication grave.
2° La complication qui naît pendant la décroissance de l'éruptiofi ne modifie pas sa marche. Peut-être cependant la desquamation est* elle, dans ces cas, plus fréquente, plus abondante et plus générale.
3* Toutes les modifications qui surviennent portent:
Sur l'état général fébrile qui persiste au lieu de tomber avec l'éruption.
Sur les symptômes laryngés et pulmonaires, qui s'accroissent as lieu de cesser avec l'exanthème.
Sur les symptômes digestifs, lorsque les complications doivent exister dans les organes abdominaux. Ce sont plus souvent alors de nouveaux symptômes qui se montrent, et dans ce cas influencent très rarement l'état général.
HOUGBOLR. 235
Sur les symptômes cérébraux, lorsque l'encéphale doit être le siège de la maladie secondaire ; mais ce cas est rare.
II. Rougeole anomale. — La rougeole anomale débute pendant la bonne santé ou est consécutive à une autre affection : de là deui tableaux différents.
1° Rougeole anomale primitive. — L'enfant bien portant est pris de fièvre, de toux, d'anorexie, de soif; avec ces symptômes on observe souvent, dès le premier jour, quelquefois les suivants, des vomissements, des épistaxîs, de l'oppression, et parfois de la céphalalgie ; ces prodromes, assez semblables à ceux de la rougeole normale pour ne pouvoir en être habituellement distingués, se prolongent pendant quatre ou cinq jours, et s'accompagnent quelquefois déjà des syratômes locaux d'une lésion aiguë des poumons ou des bronches.
Alors parait la rougeole, qui débute, soit par l'abdomen, soit parles extrémités ; la couleur de l'exanthème est ou très foncée ou -pâle, et l'éruption semble avoir de la peine à se produire ; elle s'étend à tout lecorps ou reste limitée à une partie de sa surface ; très abondante en certains points, très rare en d'autres. Pendant ce temps la fièvre persiste, la toux augmente, les symptômes pulmonaires débutent s'ils n'existent pas déjà, la figure reste rouge, vultueuse, rubéohque, le dévoiement s'établit ou s' accroît aussi bien .que les douleurs abdominales.
Cet état général persiste pendant que l'éruption suit une marche tout à fait irrégulière, soit qu'elle disparaisse subitement, soit qu'elle devienne dès l'abord terne et cuivreuse, soit que celte dernière couleur elle-même n'existe pas et que l'éruption pâlisse peu à peu pour disparaître bientôt.
Alors l'enfant, au lieu derevenir à la santé, de reprendre des forces etde demander des aliments, continue à garder le lit; la fièvre persiste violente, la face est rouge et inflammatoire, les yeux sont croûteux ; l'appétit est encore nul, la soif est vive; enfin il existe une complication aiguë.
La plupart des autres symptômes généraux que nous avons rapidement passés en revue à propos de la rougeole normale compliquée et de ses suites, peuvent se retrouver dans la forme anormale primitive.
3° Rougeole anomale secondaire. — Lorsque la rougeole anomale débute pendant le cours d'une autre maladie, les symptômes dont nous venons de parler présentent des modifications qui sont en rapport avec la nature de l'affection antérieure; et comme, en général, c'est pendant une maladie longue que la rougeole survient, elle lui emprunte son aspect.
Ainsi, la figure reste souvent pâle et blême ou se colore à peine ; il n'y • pas ou peu de congestion sur les muqueuses oculaire et nasale ; le faciès n'est ni vultueux ni rubéolique. Le pouls augmente de fréquence, mais |1 reste ou devient petit ; la chaleur est plus vive; l'op~
pression est à peine sensible, à moins d'une complication thoracique; les lèvres sont assez souvent grosses, douteuses et saignantes, le dévoiement persiste ou augmente, l'abdomen ne change pas de forme; enfin, si la rougeole est terminale, les symptômes varient peu, mail la prostration est considérale ou augmente de plus en plus jusqu'à U mort
Cet aperçu, joint à la description de l'éruption, suffit pour donner une idée de la marche de la rougeole secondaire (1).
L'exposé rapide que nous venons de faire des rougeoles normale et anormale n'a pu comprendre un grand nombre de détails, importants à connaître pour la plupart; car ils doivent servir à indiquer quelques particularités de l'éruption rubéolique, à préparer l'étude des complications et à justifier quelques-unes des assertions précédentes, que nous résumons dans un petit nombre de propositions :
1° La rougeole normale débute pendant le cours d'une bonne santé, et a une marche déterminée;
2° Elle peut être simple, ou bien s'accompagner ou être suivie de divers accidents qui constituent des complications. Ceux de ces accidents qui sont fébriles ne prennent jamais naissance avant l'époque de décroissance des rougeurs;
3° La rougeole anomale qui débute pendant le cours d'une bonne santé, est devenue anomale par le fait d'une maladie aiguë et fébrile qui vient la compliquer, soit avant l'apparition des rougeurs, soit pendant leur période de croissance;
4° Les complications qui surviennent à la suite de la rougeole normale ou anomale sont, ou des maladies aiguës et inflammatoires qui entretiennent le mouvement fébrile aigu, ou des maladies chroniques qui changent la fièvre vive de la rougeole en une fièvre hectique ;
5° La rougeole anomale peut débuter pendant le cours d'une autre maladie; alors ses symptômes se confondent en partie avec ceux de l'affection primitive, et donnent au malade un aspect qui est rarement rubéolique. Non moins grave que les autres formes, cette rougeole peut se compliquer des mêmes accidents ;
6° La rougeole survient parfois pendant les derniers jours de la vie ; alors complètement anormale, elle ne se manifeste guère que par ses rougeurs, et hâte la mort de l'enfant;
7° Enfin, la rougeole peut être anomale par sa brièveté et sa légèreté même.
(1) Les auteurs allemands depuis Vogel (1785) ont insisté sur une forme particulière de rougeole anomale (morbilli spurii) qui débuterait sans fièvre, ou da moins avec on mouvement fébrile très peu marqué ; l'éruption aurait une durée très courte et oe serait pas suivie de desquamation.
BOUGIOLI. 237
Art. III. — Prodromes.
I. Rougeole normale. — Les prodromes de la rougeole normale consistent dans un certain nombre de symptômes que nous ferons connaître isolément avant de rechercher comment ils se groupent
Fièvre. — La fièvre prodromique de la rougeole est très rarement une fièvre continue, dans le sens rigoureux du mot ; le plus souvent elle est rémittente, quelquefois même intermittente, analogue à la fièvre catarrhale, pour ne pas dire identique avec elle. Le plusordinairement, le premier jour des prodromes est marqué par un accès fébrile d'une intensité variable; puis sans disparaître entièrement, la fièvre diminue tellement qu'il faut beaucoup d'attention pour la reconnaître, les enfants ayant souvent repris leur gaieté et conservant une partie de leur appétit. Quelques-uns même semblent assez bien remis pour se livrer de nouveau à leurs jeux ou à leurs promenades accoutumées ; un ou plusieurs jours se passent ainsi, puis la fièvre reparaît intense et alors on peut être à peu près sûr que l'éruption ne tardera pas à se montrer. Cette rémittence ou cette intermittence fébrile, qui n'est pas rare dans les cas sporadiques, est beaucoup plus marquée dans certaines épidémies ; elle a été très apparente dans celles observées à Genève (1832, 18M et 1852).
État des yeux et du nez. — Ces symptômes sont des plus caractéristiques : les conjonctives sont roses ou rouges, les yeux sont larmoyants, les paupières un peu gonflées ; les enfants craignent la lumière ; ils se plaignent d'une sensation de picotement désagréable. Un mouvement fluxion n aire analogue se fait sur la membrane muqueuse des fosses nasales : il y a de l'enchifrènement et de fréquenta éternuments ; les narines sont coulantes.
A l'hôpital des Enfants nous n'avons que très rarement observé des épistaxis dans les prodromes de la rougeole normale, tandis qu'en ville ce symptôme a été fréquent, puisqu'en 1847 l'un de nous, H. Rilliet, Ta observé sur environ le quart des malades, et en 1852, au milieu de l'épidémie, surplus de la moitié. Ordinairement les épistaxis ont été légères, cependant quelquefoiselles ont été assez intenses pour donner de l'inquiétude et obliger à avoir recours à des moyens hémostatiques locaux ou généraux.
Cette fluxion sur la muqueuse nasale n'est pas toujours aussi prononcée, quelquefois même elle manque. Cependant, bien que légers, ces symptômes ne sont pas indifférents pour le diagnostic; ils n'existent, en effet, que dans un nombre limité d'autres maladies. L'état du nez, la rougeur des yeux, le gonflement des paupières, joints à la tuméfaction des lèvres et à la coloration du visage, donnent au faciès un aspect boursouflé assez caractéristique pour permettrede diagnostiquer, dans bien des cas, la rougeole avant l'éruption.
558 Maladies générales aiguës spécifiques
Toux. — La toux apparaît d'ordinaire le premier jour ; elle précède' quelquefois la fièvre ; assez souvent peu fréquente au début, elle augmente sensiblement les jours suivants et persiste constamment pendant toute la durée des prodromes, quelquefois elle présente un Caractère tout spécial sur lequel nous reviendrons en étudiant ta symptômes concomitants de l'éruption : il en sera de même des attentions dans le timbre de la voix, qui existent aussi à la même époque.
État de la gorge. — Rarement des douleurs de gorge existent dès le début ; et lorsque cela arrive, on peut constater qu'elles sont k résultat du développement d'une angine peu intense, accompagne* ment assez rare de la rougeole normale.
Heim avait déjà fait observer que l'éruption pharyngée était antérieure à celle de la peau. Cette remarque a été répétée par le docteur d'Espine, quiaffirmeque l'éruption cutanée est, dans la grande majorité des cas, précédée pendant vingt-quatre à quarante-huit heures par l'éruption palatine. A plusieurs reprises, et dans les conditions les plus favorables, nous avons cherché à vérifier ce résultat sans pouvoir y parvenir, preuve qu'il n'est pas constant, ce dont M. d'Espine convient du reste lui-même.
Vomissements. — Assez peu fréquents dans le début de la rougeole, les vomissements ont par ce caractère négatif une valeur considérable; ils servent ainsi, en effet, àdifférencier un certain nombre de maladies qui ont parfois la même apparence au début, telles que la méningite, la fièvre typhoïde, etc. Dans ce cas, en effet, les vomissements sont nombreux, répétés plusieurs jours de suite ou avec intervalle, et 4* nature bilieuse. Ici, au contraire, ils manquent fréquemment, et, lorsqu'ils existent, ce n'est que pendant un jour ou deux au plus, tantôt le second, tantôt le troisième jour, mais ordinairement le premier. Ils sont rarement bilieux, le plus souvent muqueux. Dansoe cas ils succèdent aux secousses de toux. Nous avons vu plusieurs fois des enfants vomir du sang, mais ce melœna spuria n'avait lieu que chez ceux qui avaient eu d'abondantes épistaxis.
Selies. — Les évacuations alvines sont normalesdans les prodromes de la rougeole; quelquefois il se manifeste un peu de dévoiement qui est toujours peu abondant : plus rarement on constate de la constipation, qui, existant dès le début, persiste jusqu'à l'éruption. Ces symptômes, comme tous ceux des maladies épidémiques, sont sujets à présenter de grandes variations de fréquence. Ainsi, dans l'épidémie de Genève de 1867 le quart, et dans celle de 1852 plus de la moitié des enfants ont eu de la diarrhée qui, chez plusieurs, a été assez intense pour nécessiter l'administration de quelques remèdes appropriés.
Quelquefois des douleurs abdominales, générales ou épigastriques accompagnent le dévoiement ou la constipation, ou existent sans eux. Ces symptômes n'ont pas été rai'es dans les épidémies de Génère
**¥ de 1847 et 1851 Nous citerons comme tout à fait exceptionnelle f*i fait suivant :
! -J L*nn de nous (M. Rilliet) est appelé à donner des soins à une petite ûlle de
1 )' six an*, qui, au milieu d'une bonne santé, est prise d'un violent accès fébrile ;
wj tk tousse, elle éternité ; ses yeux sont larmoyants. Ces symptômes, joints à la drronstance de l'épidémie régnante, ne pourraient guère laisser de doute sur la sature de la maladie. Cependant le lendemain, à l'exception de la rougeur des
* conjonctives, tous ces symptômes ont disparu : l'enfant paraît rétablie; mais, la ouit suivante, elle est réveillée par une douleur dans la fosse iliaque droite d'une Intensité telle qu'elle lui arrache des cris aigus. On nous fait appeler en fonte hâte, el nous constatons des coliques intermittentes, identiques avec celles produites par un étranglement interne, et une vive sensibilité à la pression dans la fosse iliaque. Cependant il n'y a point de ballonnement du ventre, point de tumeurs, et il n'a pas passé de sang dans les selles. Craignant une pérityphlite, nous faisons appliquer six sangsues; elles coulent abondamment. La donleur diminue, mais elle continue à se faire sentir encore pendant quarante-huit heure» De l'huile de ricin donnée par cuillerées à café amène des selles muqoeuaes striées de sang; la fièvre est de nouveau assez forte, et le quatrième jour, au moment où nous croyons avoir obtenu la solution de la maladie intestinale, apparaît une rougeole qui suit une marche tout à fait normale. La guérison a été rapide et complète.
Céphalalgie. — Ce symptôme, que nous avions fréquemment observé à l'hôpital dos Enfants, nous l'avons beaucoup plus rarement rencontré en ville. Il se relie très probablement à l'affection catarrhale v qui est un des éléments de la rougeole, et qui s'accompagne assez sou- ~ vent de douleur de tête, comme nous avons eu occasion de dire ail- ^ leurs. Quand la céphalalgie existe, elle apparait le premier jour et per- - liste jusqu'à l'éruption II est rare qu'elle débute le second ou le troisième jour des prodromes. Ce symptôme doit attirer l'attention, parce qu'il est trompeur : nullement caractéristique de la rougeole, il l'est d'au certain nombre d'autres affections. Il ne faut donc pas trop se laisser dominer par lui, et l'on doit noterqu'il n'est pas plus fixe dans une autre partie de la tête que le front, et pas d'un côté plutôt que de l'autre ; qu'il n'est pas assez violent pour que les enfants s'en plaignent d'eux-mêmes et avec persévérance.
Assoupissement, etc. — Il n'est pas rare de noter une tendance à l'assoupissement et un abattement assez considérable dans les prodromes de la rougeole anormale, surtout chez les très jeunes enfants : l'obstination avec laquelle ils tiennent leurs paupières fermées, par crainte de la lumière, ajoute encore à celte apparence comateuse. Ces symptômes début» nt le premier jour et persistent jusqu'à l'éruption, plus rarement ils cessent dès le second ou le troisième jour des prodromes. Ils se font remarquer surtout dans la journée, et ils alternent quelquefois pendant la nuit avec une agitation plus ou moins violeute, ou avec un délire plus ou moins intense. Cepeudant ces
si
derniers symptômes sont rares, tandis que l'assoupissement est fréquent et assez caractéristique de la rougeole lorsqu'il est joint k quelques autres phénomènes.
Enfin il est des troubles du système nerveux que Ton rencontre plus rarement que tous les précédents, mais que nous devons noter: c'est de la maussaderie, de la tristesse, des étourdissemenis ou méat des convulsions. Ce dernier symptôme est très rare; nous ne l'avons constaté qu'une seule fois à l'hôpital, et rarement en ville dans les cm sporadiques. Dans les épidémies de Genève, et en particulier dans celle de 1847, un petit nombre d'enfants de neuf mois à deux ans ont été atteints d'éclampsie,soit après quelques symptômes précurseur!, soit tout à fait au début. Nous reviendrons sur ce symptôme en par* lant des complications.
Odeur. — Heim a mis au nombre des symptômes delà rougeole une odeur particulière qu'on perçoit pendant les six premiers jours delà maladie. Il la compare à celle des plumes d'oies récemment plumée* Pas plus que Meissner et Wildberg nous ne l'avons constatée, tandis que le docteur Heyfelder dit l'avoir perçue, dans les cas sur ton t où pli* sieurs malades étaient renfermés dans une chambre peu spacieuse, et lorsque l'éruption était intense ; il assure qu'elle est plus marquée le matin que le soir.
Il ne faut pas croire que tous les symptômes que nous venons de passer en revue se trouvent toujours réunis, et qu'il suffise de les énumérer jour par jour pour décrire la marche des prodromes de la rougeole. Ces divers phénomènes morbides s'unissent de minière à constituer un ensemble variable suivant les cas particuliers, formant certains groupes qui rappellent le début d'autres affections.
Les symptômes qui s'unissent le plus fréquemment le premier jonr sont la fièvre, la céphalalgie, la perte d'appétit, la soif et la toux, le larmoiement, le picotement et la rougeur des yeux.
Assez souvent aussi ces phénomènes s'accompagnent de plusieurs autres, tels que Tenchifrènement, les éternuments répétés, le corjia, la douleur et la rougeur de la gorge.
La laryngite spasmodique marque quelquefois le début delà rougeole. Jurine a publié plusieurs faits de cette espèce, et nous en avons vu nous-mêmes un assez grand nombre. Dans ces cas l'éruption est tout à fait normale, à moins qu'il n'existe une complication de broncho-pneumonie.
Chez quelques enfants l'ensemble des prodromes est tout à fait différent de ceux que nous venons de passer en revue; ainsi l'on voit, quelquefois, la rougeole débuter par de la fièvre, de la céphalalgie» de la perte d'appétit, des vomissements, de la diarrhée, delà doutarf abdominale.
Dans des cas beaucoup plus rares, la fièvre éruptive s'annonce par des symptômes plus graves encore; c'est-à-dire que le mouvement fébrile» la céphalalgie, l'anorexie et les vomissements sont accompagnés de constipation et d'un délire violent.
Enfin, nous avons vu des convulsions suivies d'hémiplégie, marquer b début de la rougeole. Ce fait est assez rare et tellement trompeur que nous croyons utile de le transcrire en abrégé.
Ton de nous (M. Barthez) est appelé en consultation pour voir an enfant d'an an en proie à une violente attaque de convulsions survenue dans les circonstances suivantes : celte petite fille, aveugle par suite d'une ophthalmie purulente qu'elle avait eue dans les premiers jours de sa naissance, mais d'ailleurs bien portante et élevée au sein d'une bonne nourrice, est prise un jour d'un peu de malaise, caractérisé par de la diminution d'appétit, et par le désir de rester couchée. Elle est grognon et un peu rouge. Le soir de ce même jour survient une violente attaque d'éclampsie, qui dure de cinq heures du soir à ne heure du malin, et qui occupe d'abord les membres gauches, puis ceux du coté droit : à ce moment le côté gauche est contracture (quatre sangsues derrière les oreilles; demi-bain tiède; calomel et jalap). Après la convulsion reniant s'endort, et le malin du second jour elle a quelques vomissements glaireux. A ce moment on s'aperçoit d'une hémiplégie droite presque complète. La main reste pendante et ne peut faire aucun mouvement; la jambe est aussi I peu près immobile, la figure est déviée à gauche. L'enfant est grognon, à de h fièvre, mais veut teter (bain ; calomel ; compresses fratches sur la tête). Le troisième jour, diminution de la fièvre, assoupissement léger, même hémiplé- |ie. Le quatrième jour, mêmes symptômes, plus de la toux par intervalles. Le cinquième jour, fièvre peu augmentée, éternumenls, enchifrènement, toux, diminution de l'assoupissement et de l'hémiplégie. Le sixième jour, il n'y a plus d'assoupissement, ni d'hémiplégie; la toux et le coryza continuent ; une éruption de rougeole pale se montre sur la figure, et dans la journée se généralise en devenant plus foncée. A partir de ce moment, tous les symptômes paves ont disparu, et la maladie, devenue légère, suit son cours très régukrement.
En général, les symptômes qui ont paru le premier jour se prolongent le second et les suivants jusqu'à l'éruption; mais, comme nous irons eu occasion de le dire en parlant de la fièvre, ils sont quelquefois très apparents au début, puis ils diminuent en tout ou en partie pour redevenir de nouveau intenses la veille ou le jour de l'éruption. Cette marche des prodromes a été très caractéristique dans les épidémies de Genève de 1832, 1847, 1852.
La durée des prodromes est très variable ; dans des cas très rares ils manquent complètement ou presque complètement; dans d'autres cas moins exceptionnels ils se prolongent au-delà du sixième jour. Mais la règle très générale est de les voir durer de deux à cinq jours, et dans ces chiffres les nombres trois et quatre sont ceux qui se renm. 16
2ft2 MALADIES GÉNÉRALES AICHES SPÉCIFIQUES.
contrent le plu» souvent (1). C'est surtout en ville, où les enfants sont observés de très près, que Ton peut constater les prodromes prolongés, parce que Ton tient compte des moindres dérangements de la santé générale. Nous avons cru reconnaître que la prolongation des pro-, dromes dépendait quelquefois de l'influence de la constitution épidémique catarrhale.
II. Rougeole anomale. — Les prodromes de la rougeole anomale sont les mêmes que ceux de la rougeole normale; ils ne présentât quelques différences que dans leur arrangement, leur intensité et leur durée.
Lorsque la rougeole anomale est primitive, les prodromes sont biea tranchés et se rapprochent de ceux de la rougeole normale. Non nous contenterons de signaler comme plus fréquents dans cette variété l'oppression, l'angoisse, l'ataxie, les vomissements, la diarrhée, l'épistaxis. Ces symptômes ont surtout de l'importance quand ils surviennent le troisième ou le quatrième jour.
Dans la rougeole anomale secondaire, les prodromes sont très difllrtints ; souvent même ils manquent complètement, soit que réellement ils fassent défaut, soit qu'ils soient dissimulés par ceux de la maladie antérieure. Ainsi, les symptômes fournis par les muqueuses oculaire et nasale sont beaucoup moins fréquents que dans la rougeole normale; lorsqu'ils existent, cependant, ils sont de même nature à peu près, mais moins intenses ; la rougeur des yeux et l'enchifrènement sont moindres, il y a à peine de la douleur et du larmoiement; nom n'avons jamais constaté d'éternumeiits, mais en revanche la sécrétion muqueuse oculaire est plus abondante et les paupières sont collées par un mucus qui se concrète en séchant.
Au point de vue de la durée, les rougeoles anomales primitives oo secondaires sont dans un rapport inverse. Dans les premières ils sont prolongés, dans les secondes ils sont abrégés, souvent même supprimés. Hais ce ne sont là que des différences de fréquence, car bot formes anormales ont quelquefois des prodromes dont la durée est tout à fait analogue à celle de la forme normale. Plaçons ici une remarque très pratique, savoir que la prolongation des prodromes n'est l'indice d'une éruption anomale que dans les cas où le dérangement de la santé générale est très intense et continu.
Art. IV. — Description de l'éruption.
I. Rougeole normale. — L'éruption rubéolique est caractérisée par des rougeurs habituellement saillantes, qui ne changent pas dénature
(1) Ces résultat! sont déduits de l'analyse de plus de 600 cas de rougeole obeenè toit en ville, soit à l'hôpital (voyez le mémoire de M. Rilliet sur la Gatette médicale, foc. cit.).
tlOCGEoLE. 263
pendant leur évolution, c'est-à-dire que l'exanthème ne se termine jamais par suppuration ni ulcération, ni productions morbides d'auome sorte.
Ces rougeurs, de dimension variable depuis 1 ou 2 millimètres de diamètre jusqu'à 6 à 8, n'affectent pas une forme très régulière; bars bords sont morcelés, déchiquetés, inégaux; leur couleur est fon rose plus ou moins vif, tirant quelquefois sur le rouge assez tocé. Isolées presque toujours, elles laissent entre elles des interralles de peau saine, ou bien, si plusieurs se développent dans le minage les unes des autres, leurs bords se confondent, et assez auvent elles s'unissent de manière à dessiner un croissant irréjilier.
Vient-on à promener le doigt à la surface de ces taches, ou sent p'elles forment une légère saillie, pleine, solide et réellement papuense, à sommet large, aplati, nullement acuminé. Cette saillie, pi manque dans quelques cas, existe cependant dans le plus grand ■ombre.
Si l'on appuie le doigt sur elle, la coloration disparaît compléterai pour reparaître immédiatement avec la môme forme et les Bêmes caractères.
Ces taches se développent sur toutes les parties du corps, et peuvent être aussi abondantes sur les unes que sur les autres. Toutefois la face, qui est la partie des téguments la plus vasculaire et l'une fa plus fines, est assez souvent envahie de préférence. Partout les taches présentent les mêmes caractères et la même disposition; cependant l'intensité de la coloration varie suivant le siège : ainsi, la rougeur est ordinairement plus vive sur la figure, d'autres fois sur l'abdomen et sur les cuisses. Ordinairement aussi l'éruption a une teinte plus terne et plus violacée sur le dos et sur toutes les parties les plus déclives pendant le décubitus. Cette différence dépend sans doute des actions réunies de la pesanteur et de la pression, comme la plus pande vivacité des rougeurs sur la face dépend de la plus grande Tiscularité de cette région.
