‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 20 sur 95 · I) 314 ENFANTS TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

I) 314 ENFANTS TUBERCULEUX

Pneumonie cause probable ou certaine 12

En téro-coli te ou ramollissement des intestins 11

Pleurésie chronique, suivie de la tuberculisation peu avancée

d'autres organes que la plèvre S

Brouchite 2

La pneumonie a été la seule cause connue du tubercule. 4 fois. L'ep téro-coli te, la pleurésie et la bronchite 0

211 ENFANTS NON TUBBHCCLEUX.

La pneumonie et ses suites ont en nne durée assez longue pour

que la tuberculisation ait pu lui succéder • 9

L'entéro-colite, id. id 22

La pleurésie» id. id 3

2* Coqueluche. — Nous avons déjà dit que la coqueluche peut se mimer par le dépAt de tubercules dans les poumons ou dans les inglions bronchiques, ou même par une tuberculisalion générale; 'après les cas de ce genre que nous avons observés, il nous a paru se d'habitude le premier dépôt tuberculeux se Taisait dans les gantons. Nous en jugeons ainsi par les résultais anntomiqucs qui nous il montré les tubercules ganglionnaires plus nombreux et plus rancés que ceux des autres organes.

La coqueluche suffit rarement à elle seule pour déterminer la tusrculisation : d'ordinaire elle s'unit à d'autres causes. Ainsi nous rons vu un enfant robuste se tuberculiser sous nos yeux à la suite de , coqueluche et pendant un séjour prolongé à l'hôpital.

Cet enfant, âgé de trois ans, entra a l'hôpital à la troisième semaine d'une Mfneluche.

fié de parents bien portants, it n'avait jamais été malade avant le développaient de la coqueluche ; il était fort et jouissait d'une parfaite santé. Lorsque ras le vîmes, il avait toutes les apparences d'une bonne constitution : sa taille ail élevée, sa poitrine large et bien conformée, ses yeux bleus, ses cheveux ènds, sa peau blanche et une, son embonpoint moyen. lions constatâmes l'existence d'une coqueluche, dont les quintes bien caracirisécs commencèrent à diminuer à la septième semaine à partir du début : eafant était gai, son faciès était normal, ses joues rosées; il mangeait avec ppétit, et sa soif était naturelle. L'auscultation ne donnait que des résultats égaUfe, cependant peu après l'entrée à l'hôpital il survint du dévoicment.

Au bout de deux mois et demi, il existait une amélioration réelle dans la tqneinche, mais la guérison n'était pas complète ; le dévoiemeut et la toux existaient, le pouls variait entre 96 et 120. La respiraiion était un peu ccélérée; un mélange de raies sonores et de craquements humides peu boudants était perçu par intervalles dans toute la poitrine. Mais au bout de t temps la toux et le dévotement augmentèrent, l'enfant maigrit; son caracire changea considérablement, il devint grognon et maussade : des symptômes téthoscopiques plus tranchés s'établirent, et la mort survint quatre mois huit rars après le début de la coqueluche, et après un séjour à l'hôpital de trois lois et demi,

11 existait une tuberculisalion générale plus considérable dans le thorax, et «tout dans les ganglions bronchiques que partout ailleurs.

Il nous semble impossible dans ce cas de nier un rapport de cause i effet entre la coqueluche, le séjour à l'hôpital et la tuberculi- •tion. Avant le début de sa première maladie, l'enfant était dans le si belles conditions de force et de santé, qu'il est difficile de (opposer la préexistence d'un certain nombre de tubercules. Et A dans un fait de ce genre on veut admettre cette dernière hypothèse, nous ne voyons aucune raison pour la rejeter dans l'ap*

308 SCfcOFULE ET TUBERCULES.

prédation de toutes les autres causes dont on a invoqué rinfiaeaee(l).

3' Fièvre typhoïde. — Ainsi que nous l'avons dit dans notre second volume, nous avons vu très rarement la tuberculisation succéderait fièvre typhoïde, parcourir ses périodes et déterminer la mort à mu époque plus avancée. Il nous a semblé même que la tuberoulisatief et l'affection typhoïde étaient des maladies antagonistes.

