‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 18 sur 95 · SEPTIEME CLASSE · texte numérisé non relu

SEPTIEME CLASSE

Nous n'avons pas l'intention rie tracer l'histoire complète de hé»thèsescrofnlo-tuberculeuse, nous serions entraînés hors des lintiM que nous nous sommes imposées; car la scrofule ne peut être iM connue que si son étude est poursuivie à travers toutes les épofetf de la vie humaine.

Cependant la fréquence des maladies scrofuleuses dans lejem âge et l'importance du sujet nous engagent à donner une idéegéoirnledecettediathèse, ou plutôt à l'aire connaître le point de vue** quel nous nous sommes placés pour la décrire. Sous peine de n'Mt pas compris, nous devons préciser nos idées et la valeur des destinés à les exprimer.

La première difficulté que Ton rencontre dans l'étude de la fuie est d'établir les limites de cette affection.

On admet bien en général l'existence d'un vice ou d'un principe scrofuleux; mais on s'accorde peu sur les lésions organiques ouforationellesqui peuvent en être le résultat. Ou en n mère au nombre de ces lésions des tumeurs blanches, des périostites, des nécroses, des caries, des abcès multiples, des ophthalmics, des coryza, des catarrhes chroniques, des maladies de la peau de toutes sortes, le goitre, le crétinisme, le rachitisme, des adénites chroniques et surtout b tuberculisation des ganglions extérieurs dont la tuméfaction morbide constitue le type de la maladie.

Ces lésions sont presque toutes des phlegmasies ou des tubercules; quelques-unes n'appartiennent ni à l'une ni à l'autre de ces deux espèces anatomiques. Les caractères qui leur sont communs sontleur marche subaiguë ou lente, leur réunion ou leur succession sur le môme individu, leur dissémination dans les organes externes.

Mais ici combien de questions surgissent et restent indécises! le* caractères sus-indiqués suffisent-ils pour spécialiser les manifestations de la diathèse scrofulo tuberculeuse? Ces différentes lésions sont-elles toutes sous sa dépendance? S-mt-elles toujours et uniquement scrofuleuses? Eu est-il qui aient la môme nature?

D'autre part nous no voyons pas trop sur quoi Ton se fonde pour limiter la scrofule aux organes extérieurs; car quelques phlegmasies chroniques des viscères offrent une grande analogie avec les manifestations de la scrofule externe; et les tubercules sont les mêmes, quels que soient les organes dans lesquels ils se développent.

Enfin la différence anatomique si tranchée qu'on voit entre les phlegmasies scrofuleuses et les tubercules à pupnraîtreà quelques pathologistes une raison suffisante pour séparer complètement ces lésions, et les attribuer à deux diatlièses distinctes.

Ces questions, que chacun a posées et a résolues suivant le sens dans lequel son esprit en a été frappé, ont engendré les opinions les plus disparates. Les uns, guidés par l'identité du siège, ont rapproché de h scrofule la tuberculisatiou des ganglions lymphatiques internes. Les autres, tout en admettant la fréquente coïncidence de la scrofule «terne et des tubercules pulmonaires, ont prétendu que la phthisie etistant souvent en l'absence de tout stigmate de scrofule, il fallait en distinguer deux espèces, Tune simple, l'autre scrofuleuse. Plusieurs (et nous avons été de ce nombre), ayant remarqué la présence ipeu près constante des tubercules dans le cadavre des scrofuleux, dnt regardé ce produit accidentel comme !e caractère palhognomoriquede la scrofule. Pour eux les autres lésions ne sont qu'une complication dont la nature n'a rien de spécial ; la diathèse doit prendre le nom de tuberculeuse, et il n'existe pas de scrofule proprement dite.

Cette dernière opinion a provoqué des dénégations nombreuses et ttotivées. Parmi les plus sérieuses, nous devons citer celles que nous trouvons dans l'ouvrage du docteur Lebert(l). Ce savant pathologiste s'appuyant sur l'identité de la matière tuberculeuse, quel que soit •on siège; sur les caractères spéciaux des phlegmasies dites scrofufeuaes; sur l'existence, reconnaissable au microscope, de granules propres aux tubercules, et qu'on ne trouw jamais dans les altérations scrofuleuses ; et surtout sur l'impossibilité de la transformation do globe purulent en granules tuberculeux, repousse l'opinion séculaire qui regarde la tuberculisation des ganglions cervicaux comme btype de la scrofule. M. Lebert sépare complètement ces deux mahdies, quel que soit leur siège, et admet : 1° une affection tuberculeuse essentielle ; 2° une affection scrofuleuse essentielle dont les nia- Prestations se font exclusivement sur les organes externes ; 3° une fréquente coïncidence de ces deux affections.