L'intensité relative de l'éruption sur les diverses parties du corps M doit pas être jugée le même jour; car l'exanthème est ordinaire- Dent plus vif un jour sur un point et le lendemain sur un autre, parce qu'il n'apparaît pas simultanément sur toute la surface de la peau. Nous devrons donc parler des différences que présentent les rougeurs rubéoliques, suivant l'époque de leur apparition.
Outre qu'elles augmentent de nombre et couvrent ainsi une surface plus étendue, laissant entre elles moins d'intervalles de peau aaine, chacune d'elles s'étend plus ou moins et occupe un plus grand espace en s'approchant de celles qui l'environnent; mais il est très rire de voir les taches de la rougeole s'étendre assez pour se réunir complètement et former une surface rouge continue. C'est à
peine si cela arrive pour quelques parties du corps, la face, pu exemple, plus rarement encore l'abdomen ou les membres, sur taquets on remarque alors des plaques rouges de peu d'étendue, etdft nature réellement rubéolique.
Au bout de peu de temps les taches changent de couleur et d'aspect, elles prennent une teinte un peu plus terne, et leur saillie est mon* prononcée*, elles diminuent un peu d'étendue, ou plutôt leurs bordi, bien que restant irréguliers, sont moins morcelés, moins déchiquetés; ce qui restreint en apparence la grandeur des taches et indique éfw demment que l'auréole peu vive qui entourait le centre principe! d'irritation, a disparu.
Presse-t-on alors les rougeurs avec le doigt, elles ne disparaissait qu'incomplètement, et laissent une teinte jaunâtre sur toute l'étendue de la portion saillante, preuve de l'existence d'un noyau d'engorgement au milieu duquel la circulation est entravée et ne se fait plu qu'incomplètement.
Un peu plus tard les taches ont une couleur terne et rouge foncé, comme cuivrée; leurs bords ne sont plus déchiquetés, la saillie a complètement disparu, et la pression n'entraîne plus aucune diftrence dans la couleur; alors la teinte se rapproche assez souvent de celle d'une ecchymose, et indique en tout cas qu'il s'est fait là une stase sanguine, qui plus tard devra disparaître par absorption. Cei taches se présentent alors sous l'aspect de marbrures irrégulières qai se confondent quelquefois avec la couleur de la peau lorsque celle-d est brune. Aussi n'est-ce qu'avec un peu d'attention que l'on peat dans ces cas déterminer l'époque exacte de leur disparition; en effet, elles perdent peu à peu leur couleur et finissent par s'éteindre complètement.
Plus tard, il se fait quelquefois une desquamation furfuracée sor toutes les parties qui ont été le siège de l'éruption ; l'épiderme se détache par petites écailles, ou en une sorte de poussière presque farineuse; mais presque jamais en lambeaux d'une étendue un peu considérable. Ailleurs cette membrane n'est que fendillée, nullemeot soulevée; ailleurs encore, et dans le plus grand nombre des cas, elle n'éprouve aucun changement. C'est ainsi que plusieurs fois noas avons pu suivre la convalescence pendant quinze, vingt et trente jours après l'éruption terminée, sans constater aucune desquamation.
L'éruption a une marche déterminée qui, jointe aux caractères que nous venons de décrire, permet de la distinguer de tout autre exanthème.
Ainsi, lorque la période des prodromes est terminée, on voit pa» rattre sur le menton des taches rubéoliques qui envahissent bientôt les lèvres, les joues, le front, le col, puis le tronc et les membres. Elles sont nombreuses partout ou quelquefois prédominent sur une partie du corps. Cette période d'accroissement s'accomplit dans l'ee*
picede vingt-quatre ou quarante-huit heures, et alors les taches sont pins étendues; quelques-unes se joignent; toutes ou presque toutes aoot d'un rouge vif.
A ce moment l'éruption est à son maximum et ne doit plus s'accroître; cependant elle ne reste pas longtemps stationnaire, et bientôt die pâlit en suivant son ordre d'apparition, c'est-à-dire d'abord sur ta face, puis sur l'abdomen et les membres ; sa couleur devient plus terne, les tachfes se rétrécissent un peu, ne disparaissent qu'incomplètement par la pression ; puis, au bout de peu de jours, on ne les retrouve plus à la face, tandis qu'elles existent encore sur le tronc ni les membres sous forme de maculature d'un rouge terne cuivré pi'on peut retrouver encore pendant un intervalle de trois à quatre
La desquamation lorsqu'elle existe, sa présente à une époque qui l'est pas fixe, mais toujours distante de quelques jours de la période l'accroissement ; ce n'est guère avant le quatrième jour d'éruption, il plus souvent le sixième ou septième jour, ou plus tard même, p'on voit l'épiderme se détacher sur la face et le col, mais presque «nais d'une manière générale.
Telle est la marche naturelle de l'éruption rubéolique, qui présente ùnsi deux périodes bien distinctes :
L'une d'accroissement, qui dure un jour ou deux ; l'autre de démissance, qui dure de trois à cinq jours. Ces deux périodes sont léparées par un temps très court pendant lequel l'éruption est à meut.
Cependant elle présente quelquefois, soit dans sa forme, soit dans es marche, des différences qui, peu importantes, ne doivent pas être considérées comme irrégularités ni donner lieu à rétablissement le diverses espèces dont le nombre ne fait qu'embarrasser inutilement la science.
Ainsi, les taches sont quelquefois très petites, mais très saillantes, plus que lenticulaires, sans être acuminées ; leur saillie est perceptible i l'œil aussi bien que sensible au doigt; véritables papules, elles ont mérité à l'éruption le nom de rougeole boutonneuse. Ordinairement, dans ces cas, l'éruption est moins abondante et peut-être moins générale que dans la rougeole ordinaire.
Dans d'autres cas l'apparence est inverse. Les taches, au lieu de tester discrètes et saillantes, se réunissent par leurs bords pour former les plaques très étendues d'un rouge très vif, comme scarlatineux. Cette disposition est surtout très apparente sur le visage, et dans les Bas de cette espèce, si l'on n'a pas suivi l'éruption dès son origine, et A l'on ne connaît pas les antécédents du malade, on peut avoir des joutes sur la nature de la maladie, et croire à l'existence d'un double ixanthème. Une seule fois (dans l'épidémie de Genève de 1852) l'un le nous a vu l'éruption tellement générale, tellement confluante, aussi
bien sur le tronc que sur le visage, sur les membres que sur le tronc, que s'il n'avait pas eu connaissance des antécédents étiologiquei, il eût pu aisément commettre une erreur de diagnostic Cependant dans ce cas, toute conflueute que lût l'éruption, on retrouvait çà et là quelques tlots de peau saine qui contrastaient avec la vive colon» lion et la saillie des parties voisines. Les prodromes dans le cas dont nous venons de parler avaient duré environ neuf jours, et les symptômes concomitants ont été très violents. Mais si l'extension et l'intensité de l'éruption ont été anormales, sa marche a été tout à hit régulière, et c'est le motif qui nous engage à ranger les cas de cette espèce dans les rougeoles normales.
Nous avons vu aussi des taches ecchymotiquesétre la conséquence d'une éruption d'un extrême intensité ; le mouvement congestif était devenu véritablement hémorrhagique Mais les cas de celte espèce ne nous ont inspiré aucune inquiétude, parce que l'hémorrhagie nous a paru être la conséquence d'un excès fluxionnaire, si l'on peut dire, et non d'une altération du sang semblable à celle des rougeoles hé* morrhagiques dont nous parlerons bientôt.
Quelquefois, au milieu des taches normales de la rougeole, oo trouve quelques papules saillantes de forme conique; on les dirait presque vésiculeuses à leur sommet, et on les prendrait pour des papules varioliques. Une fois même l'apparence vésiculeuse a été si générale et si trompeuse que nous avons cru voir une variole inrégulière et bénigne. Mais dans ces cas Terreur ne peut être de longue durée parce que ces papules coniques ne durent guère qu'un ou deux jours; dès le troisième, la papule s'affaisse et reprend la forme et l'aspect normal de la rougeole, dont la nature ne peut plus être méconnue.
On trouve encore quelques différences dans la marche et la distribution des rougeurs.
Ainsi, dans un petit nombre de cas, l'éruption, au lieu de débuter par la face, se montre d'abord sur l'abdomen ou sur les membres, puis de là s'étend sur toute la face du corps; mais cette dispositk* est très rare, et appartient plutôt à la rougeole compliquée, sur laquelle nous appellerons bientôt l'attention. Cependant il est possible qu'elle se rencontre dans la rougeole normale plus souvent que nota ne l'avons constaté.
Chez d'autres malades, la période d'accroissement suit sa marche normale; mais celle de la décroissance est intervertie. Ainsi la face, au lieu de pâlir la première, conserve la vivacité de sa rougeur pendant que les taches de l'abdomen et des membres pâlissent très peu de temps après avoir atteint leur coloration normale; cela tient à ce que la congestion, plus vive à la face où les tissus sont plus vaacfr laires, y a persisté aussi plus longtemps que dans les points où elle a eu une intensité moindre. Lorsque l'éruption débute par l'abdomCB
nODGKOLB. 2&7
mbres, il peut se taire aussi que, suivant sa distribution, ce d'abord sur les parties où elle s'est montrée en premier
efois les rougeurs ne diminuent pas d'une manière gral'on est étonné de les voir pâlir rapidement entre le quale cinquième jour ; il arrive le plus ordinairement alors que % bien que décroissante à partir du troisième jour, conserve e certaine vivacité qu'elle perd tout à coup le lendemain, |ue cette disparition brusque pourrait inquiéter en faisant jne rétrocession de l'exanthème et le développement d'une ion grave. Mais cette chute rapide se rencontre assez fré- >t, à l'époque que nous indiquons, dans les rougeoles les >les et les plus bénignes; et il faut se rassurer, lorsqu'on si les autres symptômes n'indiquent rien d'anormal ; en s insistons sur les caractères de cette disparition : •ougeurs sont restées plus vives que d'ordinaire le troisième
bute rapide de l'éruption a eu lieu entre le quatrième et le
5 jour,
5 chute n'était qu'une diminution qui abrégeait peut être la
île de l'exanthème, mais jamais une disparition complète et
Je.
geôle anomale. — En général la forme des taches est sujette
variétés; qu'elles soient un peu plus grandes ou un peu plus
les demeurent toujours irrégulières, morcelées etdéchique-
eurs bords; isolées les unes des autres ou sp réunissant à
u saillantes et très rarement acurainées Tous ces caractères
tants, et permettent ainsi de reconnaître la rougeole lorsque
phénomènes viennent à manquer.
leur des tachps peut être d'un rose pâle, et n'acquérir jamais
nce d'un rose vif, qui plus tard deviendra terne et cuivrée :
»t, l'éruption reste toujours pâle et blafarde,
selle devient vive, mais en suivant son cours elle s'éteint
u sans se ternir et sans prendre la couleur rouge cuivrée
manifeste dans la rougeole normale.
'autres cas plus graves et heureusement plus rares, la rou-
>nce rapidement de manière à prendre la teinte violette d'une
e récente; un véritable épanchement sVst fait: ce n'est
congestion sanguine inflammatoire qui se termine par stase
5, mais bien une rupture des vaisseaux, une véritable extra -
janguine; les éruptions de ce genre constituent la rougeole
igique.
î le dit avec raison M. le docteur Rayer, il ne faut pas con-
tte rougeole hémorrhagique avec une autre forme de rou-
•e indiquée par Willan, et que l'on rencontre surtout chez
2ÛB MALADIES GÉNÉRALES AIGUBS SPÉCIFIQUES.
les enfants cachectiques : « La plupart des taches de la rougeole, dit » M. Rayer ne s'effaçaient pas par la pression du doigt; et lorsque » l'existence de ces enfants se prolongeait quelques jours au-delà dft » la durée ordinaire de la rougeole, la peau présentait des tacha » morbitleuses qui différaient de celles du purpura simplex par leur » forme et leur distribution, mais qui offraient, comme elles, de* » teintes variées, brunes jaunâtres ou d'un gris sale, suivant le degré » de résorption du sang déposé dans la peau. »
Chez un certain nombre d'enfants, l'éruption a bien sa forme et si couleur normales, mais elle n'est pas générale et n'occupe qu'une portion limitée de la surface du corps. Jamais nous n'avons vu la face être le siège exclusif de l'exanthème. M. Gendron, dans l'épidémie qui a régné au collège de Vendôme en 1826, a vu une foisl'éroption bornée au visage. Souvent, au contraire, nttus avons constaté qu'elle manquait sur cette région, bien qu'elle existât partout ailleurs.
Quelques enfants présentent l'éruption limitée aux membres et aux fesses, d'autres au tronc et aux membres supérieurs, à l'exclusion de la face et des membres inférieurs.
Quelquefois c'est l'intensité de l'éruption qui est modifiée; ici la limite est peu distincte, et l'on ne saurait affirmer s'il existe réellement une modification de l'éruption normale. Toutefois il est vrai de dire que les rougeoles modifiées dans leurs autres caractères ont quelquefois d'ailleurs une intensité plus grande ou moindre que celle de la rougeole normale; ainsi, chez les uns les taches sont nombreuses, grandes, presque confluentes, d'un rouge vif et foncé tout à la fois, tandis que d'autres enfants présentent à peine quelques taches rares, petites, isolées, disséminées çà et là sur la surface du corps.
Mais c'est surtout la marche et la durée de la rougeole qui présentent des variétés importantes.
Lorsque la durée de l'exanthème est modifiée, elle est, en général, raccourcie. On peut observer tous les degrés, depuis la suppression complète de l'éruption jusqu'à une durée de quelques heures, de un, deux ou trois jours. Les exemples de morbilli sine morbillis sont admis par presque tous les auteurs, car il n'y a guère que Joseph Frank qui les nie. Dans les cas de cette espèce, on observe tous les symptômes qui caractérisent l'invasion de l'exanthème sans que celui-ci paraisse. Mais l'éruption peut être supprimée par une autre cause. . Nous avons dit tout à l'heure que lorsqu'une inflammation grava se développait pendant les prodromes, elle rendait l'éruption anormale. 11 peut arriver que la complication apparaisse assez tôt et soit assez intense pour supprimer complètement la rougeole; le fait suivant, observé dans l'épidémie de 1847, nous a paru en être la preuve. Ce n'est pas le seul de cette espèce que nous ayons rencontré.
De» enfants de la même famille soni atteints d'une rougeole, qui suit rdgu- Htament ses périodes. Une douzaine de jours plus tard, un troisième, âgé de vjaft et nn mois, est pris de fièvre, de toux, d'étcrmiments, sans symptômes pfcyriqoes du côté de la poitrine. Le troisième jour, la rougeole ne sort pas, Mme on aurait pu s'y attendre, mais apparaît une pneumonie lobulaire qui Kfénéralise rapidement; le quatrième jour, elle envahit les deux poumons, et raccompagne d'assoupissement ; le septième jour, survient une kératite droite ; apaeu monte persiste intense, et la maladie se termine par la mort le huitième \ qu'il y ait jamais eu d'éruption.
Il nous semble évident que, dans ce cas, nous avons eu affaire, à m rougeole sans exanthème ; car :
!• Les symptômes de l'invasion ont été analogues aux prodromes ;
1* La pneumonie n'a paru que le troisième jour; par conséquent i fièvre du début ne peut s'expliquer que par l'hypothèse d'une Iraption imminente ;
S* La forme de la pneumonie a été celle qu'on observe dans la ptnde majorité des cas de rougeole (lobulaire, généralisée, double) ;
k9 La kératite appartient aussi aux complications de l'exanthème norbilleux.
Il peut arriver, dans des cas très rares que l'éruption, loin d'être ïminuée de longueur et d'intensité, soit au contraire à la fois plus rive et plus persistante. On doit à M. Réveillé-Parise l'observation liés remarquable d'une jeune fille dont l'éruption se montrait encore lins toute sa vigueur dix jours après son apparition. La durée de cet aanthème semblait subordonnée à une constipation opiniâtre qui, )endant tout le temps, tourmenta la malade.
Ce n'est pas toujours la durée totale de l'exanthème qui est modifiée, nais bien celle de chacune de ses périodes ainsi que leurs rapports utre elles; la durée totale est, en effet, très variable dans la roupole normale, à cause de l'existence plus ou moins prolongée des aches cuivrées.
Cest ici, du reste que l'on reconnaîtra toute l'importance des igles que nous avons posées à propos de la disparition presque subite e l'exanthème normal entre le quatrième et le cinquième jour.
On en pourra juger par cet extrait de l'une de nos observations :
Fetlzon, fille de quatre ans, convalescente d'abcès ouverts en diverses paris du corps, est prise des prodromes de la rougeole : assoupissement, fièvre, u, nausées, sueurs et douleurs de tête. Le troisième jour apparaît l'éruption. vm voyons la malade deux jours après, le troisième de l'éruption : la fièvre ait modérée, le pouls à 120, la respiration à 36, des râles humides assez tondants existaient des deux côtés en arrière. L'éruption, d'apparence norale, était caractérisée par des plaques Youges légèremeut saillantes, de forme égale, déchiquetées sur les bords, disparaissant par la pression, et existant r la presque totalité du corps, etc. Le lendemain, quatrième jour d'éruption, i taches ont pâli, bien que le pouls ait monté à 1&0 et la respiration à 36 ;
mais le cinquième jour il n'existe plus que quelques marbrures rougeatres qri ont disparu le lendemain.
Tout, du reste, conspirait dans ce cas à n'inspirer aucune crainte; car, ei môme temps que l'éruption disparaissait, le pouls tombait de ifto à 106, h respiration de 60 à 36; le râle avait considérablement diminué d'an côté* disparu de l'autre. Cependant, liien que la disparition se fût faite entre teqp* trième et le cinquième jour, 1° l'éruption avait pâli à son temps normal ang de disparaître ; 2° la disparition avait été complète et l'éruption plus courte qu'elle ne devait être d'après les caractères qu'elle avait offerts le troisième jo*. Ces remarques devaient inspirer des craintes. En eiïet, dès le lendemain de 11 disparition, le pouls s'éleva ; le surlendemain, la râle reparut plus abondait que jamais; deux Jours après survint un érysipèle, et l'enfant mourut M quinzième jour de sa maladie : elle avait une pneumonie double, un abcès* cou, etc.
Ces différences dans la durée totale, aussi bien que celles dans II marche, dépendent de la période d'accroissement ou de celle de di* croissance : ainsi, il peut arriver que la seconde débute dès la fin de premier jour ou au commencement du second, et que dès Ion kl taches rubéoliques, devenues ternes, ne disparaissent plus par la pression; ailleurs, au contraire, c'est la période de décroissance qui ot abrégée ou qui manque en totalité, c'est-à-dire que l'éruption, atint d'avoir pâli, disparaît complètement, soit d'une manière subite, toit peu à peu. D'autres fois il se fait une recrudescence de l'éruption aa bout de peu de jours, et une nouvelle rougeole apparaît.
Le fait suivant, observé par l'un de nous dans l'épidémie de Genève de 1847, en est la preuve.
Une jeune fille de sept ans, dont la sœur venait d'être atteinte de roogeale, la prit aussi après trois jours de prodromes (fièvre modérée, toux, éternoments, picotement et rougeur des yeux). L'éruption était d'un rouge pa>, inégale, non saillante, rare sur le visage, plus abondante au dos. Le lendemah l'exanthème est général, mais il présente les mêmes caractères de pâleur cl d'absence de saillie; la peau est peu chaude, le pouls à 108. Le troisième jour, lorsque tout faisait prévoir la disparition des rougeurs, le pouls monte â IfiO, la chaleur est ardente, et l'éruption devient des plus intenses ; les taches saillantes, déchiquetées, d'un rouge foncé, sont presque confluentes sur la lace, bien distinctes et morcelées sur le reste du corps. Le lendemain (qaatrièat jour depuis la première apparition de l'éruption), la rougeole est encore virement colorée ; c'est seulement le cinquième jour qu'elle commence à pâlir. Us macules ont persisté pendant longtemps.
Évidemment, dans ce cas, l'éruption s'est faite en deux temptt phénomène offrant quelque analogie avec celui que l'on décrit daBS la scarlatine sous le nom de reversio.
La desquamation est plus commune dans la forme anormale de h rougeole que dans la forme normale, mais ses caractères sont absolument les mômes.
HOUGEOLH. 251
cherchant à déterminer les causes de ces anomalies de l'érupnbéolique, nous sommes arrivés aux résultats suivants : rougeole des enfants présente toujours quelque irrégularité : Lorsqu'il se fait une complication grave capable d'entraîner un ement fébrile intense pendant les prodromes ou pendant la période roissement de la rougeole ;
Lorsqu'elle débute dans le cours d'une autre maladie ou pendant nvalescence peu avancée d'une affection grave : les exceptions à règle sont extrêmement rares.
ce dernier groupe doivent être rattachées les rougeoles dites inales qui surviennent lorsque l'enfant est miné par une maladie loit l'emporter sous peu de jours. Ces rougeoles, les unes pâles ébut, les autres devenant ternes et cuivrées presque aussitôt (leur apparition, tout à fait irrégulières par leur forme et leur ibution, ne durent guère qu'un ou deux jours, et se terminent a mort.
ms quelques cas, nous avons vu la rougeole primitive être irrégu- , simple et bénigne; presque toujours alors l'éruption était peu ise, partielle et de courte durée.
ifin il paraîtrait que, dans certains cas, la rougeole devient anosous l'influence seule d'une disposition individuelle congénitale ; en trouvons un exemple dans le Journal de Ilust (1). t voici l'extrait : un enfant de trois ans n'avait sué depuis sa naise que la moitié du corps; celte anomalie singulière s'était cepenperdue depuis deux ans environ par l'usage de bains généraux. i une épidémie de rougeole, l'enfant fut attaqué de cette maladie iruption ne parut que sur le côté du corps qui, dès le principe, joui d'une plus grande activité vitale; laguérison fut d'ailleurs ïlète. Tout dernièrement (décembre 18&3) nous avons vu un enalteint de paralysie incomplète d'une des jambes, être pris d'une eole dont l'éruption a été limitée aux deux extrémités inférieures.
Art. V. — Symptômes concomitants de l'éruption.
mgeole normale. — Aspect général. — 1° État des yeux et du — Habituellement, mais non constamment, la rougeole s'accointe d'un état particulier des yeux et du nez, qui consiste dans une on inflammatoire le plus ordinairement légère et peu intense. i les paupières sont un peu rouges à leur bord libre, ou un peu teuseset collées; les conjonctives sont légèrement injectées et ides ou larmoyantes; l'œil est brillant ; les narines sont aussi un rouges et gonflées, tantôt sèches, tantôt humides; en même temps a enchifrènement.
iTorae XX VII, 1er cahier, page 192, dans Bulletin des sciences médicales, \ t. XVI, p. 236.
252 ftULADIKS GÉNÉRALE* AIGUKS SPÉCIFIQUES.
Ces symptômes, plus fréquents lorsque l'éruption est déclarée que pendant ses prodromes, deviennent quelquefois très intenses et constituent ceux d'un coryza ou d'une blépharite, ou d'une conjoncture assez grave pour s'accompagner d'un véritable chémosis. Ces inflammations violentes sont cependant rares, et il n'existe d'habitude qu'une fluxion assez légère, qui pourrait passer inaperçue si l'attention n'était appelée sur ce point par l'éruption elle-même.
Ces symptômes débutent donc, soit pendant les prodromes, soit avec l'éruption, et se prolongent pendant toute sa durée. D'habitude les traces d'injection et d'inflammation diminuent avec l'éruption; mais leurs restes persistent pendant un temps plus long, c'est-à-dire jusqu'au huitième, dixième ou vingtième jour même. Alors les paupières sont croùteuses ou couvertes de mucus; l'écoulement nasal persiste ou est remplacé par des croûtes sèches.
Très rarement on observe des épistaxis, qui se font alors le jour même où parait l'éruption, et ne se renouvellent guère plusieurs jours de suite.
2° Aspect de la face. — La figure est ordinairement colorée plus ou moins vivement, indépendamment de l'éruption; cette coloration diminue dès le second ou le troisième jour, et fait place à l'état normal.
Assez souvent les lèvres sont sèches, rouges et volumineuses; tris rarement elles sont ulcérées aux commissures, et reviennent à l'éitt normal peu de jours après l'éruption déclarée, mais toujours pendent ou après sa décroissance.
Le faciès présente d'ordinaire quelque chose de spécial et de caractéristique : ainsi, la face est rouge et bouffie, le masque un peu proéminent; quelquefois la figure exprime l'anxiété, la souffrance; et cela, joint à l'état des yeux et des narines, donne à la figure un aspect inflammatoire assez spécial pour mériter le nom de rubéolique. Tous ces symptômes cependant diminuent assez rapidement, c'est-à-dire un ou deux jours au plus après le début de la décroissance. La figure revient alors à l'état normal, à moins qu'une complication ne survienne et ne lui restitue son aspect inflammatoire.
Tout ce que nous venons de dire ne s'applique qu'aux malades dont l'éruption présente une certaine intensité; car, si elle est bénigne et discrète, le faciès est presque naturel.
3° Système circulatoire, etc. — Pouls. — La fièvre décroît toujours très rapidement dès le deuxième ou le troisième jour de l'éruption, c'est-à-dire dès le moment où celle-ci atteiut ou dépasse son maximum. Ainsi, on peut voir le pouls, qui est à 132, par exemple, tomber le lendemain à 108; ou bien de 116 à 72, ou bien de 120 à 112, etc., et cela toujours à la même époque, c'est-à-dire le deuxième ou troisième jour d'éruption et rarement plus tard. Le pouls conserve habituellement les caractères qu'il avait pendant les prodromes.