Toutefois nous devons dire que chez quatre enfants morts ta vingt-huitième, trentième, trente-huitième et cinquante-deuiiène jour de cette dernière maladie, nous avons trouvé un très petit nombre de tubercules peu volumineux, et se présentant pour la plupart sooi la forme de granulations grises. Il nous paraît probable que dans m cas le dépôt tuberculeux a débuté pendant le cours de la fièrn typhoïde; mais chez ces quatre enfants il existait d'autres causes de tuberculisation, tandis que chez sept autres, morts aussi du viugtbuit au cinquante et unième jour de la fièvre typhoïde, il n'existiit aucun tubercule.

Nous nous croyons donc en droit de conclure que la tuberculisatbn ne succède que dans des cas très rares à la fièvre typhoïde.

4" Variole et vaccine. — Chez aucun des varioleux que nous avons soignés, la fièvre éruptive ne s'est terminée par la tuberculisation, Cependant plusieurs sont morts à une époque assez avancée de la variole pour qu'elle ait pu déterminer le dépôt du corps étranger. Nom ajoutons que chez aucun des tuberculeux qui nous occupent ici, et qui sont au nombre de 314, nous n'avons appris que la maladie duo* nique ait succédé à l'éruption pustuleuse (2).

Il reste donc prouvé que la variole et la tuberculisation sont des

Coqueluche cause probable ou certaine

Coqueluche antérieure à la tuberculisation et parfaitement guérie ....

Pas de coqueluche

Existence de la coqueluche igoorée .

Coqueluche seule cause probable . . , (2) En parcourant les observations disséminées dans les journaux de médeàqç, nous en avons trouvé quelques-unes qui ne peuvent laisser de doute sur la succession presque immédiate des tubercules à la variole. Nous citerons en particulier un fait qui appartient à M. Papavoine, un autre consigné dans la Monographie de UU. Fabre et Constant, el un troisième publié tout récemment dans VUnkm médicale (voy. Variole, page 64). Mais l'extrême rareté des cas de cette espèce, comparée à la grande fréquence des tubercules et de la variole, est la preuve A l'exactitude des conclusions que nous avons prises dans notre première édition, ef que nous répétons ici.

* Ce chiffre est celui d'enfants morts à la suite d'une coqueluche dont In durée a été assen longea pour qu'une tuberculisation uit pu lui succéder, et qui, cependant, n'a pas donné* lieu à cette »a- Udia. Celte remarque est applicable ft toutes lea causes de même nature dont l'étude vient al effet»

31 1 enfunls

911 celant»

tuberculeux.

non tuberculeux.

t>KS TUBERCULES EN GÉNKBAL. )Q0

ss (}e nature différente et qui se repoussent mutuellement âge 66). C'est sans doute une idée de cette nature qui a donné ce à l'opinion que depuis la découverte de la vaccine la tuberon était plus fréquente. Les personnes qui ont adopté cettq ze ont le tort d'admettre le fait et d'en chercher l'explication ue avant d'avoir prouvé son existence.

infants qui ont eu la petite vérole ne sont pas pour cela mâpie a de la tuberculisation ; car nous possédons plusieurs exern* i tubercules développés chez de jeunes sujets qui, plusieurs auparavant, avaient été atteints de variole ; quelques-uns mêmfl iervaient les traces.

e autre part, le dévelppprment antérieur d'une variole pe ose pas à la tuberculisation Toutefois nous ne donnons pas ce \. comme positif, parce qu'il nous est impossible d'établir une ion entre la variole et la varioloïde, qui peut-être n'ont pas de influence (1).

ontraire, les enfants qui succombent sans avoir eu la variole us souvent tuberculeux que non tuberculeux : ce qui, jusqu'à ain point, semblerait indiquer que l'absence de la variole dans eàge est une cause prédisposante de tuberculisation. Hais nous >ns peu d'importance à ce résultat, parce que la plupart des qui n'ont pas eu la variole le doivent à la vaccine qui leur a Liquée à un âge moins avancé (2).

i croyons donc pouvoir conclure, sans trop nous éloigner de la qu'une variole antérieure n'a que peu de puissance pour favoi pour entraver la prédisposition aux tubercules. : conclusion ne peut pas s'appliquer à la vaccine ; et si, dans estion aussi grave, il était permis de formuler une opinion un nombre limité de faits, nous dirions que les enfants vacant plus disposés à se tuberculiser que ceux auxquels on n'a tiqué cette opération (3).