Lugol, au contraire, avait admis leur identité; ou plutôt il ne reconnaissait qu'une diathèse scrofuleuse dont le tubercule était le caractère ou (pour nous servir de sa propre expression) la signatare anatomique. A ses yeux, la scrofule prenait une extension de* plus vastes; le scrofuleux constituait une variété de l'espèce

(1) Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeuses.

humaine à laquelle Lugol rattachait tous les individus qui avaient reçu de leurs parents une constitution faible, manifestée par une complexion spéciale, par une tendance des maladies à ne pas suivra leur cours ordinaire, par le développement de maladies chroniques de toutes sortes, par la fréquence de la mortalité dans la famille, etc. Pour lui, les phlegmasies que nous avons ci-dessus éaa* mérées n'étaient pas les seuls symptômes de la scrofule ; il regards!! comme tels le rachitisme, le goitre, le crétinisme, les flux muqueux habituels, les engelures, les parasites cutanés abondants, le défiât d'harmonie dans les formes extérieures, l'arrêl ou l'accès du développement, etc. La question, comme ou le voit, s'est considérablement élargie et prête à de nombreuses discussions de détail.

En résumé, parmi les pathologistes, quelques-uns ont restreint d'autres ont étendu outre mesure le cadre des maladies scrofuleuseï; un bien petit nombre a spécifié leurs caractères.

La plupart localisent la scrofule dans les organes externes, ou ne l'admettent dans les viscères que lorsqu'elle s'y manifeste par du tubercules.

La comparaison de la scrofule et des tubercules a donné lieu à trou opinions qui s'appuyent toutes trois sur des raisons plausibles : i*D existe deux diathèses, Tune scrofuleuse. l'autre tuberculeuse. Biatt que très distinctes, ces deux diathèses coïncident fréquemment (Lekrt); T il y a identité complète entre ces deux diathèses qui n'en formait, à proprement parler, qu'une seule, en sorte que tout tubercule «t scrofuleux (Lugol) ; 3° la diathèse scrofuleuse a une existence propre, et peulse manifester par des tubercules, mais ce produit accidentel i souvent d'autres origines que la diathèse scrofuleuse (Milcent) (1).

Nous ne voulons pas discuter ici toutes les questions compris» dans ces propositions ; nous pourrons donner dans un autre travail le résultat de nos recherches sur ce sujet. Nous devons seulemeat justifier par quelques remarques l'opinion qui domine dans les chapitres suivants : à savoir, qu'il existe une seule diathèse, qo'oa peut appeler scrofulo-tuberculeuse, ou plus simplement scrofuleus* et dont les manifestations (quelle que soit leur espèce anatomiqoe) se produisent indifféremment dans les organes extérieurs ou dans te viscères.

Il nous paraît difficile de diviser les tubercules en scrofuleux et en non scrofuleux, non que cette opinion répugne à nos doctrines médicales. De môme que nous avons reconnu des phlegmasies de di-

(1) De la scrofule, de ses formes, des affections diverses qui la caractérisent, ê» ses causes, de sa nature et de son traitement, par A. Milcent, 1846. Nom dtaïf cet ouvrage comme le meilleur soutien moderne de la troisième opinion. Si no* ne partageons pas toutes les idées qui y sont émises, nous louons sans réserve le* doctrines médicales qui Tout inspiré.

verses natures, de même il se pourrait qu'il existât des tubercules de nature différente (1); mais jusqu'à présent un trop petit nombre de preuves nous parait appuyer cette division. Les phlegmasies qui sont la conséquence d'affections ou de diathèses différentes présentent des caractères qui sont le reflet de ces états morbides. Ainsi le catarrhe, l'inflammation, le rhumatisme, ladiphthérite, la scrofule, la syphilis, impriment leur cachet aux phlegmasies qu'elles engendrent, et bien que le diagnostic différentiel soit difficile et très douteux dans bon nombre de cas particuliers, le principe n'en est pas moins vrai.

11 n'en est plus dé môme pour les tubercules. Les différences qui les séparent sont presque uniquement des différences de siège insuffisantes pour spécifier une diversité de nature. Cependant le docteur Milcent s'est efforcé de caractériser les tubercules scrofuleux; nous citons ses propres paroles pour ne pas affaiblir ses preuves (2) : « Dans ltdiathèse tuberculeuse, le poumon, le larynx et la muqueuse intestinale sont le plus souvent affectés. Dans la scrofule, les transformations tuberculeuses s'observent surtout dans les ganglions lymphatiques (écrouelles), le rachis(mal de Pott), le mésentère (carreau), le péritoine (péritonite tuberculeuse), et très souvent aussi le poumon (phthisie scrofuleuse).

i Hais la phthisie scrofuleuse, admise par un grand nombre

d'auteurs, présente des caractères qui la distinguent de la phthisie

gj tuberculeuse essentielle : c'est une marche beaucoup plus lente, une

gravité moindre, l'absence de fièvre, souvent alors même que les

altérations du poumon sont très avancées.