ROUCBOLB. 253
'jk marche de la chaleur suit ordinairement celle du pouls : vive ■qu'il est accéléré, elle tombe assez rapidement lorsqu'il diminue. fat pas rare cependant de la voir persister pendant un jour, alors me que le pouls est déjà ralenti, ou plutôt ne cesser totalement que sqoe le nombre des pulsations est revenu à l'état normal. Chez les w petits enfants, on voit quelquefois le pouls rester élevé, bien que chaleur disparaisse.
Sueurs. — La fièvre s'accompagne parfois de sueurs ; lorsque cellesszistent, elles sont abondantes et générales, ou bien elles consistent m une simple moiteur. Ce symptôme ne se montre guère qu'au ment où la fièvre et l'éruption décroissent ; il dure à peine un jour deux.
Tout ce que nous venons dire sur la fièvre s'applique aux cas de igeur normale sans complications. Lorsque des affections aiguës «ment se joindre à l'éruption, la fièvre persiste ou bien augmente rès avoir diminué pendant peu de jours.
ï9 Forces. — Les forces sont en général conservées pendant tout le in de la maladie, et ce n'est guère que s'il arrive quelque corn pliion qu'elles se dépriment, et seulement à la fin. ï# Fonctions respiratoires. — Dyspnée. — Assez rarement la respiion est accélérée dans la rougeole normale et simple; cependant on it parfois constater de l'oppression le premier et le second jour de lanthème, sans que la poitrine présente à l'auscultation aucun nptôrae morbide. Peut-être faut-il attribuer ce phénomène à la zion sanguine qui a lieu sur presque toute l'étendue des voies piratoires. Lorsque l'oppression survient à la suite de quelque nplication inflammatoire des bronches ou du poumon, c'est touirs (dans la rougeole normale) après la période de croissance. Toux. — Symptôme si fréquent dans les prodromes, la toux se proige pendant presque toute la durée de l'éruption, et lorsqu'elle ne précède pas, elle débute avec elle. Dans tous ces cas, soit dès prodromes, soit seulement au début de l'éruption, elle prend un ibre tout spécial, elle est sonore et rauque; cette raucilé n'est >endant nullement comparable à celle de certaines maladies du ynx. La muqueuse laryngée, légèrement tuméfiée, donne à la voix e sorte de résonnance peu intense, mais encore assez caractérisée nr que quelques médecins pensent reconnaître la rougeole au ibreseul de la toux ; tout en admettant la valeur de ce symptôme, os ne saurions être de cet avis, car le plus ordinairement la yngite peu intense donne lieu à cette môme résonnance de la
D'une autre part, il n'estpas constant, et sou vent on trouve quela toux fréquente et sèche, ou bien seulement grasse, ou bien encore petite peu abondante. Ailleurs les caractères de la toux sont exagérés, et e est réellement rauque et presque croupale ; alors il existe une
laryngite véritable et intense sur. les caractères de laquelle nous reviendrons.
Toujours est- il que la toux perd peu à peu son caractère de résonnante et devient simplement grasse et humide, et diminue de fréquence pour disparaître du sixième au huitième jour de l'éruption rarement plus tôt ou plus tard, à moins qu'une complication ne survienne qui la prolonge ou l'augmente.
La toux est le symptôme le plus habituel de l'inflammation laryngobronchique qui accompagne la rougeole, et sa présence constante indique que toujours une partie quelconque delà muqueuse respiratoire est envahie en même temps que la peau.
Voix. — Souvent claire et normale, la voix est souvent aussi enrouée, voilée et même rauque, ou tout à tait éteinte. Cette rauciti est analogue à celle de la toux, c'est-à dire qu'elle se rapproche plutôt d'une sorte de résounance. Cependant la voix et la toux ne présentent pas toujours en même temps ce timbre particulier, c'est-à-dire quela première est quelquefois rauque lorsque la seconde est claire, tandis qu'ailleurs la voix est normale lorsque la toux est résonnante. Cba plusieurs malades ces deux symptômes coïncident. Tous deux cependant ne pouvant dépendre, dans le cas actuel, que de la même lésion du larynx, on doit en conclure que cette affection peut exister sans l'un ou l'autre de ces symptômes ; peut-être aussi peuvent-ils marquer deux époques différentes de la même lésion : un motif qui nous porterait à le croire, c'est que le timbre de la voix change ordinairement à une époque où celui de la toux est déjà anormal. Ainsi on le remarque rarement lorsque l'éruption s'établit, mais plutôt lors de sa décroissance; cet état dure un ou deux jours ou quelquefois plus, notamment lorsqu'il y a eu une laryngite assez intense pour déterminer des accidents sur lesquels nous reviendrons plus tard.
Auscultation. — Nous avons constaté la pureté parfaite du bruft respiratoire environ chez un cinquième de nos malades de l'hôpital et beaucoup plus fréquemment chez ceux de la ville; dans les autres cas nous avons noté différentes altérations du bruit respiratoire, soit des râles humides plus ou moins abondants, soit seulement des craquements muqueux, soit des râles sonores seuls ou alternant avec des râles humides.
Leur abondance est variable aussi bien que leur durée ; tantôt, eu effet, fugitifs et rares, ils se montrent un jour pour disparaître le lendemain ; tantôt abondants, occupant l'un ou l'autre côté de la pot* trine, mais presque toujours les deux côtés en arrière, ils constituent un des symptômes d'une véritable complication.
Ces légères altérations du bruit respiratoire, jointes à l'existence de la toux, forment un ensemble de symptômes qui indiquent évidemment une congestion et un commencement d'inflammation de toute la muqueuse laryngo-bronchique ; complication presque nécessaire
ftODGEOl.R. 255
i la rougeole, ou plutôt phénomène faisant partie essentielle de la tladie, et ne devant être appelé complication que lorsqu'il dérange
marche normale de l'éruption, ou lorsque de phénomène seconlire il devient, par son intensité, phénomène principal. Cette fluxion sur la muqueuse laryngo-bronchique, complément i celle que nous avons déjà notée sur les muqueuses oculaire et «aie, et que nous retrouverons encore dans les voies digestives, est pas constante ni toujours générale. Il est cependant important (constater sur chaque malade et son siège et son intensité, afin de connaître les complications au moment où elles prennent naissance. 1 les signes de cette fluxion sont la toux et les altérations de la il et du bruît respiratoire.
Les modifications du timbre de la voix sont le signe exclusif d'une don du larynx ; celles du bruit respiratoire, d'une lésion des brones; la toux appartient à toutes les deux. Ces remarques simples et Igaires serviront à déterminer où siège la lésion et quelle est son tensité. Remarquons toutefois que, lorsqu'il n'existe pus d'altération i bruit respiratoire, la toux, quels que soient ses caractères, ne urait signifier autre chose qu'une lésion siégeant en dehors des onckes et du poumon. Celte lésion sera, soit une laryngo-trachéite, it une angine.
•• Voies digestives. — Dents et gencives. — Les dents conservent ur humidité et leur aspect normal, sauf dans les cas où une pneuonie vient compliquer la rougeole; alors, après l'éruption, les dents îuvent devenir sèches et fuligineuses.
Les gencives prennent le même aspect dans les mômes circonstances; lais quelquefois, et sans complication aucune, elles deviennent rosses, rouges se couvrent de pellicules blanches, pseudo-membraauses, comme lactées, ou bien encore s'ulcèrent à leur bord libre et evieniierit saignantes. Ces fausses membranes se montrent ordinairnoent pendant le maximum ou pendant la décroissance de la roupole; elles durent peu de jours. S'il survient une complication iflammatoire, elles persistent quelquefois ou il s'en développe de >u ve II ps.
Langue. — La langue conserve toujours son humidité pendant la togeole normale; très rarement on la rencontre collante et sèche; m pourtour ou sa pointe seulement sont d'un rouge rosé assez vif; i face dorsale et sa base sont souvent couvertes d'un enduit blanc ou une assez épais. Elle revient à l'état normal pendant la décroisince de l'éruption; très rarement elle reste naturelle pendant toute i durée; très rarement aussi il s'y développe des aplrthes, ou bien icore elle devient grosse et volumineuse, comme si l'inflammation avironnante s'y propageait.
Gorge. — Le pharynx participe à la fluxion qui se fait sur les muticuses voisines. Le plus souvent il prend une couleur rouge assez
vive qui s'étend sur le voile du palais, ses piliers et les amygdales. Cette rougeur débute en môme temps que l'éruption, ou même antérieurement à elle (1), et ne s'accompagne que rarement de tuméfaction. Ce dernier cas ne se présente que lorsque l'éruption normale de la gorge se termine par une phlegmasie plus violente, une véritable angine qui s'annonce par de la douleur à la déglutition, de la fétidité de l'haleine et du gonflement des ganglions sous-maxillaires. Jamais ou presque jamais la tuméfaction des amygdales ne s'accompagne de la formation de fausses membranes. Rarement la congestion rubéolique de la gorge détermine un léger œdème de la luette.
Toutes ces lésions du pharynx se terminent ordinairement entre le quatrième et le septième jour de l'éruption.
Abdomen. — L'abdomen ne présente d'habitude aucun syropttae bien important; il est souple et naturel. Dans un certain nombre de cas, il est légèrement douloureux, soit dans sa totalité, soit dans les fosses iliaques; et assez généralement ces douleurs légères, qui es montrent pendant la décroissance de l'éruption et durent peu de jours, coïncident avec du dévotement ou de la constipation, rarement arec des selles normales.
La diarrhée, dont nous avons déjà noté l'existence fugitive pendant les prodromes, se montre assez fréquemment pendant l'éruption; eBe est peu abondante et sa durée est alors d'un, deux ou trois jours ai plus. Celte diarrhée, jointe à la douleur abdominale, est le symptôme de la fluxion qui se fait sur la muqueuse digestive. On peut, au cou* traire, considérer comme critique une diarrhée abondante et sainte d'un jour seulement de durée, qui se déclare, quoique bien rarement, après l'éruption terminée.
Le dévoiement rubéolique est assez fréquent à toutes les époqœi de l'enfance; mais il Test beaucoup plus avant l'âge de cinq ans; i cette période de la vie, nous n'avons pas constaté l'état normal des selles dans la rougeole.
Il est peu fréquent de sentir la rate déborder les côtes (2). Noos ferons ressortir la valeur de cette remarque dans un autre article.
Appétit. — Soif. — L'appétit, déjà perdu pendant les prodromes, l'est encore pendant les premiers jours de l'éruption. Rarement il revient dès le second jour ou le troisième jour ; le plus ordinairement les enfants redemandent à manger le cinquième ou le sixième. La soif, toujours vive dans les premiers jours de l'éruption, diminue ordinairement lorsque l'appétit reparaît ; cependant elle persiste quelquefois un peu plus longtemps que l'anorexie.
Système nerveux. — Il est très rare de constater des symptômes
(1) D'après Heim et M. Despine.
(2) A l'hôpital nous n'avons noté ce symptôme que deux fois sur quarante-*» cas ; nous ne l'avons pas observé en ville*
rébraux chez les enfants atteints de rougeole normale ; quelquefois sont grognons, ou bien ils ont de l'anxiété, de l'agitation, du lire, etc. Ces phénomènes durent assez peu de temps pour ne devoir s attirer autrement l'attention.
Rarement même il existe de la céphalalgie, qui, peu fréquente chez i enfants les plus âgés, est difficilement constatée chez les plus mes. Lorsqu'elle existe, elle disparaît dès que l'éruption est décroisoie. Il est un petit nombre de cas où la rougeole se complique iccidents cérébraux graves. Nous en parlerons h l'article des Corn* sentions.
II. Rougeole anomale. — Les symptômes qui accompagnent l'érupn anomale de la rougeole quand elle est primitive sont les mômes eceux de la rougeole normale ; mais, s'ils ne diffèrent pas parleur ture, quelques-uns diffèrent par leur marche et par leur durée. La jpart devant être rattachés à l'histoire des complications, leur émigration détaillée serait superflue ; nous nous contenterons de faire server que le faciès reste souvent rubéolique ou seulement inflamitoire après la disparition de l'éruption; les lèvres sont volumiuses9 rouges et saignantes, les dents fuligineuses; la fièvre, au lieu cesser avec la décroissance de l'exanthème, persiste et augmente; maigrissement est rapide, la langue tend à revenir à son état noril ; les symptômes digestifs, tels que l'anorexie, la soif, la douleur, tension du veutre, la diarrhée, l'angine, sont plus prononcés et plus rsistants. La céphalalgie est plus fréquente que dans la rougeole nnale et natt postérieurement à l'exanthème. Les autres symptômes •ébraux sont à peu près les mêmes, quelquefois cependant nous on* vu des enfants mourir avec des accidents cérébraux graves sans ions cérébrales.
Dans la rougeole anomale secondaire, les symptômes concomitants l'éruption sont tellement entremêlés à ceux de la maladie antéure qu'ils sont souvent dissimulés par elle.
Art. VI. — Diagnostic.
k. Diagnostic à la période prodromique. — Les phénomènes qui •actérisent le mieux les prodromes de la rougeole sont la fièvre, toux, l'anorexie, la soif, la céphalalgie, le larmoiement, la rou îr et le picotement des yeux, le faciès, l'enchifrènemcn t, les moments, le coryza avec un peu d'accablement le jour, ou e légère agitation la nuit. Dans les cas de ce genre, et surtout and ces symptômes ont duré de deux à cinq jours avec des interttences on des rémittences, ou peut présumer avec raison le déloppement d'une rougeole; cependant il est possible encore quo i symptômes indiquent le début d'un coryza catarrhal, d'une coeluche ou de la grippe. On cherchera alors les cléments du diam. 17
258 maladies génkralks aiguës spécifiques.
gnostic dans l'épidémie régnante el dans les antécédents connus. Ainsi, existe-t-il un grand nombre de rougeoles, l'enfant a-fril été en contact avec de* personnes malades de la lièvre éruptive, n'en a-t-il pas encore été atteint lui même, on devra croire à la rougeole. Ce diagnostic sera plus positif encore si la toux prend le caractère rauque ou résonnant que nous avons indiqué ailleurs.
Si l'enfant n'est pas dans ces conditions, s'il a été évidemment exposé à un refroidissement appréciable, on aura plus de raisons de supposer un coryza. L'iutensité de la fièvre, et des symptômes fournis par les yeux et les narines devra éloigner l'idée d'uue coqueluche. Le diagnostic du catarrhe épidémique (grippe) et de la rougeole est d'une extrême difficulté. Les symptômes sont identiques, et souvent les antécédents ne peu veut pas servir à éclaircir la question, les conditions étiologiques étant les mêmes et le* deux épidémies régnant concurremment. Dans les cas de cette espèce, le temps seul peut résoudre le problème.
Lorsque la rougeole débute avec les symptômes d'une laryngite spasmodique, le diagnostic est quelquefois impossible à établir, car l'on a vu l'éruption paraître le lendemain d'une attaque de cette laryngite sans aucun autre symptôme; mais dans la grande majorité des cas, le diagnostic peut être déduit de l'existence d'une fièvre notable, avant et surtout après l'accès de suffocation. En effet, il est rare de voir le mouvement fébrile succéder à la laryngite, ou, s'il existe, il n'est pas comparable, comme intensité, à celui des prodromes delà rougeole.
Si l'on constate, au début de la fièvre, du dévoiemeut, delà douleur de ventre, avec ou sans vomissement ou céphalalgie, on pourra craindre une fièvre typhoïde ou un catarrhe gastro-intestinal aign,et l'erreur sera difficile à éviter : aussi devra-t on se tenir dans la réserve; toutefois ce ne sera pas sans avoir recherché si les conditions dans lesquelles se trouve l'enfant doivent faire pencher la balance d'an côté plutôt que de l'autre; ainsi, ou tiendra compte de l'épidémie régnante et de son caractère dominant, on s'assurera s'il y a eu contagion ou rougeole antérieure ; eu outre, on n'oubliera pas de rechercher s'il existe une cause d'entérite ou de fièvre typhoïde; si l'enfant tousse et quels sont les caractères de la toux; enfin, on se rappellera que les vomissements sont plus rares, et surtout moins répétés et moins souvent bilieux au début de la maladie moi bilieuse que de la fièvre typhoïde.
Dans les cas où la rougeole s'annonce par de la fièvre, de la céphalalgie, des vomissements, de la constipation, et des symptômes nerveux, on peut croire au début d'une méningite ou d'une fièvre typhoïde. Alors on se rappellera qu'il est très rare de voir débuter la rougeole avec de pareils symptômes, et l'on ne croira à son existence que si les conditionsau milieu desquelles se trouve l'enfant annoncent
ftOtftËôLË. 959
'imminence de la fièvre éruptive, et surtout si la maladie s'accomisgne de toux rauqueet résonnante.
Lorsqu'au moyen des différences précédemment indiquées on sera )*rvenu à établir que la maladie qui débute n'est pas un coryza, une soquelucbe, une grippe, une laryngite spasmodique, une entérite, me fièvre typhoïde, une méningite, on pourra présumer qu'il doit se lévelopper une fièvre éruptive, et il restera à décider sur laquelle des roi* doit se fixer le diagnostic.
Les antécédents, les conditions au milieu desquelles se trouve l'enfcnt, et plusieurs symptômes' pourront mettre sur la voie : ainsi, iprès avoir constaté, comme nous l'avons dit, s'il y a une épidémie, fil existe une contagion évidente, si l'enfant est vacciné, s'il a eu la rariole, la scarlatine ou la rougeole, il faudra, en outre, s'assurer de l'existence des douleurs de reins et de la constipation, auquel cas on tonclurait, suivant les antécédents, au développement de la variole.
Un mal de gorge accompagné d'une rougeur notable des amygdales, do voile du palais et de la langue. et précédé de vingt-quatre à quarante-'huit heures d'une fièvre ardente et continue, pourrait faire croire k une scarlatine.
Enfin, l'existence de la toux résonnante et férine devrait indiquer nue rougeole.
Lorsque l'étude attentive des prodromes aura pu faire prévoir le développement de cette dernière affection, on devra encore rechercher si l'éruption sera normale ou anormale. Ce diagnostic est impossible dans le plus grand nombre des cas; toutefois on pourra présumer que la rougeole sera anormale si, après le second jour, ou plutôt après l'établissement des phénomènes généraux, il se manifeste des symptômes d'une lésion organique importante.
Le même diagnostic pourra être porté si des prodromes graves se prolongent au-delà de trois ou quatre jours.
Enfin il peut arriver, et ce cas n'est certainement pas le plus rare, qu'il sera impossible d'indiquer positivement laquelle des nombreuses affections que nous avons énumérées doit se développer : il faut alors se tenir dans la réserve, suspendre son diagnostic, mais surveiller attentivement les symptômes locaux pour s'assurer qu'il ne s'établit pas une lésion de quelque viscère.
Lorsque la rougeole est secondaire, il est plus difficile encore, pour ne pas dire impossible, de la prévoir : ses symptômes précurseurs se confondent souvent avec ceux de la maladie primitive, ou ne se manifestent que par un mouvement fébrile qui n'a rien de caractéristique. Les antécédents peuvent seuls mettre sur la voie.
11 existe ici une autre difficulté. Dans la rougeole anomale primitive les prodromes sont modifiés par la complication future seulement ; au contraire, lorsqu'elle est consécutive, les changements qu'ils éprouvent sont sous l'influence delà maladie antérieure ; et si dans ces cas
la rougeole doit être compliquée, il y aura double cause pour que l'éruption soit anomale, ce qui jette beaucoup d'obscurité sur la diagnostic.
Aussi regardons-nous comme bien difficile, sinon même impossible, d'en poser les règles.
B. Diagnostic de la période éruptive. — L'erreur est moins facile lorsque l'exanthème est déclaré que pendant ses prodromes ; cependant elle est encore possible, et l'examen ne doit pas être superficiel. En effet, s'il est vrai que les rougeurs rubéoliques aient des caractères assez tranchés pour être facilement reconnaissables, il n'est pas mou» véritable qu'il est des cas où elles peuvent être aisément confondiM aveccelles d'autres éruptions, ou méconnues au milieu de plusieurs développées simultanément.
Lorsqu'on est en doute sur le diagnostic de l'éruption rubéolique, il ne faut pas oublier quelques-uns des caractères qui la distinguent de toute autre : les taches sont peu étendues, morcelées, déchiquetée! sur leurs bords, légèrement saillantes; isolées les unes des autres, elles ne se réunissent pas en larges plaques, mais quelquefois en demi? croissants irréguliers. On doit toujours rechercher ces caractères qui sont pathognomoniques de la rougeole.
Cependant nous avons déjà dit (t. II. p. 101), et nous le répétons ici, que la roséole se confond quelquefois avec certaines rougeoles anomales et simples. La forme, la couleur, la distribution et la marche des taches sont à peu près les mêmes; le mouvement fébrile est presque nul, et Ton doit rester dans le doute sur le diagnostic de ces éruptions, à moins qu'une épidémie régnante ne vienne démontrer leur nature rubéoleuse.
Hais, qu'il y ait épidémie ou non, nous aimerions à confondre toutes ces formes de transition en une seule, qui serait à l'éruption morbilleuse ce qu'est la varicelle à la variole. En effet, la varicelle sporadique est aussi distante de la petite vérole que la roséole l'est de la rougeole; et si l'ou a trouvé une raison suffisante pour réunir en un même groupe les éruptions varioleuses et varicelleuses, d'après ce fait qu'on les voit se développer simultanément pendant des épidémies, une raison pareille existe pour ranger dans une même catégorie la roséole et la rougeole.
Nous avons déjà parlé ailleurs des opinions des médecins allemands qui considèrent la roséole (Roetheln) comme une variété de la scarlatine ; nous croyons, en effet, qu'on a décrit sous ce nom plusieurs cas de scarlatine anomale et de véritable roséole. Marcus avait établi entre la roséole et la scarlatine les rapprochements que nous venons de faire soit entre la rougeole et la roséole, soit entre la variole et la varicelle.
Chez les très jeunes enfants en travail de dentition, on voit souvent dans les grandes chaleurs de l'été, des éruptions générales tout à
bit semblables, pour l'apparence extérieure, à la rougeole vulgaire. C'est encore là une variété de roséole que Ton distingue de l'exanthème morbilleux, principalement d après les symptômes précurseurs et concomitants, el aussi d'après les conditions écologiques.
Les éruptions varioliques et scarlatineuses, à leur début, peuvent quelquefois simuler la rougeole. Ainsi, certaines rougeoles boutonneuses ressemblent aux papules de la variole ; mais ces dernières sont plus petites que celles dans l'exanthème morbilleux, et en outre la rougeole est boutonneuse sur toute la surrace du corps, tandis que la variole n'est pas longtemps papuleuse à la fois sur les membres et sur la face; lorsqu'il en est ainsi, on peut encore aisément trouver quelques vésicules bien formées au milieu des papules du visage. Enfin, s'il restait quelques doutes, on puiserait les éléments du diagnostic dans les antécédents et dans les symptômes prodromiques et concomitants.
La scarlatine, à son début, se confond plus aisément que la variole avec l'éruption morbilleuse : ses taches, en effet, sont isolées et un peu morcelées; mais il faut noter qu'elles ne sont pas saillantes, qu'elles sont plus étendues que celles de la rougeole el qu'elles se réunissent très rapidement en larges plaques. En outre, elles présentent un pointillé que n'ont jamais les rougeurs rubéoleuses.
La distinction est plus difficile que dans tous les cas précédents, lorsque plusieurs éruptions se réunissent sur le môme individu. Nous croyons, en effet, que c'est ainsi que Ton doit considérer quelques rougeoles dont l'éruption s'éloigne beaucoup, sur certaines parties du corps, delà description que nous avons donnée. Ainsi, nous avons vu plusieurs malades dont les rougeurs régulières et arrondies étaient confluentes sur l'abdomen et les mains ou même restaient isolées et semblables à ce] 1rs de l'éry thème; d'autres fois elles avaient l'apparence de plaques d'urticaire, c'est-à-dire qu'elles étaient larges de plusieurs pouces et saillantes, d'un rose pâle, tandis que sur les autres parties du corps les taches étaient franchement rubéoliques.
Ces formes, qui s'éloignent beaucoup de la rougeole simple, nous semblent n'être, en effet, que la réunion, sur le môme enfant, de plusieurs maladies éruptives ; elles seraient pour nous des complications de rougeole et d'érythème, de rougeole et d'urticaire, etc.
Le fait nous semble d'ailleurs prouvé par quelques cas dans lesquels nousavons vu des plaques d'urticaire se développer pendant les prodromes de la rougeole, et précéder ainsi les taches rubéoliques d'un à deux jours. Dans ces cas, les deux maladies étaient simultanées et se compliquaient mutuellement, mais les deux éruptions étaient successives au lieu de coïncider comme dans les cas précédents.