mettant ce résultat de notre observation, nous désirons vive-

r 34 enfants qui ont eu la variole ou la varioloïde longtemps avant leur qui en avaient été parfaitement guéris, 1 9 sont morts tuberculeui et uberculeux.

r 209 enfants qui sont morts sans avoir eu la variole ou chei lesquels elle minale et promptement mortelle, 127 avaient des tubercules, 82 n'en us. Cette proportion est bien plus considérable en faveur des tubercules indiquée dans la note précédente.

effet, sur 208 enfants qui ont été vaccinés, il en est 1 38 qui sont morts *ux, et 70 non tuberculeux. Au contraire, sur 95 enfants qui sont morts r été vaccinés* il en est 30 seulement qui étaient tuberculeux et 65 qui ne pis. Le même rapport à peu près existe chez les enfants qui, n'ayant pas lés, n'ont pas eu non plus la variole. Sur 61 enfinU qui sonj 4a os ce ont morts tuberculeux et 42 non tuberculeux.

ment qu'on ne se méprenne pas sur la valeur que nous lui attribuons. Nous ne regardons nullement la vaccine comme une cause de tubercules ; car jamais nous n'avons vu l'affection chronique lui succéder immédiatement ; nous constatons seulement que les enfants vaccinés meurent plus souvent tuberculeux que non tuberculeux, et que le contraire a lieu pour les enfants non vaccinés. Nous en concluons qoe la vaccine favorise très probablement la prédisposition aux tubercules. Quel rapport existe donc entre cette affection et la maladie chronique, et quelle est la cause de l'influence exercée par la vaccine? Nous l'ignorons encore, et ne voulons pas la rechercher avant qoe des faits plus nombreux observés au milieu d'autres conditions et recueillis sans prévention soient venus contredire, ou confirmer ot expliquer les nôtres.

5° Scarlatine. — Nous n'avons vu qu'une seule fois la scarlatine se terminer par tuberculisation, et nous pensons en outre que celle fièvre continue n'a, comme la variole, que peu de puissance pour entraver ou favoriser la prédisposition aux tubercules. On comprend facilement que nous ne parlons pas ici des tubercules déjà formel dont ces deux fièvres éruptives nous semblent plutôt entraver qu'accélérer la marche.

6° Rougeole. — La rougeole est une cause assez fréquente de tuberculisation (voy. Rougeole, p. 286). Lorsque cette dernière maladie succède à la fièvre éruptive, elle peut être aigué ou chronique, partielle ou générale d'emblée, ou bien partielle d'abord, et générale ensuite. Lorsqu'elle est primitivement partielle, il nous a semblé qu'elle débutait souvent par les ganglions lymphatiques du thorax.

Chez 22 malades, sur 314, la tuberculisation a succédé à la rougeole, et chez plusieurs de ces enfants, la relation de cause à effet t été assez évidente pour ne laisser aucun doute.

Toutefois i! ne faudrait pas croire que lorsque la fièvre éruptive se prolonge, la tuberculisation lui succède nécessairement. En effet, si nous avons vu les tubercules naître vingt-deux fois dans de pareilles conditions, nous avons vu aussi 15 enfants rester malades pendant un ou deux mois, ou môme plus, à la suite de l'exanthème, sans qoe l'autopsie ait démontré chez eux l'existence de la matière tuberculeuse.

D'une autre part, la rougeole ne détermine guère le dépôt tuberculeux que chez des enfants qui ont été soumis d'ailleurs à d'autres causes. Une seule fois, en effet, la rougeole a été la cause unique des tubercules ; mais ce cas a laissé du doute dans notre esprit.

Il s'agit d'un enfant de sept ans, qui, né de parents très bien portants, n'avait été soumis à aucune cause appréciable de tubercules, c'est -à-dire qaH était bien logé, bien nourri et entouré de soins convenables. Deux mois et demi avant sa mort, il fut pris d'une rougeole à laquelle succéda une fièvre

atermittenie, on plutôt des accès de fièvre quotidienne qui se terminèrent iv des accidents nerveux graves.

A l'autopsie on constata une méningite granuleuse et une tuberculisation m abondante de plusieurs organes ; presque tous les produits accidentels talent à l'état de granulations grises.

Noos nous sommes demandé si, dans ce cas, les accès intermittents liaient le symptôme de la tuberculisation commençante, qui devrait stre aiusi rapportée à la rougeole. Si on admettait cette opinion, que rien, d'ailleurs, ne nous parait contredire, la fièvre éruptive serait, dm ce malade, la seule cause du dépôt tuberculeux.