» En général, les affections tuberculeuses de la scrofule ont un remarquable cachet de chronicité ; elles sont plus lentes, relativement plus bénignes que celles de la phthisie essentielle.

» Les tubercules chez les scrofuleux (3) sont communément plus gros, plus volumineux, eu masses plus considérables; ils ont une évolution plus lente, sont moins susceptibles d'inflammation. Déplus, ils restent quelquefois à l'état latent, et bien que d'un certain volume, bien que développés au milieu d'organes très importants, ils peuvent ne donner lieu pendant la vie à aucun symptôme. C'est ainsi qu'on peut rencontrer des tubercules dont on ne soupçonnait pas l'existence dans le cerveau, le poumon, le foie, la rate, les reins, la prostate, l'utérus et ses annexes. »

Si ces distinctions étaient véritables, elles auraient pour nous une

(1) Nous croyons même qu'il cd doit être ainsi, car le tubercule ne doit pas échapper à cette loi qui régit le développement de la plupart des lésions ou des productions morbides, à savoir, que chacune d'elles peut être la conséquence de plusieurs sortes d'altérations de la santé générale.

(2) Milcent, /oc. cit., p. 251.

(3) hoc. cit., p. 211.

520 SCROFULE ET TUBBRCULES.

Les plus fréquentes sont : les tubercules et des phlegmasies spécial*! Il y a, sans doute, beaucoup d'autres altérations fonctionnelles <* organiques qui dépendent de cette diathèse; mais pour lemooMrt, nous nous bornons à mentionner les deux espèces précédentes.

III. Jusqu'à présent, il faut admettre que tout tubercule, qodqtt soit son siège ou sa forme, reconnaît la diathèsescrofulo-tubercutan pour origine.

IV. Les phlegmasies qui méritent le nom de scrofuleuses, ont m aspect qui leur est propre. Leur marche est lente ou subaiguô;ellaM résolvent difficilement. Elles ont de la tendance à s'ulcérer, etb ulcères qui en résultent se cicatrisent lentement; elles ont unegraoè propension à se généraliser, c'est-à-dire que d'habitude elles occupent simultanément ou successivement plusieurs organes.

V. La diathèse scrofulo- tuberculeuse donne indifféremment naissance aux tubercules et aux phlegmasies scrofuleuses.

VI. Il y a des écrouelleux qui n'ont que des phlegmasies; il en ut d'autres qui n'ont que des tubercules. Cependant les deux léstoof sont le plus souvent, ou au moins très souvent, réunies sur le mèm individu.

VII. Il est quelques organes dans lesquels il se développe du phlegmasies scrofuleuses et jamais des tubercules. 11 en est d'autel dans lesquels on trouve exclusivement des tubercules; mais la plupart des organes peuvent être indifféremment le siège des deux lésions.

VIII. Lorsque ces derniers organes sont atteints d'une phlegmasie scrofuleuse, ils deviennent très souvent tuberculeux.

IX. Cependant on ne peut pas dire que la phlegmasie scrofuleuse soit le premier degré de la scrofule, ni que le tubercule en soit le second. Car le tubercule peut être le premier symptôme de la diatbèse et peut précéder le développement de la phlegmasie.

X. Mais le tubercule étant un produit plus fixe et moins facilement curable que la phlegmasie scrofuleuse, son existence semble impliquer une altération plus profonde et plus grave de l'économie.

XI. 11 est donc nécessaire, dans un cas donné, d'établir la présence ou l'absence des deux sortes de lésions.

Les propositions précédentes nous conduisent à dire quelques mois sur le diagnostic de cette diathèse. Souvent il ne faut qu'un pea d'habitude pour reconnaître la nature des maladies scrofulo-tubercoleuses. Cependant Terreur est possible et même assrz fréquente. Sans nous arrêter à cette partie du diagnostic dont les détails nous occuperont dans les chapitressuivants, nous pouvons donner toulde suite quelques préceptes généraux.

L'existence des tubercules étant reconnue chez un enfant, celle* la diathèse scrofuleuse est, parla, prouvée. C'est la conséquence directe de la proposition III.

PBiLlMIIfAIRKS. 321

Le diagnostic de la scrofule est plus difficile lorsqu'il n'existe que (■phlegmasiesscrofuleuses; mais la présence du tubercule n'est pas fidispensable pour établir l'existence de la diathèse. 'lorsqu'il existe du doute, soit parce que les phlegmasies n'ont pas hochement le caractère scrofuleux, soit parce que les tubercules bloquent on ne peuvent pas être constatés, l'étude des causes fourni des renseignements précieux.