La tendance de la rougeole à s'unir à diverses autres éruptions est encore prouvée par un certain nombre de faits qui laissent dans lindécision de savoir si l'on a sous les yeux une rougeole ou une scarla~
262 MALADIES GÉNÉhALES AIGUËS SPÉCIFIQUES.
tine. Les rougeurs tiennent alors pour la forme et la disposition le milieu entre ces deux éruptions et présentent les caractères communs à chacune d'elles, tandis que, d'autre part, les symptômes généraux ou plutôt les autres symptômes locaux appartiennent ainsi à Tune et à l'autre.
Pour nous toutes ces formes de pseudo-rougeole sont des maladies hermaphrodites qui, participant aux caractères des deux maladie», servent à établir le passage et la gradation entre elles, ou plutôt constituent de véritables complications.
Pour établir le diagnostic dans les cas de cette nature, il faut ton* jours rechercher les caractères propres à chaque éruption dans différentes parties du corps, et Ton constatera dès lors assez facilement dans un point les taches de la rougeole, et dans un autre les rougeurs de la scarlatine ou les pustules de la variole. Nous reviendrons encore sur ce point à l'article Complications.
Enfin, il estdes cas rares où la nature de l'értiption reste douteuse, parce qu'elle se fait sur la peau couverte d'une abondante desquamation ; alors les taches sont en partie cachées par l'épiderme soulevé oa opaque. Il en résulte, au premier abord, une apparence singulière et d'autant plus trompeuse que la rougeole est, dans ce cas réellement anomale. Il suffit, du reste, d'indiquer cette cause d'erreur, qui n'en sera plus une dès qu'on examinera l'exanthème avec un peu d'attention, en ayant soin de soulever les lambeaux d'épiderme qui rocoo* vrent une partie des taches.
Art. VII. — Caractère* anatomiqtie*. — Mature. — Siège.
Il est difficile d'avoir des notions exactes sur les lésions anatomiques de la rougeole, parce que les complications locales si nombreuses qui l'accompagnent entremêlent leurs caractères avec ceux qui appartiennent à la fièvre éruptive elle même, et surtout parce que la plus fréquente de toutes, la pneumonie, qui est fébrile, doit modifier l'état du sang. 11 est donc nécessaire de rechercher les cas simples, et l'on sait déjà que la rougeole simple se termine presque toujours par la guérison. Deux fois cependant nous avons vu la mort survenir sans aucune complication importante; de ces deux cas il est résulté pour nous la conviction que le sang subit une détérioration notable, et qui est analogue à celle qu'on rencontre dans les autres fièvres éruptives et dans l'affection typhoïde.
Dans l'un des deux cas il s'agit d'une fille de cinq ans et demi qui est prise d'une rougeole au milieu de la bonne santé ; l'éruption suit ses périodes ; mais après elle la fièvre et la toux persistent, avec abattement, inappétence, prostration et dévoiemenL Au quinzième jour de la rougeole, il se développe une éruption très discrète de varicelle. Le seizième, il survient des vomissemesli subits, et la mort a lieu le lendemain matin, presque instantanément.
BOUGKOLB. 263
A l'autopsie, nous trouvons un ramollissement et une coloration rouge vineuse de tous les organes; Je sang, qui nulle part ne s'était pris en caillots, était d'un rouge vineux, et semblait avoir imbibé et pénétré tous les tissus, c'est-à-dire toutes les muqueuses (excepté l'iléon et le jéjunum), le cœur et totvalMeaux qui en partent, le poumon, le foie, les membranes et la substance cérébrale.
L'autopsie ayant été Faîteau mois de janvier et peu après la mort, la putréfaction ne pouvait être la cause de cette imbibition sanguine générale. D'une autre part, les accidents rubéoliques avaient persisté après l'éruption et ne pouvaient ^tre attribués à une varicelle trè* discrète; nous avons donc été forcés de rapporter à la rougeole l'altération du sang constatée à l'autopsie.
Dans notre second exemple, il s'agit d'un garçon de qualre ans pris de rougeole au milieu de la bonne santé, et mort au septième jour de la maladie, l'éruption existant encore à l'état de taches d'un rouge jaunâtre terne. L'injection des organes, la liquidité du sang se retrouvaient comme dans l'autre sujet, mais à un degré moins tranché. Quelques caillots décolorés existaient dans le cœur. Il y avait de plus un développement considérable des follicules intestinaux.
Enfin, le développement morbide des follicules intestinaux est commun dans la rougeole comme dans les autres fièvres éruptives ; il Test moins toutefois que les autres espèces de lésions intestinales.
La rougeole est donc une maladie générale qui se manifeste à l'extérieur par un mouvement fébrileet une fluxion ou une phlegmasie spéciale de la peau et des muqueuses.
Quel est le siège réel de la phlegmasie cutanée? Question difficile à résoudre, et sur laquelle nous n'avons que des données hypothétiques. L'aspect des rougeurs, l'absence de la douleur locale, indiquent que la maladie est superficielle, et que le choriou ne participe en rien à l'inflammation. Le gonflement et la forme des taches semblent prouver que l'hypérémie sanguine se fait dans un tissu susceptible d'augmenter le volume et de limiter cette congestion. En ou Ire, la rareté de la desquamation, et des infiltrations consécutives, semble, aussi bien que l'aspect de l'éruption, exclure l'idée que la maladie siège dans le réseau lymphatique. De cette sorte il est probable que l'inflammation réside dans le réseau vasculaire de la peau, ou si Ton ▼eut, dans les couches profondes du corps muqueux.
Si nous suivions l'analogie, nous admettrions en outre que la
phlegmasie des muqueuses occupe spécialement le corps muqueux
de ces membranes, et que c'est peut-être à cette cause qu'il faut
attribuer la forme de leur inflammation, qui est plus souvent éry-
tbémateuseque pseudo-membraneuse ou folliculaire.
Art. VIU. — Complications.
La rougeole se manifeste par une inflammation ou fluxion inflammatoire de la peau et de toutes les muqueuses. La marche normale de la maladie dépend d'un équilibre conservé entre ces deux sortes de fluxions. Celle qui se fait sur la peau doit en général dominer : si l'équilibre est rompu par une cause quelconque, soit accidentelle, soit inhérente au malade ; si la fluxion des muqueuses prédomine, il en résultera le développement dune phlegmasie de ces membranes.
De là, il est facile do prévoir que c'est surtout sur l'appareil des membranes muqueuses que porteront les complications inflammatoires de la rougeole, que la broncho-pneumonie, la pharyngolaryngite et les inflammations intestinales seront de toutes les plus* fréquentes.
La rougeole reconnaît en outre un certain nombre d'autres complications, qui dépendent sans doute de la nature môme de la maladie et de la constitution individuelle. Or, cette nature nous est, quant à présent, tout à fait inconnue ; nous savons que la maladie est générale; nous savons aussi par quels symptômes extérieurs elle se traduit, mais rien ne nous indique en quoi elle consiste : rien, par conséquent, ne peut faire prévoir les complications qui résultent de la nature môme de la maladie.
I. Broncho-pneumonie. — Fréquence. — De toutes les complications graves de la rougeole, la broncho-pneumonie est, sans contredit, la plus fréquente. Mais cette fréquence varie beaucoup suivant les épidémies, et surtout suivant l'époque de l'épidémie. Souvent le premier et le second mois se passent sans qu'on en observe un seul exemple ; puis une fois qu'un cas a été constaté, on les voit se multiplier assci rapidement pendant quelques semaines (1).
Caractères anatomiques. — On peut observer dans la rougeole toutes les formes de broncho-pneumonie catarrhale décrites dans notre premier volume (p. 608). Lorsque la rougeole est primitive, les formes aiguë, congestive et inflammatoire, dominent. La broncho-pneumonie vésiculaire est, pour ainsi dire, spéciale à cette pyrexie. C'est aussi dans son cours que se développent fréquemment les abcès pul-
(1) A l'hôpital, sur 167 cas de rougeole, nous avons observé 24 bronchites, dont plusieurs graves ; 7 pneumonies sans bronchite, dont trois lobaires, et 58 bronehopneumonies lobulaires. Dans l'épidémie de Genève de 1 847 les broncho-pneumonies ont été très nombreuses, sous la double influence de la rougeole et de la coqueluche; elles ont été moins fréquentes en 1852. Dans les cas sporadiques observés à Paris, celte complication a existé beaucoup plus rarement qu'à l'hôpital, à peine une fois sur dix.
ROUliKOLK. 265
naires et l'hépatisation disséminée, indice de la coïncidence du irrhe et de l'inflammation. La broncho pneumonie lobaire est rare, endant nous l'avons vue plusieurs fois. La congestion passive et arnification ne sont pas communes, on les observe chez les enfants ûlités qui meurent d'une rougeole secondaire terminale, et il est mis de croire qu'alors la broncho-pneumonie est plutôt cachecle que rubéolique.
Çpoque d'apparition. — La broncho-pneumonie peut se dévelop-
: 1° pendant les prodromes et les premiers jours de l'éruption, itde beaucoup le cas le plus fréquent ; 2° pendant la décroissance l'exanthème ; 3° après la guérison de la rougeole, ce dernier cas est lus rare (1).
lette division, que nous établissons ici, a une grande importance, ime on peut le prévoir, d'après les détails dans lesquels nous imes entrés antérieurement.
In effet, si, au milieu de la bonne santé, le début de la pneumonie icide avec celui de la rougeole, ou seulement avec l'éruption ellene, il en résultera presque nécessairement une irrégularité dans narche des rougeurs ; d'où il suit que le plus grand nombre des geôles compliquées sont des rougeoles anomales. Il est bien enla que la bronchite légère, ou quelques noyaux de pneumonie it pas une telle puissance. Nous parlons ici d'une bronchite ou ae pneumonie assez graves pour produire un mouvement fébrile ;nse, et caractérisées soit par un souffle bronchique très apprêta, soit par des râles humides très abondants. a broncho-pneumonie, qui se développe pendant la décroissance 'éruption, est essentiellement rubéolique et n'altère pas la marche 'exanthème.
elle qui se développe pendant la convalescence, c'est-à-dire du zième au vingtième jour de la maladie, ou même plus tard, n'a une influence sur la rougeole, et même n'est pas toujours sous sa end an ce : ainsi, la santé générale s'est-elle rétablie d'une mae complète entre les deux maladies, leur indépendance est très lente. Nous en trouvons, du reste, la preuve dans la marche la maladie, qui est souvent celle d'une pneumonie franche, oitiveet, par conséquent, lobaire dans le plus grand nombre cas.
n'en est plus de môme si la phlegmasie se développe chez un mt dont la rougeole a été suivie de différentes complications, et ; lequel le mouvement fébrile n'a jamais complètement disparu.
} Quelques faits observés dans l'épidémie de Genève de 1847 sembleraient ner cette règle, mais la fréquence de la broncho pneumonie pendant la concerne de Peianthème a dû élre rapportée à la coqueluche qui était venue rtiquer la rougeole.
Dans ces cas, que la pneumonie soit directement sous la dépendance de la rougeole, ou indirectement par l'intermédiaire d'autres corn* pi ica lions, sa forme est tabulaire et sa marche identique avec celle di Ja pneumonie qui se développe pendant la décroissance de l'exanthème.
Tout ce que nous venons de dire jusqu'à présent s'applique À U fièvre éruptive survenue pendant le cour» d'une bonne santé.
Lorsque la broncho-pneumonie est la complication d'une rougeole secondaire, les mômes différences existent pour l'époque d'apparition de cette complication.
Les symptômes qui appartiennent en propre à la bronchite ou à II broncho-pneumonie rubéolique sont les mêmes que ceux décrits ailleurs : des râles plus ou moins abondants et humides, de la respiration bronchique disséminée ou bien étendue à une partie plus ou moins grande de la poitrine, du retentissemeut de la voix, de la mutité, etc. Nous ne devons pas nous étendre sur ce sujet, et ce quenous avons dit sur les symptômes qui accompagnent la rougeole anomale suffit pour faire reconnaître les phénomènes généraux qui accompagnent!! broncho-pneumonie rubéolique.
La forme de la complication, quand elle est grave, est, dans la très grande majorité des cas, celle que nous avons décrite sous le nom de bronchite générale , et broncho-pneumonie aiguë ou sub aiguë. La broncho-pneumonie lobaire est beaucoup moins fréquente ; quant aux formes cachectiques, on ne les observe que dans les cas où l'enfant est déjà dans un état cachectique. II n'est pas rare de voir la broncho-pneumonie de la rougeole se prolonger pendant assez longtemps et prendre l'apparence chronique. Dans plusieurs cas de ce genre, nous avons cru pendant la vie1 à une tuberculisation pulmonaire, et nous n'avons trouvé à l'autopsie que des abcès du poumon. Le diagnostic est alors, en effet, très difficile.
Pi%onostic. — La broncho-pneumonie est une cause des plus fréquentes de la mortalité à la suite de la rougeole ; mais il se joint souvent d'autres complications qui concourent pour leur part k la terminaison fatale. Il faut aussi tenir compte de l'état antérieur; caria broncho-pneumonie qui survient pendant le cours d'une rougeole anomale et secondaire ne guérit guère qu'une fois sur huit. Au contraire, lorsque la pneumonie est la seule maladie qui complique la rougeur primitive, la guérison est plus fréquente que la mort. Quant au pronostic individuel, il faut tenir grand compte de toutes les circonstances que nous avons indiquées ailleurs (voy. Pronostic 01 u broncho-pneumonie, p. 468, t. Ier), mais il faut surtout bien connaître l'influence de l'épidémie sur la gravité des complications à un moment donné (1).
(1) A l'hôpital, nous avons perdu an malade sur Irois ou quatre dans les
ROUGKOLB. 267
Carnet. — La rougeole qui s'accompagne d'une éruption ou plutôt 'une congestion de toute la muqueuse laryngo-pulmonaire, est par eia même prédisposée à se compliquer de la phlegmasie de cette nembrane, et l'on conçoit parfaitement que, par la marche seule de i maladie, et sans cause appréciable, l'inflammation soit plus viomte sur les bronches que sur la peau ; cette opinion acquiert un ouveau degré d'évidence par ce fait que l'exanthème est ordinairelent anormal dans les cas de cette nature.
Celte explication fait voir pourquoi, malgré nos efforts, nous 'avons pu» dans le plus grand nombre des cas, déterminer la cause IBciente de la broncho-pneumonie. Cependant quelquefois les paenls nous ont assuré que l'aggravation avait succédé à un refroiisscment subit.
Nous sommes donc portés à croire que le froid peut déterminer la Procession de l'exanthème et le développement d'une pneumonie; iais nous regardons la dernière partie de la proposition comme lieux prouvée que la première.
L'âge, la position sociale et l'époque de l'épidémie sont les trois irconstances qui exercent une influence prépondérante sur l'appaitiori de la broncho-pneumonie. Cette complication est beaucoup lus fréquente au-dessous qu'au-dessus de l'âge de cinq ans, chez les Dfants pauvres que chez les riches, et au moment où l'épidémie tteint son apogée qu'à son origine ou à son déclin. La plus grande •équence de cette complication sur les enfants des classes inférieures it une preuve de l'influence fâcheuse d'une mauvaise hygiène, et a la nécessité des mesures de précaution pour préserver les enfants es complications qui peuvent les atteindre.
II. Stomatite. — Si nous en jugeons d'après nos seules notes, la stolatite serait une complication très rare de la rougeole ; car à l'hôpital ous n'en avons constaté que deux et pas une en ville (nous ne parlons as des stomatites qui se terminent par gangrène). Cependant pluieurs patbologistes indiquent la coïncidence de ces deux maladies, t l'on a décrit des épidémies de rougeole compliquée d'inflammation e la muqueuse buccale, soit à l'hospice des Orphelins, soit à l'hôpid des Enfants. Dans une de ces épidémies observées par Kapeler (1), l'hospice des Orphelins, dans l'été de 1826, la cautérisation par le ilrate d'argent amena une guérison rapide.
rai -indiquées. En ville et dans les cas sporadiques, la proportion a été las favorable ; mais en temps d'épidémie, la mortalité a été presque la même n'a l'hôpital. Alors, en effet, nous avons vu guérir les deux tiers des enfants ool la broncho pneumonie s'était développée pendaut le cours ou pendant la écroissance de l'exanthème non compliqué, et tous ceux qui ont été atteints •adaot la convalescence.
(1) Journal général des hôpitaux, 2' année, 1829, p. 81 .
Nous devons rapprocher de la stomatite une sorte d'inflammation de la langue que nous avons vue devenir rouge, grosse, épaisse; die avait peine à sortir de la bouche. Cette complication est rare et pet grave, il nous suffit de la mentionner.
III. Pharyngo-laryngite — Nous avons déjà dit que l'éruption tt propage sur le voile du palais, et que le timbre de la toux et de la toi indique une véritable lésion du larynx; nous devons ici consigner quelques remarques sur les cas où cette inflammation est asseï violente pour devenir une complication.
Fréquence, — On comprend que la limite entre l'éruption sur kl muqueuses et leur inflammation est difficile à établir dans un certain nombre de cas ; l'intensité des symptômes et les lésions rencontrées à l'autopsie nous ont servi de guide (1).
Si, à l'hôpital, nous avons observé un assez grand nombre de.phlegmasies de la gorge, nous croyons devoir l'attribuer aux épidémies scarlatineuses qui régnaient conjointement avec celles de rougeole; car nous restons convaincus que la laryngite est plus spéciale à la rougeole que la pharyngite. Nous en avons pour preuve :
1° L'opinion de nos devanciers ; 2° La bénignité constante de la pharyngite; 3° La prédominance des laryngites lorsque l'épidémie de scarlatine n'a pas coïncidé avec celle de la rougeole ; 6° La rareté des pharyngites dans la pratique civile.
Caractères anatomigues. — La pharyngite est presque toujours légère, et ne consiste que dans la rougeur et le gonflement très pee intense des amygdales et du voile du palais; cependant nous l'avons vue une fois beaucoup plus grave, et dans une rougeole anormale survenue pendant le cours d'un ramollissement intestinal, nous avons constaté à l'autopsie une vaste inflammation de tout le pharynx s'étendant à peine dans le larynx, et consistant dans une rougeur vive avec ramollissement et formation de plusieurs ulcérations et érosions; une seule malade nous a présenté une angine pseudo-membraneuse assez peu intense.
Dans le larynx, au contraire, la maladie revêt plus facilement une forme assez grave, et l'autopsie démontre plus habituellement des inflammations assez intenses, surtout des ulcérations, des érosions ou même des fausses membranes; cependant la phlegraasie est quelquefois légère ou même rentre dans la classe de celles qne nous avons décrites (page 368 du premier volume) et qui se ma*
(1) A l'hôpital, sur 176 malades, nous avons observé 40 pharyngites et 35 laryngites, ces deux maladies étaient réunies sur seize entants, en sorte que nom comptons 24 pharyngites, 19 laryngites et 16 pharyngo-laryngites. En ville, cette complication a été beaucoup moins fréquente.
lifestent par des symptômes sans que le larynx présente aucune ôsion (1).
En outre, les symptômes de la laryngite ne sont pas toujours d'acord avec l'intensité de la lésion. Les plus habituels sont la raucité de i toux et de la voix à divers degrés et quelquefois leur extinction leaque complète; rarement la toux est éclatante et métallique. Il s'y uni parfois une douleur laryngée ou trachéale soit à la pression, soit endant la toux, qui est alors déchirante.
Toutes les laryngites dont nous venons de parler rentrent dans la lasse de celles qui sont érythémaleuscs, ulcéreuses ou pseudo-memraoeuses et que nous avons décrites dans le premier volume de cet uvrage. La laryngite spasmodique n'est pas très rare non plus; nous vous déjà dit que cette complication peut se montrer au début, et miber ainsi sur la nature de la maladie qui doit suivre; dans d'aunes cas plus rares, elle peut se développer pendant l'éruption elleidme ou après sa terminaison. Nous citons ici un fait qu'on peut onsidérer comme un exemple de laryngite spasmodique survenue i le cours d'une laryngite rubéolique.
Une fille de quatre ans est prise, au premier jour de l'éruption, d'une roueole normale, de toux rauque à timbre variable, et simulant parfois l'aboieleat d'un jeune chien : la voix était enrouée. Cet état persista pendant environ alnse jours, avec variations et diminution progressive ; puis pendant deux Murs la toux resta simplement grasse, avec une légère raucité par intervalles ; lors et tout à coup la voix fut complètement éteinte; la toux rauque, semlable à celle d'un chien enroué, fréquente, revenait par quintes violentes, roopales, accompagnées d'accès de suffocation. Deux accès pareils ont lieu un air et le lendemain malin. Dans l'intervalle, la toux reste rauque, la voix est teinte; mais il n'y a pas de suffocation. On applique deux sangsues qui coulent boodamment ; depuis ce moment les quintes et les accès de suffocation ne (parurent plus; la toux resta rauque, mais moins abondante. Peu à peu ces iractères diminuèrent ; la toux perdit sa raucité en devenant grasse; la voix eflnt peu à peu ; et le quatorzième jour après la recrudescence de ces derniers eddents, la toux était presque nulle et la voix normale. L'enfant mourut iagt -quatre jours plus tard d'une autre affection. A ce moment le larynx était arfaliement sain.
La pharyngo-laryngite n'a que peu ou pas d'influence sur la marche e l'éruption et sur les symptômes qui l'accompagnent; nous l'avons ne cependant coïncider avec une recrudescence de la fièvre, assez iolente pour faire présumer le début d'une autre affection, qui ne se éreloppa que beaucoup plus tard.
(I) Nous avons trouvé des ulcérations ou des érosions dans un peu moins de la toitié des cas, des fausses membranes dans le cinquième ; dans le sixième des is, l'inflammation était simple; une seule fois elle était œdémateuse; dans le oquième des eas, l'autopsie ne révéla aucune lésion.
MO maladies générales a loti es spécifiques.
Apparition. — L'angine pharyngée et laryngée apparat! d'habitude pendant la décroissance de la rougeole et du quatrième au irainème jour de l'éruption; il est rare delà voir se montrer plus tôt, il est rare aussi qu'elle se développe plus tard. Cependant, ches un eoftat de trois ans, les signes de la pharyngo-laryngite ne survinrent que II vingt-septième jour de l'éruption. Nous nous sommes demandé a, dans ce cas, ils étaient bien sous l'influence de l'exanthème. L'enfaat ne s'était pas guéri depuis la rougeole jusqu'au début de la hurjft* gite, il avait eu une pneumonie lobulaire et une contracture dei extrémités.
Lorsque la phlegraasie envahit à la fois le pharynx et le larynx, ta deux maladies débutent simultanément ou indifféremment l'une après l'autre; elles se suivent alors à peu de jours de distance
Durée. — On ne peut pas chercher à déterminer la durée de la complication chez les sujets qui ont succombé à une époque où elle existait encore, car la mort a toujours été déterminée par une autre maladie plus grave. Chez les enfants qui ont guéri, c'est ordinairement du quatorzième au vingt-cinquième jour de l'éruption que nous avons vu disparaître la laryngite.
Pronostic. — La pharyngite et la laryngite ont ordinairement peu d'importance, ou tout au moins ne concourent à la mortalité que pour une faible part; en effet, les symptômes sont rarement intenses, même lorsque les lésions vsont graves.
Cette règle cependant est loin d'être absolue, et la gravité de h complication est subordonnée à sa nature. Ainsi Guersant, les docteurs Rayer, West, Hennoch ont observé des cas mortels sous l'influence de la laryngite membraneuse. Nous en avons aussi vu quelques-uns soit à Paris, soit à Genève dans les épidémies de 1847 et 1852. Celte complication a le plus souvent alors revêtu la forme que nous avons décrite sous le nom de laryngite pseudo-membraneuse secondaire, et a notablement différé des symptômes du vrai croup. Nous avons vu aussi quelques exemples de laryngite simple fort grave. Dans un cas la mort en a été la conséquence, et, bien que l'autopsie n'ait pu être pratiquée, les symptômes et la marche de la maladie ne nous ont pas laissé de doute sur l'absence de la diphthérite.
Causes. — La pharyngo-laryngite se montre dans toutes les espèces de rougeoles, normales ou anormales, primitives ou secondaires: elle est plus fréquente cependant, comme toutes les complications, dans la rougeole anormale que dans celle qui suit régulièrement ses périodes. Les autres causes sont les mêmes que celles déjà détaillées aux chapitres de la Pharyngite et de la Laryngite.
IV. Catarrhes et phlegmasies des intestins. — Fréquence. — Après les inflammations pulmonaires, les maladies intestinales sont les complications les plus fréquentes de la rougeole. Elles se développent chef le quart environ des enfants atteints de cette pyrexie, sporadiqueou
ftOtJGEOtt. 271
Mdémiqae. Dans ce dernier cas cependant, la proportion varie souait en plus ou en moins (1).