Jusqu'à présent nous avons considéré la rougeole comme une cause immédiate des tubercules. Mais nous avons en outre recherché si cette pyrexie, lorsqu'elle se termine par la guérison, exerce pour l'avenir ane influence particulière sur le développement du produit accidentel.

Si nous nous en rapportions à nos seules observations, nous croirions que la rougeole joue ici un rôle analogue à celui de la vaccine, bien qu'il soit beaucoup moins évident. Nous voyons en effet que les salants qui ont eu la rougeole dans les premières années de leur vie, et qui en ont été complètement guéris, meurent par la suite plus sourent tuberculeux que non tuberculeux. Ceux qui n'ont pas eu la rougeole sont aussi plus souvent tuberculeux, mais dans une proportion bien moindre (1).

7* Syphilis. — Nous n'avons par devers nous aucun fait qui puisse nous aider à décider si la scrofule et la tuberculisation ne sont autre chose qu'une dégénérescence du virus syphilitique.

Mais nous sommes disposés à partager l'opinion de M. le docteur Baudelocque, qui nous semble avoir démontré d'une manière victorieuse que la syphilis et la scrofule sont deux affections très différentes etqui ne sauraient être la cause l'une de l'autre.

Nous ne pourrions pas décider si les parents entachés d'une syphilis constitutionnelle transmettent à leurs enfants une prédisposition plus grande à la tuberculisation. Mais nous devons rappeler que Lugol regardait le fait comme certain.

8* Maladies chroniques, — Après les maladies dont nous venons de parler, il eu est plusieurs autres qui, par leur longue durée, pourraient devenir une cause de tubercules. Telles sont les fièvres intermittrntes de long cours, les maladies du cœur, certains épanchements sanguins encéphaliques, le rachitisme, etc. Mais nous devons dire que si nous avons trouvé des tubercules chez quelques-uns des

(1) Sur 73 enfans qui ont eu une rougeole parfaitement guérie dans les premières années de leur vie, 54 sont morts tuberculeux à un âge plus avancé et 23 MO tuberculeux. Sur 170 enfants qui n'ont pas eu la rougeole ou l'ont eue seulement comme maladie terminale, 95 sont morts tuberculeux et 75 non tubercule».

enfants qui ont succombé à ces affections, ils n'ont jamais été en grande quantité, et que, d'autre part, le nombre des enfants non tuberculeux, morts sous la même influence, est plus considérable (1).

Nous disons en particulier pour le rachitisme, que nous n'avons pu vu cette affection être une cause de tubercules bien que bon nomjfls de rachitiques nous aient présenté ces produits accidentels. Il u'est pas certain, quoiqu'on Tait dit depuis longtemps, que le rachitisme* la tuberculisation coïncident rarement. Nous avons, en effet, constaté des tubercules trois fois sur sept chez les rachitiques; si la proportio* n'est pas plus considérable, on doit peut-être l'attribuer à l'âge ta* quel se développent de préférence ces affections plutôt qu'àunant* gonisme entre elles. Les enfants, en effet, deviennent biep plus souvent rachitiques avant l'âge de trois ans qu'après (2).

D. Action simultanée des causes précédentes. — Si l'on se rappelle l'exposé que nous venons de faire, on verra que nous avons admit comme causes de la tuberculisation : 1° l'hérédité; 2° les causes antihygiéniques que nous considérons dans leur ensemble, les ayant su^ fisamment étudiées dans leurs détails; 3° les phlegmasîes aiguës ûi chroniques, et notamment la pneumonie aiguë et l'entérocolite canonique; &• la coqueluche; 5° la rougeole; 6° plus rarement quelque maladies chroniques.

Or, ainsi que nous l'avons déjà dit, il est habituel de voir ces cane* unir leur action ; et si une pneumonie ou une rougeole détermine le tuberculisation, c'est chez un enfant dont les parents sont morts tuberculeux, ou qui a été longtemps exposé à l'influence de causai antihygiéniques. C'est pour avoir trop perdu de vue cette vérité que plusieurs pathologistes ont cru à l'action exclusive de certaines causes.