D ne faut pas croire cependant qu'il soit toujours facile de reconi les causes de la diathèse scrofulo-tuberculeuse. S'il est vrai , dans bien des cas, leur existence est incontestable, il est vrai ri que les résultats obtenus jusqu'à présent sur leur influence "~ \ et sur la fréquence de chacune sont loin d'être suffisamment Cependant les pathologistes qui se sont occupés de cette dialèieont, pour la plupart, apporté un soin particulier à l'énuméra- ■n et à la discussion de ses causes. Le résultat de tous ces travaux tque leur nombre est considérable, et que si toutes sont véritables, [leur action est aussi constante que le disent les ouvrages spéciaux, (devons nous étonner de ne pas voir les maladies scrofuleuses »des ravages plus considérables encore que ceux qu'elles exer- Nous croyons, en effet, difficile que la plupart des enfants puistétre soustraits pendant plusieurs années à l'action de tant de > de nature si différente.

'On pourra juger de la vérité de cette assertion par Pénumération nvante, que nous sommes loin de donner comme complète. L0n a dit que la tuberculisation était héréditaire; mais, d'après dques pathologistes, il faut que les parents soient actuellement erculeux pour transmettre à leurs enfants la maladie elle-même, seulement la prédisposition à la contracter. D'après plusieurs il suffit que les parents soient débilités par une cause quelque, qu'ils soient trop jeunes ou trop vieux, d'un âge dispropor- E, ou affectés de maladies anciennes, et surtout de syphilis, ou soient nés de parents consanguins. D'après quelques-uns, enfin, l que l'enfant ait été conçu pendant la menstruation ; que, pen- Jttit sa grossesse, la mère ait éprouvé de vifs chagrins ou ail été «posée à des accidents graves.

À côté de l'hérédité, on a rangé l'allaitement par une nourrice ihthisique, malade ou enceinte; quelques pathologistes ont surtout Réclamé contre l'allaitement artificiel, tandis que d'autres se bornent à jccoser le lait des vaches malades.

. On a trouvé dans l'alimentation des causes nombreuses de tuberpales, et l'on a invoqué la mauvaise influence des aliments farineux, tab que les bouillies, les pommes de terre, les haricots, le riz, le gruau, lesagou; ou bien des aliments trop aqueux ou mucilagineux, tels que les salades, les épinards ; les viandes d'animaux trop jeunes, ou bien aicore les substances grasses. Ailleurs, au contraire, on a attribué la

322 SCKOm.h ET TtiBSftCUI.BS.

production des tubercules à l'abus dos boissons et des aliments éditants, à l'usage prématuré du thé, du café, des boissons chaudes; 01 bien à celui du mauvais lait, des fromages acidulés, du pain bis elfe qualité inférieure, du cidre et des vins aigres, des eaux mauvaises* séléniteuses. On a encore accusé l'insuffisance ou la trop grandi quantité des aliments, les repas trop nombreux, etc.

La plupart des auteurs ont aussi appelé l'attention sur le milieudam lequel vivent les enfants; ainsi, on a trouvé des causes de scrofab dans l'air froid et l'air chaud, dans l'air humide, ou raréfié, on privé de lumière, ou altéré et animalisé, dans celui qui est chargé de corpuscules excitants, dans une habitation humide, peu aérée, et ai plusieurs personnes sont renfermées. On a accusé le passage du chaud au froid, l'abus du froid et l'abus de la chaleur, l'excès et le défait d'exercice, le sommeil trop prolongé et les veilles excessives, les professions sédentaires, le séjour prolongé dans un hôpital.

On a cru encore trouver des .causes antihygiéniques dans la railpropreté et dans l'abus des bains tièdes, dans l'usage des vétemenli légers et insuffisants, des corsets trop serrés, des chaussures qui donnent accès au froid et à l'humidité, dans la section trop répétée <kf cheveux, dans les coups, les chutes, etc. On a encore vu ou cru voir les scrofules ou les tubercules se produire à la suite des affection tristes, de la contention d'esprit trop précoce, de l'onanisme.

A côté de ces causes antihygiéniques, on doit ranger l'influence d« climats et des saisons, et l'on a dit que les tubercules étaient fréquents dans les pays froids et humides, et même dans plusieurs ptjs chauds. Quelques auteurs prétendent qu'ils se développent de préférence pendant le printemps et les étés pluvieux, d'autres pendant l'hiver, d'autres encore pendant les saisons humides et tempérés. Enfin, d'après une vue toute théorique, on a avancé que la diminution de l'électricité atmosphérique pouvait aider à la propagation da la maladie, tandis que d'autres t'ont regardée comme contagieuse.