Cara ctère* anatomiques. — Symptômes. — Les lésions an atomiques mt celles que nous avons décrites dans notre premier volume en isant l'histoire des catarrhes et phlegmasies des intestins. Les altérions légères de la muqueuse sont surtout fréquentes (2) (voy. 1. I, . 679). Plusieurs fois nous n'avons trouvé aucune lésion digne d'être ïtée. Nous ne reviendrons pas non plus sur les symptômes (t. J, 694). Nous dirons seulement qu'il est difficile d'établir une limite ■écise entre la diarrhée légère qui accompagne souvent la rougeole mple et une complication réelle. La fréquence de toutes deux twve que Ja muqueuse gastro-intestinale participe à la fluxion qui i fait sur les autres membranes muqueuses et sur la peau. La nature de ces complications est le plus souvent catarrhale (t. I, . 709), et les formes sous lesquelles elles se présentent sont surtout i catarrhe aigu (t. 1, p. 743), puis le catarrhe chronique (t. I, p. 751), »6ii la dysenterie et l'entérite typhoïde (t. T, p. 785) (3). Dans des cas plus rares, les accidents gastro-intestinaux se moneut sous une autre forme. Nous citerons comme exemple les faits livants observés à Genève en 1847 :
Un garçon de sept ans est atteint, pendant les prodromes de la rougeole, nue douleur épigasirique des plus intenses, accompagnée de constipa Uon et > vomissements; ceux-ci se répètent sans interruption pendant quarante-huit iures. La gastrite a duré en tout treize jours. La guérison a été complète et Menue au moyen de légers minoralifs, de lavements émollients, de vésicaires à l'épigastre.
Dans un autre cas. l'inflammation s'est montrée sous une forme différente.
(1} A r hôpital, le quart de nos malades environ nous a offert soit les symptômes, ii les lésions caractéristiques de ces maladies. Dans l'épidémie de 1847, la prortâon a été la même, tandis que dans celle de 1852, pendant les mois d'avril et mai, il a été observé des complications intestinales, légères, il est vrai, sur u de la moitié des malades.
(2) A l'hôpital, un tiers environ des malades nous a présenté à l'autopsie une flammation érythémateuse de la membrane muqueuse. Un cinquième nous a ert une euiéro-colite tuberculeuse, un septième la forme membraneuse, un ptième la forme ulcéreuse, un quart un ramollissement. Quelques-uns de ces •Mes offraient plusieurs de ces lésions réunies; un petit nombre n'avaient case lésion, bien qu'ils eussent présenté les symptômes de l'cntéro-colite.
(3) Nos obseï valions de l'hôpital nous donnent à ce sujet les résultats suivants :
Catarrhe aigu 37
Catarrhe chronique 6
Dysenterie 2
Entérite typhoïde 1
Ed Tille, la première de ces formes est la seule qne nous ayons me.
Un fille de quatre ans, l'éruption disparu**, fut prise d'une constipation est èmement opiniâtre, résistant aux purgatifs, qui étaient tous rejetés par kl vomissements ; le ventre était considérablement ballonné, sans douleur trèi vive. Tous les symptômes disparurent comme par enchantement avec le rétablissement des évacuations.
Rapports avec la rougeole. — Les entéro-colitesont, en général, fort peu d'influence sur les symptômes cie la rougeole ; il est rare de les voir modifier la marche normale du mouvement fébrile; quelquefois cependant leur apparition coïncide avec une*élévation assez considérable du pouls et un accroissement de la chaleur.
Nous avons déjà vu que l'entérite modifie rarement à elle seule II forme de l'exanthème. Cependant elle est plus fréquente dans la rougeole anomale que dans la rougeole normale, ce qui s'explique par la présence d'autres complications.
Début. — Si nous faisbns remonter l'origine du catarrhe intestinal à l'époque d'apparition du dévoiement, nous voyons que cette complication débute assez souvent pendant les prodromes ou le jour même de l'éruption, quelquefois à la fin, et plus rarement au commencement de la décroissance de la rougeole.
Le plus grand nombre des formes légères débute pendant les prodromes : tandis que les espèces les plus graves se développent, en général, à une époque plus éloignée du début. Cette règle, qui n'est pas sans exception, peut expliquer pourquoi le catarrhe intestinale peu d'influence sur l'éruption rubéolique.
Pronostic. — Ce n'est que dans un très petit nombre de cas que It colite a été la seule, ou même la principale cause de la mort. C'est à peine si nous trouvons cinq ou six observations de ce genre parmi toutes cellesque nous avons recueillies à l'hôpital ; et, à Genève, dans l'épidémie de 18£»7, où le quart environ des enfants ont offert des symptômes abdominaux, un seul a succombé à une entéro-colite aiguë. Il était âgé de deux ans. A Paris, nous n'avons pas observé un seul cas mortel. Si le catarrhe intestinal n'est pas grave, il augmente cependant le danger des inflammations pulmonaires : celles-ci sont bien moins fâcheuses lorsqu'elles existent seules que dans les cas où une colite se joint à elles ; alors, en effet, elles deviennent presque nécessairement mortelles.
Causes. — Les causes des complications intestinales sont assex faciles à déterminer. La fluxion abdominale qui se fait naturellement pendant la rougeole donne aux intestins une susceptibilité analogue à celle que nous avons reconnue dans les organes pulmonaires: de là vient qu'une cause minime, indifférente dans toute autre circonstance, déterminera dans celle-ci le développement d'une maladie.
Ainsi, dans les hôpitaux, malgré les défenses des médecins, les parents apportent souvent de la nourriture à leurs enfants. De là des indigestions ou dès diarrhées qui, dans la rougeole, sont l'origine
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les affections intestinales, et probablement do ces colites graves qui lébutent vers la fin de la maladie.
Quelques-unes de ces inflammations peuvent être aussi attribuées i des purgations, même légères, données à une époque trop rapprohée du début de la rougeole.
Toutes ces remarques sont surtout applicables aux jeunes enfants, »lus sujets que les autres aux pblegmasies gastro-intestinales.
V. Phlegmasies de diverses muqueuses. — Otite. — A l'hôpital, cinq naïades ont été affectés ft otite, et cette proportion doit paraître assez onsidérable, si Ton se rappelle que cette maladie est en général rare. l Genève, eu égard au grand nombre de malades observés, cette comlication a été moins fréquente ; mais à Paris elle a existé dans la •âme proportion à peu près qu'à l'hôpital des Enfants. Elle a débuté ,u troisième au huitième jour de l'éruption, et a duré de six à vingtième jours. Elle s'est manifestée par un écoulement plus ou moins &tide, précédé quelquefois de douleurs vives dans l'oreille. Cette implication n'a jamais eu d'influence sur la rougeole, et n'a jamais ien présenté de plus spécial que ce que nous en avons dit dans le bapitre destiné à cette affection.
Ophthalmie. — A l'hôpital, cinq fois aussi nous avons constaté une pkthalmie rubéolique, qui, une seule fois, a été purulente : une fois lie a débuté le premier jour d'éruption, et a duré jusqu'au neuvième, kns les autres cas elle a débuté du sixième au dixième jour, et a luré de sept à douze jours. Elle n'a jamais été très intense, et a touoors facilement guéri.
M. Heyfelder a vu, dans une épidémie de rougeole, l'ophthalmie turulente compliquer l'exanthème et occasionner quelquefois la lertede la vue. L'un de nous a recueilli un exemple de cette espèce Tophthalmie dans l'épidémie de 1847. La phlegmasie se développa rois jours après l'éruption, elle fut intense et dura trois semaines ; nais elle se termina par le retour à la santé.
Un seul malade nous a offert un coryza assez intense. Nous avons cité lilleurs.un exemple de coryza pseudo-membraneux rubéolique.
Leucorrhée. — Cette complication est plus rare que l'otite, nous l'en avons observé qu'un seul cas à l'hôpital et un très petit nombre >n ville.
VI. Inflammations diverses. — Presque toutes les inflammations que tous venons d'énumérer appartiennent aux membranes muqueuses, [ai sont le siège de prédilection des complications inflammatoires ou atarrhales de l'exanthème. Les phlegmasies des membranes séreuses, le l'encéphale, des organes parenchymateux abdominaux, et des ;anglions lymphatiques du tissu cellulaire et des articulations, sont beaucoup plus rares; elles le sont môme assez pour que Ton puisse ontester la relation de cause à effet entre la maladie première et celle |ui lui succède.
276 MALADIES GÉNÉRALE A 1(1 tl ES SPÉCIFIQUES.
1° Pleurésie. —A l'hôpital; ndus n'avons vU qtTùne seule fois II pleurésie compliquer la rougeole le second jour de l'éruption ; tttdft n'en avons pas observé un seul exemple en ville.
2° La péricardite est tout atissi rare que la pleurésie. L'on de Mol a publié dans les Bulletins de la Société ùnatomiqut Un oa* d'èndoea^ dite avec caillots organisée dans le ccetir qui a évidemment eetripNjié l'exanthème morbilleux.
3* Méningite. — A en croire certains auteurs, et eh particulier h docteur Dechaut(1), l'encéphalite serait Une complication fréqtieftto. Ce médecin va jusqu'à dire qu'on la rencontre chez lestroid qùtHl des sujets qui succombent. Il est vrai qu'il ne se montre difficile A sur les caractères symptoraâtiques ni sur les caractères ftmuorrii<]ti<i de cette phlegmasie. Du délire et des convulsions pendant la vie; (H la congestion cérébrale et de la sérosité dans les membranes oU daflt les ventricules après la mort, lui suffisent pour la caractériser. PUtt notre part, nous n'avons observé soit, à l'hôpital, soit en ville, aderfft cas de méningite aiguë généraient d'encéphalite franche pendant M après la rougeole.
l\° Néphrite. — A l'hôpital, nous avons observé deux cas de tnall* die de Bright, suite de rougeole; nous n'en avons point vu en ville. Mais l'un de nous a recueilli, duns l'épidémie de 1847 à Genève* la exemple remarquable de cette maladie rare, décrite par Willantous le nom tfischuria renalis^ considérée par M. Hayer comme ane néphrite, et déjà signalée par Ranoe et par J. Frank comme une dm complications de la rougeole. Voici ce fait, nous le consignons ici in extenso , vu sa rareté.
Enfant de trois ans. — Rougeole normale. — Le dixième jour fièvre, i tion, douleurs et rétraction du ventre. — Suppression des urtiMi.— L'anurie, presque complète, persiste pendant sept jours. — Bains, calomd, teinture d'acomte et de digitale. — Guérison.
LVnfant M..., âgé de trois ans, est un garçon robuste quoique lymphatiqae; il est dé bien portant; sa dentition a été pénible; â cette époque, lia èd, I plusieurs reprises, du dévotement et de la fièvre, mais, en général, II est jjthilH sujet à la constipation ; il urine facilement et n'a pas d'incontinence hrfblttieUe. Sauf un léger eczéma des jambes et un épiphora habituel, il n'a été itlfcfel d'aucune affection de l'enfance; il n'a jamais eu de vers.
Le 18 avril il contracte la rougeole, qui suit son cours normal. Le 28 il était en convalescence ; mais on ne Pavait pas encore laissé sortir, lorsque loaii coup il prend une fièvre intense, accompagnée d'une grande anxiété, sa» délire ; il ne souffre pas de la tête et ne vomit pas. La respiration n'est ptf accëlërèe ; mais il se plaint de douleurs de ventre assez vives; la consUpàttoo est opiniâtre, et (es urines sont très rares, très difficiles, jumenteûses; depdtt je 29, il ne rend guère que deux cuillerées à soupe d'urine dans les t quatre heures, et reste quelquefois dix-huit à vingt heures sans uriner.
(1) De la rougeole irrégulière et compliquée, thèse, 1842, p. 15.
ftorr.KOî.ï. 275
le 3 mal je sait appelé pour voir l'enfant en consultation avec M. le docor Lombard, qui Idi donnait des soins depuis le vendredi 31 avril. Le petit alade, dans une agitation désordonnée, crie, se plaint sans cesse, et ne se lave examiner qu'avec la plus grande peine; la peau n'est pas très chaude ; le Mils est fréquent, sans qu'on puisse le compter; la respiration n'est pas accérée, elle est pure des deux côtés en arrière ; pas de matité ; in langue est ihilde, l'abdomen aplati, rétracté et contracté, comme dans la colique de. lonib, douloureux spontanément et à la pression. Celte douleur est générale ; a n* peut la localiser ni dans les flancs ni à l'hypogastre. Cette dernière %tt>n n'est ni saillante, ni mate ; la vessie ne parait en aucune façon distendue ; Bfjeadant 11 y a près de vingt-quatre heures que l'enfant n'a pas uriné. Mous prescrivons trois doses de calomel, de 15 centigrammes chaque, prises e deux heures en deux heures; elles produisent trois évacuations; ou donne ■ bain et l'on applique des cataplasmes sur le ventre. Le soir l'agitation est MisJdérable ; il faut à chaque instant transporter l'enfant d'un lit dans un Être ; la nuit est sans sommeil.
Le 4, je puis compter le pouls pendant le sommeil; il est à 96, régulier, HUt l'enfant se réveille en criant, s'agitanl et gémissant. Le ventre est plat, lor, rétracté, douloureux ; pas plus qu'hier on ne sent la vessie, il n'a pas rfatf, $auf peut-être pendant les évacuations. Mais dans tous les cas, vu leur «a d'abondance, la miction oura été bien peu considérable (potion de .30 grammes, avec teinture d'aconit et de digitale, 1 gramme 1/2; deux bains, alaplasmes avec l'huile camphrée). Dans la soirée, pour la première fois Kepois le début, il rend les trois quarts d'un verre d'urine séd i menteuse f mou non aWumineuse.
Le 5, les symptômes sont à peu près les mêmes. L'enfant est toujours très ttitable. Les lèvres sont sèches, couvertes de larges croûtes; la langue est Mtinlde; pas de selles (même potion, cataplasmes, bains).
Le 8, le pouls est à 8a pendant le sommeil. La nuit dernière, les urines ont rtttpli environ les trots quarts d'un verre; même état du ventre, moins d'irrilabflUté (potion ut suprà, cataplasmes, Uniment camphré, bains alcalins, tovillon de poulet).
Du 6 au 12, l'amélioration s'est progressivement accrue; les urines ont été |a augmentant d'abondance ; les évacuations sont redevenues naturelles ; les Ibaleur* et la rétraction du ventre ont disparu; l'appétit s'est prononcé; fallant est guéri.
5* Phlegmon. — Ganglites. — A l'hôpital, deux enfants ont eu des ibcèsau cou ; cette complication a été rare en ville, cependant l'un de Dousen a cité quelques exemples dans son mémoire sur la rougeole. ' VU. Hydropisies. — L'anasarque et les épanchements des membranes séreuses sont aussi rares après la rougeole qu'ils sont fréquents i la suite de la scarlatine. Cependant Heim et J. Frank ont été trop loin en niant l'existence des hydropisies rubéoliques. Nous en avons Observé six exemples à l'hôpital, et un bien caractérisé dans l'épidémie de 18'j7. H. le docteur Lombard a rencontré deux fois cette complication dans l'épidémie de 1832.
A l'hôpital, chez trois enfants, la maladie se passa tout entière soas nos yeux, et l'anasarque, développée du douzième au vingt-et-
unième jour, et ayant duré de trois à douze jours, nous a évidemment paru être sous la dépendance de la rougeole. Chez les trois aolm malades, l'anasarque fut générale et intense ; deux fois elle s'accottpagna d'albuminerie. Dans ces cas, bien que nous n'ayons pas tu h fièvre éruptive, nous n'avons aucune raison de croire qu'elle n'dt pas été en réalité rubéolique. L'absence de desquamation chez deux de ces malades en a été, du reste, pour nous une preuve positive. L'anasarque débuta les neuvième, onzième et trente et unième jours, et dura huit, douze et soixante-six jours. Deux des malades mourt» rent, et l'un avait une néphrite albumineuse très évidente qui t'était compliquée d'une double pleurésie, d'une pneumonie œdératteuse, etc. Chez l'autre, il n'existait pas de néphrite, et la mort survint par suite de maladies intercurrentes.
Les malades observés par H. Lombard étaient aussi albuminurie ques. Celui que nous avons vu en ville fut atteint d'une anasarqoe limitée à la face et au scrotum, mais il eut un épanchement ascitique; ses urines n'étaient pas albumineuses.
Chez un enfant, l'hydropisie a été la conséquence d'une sortis trop hâtive. Presque tous nos malades étaient âgés de quatre à sept ans, un seul avait neuf ans.
Nous ne possédons qu'un seul exemple d'hydrocéphalie aiguë robéolique, nous l'avons publié ailleurs (voy. Hydrocéphalie).
VIII. Hémorrhagies. — Elles ont lieu tantôt par la peau, tantôt par les muqueuses. Le plus souvent, elles ne sont que le résultat de Taufmentation du mouvement fluxionnaire qui se fait sur ces membrane* C'est dans les cas de cette espèce que Ton observe, dans les prodromes d'abondantes épistaxis, et des taches de purpura consécutives àl'ér ruption; elles remplacent les macules jaunâtres lorsque l'exanthèast a été très intense. Sous cette forme, les hémorrhagies n'ont M d'alarmant, c'est un accident local qui disparaît avec la cause qui l'i engendré. Dans d'autres cas, il n'en est pas de même : l'accident locri peut, par son intensité, acquérir une véritable importance, et de phénomène secondaire devenir phénomène principal. C'est ainsi que, dans l'épidémie de Genève de 1852, l'un de pous a observé quelque! cas d'épistaxis qui par leur répétition et leur abondance luiontdooii d'assez sérieuses inquiétudes.
En 1847, un de nos confrères, le docteur Strœhlin, a vu une jeune fille et quatorze ans, non réglée, avoir des épistaxls très copieuses pendant les prt» dromes. Le jour de l'éruption apparurent les menstrues, dont la durée M dépassa pas deux jours ; elles furent peu abondantes. Cinq jours plus taii survint une hémorrhagie très considérable, qui persista pendant quinze jotft el réduisit la malade à un état de faiblesse extrême.
Dans les différents cas auxquels nous venons de faire allusion, Vhémorrhagie a été ou bien tout à fait insignifiante, ou bien compro-
citante par son abondance, mais elle ne s'est pas accompagnée des mptômes ataxiques ou ataxo-adynamiques qui indiquent une allé- Uon profonde du sang. Cette forme de la rougeole est heureusement rt rare : nous ne sachions pas qu'à Genève, dans les grandes épidéiet de 4847 et de 1852, on en ait observé un seul exemple. Nous en (ODE recueilli un seul à l'hôpital. Nous insérons ici cette observation tnme un type de cette variété de la rougeole grave.
BttVATioif. — Fille de quatre ans.— Rougeole hémorrhagique et ataxique. — Hématurie. — Mort rapide.— Ecchymoses et infiltration sanguine dans un grand nombre d'organes.
Labourot, fille âgée de quatre ans, était entrée une première fois 5 l'hôpital «r une légère bronchite; elle n'avait passé que deux jours dans les salles, ■ affection n'était pas assez grave pour nécessiter un séjour plus prolongé. lie jours plus tard on nous ramena cette jeune fille. Sa mère nous apprit que depuis sa sortie de l'hôpital elle avait continué à air de la toux sans fièvre, mais que depuis trois jours elle était de nouveau ■bée malade; elle s'était plainte de faiblesse; la toux avait augmenté; fpétit avait été complètement perdu, la soif était plus vive ; il y avait eu du itoftement et quelques vomissements. Le troisième jour, on avait aperçu de la Qgeur de la face et du larmoiement. L'éruption se fil dans la journée. Nous ne ■es l'enfant que le lendemain, quatrième jour. Elle était dans l'état suivant : Constitution forte, embonpoint, chairs fermes, cheveux blonds, yeux bleus. eafaot change à chaque instant de position ; elle est dans une anxiété extrême, i lace est bouffie et injectée ; les yeux sont larmoyants; les narines sont ndteuses, bouchées, les lèvres couvertes d'un dépôt . blanchâtre, pseudoesnbraneux. La peau est brûlante ; le pouls bat 170 ; il est très petit ; il y a (Inspirations inégales; les ailes du nez ne sont qne légèrement dilatées. Des m côtés en arrière la respiration est forte et pure, la percussion sonore. Eu ait la percussion est sonore ; des deux côtés, surtout à gauche, on entend m$ l'inspiration et l'expiration un peu de gros râle assez sec; les battements l cœur sont clairs, distincts; un peu de toux ; pas d'expectoration. La langue t humide, jaunâtre, on ne peut voir la gorge. L'abdomen est tendu, ballonné ; ne parait pas douloureux à la pression : on ne sent ni le foie ni la rate. La If est extrêmement vive. Les parties génitales externes sont souillées de sang, d paraît provenir d'une hémorrhagie vésicale ou vaginale. On voit à rentrée I vagin un caillot assez volumineux. Toute la surface du corps est couverte (petites taches rougeâtres, morcelées, rapprochées les unes des autres, mais liées, très légèrement saillantes, d'une teinte un peu violacée. Elles sont rares ir l'abdomen ; sur le cou, on voit quelques petites ecchymoses. Six heures plus rdf les taches de l'abdomen avaient pris une couleur violette foncée, et étaient moues de véritables taches de purpura. L'état général persistait le même ; axlété n'avait pas diminué ; les draps étaient souillés par de l'urine sangui- Aente; les matières fécales étaient d'une couleur brune noirâtre. Nous vîmes wore l'enfant dans la nuit; l'anxiété n'avait pas diminué. Elle mourut le Bdemain à cinq heures du matin.
A l'autopsie, pratiquée vingt-neuf heures après la mort, par un temps froid . humide, nous constatâmes les lésions suivantes, dont nous abrégeons a stsein la description :
378 Maladies GÊNéfULjiâ aiguës spécifiques.
1* Il n'y avait aucune roideur cadavérique, pas de signes de putrébcuna. Toute la surrace du corps était couverte d'ecchymoses.
2° L'encéphale et ses membranes étaient parfaitement sains.
3° Le larynx était à l'état normal ; la trachée et les bronches avaient ut rougeur uniforme qui ne disparaissait pas par le lavage.
4° Les plèvres étaient saines.
5* La languette du poumon gauche et le lobe moyen droit offraient me hépalisation tabulaire médiocrement étendue. Les lobes inférieurs des deu poumons étaient violacés, et donnaient à la coupe issue à une grande quantité de liquide spumeux et sanglant.
6* Le péricarde présentait trois petites ecchymoses au-dessous de ton feuillet viscéral.
7° Le cœur avait son volume ordinaire ; il était ferme ; l'endocarde n'étok pas coloré. Les oreillettes contenaient une assez grande quantité de sang BfAfte noirâtre, et quelques caillots gélatineux. Du sang liquide remplissait fo ventricules. Le système veineux abdominal était gorgé d'une grande < de sang.
8° Le pharynx, l'œsophage et l'estomac n'offraient aucune altération.
9° L'intestin grêle présentait quelques plaques de Peyer rouges et i
10° Le gros intestin renfermait un mélange de matières verdâtrea et &Qh Tâtres peu épaisses ; la membrane muqueuse avait une couleur d'un rouf violacé inégalement répandue : en quelques points, elle était d'un rouge vu j en d'autres, d'un rouge noir sous forme de plis transversaux. Au niveau jjf i'arc du côlon, la couleur d'un rouge noir était générale; seulement sur dk tranchaient des lignes moins foncées et des points jaunâtres (orifices fblttcolaires). a partir de l'arc du côlon, les ecchymoses diminuaient jusqu'au rectum. La consistance de la membrane muqueuse était bonne partout, e| m épaisseur normale, il existait un épanchement sanguin entre les lames da mésentère et dans le tissu celllulaire sous-pérftonéal qui tapisse le flanc gauche,
11° Les ganglions mésenlériqucs, le foie et la rate étaient sains.
V2° Les reins étaient volumineux, leurs deux substances distinctes; h membrane muqueuse des bassinets avait une teinte d'un noir foncé due | l'infiltration d'une grande quantité de sang; elle paraissait ainsi épaissie et comme granulée. La vessie contenait beaucoup de sang, ainsi que les uretères; la membrane muqueuse offrait deux petites ecchymoses.
Remarques. — Les auteurs qui ont décrit les formes graTet de la rougeole et admis les espèces ataxtques et adynamiques, ont rangé au nombre des accidents qui constituent cette dernière variété, kl hémorrhagies cutanées ou muqueuses. On a pu s'assurer, par la lecture de notre observation, que cette assertion est loin d'être, exacte, On pourrait peut-être expliquer la différence des résultats par }'(M de santé au début. Ainsi, lorsque la rougeole hémorrhagique se d$flh loppe chez un entant fort et bien portant, elle sera atavique; Utâf que quand elle survient chez un enfant déjà malade, elle sera adymmique. Nous avons vu, en effet, l'état de santé antérieure établir uni différence notable entre les varioles hémorrhagiques primitives ou secondaires. Nous ferons remarquer que les phénomènes les plus
fiOUGKoi*. 279
saillants dans l'état général de notre jeune malade étaient l'oppression et l'anxiété extrême. Ces symptômes dépendaient probablement de la viciation du sang; du moins il nous semble plus rationnel de les rattacher à cette cause plutôt qu'à la congestion sanguine des poumons, qui ne s'est effectuée que dans les dernières heures de la vie, puisqu'à l'époque où nous avons pratiqué l'auscultation le bruit respiratoire était parfaitement pur des deux côtés en arrière. Nous avons déjà dit qu'il n'était pas très rare d'observer, au début de la rougeole, une oppression excessive dont l'état des voies respiratoires ne rendait pas toujours un compte satisfaisant.