Celles dont l'influence isolée est la plus puissante sont certainement les circonstances antihygiéniques; encore faut-il le plus souvent, ainsi que nous l'avons démontré, que plusieurs agissent simultanément

Au contraire, l'hérédité telle que nous l'avons circonscrite, et les diverses affections aiguës ou chroniques suffisent plus rarement à elles seules pour produire la maladie tuberculeuse.

Mais les faits que nous avons observés en ville nous donnent la certitude qu'en élargissant le cercle de l'hérédité suivant les règles fournies par Lugol, nous constaterions une fréquence proportionnelle inverse de celle que nous venons d'indiquer.

(1) Sur 43 enfants morts de diverses maladies chroniques, 30 ne préseotaJeat aucun tubercule; 13 seulement en avaient et en petit nombre.

(2) Sur 70 rachitiques, 31 avaieut des tubercules, 39 n'en avaient pas. Sot les 31 premiers, 14 offraient une tuberculisation partielle ou générale considérable. La proportion que nous constatons en faveur des tuberculeux est plus graaèi que celle donnée par M. Papavoine, qui, sur 18 rachitiques, u'a compté quel tuberculeux.

DES TUBEBCULES KN GÉNÉRAL. /il) 3

. Age. — H. Papa voirie a établi la fréquence proportionnelle de jberculi*ation aux diverses périodes de l'enfance sur des dont numériques considérables, et il a conclu qu'elle est en raison v*e des degrés les plus extrêmes de la première péride de dévepcment de l'espèce humaine ; c'est-à-dire que les tubercules, assez s depuis la naissance jusqu'à l'âge de trois ans, augmentent de juence depuis l'âge de quatre ans jusqu'à sept, et qu'à l'époque de •liberté, c'est-à-dire vers quatorze ou quinze ans, leur fréquence la même que de trois à quatre.

€8 résultats que nous avons obtenus ne sont pas très éloignés de x de M. Papavoine.

fois il nous semble que ce médecin a eu le tort de compter l'âge enfants d'après l'époque de leur mort et non d'après celle du déde la luberculisation, qui doit servir de point de départ. La maie, en effet, pouvant durer plusieurs mois, une année môme et s, il peut très bien se faire que des enfants comptés comme tubereux à un certain âge, aient en réalité commencé à l'être à un autre. rreur < st d'autant plus fréquente, que H. Papavoine a établi ces sions par années et non par séries d'années. Nous savons qu'il est vent difficile de déterminer l'époque de début d'une tuberculisai; et pour cette raison autant que pour rendre nos résultats comables à ceux obtenus par d'autres, nous avons calculé l'âge de nos lades d'après l'époque de la mort ; mais nous avons conservé notre ision de l'enfance m quatre périodes. De cette manière, nous avons linué de beaucoup l'erreur, qui se trouve restreinte au petit nbre d'enfants qui forment la limite de nos quatre séries. fous trouvons ainsi que la tuberculisation est surtout fréquente de à dix ans et demi, puis de onze à quinze, puis de trois à cinq, et In de un à deux et demi. Nous ne parlons pas ici, plus que Papavoine, du nombre absolu des malades qui succombent avec tubercules à tel ou tel âge, mais de ce nombre, comparé à celui enfants du même âge qui meurent sans en avoir. Si nous tenons npte des tuberculeux seuls, nous les trouvons aussi nombreux de is à cinq ans el demi que de six à dix et demi, et à peu près autant un à deux ans et demi que de onze à quinze (1).

i Age. M4 enfants tuheiculeux. 211 uon tuberculeux.

De là 2 ans 1/2 47 79

De 3 à 5 ans 1/2 107 70

De 6 à 10 ans 1/2 107 37

De M à 15 ans 53 25

es chiffres, réunis à ceux de M. Papavoine, conduisent a peu près au même lut.

Age. 7iï enfante tuberculeux. 512 non tuberculeux.

De 1 à 2 ans 1/2 120 189

De 3 à 5 ans 1/2 252 171

De 6 à 10 ans 1/2 226 96

De H a 15 ans 12* 56

40a 8CR0FCLB ET TUBERCULES.

Chez les nouveau-nés, el dans le cours de la première année, U diathèse tuberculeuse est beaucoup plus rare qu'à toute autre époque de l'enfance, c Si Ton excepte, dit M. Her vieux, les cas fort rares oi les enfants naissent tuberculeux, on peut dire que la phthisie ne ee développe guère avant l'âge de quatre mois. »

En effet, sur neuf cent quatre-vingt-seize enfants dont ce médecin a fait l'autopsie pendant son séjour à l'hôpital des Enfants trouvés, il n'a rencontré que trente et un tuberculeux, sur lesquels dix seulement âgés de moins d'un an (1).