Les causes que nous venons d'énumérer sont loin d'être les seul* dont on a invoqué l'infiuence ; on en a trouvé de nombreuses encore dans les maladies qui peuvent précéder le développement des maladies scrofulotuberculeuses et dans les médications qu'on leur a opposées. Parmi les premières, nous trouvons rangées sans trop de discernement la syphilis, la répercussion des exanthèmes, les inflammations, les fièvres de long cours, toutes les maladies d'une longue durée, la dyspepsie, les acides des premières voies, les vers intestinaux, ta coqueluche, la variole, la vaccine, la scarlatine, la rougeole, la flèvft typhoïde, la répétition du mouvement fébrile, le ramollissement des tubercules préexistants, les crises incomplètes, la croissance, etc.; sa rang des secondes, on a mis le mauvais traitement des maladies, l'abus des préparations mercurielles, des émétiques, des purgatib, des saignées, de l'opium et des narcotiques.

Enfin, on a affirmé que le sexe féminin est plus sujet que le sexe nasculin à la diathèse scrofuleuse ; que certaines périodes de l'enancey sont plus prédisposées que d'autres. On a dit que la constitution lymphatique était le premier degré de la scrofule, ou tout au noins y prédisposait singulièrement, tandis que certains auteurs se ont efforcés de diminuer l'importance que d'autres lui attribuaient.

Il est difficile de discerner la vérité au milieu d'assertions aussi conrudictoires. En effet, quelques auteurs se sont plu à accumuler toutes ses causes pour en citer le plus grand nombre, et admettre leur nfluence, soit sans preuves aucunes, soit d'après des vues théoriques, iresque jamais d'après les résultats d'une observation rigoureuse. D'autres, au contraire, semblent avoir pris pour but, en les énumé- •ant et les discutant, de nier leur réalité, soit d'une manière absolue, loit pour conclure à l'action d'un petit nombre, partout et toujours sfBcaces. La plupart des auteurs ont admis certaines causes sans iéterminer leur influence individuelle ou la nécessité de la réunion le plusieurs d'entre elles. Presque aucun, enfin, n'a cherché à établir la fréquence relative de celles qu'il admet.

C'est qu'en effet ce sujet est hérissé de nombreuses difficultés. Elles tout telles, que nous croyons presque impossible d'établir, d'après nombre de faits suffisant pour en tirer des conclusions définitives, l'influence de la plupart des causes énumérécs par les pathologistes. Deux mots seulement pour faire comprendre la vérité de cette assertion. Prenons pour exemple l'hérédité.

On pourra supposer l'absence d'hérédité scrofulo-tuberculeuse dans ine famille, si le père, la mère et leurs parents ne sont ni scrofuleux ni tuberculeux. Ce seul point qui, paraît bien peu de chose dans l'étiologîe de la diathèse, est cependant difficile à élucider. Par exemple, si l'on a sous les yeux le père et la mère, il faut qu'ils aient issfZ d'intelligence et d'instruction pour détailler les affections de leur enfance, pour dire quelle a été la santé de leurs pères et mères, le quelle maladie et à quel âge ils sont morts. S'ils ignorent quelquesunes de ces circonstances, on devra rester dans le doute sur l'existence ou la non-existence de l'hérédité. Ainsi, supposons que les interrogations conduisent à savoir que le père et la mère de l'enfant MHitbien portants, que le grand-père et la grand'mère paternels sont morts âgés et de maladies évidemment étrangères à la tuberculisationqu'il en est de môme du grand-père maternel; mais qu'on n'a aucun détail sur la grand'mère maternelle; on n'aura pas le droit de conclure avec certitude, en cas pareil, à la non-hérédité des tubercules; car la grand'mère maternelle pouvait être tuberculeuse, et la transmission des maladies diathésiques des grands parents aux petits enfants est un fait incontestable.

Nous avons choisi une circonstance des moins importantes en apparence, pour prouver combien il est difficile d'arriver à une conclusion

324 SCROFULB ET THBEIICULES.

positive en fait d'hérédité. Que sera-ce donc lorsqu'on n'aura aucun détail sur les grands parents ; lorsque le père ou la mère seront morts sans qu'il soit possible de déterminer la nature de leur maladie, on bien lorsqu'on aura des doutes sur la légitimité de la famille? Nous pourrions facilement énumérer d'autres difficultés» et dire, par exemple, ce qui nous est arrivé en interrogeant un malade sur la santé de ses frères et sœurs. Il nous affirmait positivement qu'ils jouissaient tous de la plus belle santé. Quelques jours plus tard, nous le vîmes causer avec un scrofuleux porteur de tubercules volumineux au coo, et nous fûmes bien étonnés d'apprendre que ces deux individus étaient frères.