IX. Accidents cérébraux. — 1° Névroses. — Nous avons signalé tout à l'heure les différences qui existent entre la rougeole et la scarlatine sous le rappQrl de la fréquence de certaines complications (ies phlegmasies des membranes séreuses et les hydropisies). La différence n'est pas moins remarquable quand il s'agit des accidents cérébraux. La scarlatine ataxique essentielle, c'est-à-dirc^cclle dans laquelle l'ataxie n'est le résultat d'aucune complication, est une des formes les plus graves, et souvent les plus fréquentes de la scarlatine épidémique. La rougeole ataxique essentielle est au contraire une maladie tout à fait exceptionnelle. Lorsque l'on observe des accidents cérébraux graves au début de la rougeole, c'est le plus ordinairement sous forme éclamptique qu'ils 6e montrent; plus tard, on peut observer soit un délire inteuse, soit de la contracture (1).
C'est presque exclusivement sur les très jeunes enfants dans le cours de la première et de la seconde année, principalement à l'époque de la dentition, que l'on observe 1 eclampsie. La gravité de cet accident dans ces circonstances avait été bien appréciée par J. Frank. Voipi en quels termes il s'exprime: Spasmi sive convulsiones, iruptionem prcecedentes, impriniis sud dentitione, magnum periculum protendunt. Dans l'épidémie de 1847, deux enfants ont succombé à des attaques réitérées d'éclampsie survenues pendant les prodromes et suivies de symptômes comateux. Un autre enfant, gravement atteint, a guéri après avoir eu seize attaques. Quand l eclampsie n'est pas accompagnée d'une autre complication, elle ne rend pas l'éruption anormale ; preuve qu'elle n'est pas elle-même le résultat d'une phlegqiasje cérébrale. Il existe dans la science des exemples bien avérés de convulsions qui put succédé à la rétrocession de l'exanthème.
M. Brachet, dans son Traité des corwfdsions (2), rapporte l 'observation très curieuse de trois en lai ils de la même famille qui furent atteints de violentes attaques d'éclampsie à la suite de la disparition de l'éruption, sous l'influence d'un brusque refroidissement.
(I) A l'hôpital, cinq malades nous ont offert des symptômes cérébraux : contusions deux fois, contracture une fois, délire intense deux fois. (2; Pige 305.
Chez la fille afnée, âgée de six ans, les convulsions, qui survinrent te deuxième jour de l'éruption, durèrent trente-six heures et ne cessera* qu'avec la vie. Les mêmes accidents, qui débutèrent à la même époque, enlevèrent son frère, âgé de trois ans et demi. Une troisième fille de neuf mois fut prise, après la rétrocession de l'exanthème, de violentes convulsions qui le dissipèrent pour reparaître avec une nouvelle violence le cinquième jour, pin elles disparurent pour ne plus se reproduire. La guérison fut complète.
A côté des cas d'affection convulsive cités plus haut, nous insérerons ici l'abrégé de l'observation d'une jeune fille de six ans, qui a offert des symptômes rachidiens assez remarquables.
Le deuxième jour de l'éruption, elle fut prise de vives douleurs dans 11 colonne vertébrale, qui augmentaient par la pression sur les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires, ha jambes étaient rétractées, la fièvre intense ; du reste, il n'y avait ni céphalalgie, ni constipation, ni vomissement. Ces symptômes durèrent pendant huit jours; ils se dissipèrent alors. La malade conserva pendant quelque temps de la niblesse dans les jambes. Plus tard, la guérison a été complète.
2° Névralgies. — Les névralgies primitives ou secondaires sont fort rares chez les enfants ;' nous n'en avions pas observé d'exemples! l'hôpital. Dans l'épidémie de 1847, quelques enfants en ont été atteints soit pendant les prodromes, soit pendant la convalescence. Noos citerons en particulier les deux faits suivants :
Une jeune fille de sept ans, qui avait eu une rougeole très intense, mais sus complications, était restée un peu pâle, amaigrie, sans appétit. Dix joint environ après l'éruption, elle fut prise tout à coup, au niveau des dernières fausses côtes gauches, d'une douleur assez intense pour lui arracher des cris; elle ne toussait pas et n'avait ni fièvre ni oppression ; la respiration était parfaitement pure. L'accès, qui avait commencé à huit heures du soir, et fort alarmé ses parents, disparut vers minuit; le lendemain l'enfant était très bien portante ; mais l'accès se reproduisit la nuit suivante avec la même intensité, La douleur occupait un espace circonscrit que la petite malade indiquait très bien avec l'extrémité du doigt.
la névralgie dura en tout huit jours ; les accès diminuèrent progressivement de longueur et d'intensité, et finirent par disparaître sans qu'on eût employé d'autre remède que des cataplasmes.
Chez un autre enfant, âgé de deux ans, qui était aussi convalescent, il survint pendant trois jours, à onze heures du soir, de violentes doulenrs abûV minales qui n'étaient pas accompagnées de gonflement du ventre, et que 11 pression n'exaspérait pas. 11 n'y avait pas de diarrhée.
La première crise seulement fut suivie de vomissements. Vers les trois heures du matin elle se calma, puis elle disparut ; les deux jours suivants, elle se reproduisit à la même heure de la nuit que la première fois, mais moins intense. Pour en prévenir le retour, nous fîmes faire des frictions avec 1 gramme
le sulfate de quinine, sur l'abdomen, et le quatrième accès manqua. La guérten fut complète.
X* Maladie» générales aiguës spécifiques. — 1° Il n'est pas rare de roir diverses éruptions coïncider sur le mémo malade ; il est aussi Bissez fréquent de les voir se succéder à des intervalles plus ou moins Éloignés. Ainsi, à l'hôpital, nous avons vu sept fois la scarlatine, douze fois les éruptions varioliques et trois fois l'érysipèle de la face se réunir à la rougeole. En ville, nous n'en avons pas observé un seul exemple. Nous avons déjà dit quelques mots de la coïncidence de Fane ou de l'autre de ces éruptions avec la rougeole ; nous devons ajouter ici que cette réunion a pour effet certain de rendre l'exanthème morbilleux anormal; il en résulte alors une grande difficulté pour le diagnostic.
Nous donnerons comme exemple les descriptions suivantes:
Despinois, fille de sept ans et demi, était à l'hôpital pour nn impétigo du cuir chevelu et un eczéma des paupières. Un jour, elle est prise de fatigue, d'anorexie, de céphalalgie ; peu après, il se déclare une fièvre peu violente, et les mêmes symptômes persistent pendant quatre jours. Nous voyons la malade lorsque son éruption existait depuis une vingtaine d'heures environ. 11 y avait sur la face une rougeur générale très vive, mêlée de petites plaques d'un rouge plus foncé, arrondies et un peu saillantes. Sur le tronc, les petites plaques étalent encore pins distinctes, bien que réunies par une rougeur scarlatinense. Sur les genoux, au contraire, les taches rubéoliques, très distinctes, formaient des demi-lunes dont plusieurs cependant étaient réunies par de larges rougeurs non saillantes et d'aspect scarlatineux. Le lendemain, c'est-à-dire à la fin du second jour, les taches rubéoliques étaient moins tranchées, et la scarlatine persistante n'offrait cependant qu'une teinte générale rosée ; mais une desquamation abondante et par larges plaques se faisait sur le cou et les cuisses. Les rongeurs allèrent ensuite en diminuant, et le sixième jour elles n'existaient plus : la desquamation persistait générale et par larges plaques. Le douzième jour de l'éruption, cette large desquamation était terminée, et il s'en faisait une nouvelle farineuse et furfuracée sur le cou et l'abdomen.
Ainsi, chez cette petite malade, les deux éruptions se sont dévelop- ; et ont marché simultanément. La rougeole, plus irrégulière que la scarlatine, n'a guère eu qu'un jour d'accroissement et deux jours de décroissance; elle n'a pas pris la couleur rouge cuivrée; la desquamation scarlatinense a précédé la desquamation rubéolique. C'est seulement à la réunion des deux éruptions qu'il faut attribuer leur anomalie, car nulle complication grave n'existait, bien que la malade présentât d'ailleurs réunis les autres symptômes des deux affections, c'est-à-dire une angine très légère et une bronchite assez intense qui, plus tard, se compliqua d'une pneumonie tabulaire, mais se termina par la guérison.
l'intensité des symptômes pharyngés et bronchiques est en rapport inverse de l'intensité de chaque éruption. Ce résultat, en apparence singulier, s'explique aisément si l'on se rappelle que, dans bon nombw de cas, il existe une sorte de balance entre la phlegmasie de la peau et celle des muqueuses, et que si, par une cause quelconque, la première diminue, on voit s'accroître la seconde; en sorte que, si II scarlatine fait disparaître la rougeole, la bronchite doit augmenter. Nous ne donnons pas, du reste, ces résultats comme constants. Le second fait que nous avons cité (page 282) semblerait noua contredire; dans ce cas,, il n'y eut ni bronchite ni angine, ou plutôt ella furent aussi légères l'une que l'autre. Mais on doit se rappeler qu'il existe des exemples bien prouvés de rougeole sans bronchite et de scarlatine sans angine.
2° Coqueluche. — Nous avons, dans le chapitre relatif à cette maladie, insisté sur les complications de la rougeole et de la coqueluche; nous y renvoyons le lecteur.
XL Gangrène. — Fréquence. — A l'hôpital, la gangrène complique fréquemment la rougeole, elle se développe à la suite de toutes kl espèces normales, anomales, primitives ou secondaires. En ville, il n'en est plus de même. Sur plus de quatre mille malades atteints de rougeole dans les épidémies de Genève de 1867 et de 1852, un seul è succombé à une vaste gangrène de la face; c'était le seul eufantqut eût été atteint du noma. Hais, toute rare qu'est cette complication dans la pratique civile, on retrouve encore l'influence de l'exanthème comme cause prédisposante. Ce cas de gangrène est en effet le seul que l'un de nous ait observé à Genève depuis qu'il y exerce la médecine. Les résultats de la pratique de nos confrères coïncident avec les siens (nous ne parlons pas ici de cette lésion de la peau qui succède à l'application d'un vésicatoiré et qui est plus souvent diphthéritique que gangreneuse; celle-ci n'est pas très rare).
Caractères anatomiqucs et siège. — Les caractères anatomiques de la gangrène sont les .mômes que ceux déjà décrits dans une autre partie de cet ouvrage.
Le plus ordinairement, c'est la bouche qui en est le siège, soit les gencives et le repli gengivo-Iabial correspondant, soit un point quel* conque de la face interne des joues; elle est bornée à la cavité buccale ou s'étend jusqu'à la peau, et de là gagne une portion plus ou moins étendue de la face.
Après la bouche, c'est le poumon que la gangrène envahit le plus souvent, soit d'emblée, soit à la suite d'une pneumonie; ces gangrènes du poumon sont lobulaires comme la pneumonie, ou bieft étendues à une grande portion de l'organe. Assez souvent elles forment des cavités ou cavernes plus ou moins considérables.
La gangrène se développe aussi dans le pharynx ou le larynx» et présente les caractères que nous avons indiqués ailleurs. Lorsque
nue siège la mortification, elle peut occuper les •vous deux observations extraites des jour-
iits Ages de quatre à sept ans ; à l'autopsie du .iiiiiK* et offrait à sa partie postérieure, au niveau . M' <;ruiion à bords rouges et irréguliers ; le fond ■i: noirâtre (1). »
: i mort survint le vingt-deuxième jour, et à l'autopsie le
> rxiir une teinte rouge foncée. Le sinus gauche présentait
■• ■ ■■ li.itulouses a bords noirâtres, irréguliers : ces ouvertures
ni avec une petite cavité dont le fond était également noir, et se
. i*- au-iies>ous de la membrane muqueuse (2).
•il qui nous appartient, il s'agit d'un enfant mort des suites de la . de !<i \ariole et de la rougeole survenues toutes trois dans un très • [K:ce de temps. Il existait une gangrène du poumon et du pharynx; •■■ -.i ^Vuiit prolongée jusque sur la muqueuse de l'épiglotte et des cartilages -»ï:i ■'■ïnmk's. L'altération s'arrêtait au niveau des vocales supérieures; il exis- :.i.i ;;iio petite ulcération non gangreneuse en arrière de la corde vocale intérieur? droite ; la membrane avait une couleur d'un gris noirâtre et s'en allait en détritus; le tissu sous-jacent était parfaitement sain et l'odeur était gangreneuse (3).
Apparition. — Complication beaucoup plus tardive que celles dont ions avons déjà entretenu nos lecteurs, les gangrènes ne débutent père qu'après la rougeole terminée, et pendant le cours des autres : implications, c'est-à-dire du treizième au trentième jour, quelqueïfcbroéme plus tard. Il résulte de ce fait que Ton pourrait regarder pki gangrènes comme la conséquence des autres maladies survenues pins le cours de l'exanthème, et non comme la suite de la fièvre .^âruptive elle-même.
* liais si l'on veut remarquer que les gangrènes surviennent fréquem- "hent dans le cours des complications de la rougeole, et très rarement
i la suite de ces mômes maladies quand elles sont primitives, on
(1) Observation de laryngite gangreneuse à la suite de la rougeole, etc., par le facteur Th. Guibert, Nouv. bibUoth.méd., t. IV, p. 63.
(1) Laryngite gangreneuse à la suite de la rougeole, dans Journ, génér. des JtfcN*, i" année, 1828, p. 101.
(S) Gangrène de la bouche 8
— du poumon 4
— du pharynx 3
— du larynx • 1
U gangrène s'est développée sur plusieurs organes à la fois chez le même mairie, eo sorte que nous n'avons en tout que onxe enfants atteints de gangrène fibéoliqne. Les différences entre les chiffres que nous donnons et ceux qui se ttwvent dans les chapitres destinés à la gangrène résultent de ce que nous avons tapranté quelques faits à divers ouvrages de médecine pour composer ces chapitres. Ici, au contraire, nous nous servons seulement de ceux qui nous appartiennent.
$86 MALADIES GÉNÉRALES ÀIGtJES SPÉCIFIQUES.
restera convaincu que la rougeole a une tendance toute particulière à produire cet état cachectique ou scorbutique dont la gangrène est un des plus remarquables résultats.
Une dernière preuve enfin que la mortification ne doit psi être Itliribuée seulement aux complications rubéoliques, est qu'on I* fUH quelquefois se développer à la suite de la rougeole chez des enfaoti qui ne sont atteints d'aucune autre complication importante.
Une fois développée, la gangrène se lait reconnaître aux syniptOma que nous avons énumérés ailleurs, marche d'ordinaire avec rapidité, et détermine la mort dans un intervalle d'un à deux septénaires, rarement plus ou moins.
Dans le seul cas de guérison que nous possédions, nous avons vu h gangrène de la bouche développée en même temps que la rougeole* os peut-être avant, aller en augmentant pendant vingt-deux jours; à partir du vingt-troisième elle décrut, et le trente et unième* l'ulcéra* tion, qui eu était la suite, fut cicatrisée.
XII. Tubercules. — Hoffmann publia l'un des premiers que 14 rôtigeôle était quelquefois suivie de phthisie (1); depuis lui, ptusietiri médecins répétèrent cette observation. Ainsi, dans une épidémie observée par Kortum, les malades étaient souvent atteints de phthisie qui débutait d'une manière aiguë, bien que 1 éruption eût été fort légère. Il n'est pas rare, dit Fleisch (2), auquel nous empruntons la Citation précédente, de voir ht lièvre hectique ou une véritable coofcompiion accompagner les accidents thoraciques qui succèdent à la rougeole. La justesse de ces remarques a été confirmée par l'autorité dé Joseph Frank. Voici en quels termes il s'exprime : Phthisis pulmh halîs in iis prœsertim qui jam ante morbillorum adventum tuberculit pulmonis laborarunt, occunit (3).
« De toutes les maladies éruptives, dit Guersant, je n'en connais pal qui accélère davantage le développement des tubercules; à tel point que, dans des cas où l'on aurait des doutes sur l'existence de ces productions morbides, regardant presque la rougeole comme une pierre de touche, je me prononcerais pour la négative, si l'individu s'était complètement rétabli à la suite de cette éruption (U). »
H. Rayer affirme que la rougeole peut provoquer le développement des tubercules pulmonaires, et que souvent aussi elle en hâte les progrès (5).
(1) Finito etiam morbo, si tussicula cum raucedine persislit, nisi cito tdonrfs succurratur remediis, in phthisin et hecticam fit transi tus. — F. HoCTmaooi OfXri omnia» 1748, t. IV, p. 63, De febre morbillosd.
(2) Fleisch, Handbuch ueber die Krankheiten der Kinder, 2 Bd., S. 160, 161.
(3) Praxeos médianes universœ prœcepta, de MorbiUis, t. II, p. 292.
(4) Dicl. de méd., 1827, t. XVIII, p. 316.
(5) Rayer, 1835, toc. cit., t. 1, p. 179; Andral, Clin, mc'd., 4r« étlit., t. Ht, p. 47.
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noncho-pneumonie, la pharyngo-laryngile, l'enléro-colite, sont iladies les plus fréquentes et en môme temps celles qui s'uuise plus souvent. La broncho-pneumonie est comme le centre r duquel se rangent les deux autres complications ; en effet, elle mpagne à peu près aussi fréquemment de l'une que de l'autre, s que la pharyngo-laryngile et l'entéro -colite ne se réunissent pas tonnent sans pneumonie concomitante.
tt autour de ces trois maladies secondaires isolées, ou réunies, iennent se grouper les autres complications dont nous avons et il serait, en réalité, superflu de rechercher toutes les alliances savent se faire entre ces nombreuses maladies intercurrentes, m. io
mouvement fébrile le soir. Ces symptômes se prolongent et augmentent, l'enfant est évidemment phthisique ; il meurt au bout de plusieurs mois ou même d'une année après sa rougeole sans avoir jamais eu un seul instant de santé parfaite. Dans ce cas encore! 1 nous semble évident que la rougeole a provoqué la tubercafi» tion.
Le plus ordinairement, la phthisie tuberculeuse, suite de rougeole, est générale ; mais il existe presque constamment une prédominai» de la tuberculisation ganglionnaire et surtout bronchique.
On peut l'expliquer par l'irritation des bronches et Pinflammatkl de leurs ganglions, presque constantes dans la rougeole. Mais il fat admettre que ce n'est pas seulement par irritation locale que la rougeole détermine la formation des tubercules; le nombre plusgraal des tuberculisations générales en est la preuve.
Si la scrofule et la tuberculisation sont sous la dépendance de II môme cause générale, la rougeole doit exercer sur elles une influeneft analogue. C'était l'opinion de Selle, qui admettait une grande afBnitf entre l'humeur de la rougeole et la scrofule.
Bien que Frank et d'autres auteurs aient constaté cette doctrine, il i est hors de doute que l'exanthème morbilleux détermine quelquefoi ' l'apparition des ganglites tuberculeuses, ou aggrave ces affections eh» < les sujets qui en sont déjà atteints. Nous avons vu, en 1847, chs quelques enfants, des ganglions cervicaux acquérir un volume MM considérable après la rougeole, et rester ainsi volumineux et induril comme ils le sont chez les scrofuleux. Nous avons vu aussi chexui entant né de parents phthisiques, une tuméfaction du coude dégénérer après l'éruption en une véritable tumeur blanche avec aboèi fistuleux, en même temps que les ganglions cervicaux s'hypertrophiaient. Ajoutons cependant que, dans un autre cas de tumeur blanche de l'articulation coxo-fémorale, la fièvre éruptive, non-seul* ment n'a pas accru la phlegmasie, mais qu'elle l'a môme avantages* sèment modifiée.
Voici ce fait tel que nous l'a communiqué le docteur Strœblin :
Observation. — Un enfant de six ans était atteint d'une coxalgie de la hanche droite qui durait depuis trois mois. L'articulation élait tuméfiée; ft s'était formé un abcès et une fistule qui fournissait une assez grande quantilft de pus; mais la tête de l'os n'était pas sortie de la cavité cotyloîdc. Soal l'influence de la rougeole, le gonflement a diminué, ainsi que la douleur; Porificc fistuleux s'est cicatrisé, et quinze jours après la disparition de l'exanthème, l'enfant commençait à marcher le long des chaises, tandis qu'auparavant il était retenu au lit et dans l'impossibilité absolue de se mouvoir.
Dans ce cas, la modification locale que la rougeole a opérée dans cette hanche malade, peut être comparable à celle que nous lui rons produire dans certaines maladies chroniques de la peau.
Conclusions. — Dans le long article que Ton vient de lire, nous roDs mis successivement sous les yeux du lecteur toutes les corapliitions qui peuvent survenir pendant la rougeole; nous avons aussi lerclié parquets liens elles tiennent à cette fièvre éruptive, et l'on a ù. voir que l'on peut à juste titre les diviser en trois espèces. Les unes établissent un rapport intime entre la rougeole et le cairrhe; ce sont les fluxions et les phlegmasies des diverses muqueuses A du poumon, telles que la bronchite, la broncho-pneumonie, la pharyngite, la laryngite, la colite, qui sont les plus fréquentes. Dans la même classe, mais k une distance éloignée, nous trouvons les Mites, les oph thaï mies, le coryza, la stomatite, la leucorrhée, qui complètent ainsi l'ensemble de l'inflammation de toutes les muqueuses bns la rougeole.
D'autres indiquent une altération plus profonde et plus grave de l'économie: ce sont les hémorrhagies, les gangrènes, les tubercules.
L'énumération qui précède suffit pour démontrer que la rougeole eit une affection générale, et qu'on doit chercher en elle autre chose qu'une maladie de la peau.
La troisième classe de complications comprend des maladies qui s'ont aucun rapport avec la rougeole, et doivent plutôt être considérées comme des affections intercurrentes que comme des dépendances de la fièvre éruptive. Telles sont : les maladies générales •ignés spécifiques, certaines inflammations, les hydropisies, les névroses.
La rareté des hydropisies et des phlegmasies des membranes séreuses indique que la rougeole simple ne s'accompagne d'aucune fluxion vers ces membranes.
Jusqu'à présent nous avons cherché h apprécier l'influence séparée de chaque complication sur la fièvre éruptive; il nous reste maintelent à voir comment elles s'unissent entre elles; il est rare, en effet, qu'âne rougeole compliquée le soit par une seule maladie; le plus souvent, plusieurs existent conjointement ou se succèdent, de manière que la mort n'arrive qu'après une série d'accidents non interrompue.
La broncho-pneumonie, la pharyngo-laryngitc, l'en léro- colite, sont b maladies les plus fréquentes et en môme temps celles qui s'unistent le plus souvent. La broncho-pneumonie est comme le centre lutour duquel se rangent les deux autres complications ; en effet, elle l'accompagne à peu près aussi fréquemment de Tune que de l'autre, andis que la pharyngo-laryngitc et l'entéro -colite ne se réunissent pas réqueraraent sans pneumonie concomitante.
C'est autour de ces trois maladies secondaires isolées, ou réunies, ue viennent se grouper les autres complications dont nous avons irlé, et il serait, en réalité, superflu de rechercher toutes les alliances ni peuvent se faire entre ces nombreuses maladies intercurrentes,
MO maladies gènéiuies aiguës spécifiques.
Il suffit de savoir qu'elles peuvent s'unir toutes entre elles, même la gangrène et les tubercules, et que, dans cette réunion, réside une des causes les plus puissantes de dépérissement et de mortalité.
Nous venons de passer en revue la plupart des complications qti nous avons observées nous-mêmes, et qui nous paraissent à la fois lei plus fréquentes et les plus importantes. Mais Ton trouve dans la plupart des traités de pathologie ou dans les monographies sur la ron» geôle l'énumération d'un grand nombre d'autres accidents qu'il est! peine nécessaire de mentionner, car ils peuvent être la conséquence de toutes les maladies de l'enfance, ou bien ils leur sont tout à H étrangers; telles sont l'amaurose, la chorée, les ulcéra tions des doigts et la carie des os sous-jacents, le scorbut, les lésions du cœur et de l'aorte, etc. (J. Frank). (Voy. Historique.)
Faisons remarquer enfin que la nature et la fréquence des complications varient suivant les épidémies. Aussi, en parcourant les annales de la science, on voit tantôt les accidents laryngés, tantôt les symptômes pulmonaires, tantôt les phénomènes abdominaux prédominer. M. Heyfelder a observé, dans une épidémie de rougeole, que quelques complications sévissaient dans certaines localités, tandis que d'autre» villages voisins en étaient épargnés. Ainsi, dans une commune, la roi* geôle était compliquée d'angine pseudo membraneuse ; dans uneautre, il n'existait pas d'ophthalmie, tandis que, dans une troisième, il régnait une ophthalmie purulente.
Art. XX. — Influence de la rougeole iur les maladies pendant la court • desquelles elle se développe.
La rougeole qui se développe pendant le cours d'une autre maladie accélère généralement sa marche, ou en amène la recrudescence, si cette a Hect ion rentre dans le cadre habituel de ses complications; s'il n'en est pas ainsi, la rougeole peut entraver sa marche, la rendre irrégulière, ou même la guérir, cette guéiison étant momentanée ou définitive.