Ces résultats, joints à ceux de M. Papavoine et aux nôtres» font voir l'immense différence qui existe entre les nouveau-nés et les enfants qui approchent de la puberté au point de vue de la fréquence de la tuberculisation. L'autopsie démontre l'existence des tubercules une fois sur quatre-vingt-un chez les premiers, et plus de deu* fou sur trois chez les derniers (2).

F. Sexe. — M. Papavoine a démontré que les filles étaient plus sujettes à la tuberculisation que les garçons dans le rapport approximatif de 2/3 à 7/13. Ce résultat, qui concorde avec ce qu'on remarque à un âge plus avancé, se trouve confirmé par nos observations.

Toutefois, la proportion que nous obtenons est moins considérable en faveur des filles que ne l'a trouvé M. Papavoine.

Quel que soit, du reste, le rapport exact, il nous semble assez peu important de le calculer en comparant les filles de tout âge aux garçons de tout âge. Il nous semble plus utile de rechercher à quelle époque de leur vie les filles se tubercu lisent plus facilement que les garçons. Or, en ne tenant compte que de nos observations, nous trouvons que de un à deux ans et demi les garçons se

(1) Ces enfants ont été répartis suivant l'âge de la manière suivante :

Age. 31 enfant* tuberculeux. 066 non tuberculetqL

De la naissance à 15 jours. ... 2 385

De 1 5 jours à 4 mois 0 275

De 4 mois à 1 an 8 141

De 1 an à 2 ans 8 82

De 2 ans à 3 ans 10 45

De 3 ans à 5 ans 3 37

(2) Sur 2230 enfants de tout Age observés par MM. Papavoine et Hervieux et par nous-mêmes, nous comptons 753 enfants tuberculeux et 1477 non tuberculeux. Voici la distribution suivant l'âge :

Tuberculeux* Non laberevîeux.

De la naissance à un mois 10 801

De 1 à 2 ans 1/2 138 316

De 3 à 5 aus 1/2 : . . 255 208

De 6 à 10 ans 1/2 226 96

De 11 à 15 ans 124 56

tnberculisent plus facilement que les filles dans une assez forte proportion (1); c'est le contraire de trois à cinq ans; mais ici la différence est peu importante. De six à dix ans et demi, les deux sexes •ont également sujets à se tuberculiser; mais de onze à quinze ans, c'est-à-dire à l'approche et au moment de la puberté, la maladie chronique sévit bien plus fréquemment chez les enfants du sexe féminin (2).

6. Constitution. — Il est très difficile déjuger la constitution des

(1) Noos devons dire cependant que pour cet âge les résultats de M. Henrieu, fondés d'ailleurs sur on petit nombre de chiffres, ne concordent pas avec les nôtres. Sur 31 malades il a trouvé 19 filles et 12 garçons. Cette proportion ne serait peut-être pas si grande si M. Hervieux avait comparé les tuberculeux aux son tuberculeux.

Ce tableau donne les résultats suivants :

A l'Age de 1 à 3 1/2, les garçons comme les filles meurent moins souvent tuberculeux que non tuberculeux; mais comme le rapport de 14 (filles tuberculeuses) à 33 (garçons tuberculeux) est bien moindre que celui de 33 (filles non tuberculeuses) k 46 (garçons non tuberculeux), il en résulte qu'à cet âge les filles meurent bien moins souvent tuberculeuses que les garçons, le rapport étant de ï à ' environ.

A Page de 3 à 5 ans 1/2, les garçons comme les filles meurent plus souvent tuberculeux que non tuberculeux ; mais le rapport de 42 (filles tuberculeuses) à 65 (garçons tuberculeux) étant plus considérable que celui de 23 (filles non tuberculeuses) à 47 (garçons non tuberculeux), on doit conclure qu'à cet âge les filles meurent un peu plus souvent tuberculeuses que les garçons dans le rapport de ,-£ à ~ environ.

A Tâgc de 6 à 10 ans, les garçons comme les filles meurent plus souveut tuberculeux que non tuberculeux; le rapport de 35 (filles tuberculeuses) à 72 (garçons tuberculeux) étant le même que celui de 1 2 (filles non tuberculeuses) h celui de 25 (garçons non tuberculeux), il en résulte qu'à cet âge les filles meurent aussi souvent tuberculeuses que les garçons. La proportion est de J environ.