Ce que nous disons de l'hérédité, nous pouvons le répéter en grande partie des autres causes. Il semble facile au premier abord qu'ans mère vous dise comment son enfant a été nourri et élevé ; quelle étah sa santé au retour de nourrice, comment il a vécu depuis ce temps; mais celui qui s'est efforcé d'étudier ces questions s'aperçoit que 1er* reur est commune et difficilement évitée, et surtout que les renseignements sout souvent incomplets. Ici les parent*, n'auront jamais m le lieu où leur enfant a été en nourrice; là ils affirmeront que leur logement est sain et bien aéré, non humide ; et si vous vous rendes chez eux, vous serez étonné de voir une chambre sale, infecte et privée d'air.

S'il est peu aisé de s'assurer de ces renseignements généraux, il Test encore bieu moins d'entrer dans les détails : comment l'enfant est-il couché? quelle est sa nourriture? Depuis combien de temps est il dans telles ou telles conditions hygiéniques? sa maladie a-t-elle débuté avant ou après l'action des causes? Si l'on arrive à s'assurer positive» ment de quelques-uns de ces détails, en at-on pu rassembler asset sur l'hérédité et les autres causes? car, qu'on ne s'y trompe pas, pour prouver l'influence exclusive d'une cause, il faut pouvoir affirmer positivement la non-existence des autres; et combien peu de parents pourront répondre à toutes les questions que nécessite la longue énuméralion que nous avons faite !

En présence de pareils obstacles, il est difficile de rassembler un nombre de faits suffisant, et l'on se demande ce qu'il faut penser des opinions si exclusives professées par quelques auteurs. Cependant là n'est pas encore toute la difficulté : si l'on parvient à recueillir des matériaux à peu près complets sur les causes de la diathèse cbes quelques individus, il faut encore les rechercher sur un pareil nombre d'autres non scrofuleux, et établir une comparaison entre ces deux séries. Sans ce travail, on s'expose à commettre des erreurs grossières. Supposez en effet que, sur 100 scrofuleux, vous ayez constaté 25 fois l'existence de l'hérédité, et 50 fois une mauvaise hygiène, vous vons croyez en droit de conclure que ce sont là des causes de scrofule. Hais si, étudiant 100 autres individus non scrofuleux, vous retrouvez l'exis-

publications, est devenue bien plus profonde encore dopuis que It pratique civile nous a mis en rapport direct avec l'entourage de dm malades. En ville, en effet, l'étude des causes est plus facile à faire, et nous avons pu mettre en doute et modifier les résultats d'une statistique évidemment incomplète.

Les causes qu'il est le plus utile de constater pour établir le diagnostic delà diathèse scrofuleuse sont: l'hérédité, les conditions hygiéniques au milieu desquelles a vécu l'enfant, et les maladiesqui ont précédé le développement des manifestations diathésiques. Un mot sur ces trois sujets.

A. Hérédité. —La diathèse scrofulo- tuberculeuse peut se transmettre des parents à leurs enfants: le fait est incontestable, et est prouvé par l'assertion unanime de tous les pathologis tes qui ont écrit sur ce sujet. La plupart regardent la scrofule comme héréditaire lorsque l'un ou l'autre, ou plusieurs des parents ascendants, sont on ont été atteints de maladies scrofuleuses ou même lorsqu'ils deviennent scrofuleux après leurs enfants.

Lugola envisagé cette question sous un point de vue beaucoup plu vaste; et de même qu'il admettait au nombre des symptômes de h scrofule un grand nombre d'altérations de la santé qu'on n'a pis l'habitude déranger dans son cadre, de même il regardait comme une preuve d'hérédité une foule de circonstances qui sont loin d'avoir une telle valeur dans le monde scientifique.

Les idées qu'il a émises à ce sujet nous paraissent cependant empreintes d'un cachet de supériorité que, bien que nous ne les partagions pas toutes, nous croyons devoir en donner un aperçu général.

Les caractères de l'hérédité sont :

1° La généralité de la maladie dans la famille, reconnaissable à h cômplexion scrofuleuse ou de famille. On connaît, dit-il, les familles scrofuleuses à une empreinte générale de débilité dont sont frappés tous les enfants; la cômplexion scrofuleuse comporte tout au plus un état de santé négatif pour quelques-uns, et elle est exclusive pour tous les attributs de la force et d'une bonne organisation. Lugol n'admettait aucune exception à cet égard, et l'on comprend dès lors avec quelle facilité il constatait l'existence de cette cômplexion scrofuleuse.

2° La mortalité que la scrofule occasionne dans la famille, et qui sévit particulièrement sur les enfants en bas âge.

Cesdeux caractères non seulement démontrent l'origine héréditaire de la diathèse, niais encore doivent être regardés comme les signes de l'hérédité.