Ainsi, la rougeole vient-elle h se développer pendant le cours ou h convalescence d'une pneumonie, elle a pour effet presque inévitable de l'aggraver, ou d'en déterminer le retour on changeant parfois sa forme : nous avons vu des enfants convalescents d'une pneumonie primitive et lobulaire simple, être pris d'une rougeole qui provoquait une pneumonie lobulaire double. Mais, lorsque cette éruption survient à une époque où la pneumonie a déjà duré un certain temps, et n'est pas encore arrivée a résolution, elle surexcite la phlegmasie, et peut déterminer dans le parenchyme pulmonaire des lésions plus profondes Ainsi, sur les trois exemples de pneumo-thorax rubéoliqnei
w nous possédons, il en e*t un qui sVsl formé dans ces circoninces. La pneumonie activée par la rougeole a suppuré, l'abcès a té suivi de la perforation delà plèvre. En ville, nous avons vu des itarrhes broncho-pulmonaires et intestinaux s'aggraver sous l'iuluence de l'exanthème.
La rougeole qui survient chez des enfants tuberculeux hâte la mrche de leur maladie; et ici, en effet, la fièvre éruptive agit de fax manières: d'abord elle détermine sur le poumon et les bronches une fluxion sanguine qui doit activer révolution et le ramollissement du produit accidentel. En second lieu, la pyrexie étant une «use de tubercules, en provoque facilement une éruption nouwlle.
La question que nous abordons ici nous semble importante, parce qu'elle forme la contre-épreuve des assertions que nous avons émises en parlant des rapports delà t :herculisatinn avec les autres fièvres commues. Aussi, nous avons avancé que la fièvre typhoïde, la variole et li scarlatine repoussaient la tuberculi>ation, et nous avons cherché om preuves surtout dans les faits suivants : 1° ces affections n'engendrent pas latuberculisation ; 2° elles atteignent rarement les individus toberculeux, surtout ceux chez lesquels la cachexie est déclarée; S* elles semblent exercer un? influence favorable sur les tubercules, qu'elles font passer à l'état crétacé.
Nous croyons que la rougeole suit une loi toute contraire. Ainsi nous avons vu qu'elle est l'origine delà tuberculisatioit dans un vsezgrand nombre de cas. Nous ajoutonsqu'il n'est pas rare de la voir le développer chez des enfants phthisiques. Ainsi, trente de nos mandes avaient des tubercules en quantité variable au moment où ils ont pris la rougeole, et sur ce nombre le tiers était tuberculeux à un degré assez avancé.
Eufin, nous croyons que la rougeole aide au développement de iiouttaux tubercules, accélère la marche de ceux déjà déposés, et n'a •ocune tendance à les faire passer à l'état crétacé.
Nous disons que la rougeole favorise un nouveau dépôt de tubercules, parce que chez plusieurs des entants dont nous parlions tout • l'heure, nous avons vu à la suite de l'exanthème les symptômes de h maladie chronique marcher avec plus de rapidité qu'avantla fièvro éruptive; K que chez bon nombre l'autopsie, faitequelquetcmpsaprès b rougeole, nous a montré, au milieu des tubercules anciens, des granulations grises ou jaunes d'une date évidemment plus récente. On pourra objecter, il est vrai, qu'il eu est ainsi chez la plupart des tuberculeux; mais nous affirmons que ce fait existe surtout à la suite de la rougeole tandis qu'il est très rare chez les enfants qui meurent tuberculeux après avoir eu 1 une ou l'autre des trois autres fièvres cuninues.
H est évident que la rougeole accélère la marche des tubercules
Mi^JlK» -itfBBALIS AIGUËS SPÉCIFIQUES.
- u .. -t ires fréquent de constater à côté des grannli- -, r ... -..Mi* iMuioiis tout à l'heure des tubercules ramollii
^ t i* ^iiiier ici des cavernes, mais bien des tubercules
* , ^iiâuiivaiiL a perdre leur consistance, ou tout à fait ramollis,
..« ^w .| m prouve que le ramollissement n'est pas d'ancienne
.<u . tj>t : est surtout à la suite de la rougeole qu'on trooii
.? > ...muons» certaines excavations récentes qui renferment dft
^ . .iiicu.v lueieùe quelques débris tuberculeux. On ne sait au pn-
.. .-mu si oes cavités sont des cavernes ou des abcès; et en rit*
-;h ait une fonte purulente du tissu pulmonaire autour dai
..cii ui<& rapidement ramollis.
-.;>tu). :wus affirmons que la rougeole n'a aucune tendance à faim
*c^i e> lubereules à l'état crétacé. En effet, sur quarante enfaaii :
fcV^> ie a rougeole ou de ses suites, et à l'autopsie desquels noqi.
»v.i> ruuve des tubercules, quatre seulement nous en présentèrent!;
•iau /Ktucé. Sur ce petit nombre, trois fois la rougeole avait été ter*
.ûNàiv, c'est à- dire était survenue deux, quatre et cinq jours avant fc
.toit, ot en même temps elle venait à la suite d'une fièvre typhott^
i "uw scarlatine et d'une variole; par conséquent, il est impossible;
« i.mbucr à la rougeole terminale l'état dans lequel se trouvaient hl^
uîHnvuU*. 11 reste donc un seul fait dans lequel il nous paraît conf|
Mtmt que la rougeole a pu faire passer les tubercules à l'état cri
„tiiv<v devons-nous ajouter qu'à côté de quelques grains de mal
^itfrmia\ se touvaient des tubercules jaunes ramollis en beaui
yiu* yraiule quantité.
Si Ton compare ce résultat avec celui auquel nous sommes ani jtaw les chapitres précédents, il nous semble impossible de ne admettre l'exactitude de nos conclusions.
Nous venons de prouver que la rougeole aggravait les maladies wnlwnt dans le cadredeses complications. Au contraire, toutes les W qutf la fièvre éruptive survient dans le cours d'une affectiou dontellt uVstpas habituellement génératrice, il est possible qu'elle en suspendi U marche. On trouve dans la science plusieurs faits de cette ne»
lui*.
Nous avons vu nous-mêmes des chorées, des épilepsies et (kl incontinences d'urine qui duraient depuis plusieurs mois, guéri* par la rougeole ; nous possédons aussi un cas d'anasarque, suite dl noarlutinc, qui disparut au moment de l'éruption rubéolique.
D'après Alibert, MM. Rayer (1), Guersant et Blache (2), la roogeoM oxoivo souvent une influence silntairesur les maladies chroniques A ~-À la ponti. Notre expérience confirme celle de nos devanciers, car nom pouvons citer plusieurs observations d'enfants chez lesquels la 6èn«
(I) TraiW des maladies de la peau, t. I, p. 179. (ï) IMhnnaire de médecine, t. XXVII, p. 675.
éroptive a fait disparaître des impétigos et des eczémas chroniques do visage et du cuir chevelu, très anciens et très rebelles.
Un garçon de deux ans et demi avait un impétigo de la face assez considénfcle, avec tuméfaction des ailes du nez ; la maladie durait depuis deux mois ; k rougeole survient ; l'Impétigo diminue d'intensité, puis disparaît assez raplieneou Au bout de quatre mois la guérison ne s'est pas démentie.
Chez un garçon de sept ans, atteint d'un impétigo du cuir chevelu très tadn (croûte épaisse générale, alopécie), la rougeole, contractée au mois de février, améliore considérablement la maladie de la peau. Au mois de mai la périson est complète.
Dans les exemples précédents, la guérison a été durable ; l'effet curatif a été si prompt et si immédiat, et le* maladies chroniques do la peau ont si peu de tendance à disparaître par elles-mêmes, qu'il ot hors de doute que la rougeole a exercé une influence favorable. Cette influence serat-elle permanente? L'avenir seul pourra nous rapprendre; mais le fait suivant nous ferait un peu douter de la parfaite solidité de la guérison.
Un enfant de huit mois était atteint d'un eczéma impétiginodes de la face ; fa Jones étaient rouges, tuméfiées, couvertes de croûtes, les unes minces, les ■1res plus épaisses. Au pourtour des parties malades on voyait un grand Mnbre de vésicules et de pustules. La rougeole fait disparaître entièrement cette éruption, qui est remplacée plus tard par des furoncles sur le front et «rie visage; ils disparaissent à leur tour. Deux mois après le début de la rougeole, l'impétigo renaît dans toute son intensité. Enfin, pour tout dire, nous ■Motionnerons ici que, chez un garçon âgé de quatre ans, un impétigo qui Aurait depuis près de cinq mois a été plutôt aggravé, et que chez un autre garçon de trois ans un eczéma de l'oreille n'a subi aucune modification sous rbHoence de l'exanthème.
Ces derniers faits ne diminuent en rien la valeur des premiers; ils tendent à prouver seulement que les modifications imprimées par la rougeole ne sont pas constantes, et que ses effets curatifs ne sont quelquefois que temporaires.
L'éruption de la rougeole est trop superficielle et trop fugace pour qu'on puisse lut attribuer une influence locale analogue à celle de la nriolc. Aussi, sans nier complètement l'action topique de l'exanthème, nous sommes portés à attribuer la guérison bien plus aux modifications qu'imprime à l'organisme la maladie générale, qu'à l'exanthème raorbilleux lui-môme.
Art. X. — Pronostic.
La rougeole simple est une maladie bénigne qui doit guérir dans le plus grand nombre des cas; toutes les lésions d'organes par lesquelles
elle manifeste sa présence sont peu graves. La fluxion cutanée, bien que générale, est cependant peu intense et ne va pas au-delà de la stase d'une certaine quantité de sang. Les divers catarrhes qui l'accompagnent ne sont pas graves dans la grande majorité des cas.
Aussi est-il excessivement rare de voir mourir les enfants à la suite de la rougeole simple et par le fait seul de cette pyrexie. Pour nom, il ne nous a été donné que deux fois d'être témoins d'un fait de cette nature.
La rougeole donc ne devient grave que par les maladies dans le cours desquelles elle se développe, ou par suite des complications que peut entraîner l'état général. Dans le premier cas, la maladie estplos grave que dans le second, parce qu'une rougeoie secondaire peat aussi être compliquée (1).
On jugera que la rougeole marche simplement et arrive à sa guérison :
Si elle est primitive;
Si les prodromes ne durent que deux à quatre jours ; ou, si plus prolongés, ils sont, néanmoins, intermittents et peu graves ;
(1 ) Comme complément et preuves de ces idées, nous donnons ici le chiffre 4e la guérison et de la mortalité suivant les diverses espèces de rougeoles obtert en à l'hôpital. Nous avoos rangé parmi les rougeoles simples toutes celles qui l'tceoapagnaient de quelques-unes de ces complications légères qui, n'étant pas fébriles par elles-mêmes, n'ont aucune influence sur la marche de l'éruption : tels soet des catarrhes légers du pharynx et des bronches.
Rougeole normale primitive simple . . .
— — — compliquée . .
— — simple, santé antér. ignorée
— anomale primitive simple . . .
— — — et compliquée .
— — secondaire simple . . .
— — — compliquée. .
Espèce d'éruption ignorée :
— primitive simple
— — compliquée, ....
— secondaire simple
— — compliquée ....
— Santé antérieure ignorée, compliquée
Guéri».
Morts.
Total.
Les conclusions de ce tableau sont :
1° Que la rougeole normale primitive simple ou accompagnée de phlegmaffe légère des voies respiratoires et digestives guérit avec la plus grande facilité (ton* jours dans uos observations^.
2° Que la rougeole normale primitive et compliquée guérit a peu près aussi
Si l'éruption débute par la face, et s'étend de là à peu près pareille sur tout le reste du corps avec l'aspect déjà décrit ;
Si l'inflammation concomitante des muqueuses est peu intense ;
Si la réaction fébrile est modérée ;
Si l'éruption croit pendant un ou deux jours, puis décroit peu à peu avec les caractères dits ailleurs;
Si en même temps la fièvre diminue et disparaît aussi bien que la toux et les autres symptômes un peu graves ;
Si l'enfant perdant son aspect rubéohque ne prend pas une pâleur extrême ;
S'il demandée manger, s'il veut jouer au sortir du lit, s'il s'occupe volontiers et avec plaisir des personnes et des objets qui l'environnent ;
Si les nuits sont tranquilles et si le sommeil est naturel.
Au contraire, on jugera qu'une complication est imminente lorsque les prodromes auront duré plus de quatre jours et se seront accompagnés de symptômes graves, d'oppression, d'épistaxis, etc.;
Lorsque l'éruption n'aura pas débuté par la face et aura suivi une marche anormale.
Dans les cas où toutes les anomalies précédentes n'existeraient pas, et où l'enfant serait arrivé sans accidents jusqu'à la décroissance de la rougeole, on devra craindre encore une complication et regarder la maladie comme grave ;
Si la fièvre ne diminue pas en raison de l'éruption et ne cesse pas
fou veut qu'elle se termine par ta mort (ou se rappelle que dans les cas de ce genre la complication a dû naître après la période d'état de l'éruption).
3* Que la rougeole anomale primitive et compliquée est aussi souvent curable que mortelle (dans ces cas la complication a pris naissance avant la période d'état de l'éruption).
4" Que la rougeole anomale secondaire simple est mortelle dans la moitié des cas, mais la mortalité tient ici à la marche croissante de l'affection première et non à la rougeole.
5° Que la rougeole anomale secondaire compliquée est mortelle dans la très grande majorité des cas.
La plupart de ces résultats pouvaient être prévus. On comprend en outre aisément que, pour juger la gravite de la rougeole, il ne faut pas comparer le total général des morts à celui des guérisoos. On mettrait en présence des éléments trop dissemblables, et en outre on commettrait des erreurs graves ; car bon nombre de rougeoles secondaires sont survenues dans le cours de maladies mortelles et chez des enfants qui, en l'absence de la rougeole, n'auraient eu que peu de jours à vivre.
Les résultats fournis par la pratique civile ne s'éloignent pas beaucoup de reui-ci, quand on a soin d'établir les mêmes catégories. Mais ils sont, en somme, hien plus satisfaisants, vu la prédominance considérable des rougeoles simples ci la moindre gravité des compliquées.
après quelques jours, soit qu'elle augmente, soit qu'elle persiste aow forme d'un léger mouvement fébrile pi us intense le soir ;
Si, après l'éruption, la face reste rouge et vultueuse, ou bien, m contraire, prend une pâleur extrême;
Si la toux, l'oppression, le dévoiement persistent,, si les nuits sont agitées et sans sommeil ;
Si l'enfant reste triste, paresseux, sans appétit, s'il est dégoûté de tout ce qui l'entoure, et si les objets qui l'amusaient ou l'excitaient antérieurement n'ont pas d'empire sur lui, etc.;
Enfin, on jugera la rougeole grave dès l'abord, si elle naît pendant le cours ou la convalescence d'une autre maladie. Il est rare que, dam les cas de cette nature, elle n'aggrave pas la marche de l'affectioi antérieure, ou n'en détermine pas une recrudescence.
Nous n'insisterons pas sur le pronostic des diverses complications. Nous renvoyons le lecteur à l'article où il sera traité, et aux divers chapitres où ces maladies seront décrites.
Art. XX. — Cauxes.
Épidémies. — La rougeole est la plus fréquente de toutes les mi* ladies épidémiques de l'enfance. Lorsqu'elle revêt ce caractère, die frappe un nombre d'individus d'autant plus considérable que l'intervalle qui sépare ses atteintes est lui-même plus étendu. L'épidémie qui, en 1846, envahit les lies Féroë, est de toutes la plus remarquable sous ce rapport (1). Depuis 1781, on n'avait pas observé dans ces îles un seul casde rougeole, et pendant les mois d'avril et d'octobre 1846, sur 7782 habitants, plus de 6000 furent atteints.
D'après les auteurs, les épidémies seraient surtout fréquentes dans les premiers mois de l'année. À Genève, c'est dans les mois de mais et d'avril que l'on a observé le plus grand nombre de cas dans l'épidémie de 1847, et dans les mois d'avril et de mai dans eeUe de 1852.
Contagion. — La rougeole est éminemment contagieuse. D'après quelques auteurs, et en particulier le docteur Pan u in, la contagion serait la seule cause de l'exanthème. Le principe contagieux résiderait tout entier à la peau ; il ne s'exhalerait pas sous forme de miasme, et serait susceptible de reproduire la maladie seulement au moment où l'éruption existe. En d'autres termes, la rougeole ne serait contagieuse ni pendant les prodromes, ni à l'époque de la desquamation. Suivant le même auteur, après une suite de prodromes dont la durée est indéterminée, l'éruption aurait invariablement lieu treize ouqua-
(1) Voyez un intéressant mémoire du docteur Panum, de Copenhague (irc/wv-, de médeç'mo, auil 1831, p. 451).
BOL'GBOLB. 299
lecin a réussi dans plusieurs villages à préserver des maisons entières M interceptant toute communication. L'opportunité pratique de la séquestration n'existe guère que dans les cas où l'épidémie régnante est grave. Si elle est bénigne, il n'y a aucun inconvénient à laisser les enfants ex posés à la contagion d'une maladie dont ils doivent presque nécessairement être atteints une fois. Le danger qu'elle entraîne à un âge plus avancé justifie amplement ce conseil.
Dans ces dernières années, on a prôné, en Allemagne principalelient, un grand nombre de préservatifs de la rougeole. Ainsi Tourtnal(l) a vanté, le premier, la fleur de soufre; il fut amené à l'idée d'employer ce médicament en voyant que les galeux auxquels n faisait des frictions sulfureuses restaient à l'abri de la contagion.
Il remarqua aussi que, dans une épidémie de coqueluche et de rougeole, les enfants auxquels ou administrait la fleur de soufre étaient préservés de la fièvre éruptive. A la même époque, il employa ce médicament chez quatre enfaiits atteints de maladies herpétiques, et chez aucun d'eux la rougeole ne si: développa. Enfin, In. nie autres enfants aaïquels il donna le préservatif restèrent à l'abri de la rougeole. Sieberguudi (2) l'a aussi employé avec succès; tandis que Heyfelder (3) dit n'être pas le seul médecin qui ait vu le soufre ne pas mettre à l'abri de la contagion.
Nous avons vu nous-mêmes, à l'hôpital des Enfants, les galeux contracter très rarement la rougeole; mais nous avons ciu pouvoir attribuer ce îésultat bien plutôt à l'isolement dans lequel ces enfants «ont placés qu'à l'emploi des bains sulfureux dont ils font habituellement usage.
L'exemple que nous avons rapporté plus haut de ces deux jeunes Biles qu'une cure complète aux eaux de Schinznach, les plus sulfu- ■ttues d'Europe, n'a pas mises à l'abri de l'infection rubéolique, est •ne preuve du peu d efficacité du préservatif. Dans ce cas, l'éruption *6 fut pas même diminuée d'intensité, tandis que dans l'épidémie de 1867, l'un de nous a vu chez une jeune fille de deux ans, qui depuis un mois prenait des bains sulfureux, l'éruption être précédée, pendant quelques heures seulement, île picotement dans les yeux ; et quoique bien caractérisée, ne durer qu'un jour et demi.
Le docteur Wildberg {U) a proposé l'emploi d'un mélangea parties égales de vin antimonié d'Huxharn et d'oxymel scillitique; il donne aux enfants d'un an 10 gouttes de ce mélange, et aux plus âgés
(1) Hufeiands Journal, Feb., 1823.
(2) Seue Jahrbuchcr der deutseken Mcdicin, II ter, Supplcmcoiband. Jahrgaog. 1827 (cité par Bernt et Meissner).
(S) Loc. cit., p. 27.
(4) Cité dam Meissner, t. II, p. 501.
5 gouttes en sus par chaque année de plus. D'après Berndt (i), b fumigations chlorurées peuvent être utiles; mais on ne doit pas kl employer dans les salles de malades, parce qu'elles irritent lesorgans respiratoires. Le docteur Mandt (2) dit, dans une grave épidémie de rougeole, avoir prescrit la belladone comme préservatif à ungraii nombre d'enfants qui n'ont pas contracté la maladie.
Parmi les différentes médications dont nous venons de parler, las préparations sulfureuses peuvent, sans aucun inconvénient, être mitai en usage; et nous conseillerons aux praticiens de répéter des expériences à cet égard. L'oxymel scillitique uni au vin d'antimoine, <H la belladonne aux doses auxquelles on la prescrit dans la scarlatine, peuvent aussi être employés, mais avec plus de précautions. Non n'en dirons pas autant de la pratique de Matthews (3), qui, au débit de la fièvre éruptive, applique un vésicatoire sur la poitrine dans la but de diminuer l'intensité de la maladie, et de prévenir les affection thoraciques.
Les médications que nous venons de passer en revue sont d'un date récente. Beaucoup plus anciennement, on a proposé l'emploi <h l'inoculation (4). Home faisait de petites incisions sur les plaques lu plus saillantes de la rougeole; il imbibait dans du coton le sangqw s'en écoulait, et le plaçait immédiatement sur un point de la pen préalablement incisée. Douze enfants qu'il inocula de cette façoa furent pris le sixième jour xles symptômes généraux de la maladie. Monro et Look inoculèrent avec succès les squames, les larmes et II salive. Willan a réussi à inoculer la rougeole au moyen de la sérosité qui existait dans quelques vésicules accidentelles. Locatelli a répété ces expériences sans beaucoup de succès. Le docteur Speranza i inoculé la rougeole d'après le procédé employé pour la vaccine, de bras à bras.
Plus récemment encore, le docteur Michael de Katona (5) a inoculé avec succès 93 individus sur 100. Il se servait du sang, extrait M moyen de la lancette, des papules morbilleuses, au moment del'eflhh resceuce. Il a aussi employé les larmes des malades.
(i) Die Fieber, Lehre, etc., dans Analectm. V Heft, S. 85.
(2) Die Epidemien und Epizootien, etc. Berlin, 1828, cité par Berndt ((oc. dd S. 87).
(3) Froriep'sNotizen, n° 487, loc.cit.
(4) Monro, De vents lymphaticis valvulosis. Berlin, 1757, p. 58. — - Bucboer, De nonnullis ad insitionem morbilhrum specianlibus. Hal®, 17G6. — Spry, M* de variolis et morbillis iisque inoculandis. Ludg. Batav., 1767. — Homer, PH*m cipia medUHnœ, lib. 11, sect. 8, et Med. facts and Expérimente, p. 285, 1738.— Look, Gentlem. Magazine, 1765, p. 163. — Locatelli. Loder's Bemerkungen, etc. Leipz., 1812, S. 36. — Speranza, Hufelands journal, Bd. LXIV, S. 4; 1827.— Tous ces auteurs cités par Berndt (loc. c'a , S. 87-88).
(5) Gazette médicale, 1812, p. 401.
Nous pensons qu'il serait utile d'essayer l'inoculation dans les cas ù l'épidémie de rougeole serait grave ; et nous répétons avec Jos. tank, « qu'elle n'est pas, quoi qu'on en dise, tout à fait à mépriser. »
IL Traitement de la rougeole simple. — A. Pendant la durée de 'exanthème. — § I. Indications. — La rougeole simple et sans comfficationa est une maladie tellement bénigne qu'elle ne réclame ttcune médication active.
On doit se borner à des soins hygiéniques bien entendus, dont le «test de favoriser la marche naturelle de la maladie et d'empêcher 6 développement des affections secondaires.
Les indications sont donc :
1° De favoriser la prédominance de l'éruption à la peau ;
2* De diminuer l'irritation des muqueuses ;
ï* De prévenir toutes les causes de complications, et surtout le refroidissement ;
h° De combattre les symptômes pénibles ou violents.
| IL Examen des médications. — Boissons. — Les tisanes sont un ta meilleurs moyens de remplir une partie des deux premières indications; aussi, doit-on éviter l'emploi de celles qui sont acidulés, telles que la limonade, le sirop de framboises, de cerises, de vinaigre ; il faut, au contraire, choisir les tisanes émollientes ou légèrement fcphorétiques, telles que l'infusion de bourrache, de fleurs pectonies, de mauve, de violette, de bouillon-blanc, etc.
Ces boissons auront pour effet de porter légèrement à la peau, et de braiser la congestion cutanée qui doit prédominer dans la rougeole normale; en outre, elles diminueront l'irritation bronchique et pulmonaire. Elles devront toujours être données tièdes; froides, elles taraient l'inconvénient d'augmenter la toux.
Hygiène. — On couvrira les enfants assez pour les maintenir chaudement. Il ne faut pas oublier, en effet, qu'un refroidissement subit peut amener le développemment de complications inflammatoires. On fera donc tous ses efforts pour éviter que les enfants ne se découvrent Bal à propos; et s'ils ont l'habitude de déranger leurs couvertures pendant leur sommeil, une personne sera chargée de veiller auprès I eux et de les maintenir dans leur lit.
Pour la même raison, on évitera les courants d'air dans la chambre, Qriout pendant les six ou huit premiers jours de la maladie.