Enfin à l'âge de 11 à 15 ans, les garçons et les filles meurent plus souvent tuberculeux que non tuberculeux ; mais le rapport de 28 (filles tuberculeuses) à 25 (garçons tuberculeux) étant bien plus considérable que celui de 9 (filles non tuberculeuses) à 16 (garçons non tuberculeux), il est évident qu'à cet âge les filles meurent bien plus souvent tuberculeuses que les garçons. Le rapport est environ de 1 à I 1/2.

SU enfants

tll enfauti

Age.

Sexe.

tuberculeux.

non tuberculeux.

3 ans 1/2.

( Garçons.

{ Filles.

ni «

SI

5 ans 1/2.

) Garçons.

( Filles.

0 ans 1/2.

( Garçons.

( Filles.

SI

5 ans.

( Garçons.

( Filles.

SI

•si»

60C SCnOFOLB BT TUBBRCULES.

enfants arrivés à un certain degré de la cachexie tuberculeuse. Comment affirmer, en effet, si un petit malade qu'on voit maigre, pâle et profondément débilité par une maladie chronique, était antérieurement robuste et bien constitué? Mainte fois nous avons été étonnés do changement que la tuberculisation opère dans l'organisme, et non avons vu des enfants qui nous paraissaient être doués de la plus forte constitution, prendre ensuite une apparence si chétive, que si nous ne les avions pas examinés quelques mois auparavant, nous n'aurions jamais pu croire qu'ils avaient eu tous les attributs de la vigueur et de la santé.

On a dit que les enfants lymphatiques sont prédisposés à la tuberculisation; mais à quels caractères reconnaître ce tempérament? Le tableau delà jeune fille lymphatique, très gracieusement tracépir M. Papavoine, est en réalité, beaucoup plus rarement vrai cheilei enfants tuberculeux que ce médecin ne semble le croire. En outre, il ne nous est pas démontré qu'un enfant qui n'a pas l'apparence lymphatique lorsqu'il est en bonne santé, ne prend pas la plupart des traits caractéristiques de ce tempérament lorsqu'il est atteint de la maladie tuberculeuse. En un mot, il ne nous est pas prouvé que ce que l'on appelle tempérament lymphatique ne soit pas quelquefois secondaire à la tuberculisation.

Il ne faut pas croire, en effet, qu'il se manifeste toujours par des caractères que la maladie est impuissante à changer; ainsi les enfants lymphatiques sont loin d'avoir toujours un défaut de coloration des cheveux, des sourcils, des yeux et de la peau. Il en est qui sont bruns, comme on peut voir un bon nombre d'enfants blonds qui n'ont certainement pas les attributs de ce tempérament

Comme le dit fort bien le docteur Papavoine, il n'est pas de constitution qui soit à l'abri de la maladie tuberculeuse; et tout ce que l'on peut admettre, c'est que les enfants lymphatiques deviennent plus souvent tuberculeux que d'autres; encore ne sommes-nous pas bien surs que cette question soit définitivement jugée; car s'il était démontré que dans l'enfance ce tempérament est beaucoup plus fréquent que tous les autres, il ne serait pas étonnant que les enfants lymphe, tiques devinssent plus souvent tuberculeux.

On comprend donc qu'il nous est impossible de résoudre toutes les questions qui se rattachent au tempérament des tuberculeux; nous donnons seulement quelques résultats, peut-être utiles à ceux qui feront plus tard un travail plus général.

1° Couleur des cheveux. — Les enfants ont beaucoup plus souvent les cheveux blonds que de toute autre couleur; il n'est donc pas étonnant que le nombre des tuberculeux à cheveux blonds l'emporte sur celui des tuberculeux à cheveux bruns. Mais en comparant, suivant notre habitude, les enfants tuberculeux à ceux qui ne le sont pas, nous trouvons que les premiers ont les cheveux foncés dans une

proportion assez considérable (1). Les cheveux blonds sont donc loin de faire partie nécessaire des signes caractéristiques de la prédisposition aux tubercules.