Passant ensuite à l'étude de la santé des parents qui engendrent des enfants scrofuleux, Lugol ajoute : « Quand nous avançons que la scrofule naît par filiation héréditaire, nous ne voulons pas dire pour cela qu'elle naisse exclusivement de parents scrofuleux.

rse perpétue, elle se propage, parce qu'elle n'a pas une seule parce qu'elle natt de plusieurs sources, de plusieurs états de i, tous, affaiblissent la virilité de l'homme et rendent sa pro- • scrofuleuse.

états de santé sont originaires ou acquis. Dans le premier cas, nts sont eux-mêmes affectés de maladies héréditaires qu'ils tient à leurs descendants ; dans le second, c'est par suite de » accidentelles ou par certains états actuels de santé qu'ils en us impropres à procréer des enfants sainement organisés, n deux sources de scrofule héréditaire : la santé originaire et la quise des parents ascendants. Sous le premier chef, Lugol s parents scrofuleux, les parents tuberculeux pulmonaires, il ont été scrofuleux pendant leur enfance, et ceux qui ne nt pas être scrofuleux, mais qui ont des frères et sœurs qui le . us le second chef il range les parents syphilitiques ou qui ont i$ plaisirs vénériens, ceux qui sont trop jeunes ou trop Agés, Page est disproportionné; l'homme qui n'a pas la force fêlaion sexe, les paralytiques, les épileptiques, les aliénés, etc. , d'après Lugol, il faut comprendre l'hérédité de la scrofule, seulement comme une simple transmission directe, mais aussi le résultat de toute cause débilitante; dans ce dernier cas, les ne sont pas et ne deviennent pus scrofuleux, mais ils proes enfants aptes à le devenir. C'est par ce moyen que la scroerpétueet se généralise; car, si la transmission directe existait i scrofule s'éteindrait après quelques générations eu raison de lité fréquente et prématurée des divers membres des familles oses.

voit, autant Lugol agrandissait le cadre de la scrofule, autant ssait le cercle des causes héréditaires Kt il faut bien l'avouer, breux exemples sur lesquels il fonde ses doctrines peuvent mer un grand degré de probabilité. Certes, si nous jugions ttions d'après les seuls faits que nous avons recueillis à l'hopi- Cnfants, nous devrions refuser leur croyance à des opinions clusives. Mais depuis que nous avons pu vivre, pour ainsi milieu de nos malades; depuis que nous avons pu saisir des •lances de famille que, dans d'autres circonstances nous au issées passer inaperçues, nous avons vérifié l'exactitude de plues remarques de Lugol, et nous avons été frappés du cachet de tt de vente de ses observations. Aussi, tout en niant quelques îsqui nous paraissent incomplètement prouvées, nous sommes t à accepter dans sou ensemble les vues du médecin de l'hâpit- Louis.

oroire qne les parents scrofuleux ou débilités donnent néces- %t naissance à des enfants scrofuleux, sans confondre, autant lisait Lugol, la diathèse avec la prédisposition, nous croyons

que la scrofule, diathèse la plus fréquente et la plus grave do jeune âge, est héréditaire dans la très grande majorité des cas.

B. Causes antihygiéniques. — Si nous admettons l'hérédité habituelle de la scrofule, nous ne nions cependant pas l'influence des mauvaises conditions au milieu desquelles vivent les enfants. En effet, lt transmission héréditaire de cette diathèse n'est pas immédiate, et la enfants ne naissent pas écrouelleux. C'est seulement quelques années après la naissance que les manifestations scrofuleuses font en général leur apparition. Aussi faut-il admettre que les enfants reçoivent de leurs parents la prédisposition, et non pas la diathèse elle-même. Certes, nous croyons que la prédisposition héréditaire peut être asses prononcée pour passer par elle-même et sans adjuvant à l'état de diathèse; mais nous croyons aussi que des causes accidentelles peuvent hâter os déterminer l'explosion des phénomènes morbides, et aussi qu'une hygiène convenable peut la retarder ou même l'empêcher. Celte de ces causes sur lesquelles on a le plus insisté, sont la mauvaise nourriture, l'altération de l'air, l'humidité, certains climats et certains pays, quelques professions sédentaires, des habitudes vicieuses, etc.

On sait que le docteur Baudclocque a étudié avec talent l'influence, pernicieuse de l'air vicié, qu'il a nié l'action de presque toutes la autres causes, et que, d'après une ingénieuse théorie, fondée d'ailleurs sur des faits, il ji admis que l'altératiou de l'air est presque h seule cause à laquelle on doive rapporter le développement des scrofules. Nous croyons que Baudelocquc a rendu un véritable service à la pratique, en appelant l'attention sur cette cause mal appréciée avant la publication de son ouvrage, et en prouvant que 1a viciation de l'air détermine la viciation de l'hématose, et par suite, une altération dans la qualité du sang. Hais nous croyons qu'il s'est exagéré la valeur de cette cause en pensant qu'elle est indispensable au développement de la scrofule. En effet, tous ceux qui ontvéca pendant un certain temps au milieu d'un air vicié ne deviennent pas scrofuleux et tous les scrofuleux n'ont pas vécu au milieu d'un air vicié. Ces deux faits peuvent être constatés facilement. Nous ajouterons, en outre, que si Baudelocque a pu citer une observation dans laquelle un enfant s'est tuberculisé sous l'influence de cette seule cause, ce fait, est exceptionnel ou au moins très rare ; car, lorsque imbus des opinions de ce médecin, nous avons voulu les confirmer par nos recherches, nous n'avons pas trouvé une seule observation pareille parmi toutes celles que nous possédons.