Mais, comme tout excès est nuisible, on devra ne pas multiplier S couvertures, qui fatigueraient les enfants, soit par leur poids, lit par les sueurs qu'elles provoqueraient. La chambre habituellement fermée, surtout si elle est vaste, sera, mis le cas contraire, ouverte de temps à autre; si le renouvellement e l'air est difficile, on enfermera le lit dans des rideaux, et on déferlinera un courant qu'on cessera dès que l'air aura repris sa pureté. elle opération, cependant, ne doit pas abaisser la température de
302 MALADIES GfcNÉRAT.tS A1GDES SPÉCIFIQUES.
l'appartement, et il sera bon d'avoir un thermomètre qui en indique exactement le degré, afin de la maintenir toujours égale de !2* à f3°ll Enfin, il ne faudra pas laisser régner dans la chambre une lumière trop vive; mais on aura soin d'y maintenir un demi-jour assez doux, afin de diminuer ou au moins de ne pas augmenter la congestiori oculaire
Régime. — Les enfants devront être maintenus à la diète absolue pendant tout le temps de la période fébrile. La congestion qui se fait sur la muqueuse intestinale, la facilité avec laquelle le dévoieraent se produit et persiste, indiquent assez la valeur de ce précepte. Il est rare, d'ailleurs, que les enfants demandent à manger pendant cette période; et lorsqu'ils le font, on les contente facilement avec leur boisson au avec quelques cuillerées de lait tiède sucré et coupé I moitié ou aux deux tiers d'eau ou de tisane; ce mélange, qui trompe leur appétit, constitue une excellente tisane émoi lien te.
On devra continuer ce régime pendant quelque temps, et donner une alimentation solide seulement lorsque l'enfant sera complètement rétabli. Nous reviendrons bientôt sur ce point.
Ces trois préceptes, faciles a suivre, forment la base du traitement de la rougeole simple; les suivants auront pour but de remplir quelques indications accessoires.
Médications spéciales. — La toux est-elle fréquente, forte et fatigante, sans cependant être le symptôme d'une complication aignê, intense, il sera utile de faire prendre un looeh blanc ou une potion gommeuse, qu'on administrera par petites cuillerées de demi-heure en demi-heure, jusqu'à ce que l'accès de toux soit calmé. Hufeland conseille en pareil cas le looeh suivant :
% Solution de gomme 30 grammes.
Huile d'amandes douces .... h grammes.
Extrait de jusquiame 20 centigrammes.
Sirop émulsif. 24 grammes.
On doit diminuer la doso de la jusquiame suivant l'âge. Joseph Frank recommande de donner seulement ô centigrammes à un enfant de quatre.
On pourra encore faire mâcher et avaler une ou deux pastilles d'ipécacuauha, qui, en si petite quantité, n'auront aucun effet vomitif ou purgatif, mais agiront seulement comme léger expectorant
Si la congestion oculaire est vive, le malade sera tenu dans l'obscurité; on lavera les paupières de temps à autre avec un linge imbibé d'eau de guimauve tiède, ptiis on les essuiera avec un linge sec, afin de ne laisser aucune humidité sur la figure.
Le coryza est-il un peu violent, on fera inspirer par le nez des vapeurs émollienics; on recommandera aux enfanls de le faire d'eux* mêmes s'ils sont assez âgés pour comprendre cette recontman-
ROCGKOM?. S03
latiofi. Dans le cas contraire il faudra s'en abstenir; on devra urtoot craindre tes fumigations de vapeurs émollientes qu'on fait « tenant la tête de l'enfant au -dessus d'un vase plein d'eau :bàode pendant qu'un linge, en les enveloppant, les met à l'abri la contact de l'air. Ces fumigations ont pour effet habituel d'augnenter la congestion céphalique, et peuvent par suite déterminer des ircidents.
Si l'éruption est un peu pâle et paraît se faire avec lenteur, en même mnps qu'il existe une trop grande congestion sur les voies aériennes, on devra chercher à exciter l'exanthème, soit par des cataplasme vinaigrés chauds, maintenus en permanence sur les membres et tnouvelés avant leur refroidissement; soit par l'addition, dans la potion gommeusede 2 à 6 grammes d'acétate d'ammoniaque; on peut sneore avoir recours à la formule de Henke, conseillée ailleurs (p. 212). Quelques prises de poudre de James, de 5 à 15 centigrammes, suivant l'âge, pourront aussi être utiles.
Si l'enfant est constipé, ce qui est rare, on donnera des demi-lavements avec de l'eau de guimauve, de son, ou de graine de lin, ou avec do lait; ces remèdes émollients auront l'avantage de maintenir l'intestin dans l'état normal sans le surexciter; et si, par ce moyen, on n'obtient aucune selle, il n'est pas nécessaire de chercher à en provoquer autrement, à moins qu'il n'y ait rétention des matières fécales.
Ces remèdes et ces précautions doivent être employés avec soin pendant les prodromes ei la période croissante de la roigeole ; on les continuera pendant la décroissance en lus modifiant selon les besoins do moment ; cependant on ne se relâchera en rien de la sévérité du régime, et l'on continuera à maintenir la température égale.
B. Traitement de la convalescence. — Hygiène. — On arrivera ainsi à la fin de la maladie ; et lorsque la fièvre sera tombée, que la soif ne sera plus vive, que les marbrures rubéoliques s'effaceront, si l'enfant demande à manger avec instance; si ces demandes sont l'expression d'un besoin réel et non pas d'une fantaisie, ou permettra un peu de nourriture, telle qu'un léger potage gras, ou bien quelques biscotes cuites dans du bouillon coupé ou dans du lait : de la fécule, quelle que soit la forme, arrow-root, tapioca, etc.
On donnera ces soupes légères en petite quantité ; et si le besoin se renouvelle, on les répétera plusieurs fois dans la journée plutôt que d'augmenter chaque dose. Ces précautions ont toutes pour but de ménager la sensibilité des voies digestives, et d'empêcher une trop grande quantité de matières étrangères d'être à la fois en contact avec U muqueuse.
Ce ne sera donc qu'avec lenteur et précaution qu'on augmentera l'alimentatiou, et après qu'on se sera bien assuré que les premiers aliments ont été complètement digérés; pour cela, on devra constater
l'absence de vomissements, de douleurs abdominales, et de tout mouvement fébrile pendant la digestion ; on devra s'assurer que le ventre ne devient pas plus chaud, plus tendu, que les selles reprennent lev cours normal, sans être ni trop dures ni trop liquides ; alors, ou augmentera progressivement l'alimentation ; on permettra des potagm plus substantiels, du poisson, des œufs frais, jusqu'à ce qu'on revienne ainsi par gradation à la nourriture habituelle de l'enfant.
L'époque à laquelle on laissera les enfants prendre le plein air variera suivant la saison, la période de la rougeole et l'état du malaria Si l'appartement est facilement aéré, s'il n'y a rien à craindre d'ut peu de réclusion, l'excès de précaution en ce genre sera moins nu-, sible qu'une sortie prématurée ; mais si l'enfant est prédisposée il tuberculisation, si l'appartement est mal aéré, on devra profiter (ta jours tièdes et beaux qu'offrira la saison pour permettre une promenade ; toutefois , on ne devra le faire que lorsque la toux aura cessé, lorsque l'auscultation indiquera que la bronchite a disparu; lorsque enfin il n'y aura plus lieu de redouter un catarrhe broncho-pulmonaire. Cette dernière complication est, du reste, d'autant moins i craindre que l'enfaut est parvenu à une époque plus éloignée du débat
Purgatifs. — À l'hôpital, où la maladie revêt un caractère grafe, et où les enfants sont particulièrement exposés aux complication! intestinales, nous avons toujours vu les purgatifs, surtout quand on les prescrivait à une époque un peu rapprochée du début de l'éruption, être plus nuisibles qu'utiles. En ville, nous avons fait des remarques analogues. Toutefois, nous ne voyons aucun inconvénient! donner un léger laxatif, à l'époque où la maladie est complètement terminée, et où, par conséquent, le cathartique ne court aucune chance de déterminer une complication intestinale.
III. Traitement des complications. — A. Pendant l'éruption. — Malgré toutes les précautions que nous avons indiquées, et souvent parce qu'on a négligé de les mettre en pratique, la fièvre éruptive se complique de maladies diverses, dont l'apparition soulève de suite plusieurs questions thérapeutiques.
1° Si l'éruption a disparu subitement faut-il chercher à la rappeler? Et en cas d'affirmative, quel est le meilleur moyen pour atteindre ce but?
2° Si la complication débute pendant les prodromes, doit-on lt traiter de la môme manière et aussi énergiquement qu'à une époque plus avancée, et lorsque l'enfant n'est plus sous l'influence de la rougeole croissante?
Si l'exanthème disparaît subitement, il faut chercher à le rappeler,
bien que sa réapparition, comme le dit avec raison le docteur Rayer,
ne soit pas toujours d'un pronostic favorable.
' Pour atteindre ce but, il faut appliquer sur la peau des révulsifs
puissants et sur une grande étendue : les cataplasmes vinaigrés Ott
anpisés, l'enveloppement dans le drap sinapisé, l'immersion dans lebtin de moutarde, et surtout l'urtication, conseillée par M. Trousau, sont les remèdes dont l'action est la plus puissante et la plus fargique. En même temps, on prescrira à l'intérieur les boissons Éludes et diaphoniques, et des préparations ammoniacales ou aatimoniales dont nous avons parlé plus haut (p. 303).
Lorsqu'une complication grave débute pendant ou après la décroisnoce de l'éruption, elle doit être traitée énergiquement ; alors, en At, on ne peut pas craindre d'agir contrairement à l'éruption et de déterminer des accidents. Nous croyons qu'il doit en être de même your les complications graves qui débutent pendant la période croisante de l'exanthème, parce qu'alors l'éruption est nécessairement ■odiflée par l'affection concomitante. En outre, l'effet seul produit fu la complication est une preuve que l'affection secondaire est émnue principale, et que c'est sur elle que doivent se diriger les dforts du praticien.
La complication est-elle peu intense, le traitement qu'on lui oppose doit être peu énergique, parce qu'une affection légère mérite rare- Mot une médication active, et parce qu'en outre il serait nuisible Remployer des moyens qui pourraient déterminer une perturbation 4ms la marche de la maladie.
Il faut, du reste, se rappeler, en traitant les complications graves M légères, que la maladie première réclame cependant quelque attention ; et l'on devra choisir, parmi les médicaments applicables MX unes, ceux qui ne répugnent pas avec le traitement de l'autre.
Ces préliminaires posés, passons rapidement en revue les indications fournies par les complications.
Bronchite et broncho-fmeumonie. — Les opinions des praticiens sont bin d'être concordantes sur le traitement le plus convenable de la kroncho-pneumonie rubéolique.
1* Émissions sanguines. — Sydenhain conseillait les saignées copieuses, et après lui, J. Frank a dit : « Dans sucun exanthème, la » saignée ne peut être pratiquée avec plus de sûreté dans un stade » quelconque de la maladie, sans en excepter celui de l'invasion, que
• dans la rougeole vraiment inflammatoire, surtout si elle est
• accompagnée de la phlogose du larynx, de la trachée, des bron-
• elles, etc. »
Nous ne saurions partager l'avis de ces grands praticiens. Nous irons vu la bronchite grave et la broncho-pneumonie, non-seulement D'être pas enrayées par les émissions sanguines, mais recevoir de ce traitement une influence fâcheuse. Aussi, nous réservons l'usage des ànissions sanguines :
Pour les cas de broncho-pneumonie grave avec prédominance de la phlegmasie parenchymateuse, ou de pneumonie lobaire, qui atteignent des enfants sanguins et vigoureux, surtout lorsque la maladie m. 20
les faire cesser. Dans les cas de ce genre, nous préférons pratiquer, s'il y a Heu, une saignée générale ; ou bien si l'état de l'enfant s'oppose à l'emploi de ce moyen, appliquer toutes les deux heures cm sangsue derrière chaque oreille alternativement, de manière à déterminer un écoulement de sang peu abondant, mais continu ; ou pourrait ainsi remédier à la congestion que déterminent un petit nombre de sangsues dont l'écoulement serait brusquement arrèii après une heure ou deux.
Cependant, nous n'avons que peu de confiance dans l'influence des émissions sanguines, et nous les réservons pour les cas où l'enfant est robuste et sanguin, la congestion céphalique évidente, le pouls plein et dur. On peut, d'ailleurs, les remplacer par des applications froides sur la tête. Peut-être aussi y aurait-il avantage, si la maladie n'était compliquée d'aucune lésion des voies respiratoires, à donner un bais tiède en même temps qu'on ferait des affusions ou des applications froides sur la tête. Mais un inconvénient de cette médication est de ne pouvoir être continuée pendant un temps suffisant ; son effet immédiat est, en général, de produire une sédation des symptômes et une réapparition des rougeurs cutanées. Si ce résultat inspire la confiance, elle est bientôt détruite par le développement d'une réaction vive et pernicieuse. Il faudrait donc pouvoir renouveler le* bains dis que les symptômes favorables diminueraient et avant l'établissement de la réaction ; mais alors les malades ne peuvent supporter des bains aussi fréquents, ou bien il se développe une inflammation pulmonaire funeste. L'usage de cette médication doit donc être restreinte, un très petit nombre de cas.
Nous pensons qu'il ne faut pas insister longtemps sur la méthode débilitante, non plus que sur l'emploi des bains ; et que si ces moyens ne déterminent pas une prompte amélioration, il faut les abandonner pour d'autres ; alors on peut mettre en usage les calmants et les aoti-~ spasmodiques.
Dans les cas où Ton ne jugerait pas convenable de commencer te traitement par les émissions sanguines, on pourrait débuter par le* préparations opiacées conseillées par Sydenham ; on peut aussi associer l'opium au musc, ainsi que nous l'avons déjà conseillé pour ta variole et la scarlatine, et suivant que l'ataxie ou ladynamie prédominent, mettre en usage le traitement indiqué à propos des formes analogues de la scarlatine (pages 223 E% et 22A G).
Le docteur Thaër (1) a conseillé contre la rougeole les lotions froides, préconisées dans la scarlatine. La rareté des formes ataxiqoes, et la prédominance des inflammations pulmonaires nous semblent contre-indiquer ce traitement dans l'immense majorité des cas, S
(t) Observations sur l'emploi des lotions froides dans la rougeole, par le docteur Thaër, de Berlin, Journal d'Hufcland, dans Revue médicale, 1832, 1 1, p. W
i la fièvre était très intense, la chaleur sèche et vive, les syra- ; cérébraux graves; s'il n'existait aucune complication thoraft, et que la maladie régnât épidémiquement et eût habituellement |tnctëre ataxique, on pourrait peut-être essayer le traitement i les lotions froides. Voici les conseils que donne le docteur Tliaër: il ne faut employer les lotions quand la peau est moite et 1 le malade transpire. La température de l'eau doit être eu proinverse de la chaleur du corps , et dans les rapports sui~
fhmpéraL de la peau. Tempérât, de l'eau. Durée des lotions.
20* 1/2 Réanmur 26° Réaumur 3 minutes.
Lorsqu'il s'est écoulé cinq à six jours depuis l'apparition de l'érup-
, il faut éviter d'employer les lotions à une température moindre
i 10 degrés Réaumur. Le liquide dont l'auteur se sert était corn-
i de trois parties d'eau et d'une de vinaigre. Il répète les lotions
Qtes les trois heures. Les malades doivent être lavés dans leur lit,
moyen d'une éponge fine; il n'est pas nécessaire d'essuyer les
lavées. L'effet immédiat de ces lotions est de diminuer la
f fréquence du pouls, d'abaisser la température du corps de deux et
i degrés, de procurer un grand calme, d'exciter une transpiration
\ féaérale, de remédier aux complications. Chez aucun des malades, il
l'y a eu d'affections consécutives; et lorsque l'éruption tendait à
paraître, les lotions la provoquaient naturellement.
Joe. Frank ne conseille dans la rougeole très grave aucun des ■oyons que nous venons d'indiquer. La médication qu'il propose est kaocoop plus simple. « Nous avons vu, dit-il, des rougeoles cornimoDcer par une grande prostration des forces, par un ébranlement i du système nerveux, et par d'autres symptômes pernicieux, qui,
• lorsque le premier choc de la maladie était surmonté, et lorsque
• l'on avait procure l'éruption de l'exanthème, au moyeu de la cha-
JlO MALADIES GÉNÉRALES AIGUBS SPÉCIFIQUES.
» leur du lit, d'une boisson chaude légèrement aromatique, de l'esprit » de Mindérérus, et des sinapismes aux deux extrémités, se montraient » assez bénignes dans la suite. >
Il est d'ailleurs des cas où l'emploi des émissions sanguines et do bains est impossible : c'est lorsqu'un enfant d'une faible constitution, ou débilité, est atteint d'une rougeole ataxique; alors les moyeu que nous avons précédemment conseillés seraient plus pernieiett qu'utiles. Il faut chercher à relever le malade par des excitants, teb que la tisane de serpentaire de Virginie, et les préparations toniques indiquées ailleurs.
B. Traitement de la rougeole compliquée, pendant la conualcicenct. — Si l'enfant est assez heureux pour échapper aux complication! graves de la rougeole, il ne faut pas oublier que la convalescence exige, s'il est possible, plus de soins encore que lorsque la rougeole a été simple. Dune part, les rechutes sont faciles, et il faut autant que possible ménager les organes; d'autre part, la faiblesse qui résulte d'une pareille secousse réclame une attention toute spéciale; en sorte que le médecin est obligé de marcher entre deux écueils. Eu eflei, s'il permet trop tôt une nourriture substantielle ou des promenades en plein air, il s'expose à voir naître de nouveau le catarrhe intestinal ou bronchique; s'il ne tonifie pas l'enfant, il l'expose à toutes les maladies qui résultent de la faiblesse et surtout à la tuberculisation. Ici donc il faut tonifier le malade tout en suivant les indications du moment. Si les accidents pulmonaires ont dominé et persistent encore, on insistera sur la nourriture substantielle, sur le chocolat ferrugineux, sur les viandes noires, sur le bon vin; si, au contraire, les organes pulmonaires fonctionnent convenablement et ne présentent aucun symptôme morbide, tandis que les voies digestives sont encore souffrantes, on insistera un peu plus sur les promenades en plein air et en voiture au soleil, et sur les toniques médicamenteux, tels que le sirop et l'extrait de quinquina; la nourriture sera, au contraire, un peu moins substantielle, et l'on n'en augmentera la quantité qu'après s'être assuré qu'elle a été convenablement digérée.
IV. R ésumé. — A. Un enfant bien portant est pris de fièvre, de toux, de larmoiement, d'enchifrènement, on peut prévoir le détail d'une rougeole simple; on fera les prescriptions suivantes :
1° On ordonnera le repos au lit dans une chambre maintenue constamment à la même température, en évitant les courants d'air;
2° L'enfant sera couvert modérément, mais plutôt un peu pltfs qu'un peu moins; on évitera qu'il ne se découvre;
3° La tisane sera de la bourrache, du bouillon blanc, etc.édfllcorée avec le sirop de capillaire, de violette, ou tout autre. Les boissons seront données tièdes ou chaudes et en petite quantité à h fois;
■ODGKOLB. 311
t9 La diète sera absolue.
B. La maladie étant arrivée à son quatrième jour, l'éruption sort latdrelleroent; les rougeurs se montrent sur la figure, puis sur le wrpê et les membres; leur marche est normale ; la fièvre est médiocrement intense; il n'existe aucune complication :
4# On eonlinuera la médication précédente ;
2° Si la toux est intense, on prescrira un looeh blanc ou la potion fHufeland, ainsi qu'il a été dit plus haut (page 302) ;
S" Si la congestion oculaire est vive, on évitera toutéclatilelumière, as rideaux seront habituellement fermés pendant le jour, et la nuit me simple veilleuse sera maintenue derrière le lit de l'enfant ;
On fera en outre, toutes les deux ou trois heures, des lotions émoilentes sur les yeux ;
A° Si le coryza est intense, on fera inspirer, s'il est possible, des apeurs tièdes ;
5° Si l'enfant est constipé, et seulement dans ce cas, on donnera toque jour un lavement d'eau de guimauve, d'eau de son, ou de lait m tout autre analogue.
C Si l'éruption est un peu pâle et paraît se faire avec lenteur, en Berne temps que la congestion domine sur les voies respiratoires :
1° On insistera plus particulièrement sur les précautions liygiéilques et sur les boissons chaudes et diaphoniques ;
2* On ajoutera dans le looeh, ou dans une potion gommeuse, 2 à » grammes d'acétate d'ammoniaque ;
S* On fera prendre toutes les quatre heures une prise de 5 à 5 centigrammes de poudre de James ; on pourra la remplacer par les cuillerées de la potion de Henke (voyez page 212).
D. La rougeole a suivi sa marche naturelle ; la période de décroisance est avancée ; la fièvre est tombée ; la toux est moindre ; il y a teo ou point de dévoiement :
l°On prendra toutes les précautions ci-dessus indiquées, page 303, tour le traitement delà convalescence ;
2* On s'abstiendra de purgatifs, ou, si l'on se croit obligé de les (lettre en usage, on agira ainsi qu'il est dit page 306.
E. Un enfant bien portant est pris des prodromes de la rougeole ; a fièvre est intense ; la congestion oculaire et nasale est vive, la toux îolente ; l'éruption est tardive :
1° Suivez toutes les prescriptions indiquées au titre A.
1? Surveillez avec attention les symptômes locaux; voyez votre riakde deux ou trois fois dans la journée ; auscultez-le avec précaubn et en évitant les refroidissements; examinez l'abdomen et les telles, etc.; puis, suivant le besoin, agissez de la manière suivante :
F. Si la maladie débute par une laryngite spasmodique, ou sVn complique pendant ses prodromes, ou pendant son cours, suivez les prescriptions indiquées tome I, page 358.
G. La loux est intense ; les râles sont abondants et fins ; il existe une broncho-pneumonie:
1° Si l'éruption ne se fait pas ou est irrégulière, cherchez à la fais sortir au moyen des boissons diaphoniques et en appliquant d* sinapismes aux extrémités ;
2° Si l'enfant est fort, pratiquez une émission sanguiue peu abondante, et suivez le traitement de la broncho-pneumonie, suivaulltt indications notées page 305 ;
3°S'it existe du dévoiement, ou si les vomitifs, passant en partie dans le tube digestif, augmentent la diarrhée, mettez en usage la traitement par les préparations d'aconit ou par la poudre de Jaroa.
//. Au contraire, la toux est peu abondante, mais les symptômes digestifs sont graves, le ventre e*t douloureux et tendu, le dévoiemeol intense ; insistez sur les moyens suivants :
1° Les cataplasmes émollients sur l'abdomen ;
2° Les lavements émollients ;
3° Appliquez deux à dix sangsues à l'anus, suivant l'âge et la fora de l'enfant; laissez couler les piqûres pendant une ou deux heura, selon le besoin.
/. Les symptômes pulmonaires sont nuls ; mais la fièvre est violente ; l'éruption ne sort pas ;
1° Donnez, avec toutes les précautions possibles, un bain chaud i 27 degrés Réaumur ;
2° Ou bien encore plongez les extrémités inférieures jusqu'aux genoux dans un bain partiel aussi chaud qu'il pourra être supporté.
K. Pour toutes les autres complications, suivez les prescriptions indiquées ci-dessus, pages 305 et suivantes.
L. Au début de la rougeole, et pendant les prodromes, les symptômes cérébraux sont graves ; le délire intense, alterne avec le coma, ou bien la prostration est extrême ; suivez d'abord le conseil de Frank, c'est-à-dire prescrivez :
1° Les boissons chaudes et diaphoniques avec l'acétate d'ammoniaque ;
T Des sinapismes aux extrémités, ou bien un bain de jambes chaud.
Puis attendez sans trop d'inquiétude jusqu'au moment de l'éruption. Il pourra se faire qu'à son apparition tous les symptômes nerveux se calment, et que la maladie suive une marche bénigne.
M. Mais si l'éruption tarde à paraître ou si elle est irrégulière, si après qu'elle aura paru, les symptômes cérébraux persistent, on devra faire les prescriptions suivantes, qu'on variera suivant la constitution de l'enfant ou la nature des symptômes.
1° A un enfant fort et sanguin, on fera une saignée générale de une à deux palettes, suivant l'âge.
2° Après la saignée, si le pouls reste plein et dur, si la fluxion vers
Kéle persiste, on appliquera une sangsue à chaque apophyse mas-
ie, et lorsqu'elle sera tombée on en appliquera une autre, et ainsi de
te, de manière à entretenir un écoulement de sang conlinu pen-
it une partie de la journée.
Ses moyens seront employés conjointement aux suivants : mais on
bornera à ces derniers, si i'enfant n'est pas sanguin et si l'état du
ils et la coloration delà face n'indiquent pas l'afflux du sang vers
parties supérieures.
fOn fera les prescriptions qui ont déjà été indiquées à la scarla-
e et à la variole (pages 100-104. K% 221 22& G.).
N. Lorsque la maladie a été grave et compliquée, et que l'enfant
; arrivé à la convalescence, on devra suivre la marche indiquée
ge310.
O.Si la rougeole est secondaire , on dirigera le traitement d'après
nature et l'intensité de la maladie première, et d'après la simplicité
les complications de la rougeole.
t'La maladie première est-elle encore dans toute son intensité, et
dime-t-elle immédiatement un traitement actif, on s'en occupera
dusivement ; on se bornera à redoubler de soins hygiéniques contre
rougeole, et l'on évitera autant que possible, en traitant la maladie
ornière, les médicaments qui pourraient exciter le développement
• complications rubéoliques.
S* La maladie première est-elle peu intense, la rougeole ou ses
implications importantes, l'enfant encore robuste, on le traitera
«me si la fièvre éruplive était primitive ; on évitera toutefois les
édications trop débilitantes ou contraires à l'affection première, etc.