Ce que nous disons ici de l'altération de l'air, nous pourrions l'appliquer à toutes les autres causes antihygiéniques qui, chacune en particulier, ont spécialement appelé l'attention de quelques patholo* gistes. Nous donnerons dans le,chapitre suivant les résultats chiffrés de notre expérience personnelle; mais nous pouvons énoncer dès i présent un résultat qui nous a frappés, et qui a été depuis confirmé

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par les recherches de M. Lebert, c'est que l'influence de ces causes est considérablement restreinte si elles agissent séparément; elles acquièrent, au contraire, une très grande puissance lorsqu'en se réunissant, elles attaquent la constitution de plusieurs manières à la fois.

Il nous semble, en outre, incontestable que les causes antihygiéniques sont plus puissantes pour provoquer les manifestations scrofulo- Cnberculeuses externes que pour favoriser l'explosion de la diathèse interne. En définitive, ces causes peuvent se résumer par un mot, celui de la pauvreté. Eh bien, si l'on compare les heureux de la terre aux misérables, on verra que les premiers sont tout aussi exposés que les seconds à toutes les manifestations de la diathèse tuberculeuse interne. Les riches comme les pauvres sont décimés dans l'âge adulte par la phthisie pulmonaire, et dans l'enfance par la méningite tuberculeuse, tandis que la scrofule proprement dite est beaucoup plus fréquente dans les classes pauvres, et quand elle se manifeste chez les enfants jouissant d'une excellente hygiène, elle se montre sous les formes les plus légères et les plus facilement curables.

Les causes antihygiéniques peuvent-elles créer de toutes pièces la diathèse scrofulo- tuberculeuse? En présence du nombre considérable d'individus qui, soumis à ces causes, échappent cependant à la scrofule, nous avons toujours cru à la nécessité d'une prédisposition. Aujourd'hui plus que jamais nous persévérons dans cette croyance.

C. Maladies antérieures. — Ce que nous venons de dire des causes antihygiéniques est applicable aux maladies qui sont suivies du développement des manifestations scrofulo-tuberculeuses. Nous croyons qu'un certain nombre de maladies, telles que la rougeole et la coqueluche, donnent naissance à cette diathèse ; mais nous pensons aussi que .le fait n'a lieu que chez des enfants prédisposés. Il est quelques maladies, telles que la variole et la scarlatine, auxquelles on a faussement attribué la puissance d'augmenter cette prédisposition et de faire éclater les maladies scrofuleuses. Nous dirons sur quels faits nous appuyons l'opinion contraire. Mais comme nos recherches sur ce point de doctrine ont été faites exclusivement chez des tuberculeux, nous remettrons au chapitre suivant tout ce qui a trait à l'influence des maladies agissant comme cause de tubercules.

Dans les pages précédentes, nous avons donné des généralités sur la diathèse scrofulo- tuberculeuse, quel que soit le siège rie ses manifestations. Dans les chapitres qui vont suivre, nous traiterons seulement des deux principales manifestations de la diathèse sur les viscères, c'est-à-dire les tubercules et les phlegmasies scrofuleuses. En étudiant seulement ces deux parties d'un aussi vaste sujet, nous ne prétendons pas que les maladies qui s'y rapportent doivent être isolées des autres maladies scrofuleuses. Notre division, importante sans doute au point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement

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local, est de nulle valeur si Ton considère la nature des maladies et le traitement général de la diathèse.

La tuberculisation interne a été étudiée dans tous les âges, et non n'aurions ici qu'a répéter, en les abrégeant, les détails contenus dam notre première édition. On s'est, au contraire, fort peu préoccupera phlegrnasies scrofuleuses des viscères; on les a confondues aree toutes les inflammations qui peuvent se développer chez les phthift» qnes. En exposant sous un nouveau point de vue l'histoire desplikymasies dites tuberculeuses, nous serons cependant obligés de ne irriter ce sujet qu'incomplètement, parce qu'une étude plus approfondie exigerait des matériaux plus nombreux et autrement observés <pt ceux que nous possédons ou qui nous ont été transrois par nos dons* ciers et par nos contemporains.

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