3° Couleur des yeux* — Nous appliquerons à la couleur des yeux la même remarque qu'à celle des cheveux, et avec plus de raison ■More ; car dans nos observations les tuberculeux qui ont les yeux d'une couleur foncée sont, absolument parlant, plus nombreux que ceux qui les ont d'une couleur claire, tandis que c'est le contraire pour lès enfants non tuberculeux (2).

%• Couleur et épaisseur de la peau. — Les enfants ont plus habituellement la peau blanche que brune ; et, sous ce rapport, les tuberculeux diffèrent peu de ceux qui ne le sont pas II en est de même pour l'épaisseur de la peau, qui est d'ordinaire fine et délicate. Toutefois, ici la distinction est plus difficile, parce que, chez bon nombre de tuberculeux, la peau devient rugueuse, sèche, et perd de sa souplesse (3).

4* Langueur des cils. — Les enfants disposés à la tuberculisation Mit beaucoup plus souvent que d'autres les cils longs et recourbés. Ge Sait, avancé par plusieurs pathologistes, se trouve confirmé par nos •beenrations (a).

5* Ensemble de la constitution. — Nous avons déjà dit combien il dous semble difficile d'apprécier la force ou la faiblesse de la constitution chez les enfants phthisiques. Aussi, tout en reconnaissant que Deux primitivement débilescontractent plus souvent la maladie tuberculeuse, restons-nous dans le doute sur la proportion que nous donnent nos notes. Il nous a été, en effet, le plus souvent impossible d'obtenir des détails assez exacts sur la constitution avant le début de la phthisie, pour formuler un jugement certain. Obligés de le porter

(|) 314 eu f.» nts tuberculeux. fil non tuberculeux.

Cheveui blonds 150 108

Cheveux ronges 4 1

Cheveux châtains 71 35

Cheveux noirs ou très foacés. ... 40 17

Couleur des cheveux non notée. . . 49 50

(S) Yeux bleus ou gris clair 124 88

Yeux châtain foncé, bruns ou noirs .133 73

Couleur ignorée 57 50

(3) Peau blanche 97 43

Peau brune 46 31

Couleur ignorée 171 137

(4) Cils loogf '67 30

ait assez longs 27 20

Cils courU 19 23

Ignoré 201 138

A 08 SCROFULE ET TOBERCULIS.

d'après l'état dans lequel les enfants se présentaient à nous, il n'ctf pas étonnant que les sujets non tuberculeux nous aient oflért t» proportion considérable de constitutions robustes, puisque ta nombre d'entre eux sont morts à la suite d'une affection et que nous avons pu les voir avant qu'ils soient devenus tiques (1).

6° Pour compléter ces détails sur la constitution, nous devons din quelques mots sur la fréquence relative des affections spécules A l'enfance, telles que les éruptions chroniques du cuir chevelu, les vers, les ophthal mies, etc. On regarde en général ces maladies cou* plus particulières aux enfants lymphatiques ; pour quelques personnes même, elles constituent les premiers symptômes de la scrofule. Il nous semble qu'en général elles sont, à peu de chose prèi, aussi communes chez les enfants non tuberculeux que chez les tuberculeux, et qu'en conséquence, on ne doit pas voir en elles ut des caractères de la prédisposition aux tubercules. Il en est phisieurs même dont le développement, ou au moins la durée* dépsipendent évidemment de l'absence de soin ; et si les poux et les eoémas du cuir chevelu sont fréquents et persistants chez les enfants (ta pauvres, c'est à cette cause qu'on doit l'attribuer, au moins autel qu'à la faiblesse originelle de la constitution. Il est rare, en eftt, de voir les animaux parasites delà tête pulluler avec abondance eta les enfants soigneusement peignés et brossés chaque jour. Cbex e* enfants aussi, les eczémas, les impétigos du cuir chevelu sont tottè la fois moins fréquents et de moins longue durée (2), et chez eux, la teigne est inconnue.

Aussi ne sera-t-on pas étonné si les chiffres que nous venons de

(t) 514 cnfanli tuberculeux. 111 non

Constitution forte 47 60

Constitution faible 133 4

Constitution moyenne 94 46

Ignorée 40 fOt

(2) Éruptions du cuir chevelu 76 43

Pas d'éruptions \ . . 66 39

Ignoré 17% 129

Ophtbalmics 31 9

Pas d'ophthalmies 79 34

Ignoré 204 168

Poui 53 35

Pas de poux 33 14

Ignoré 228 163

Vers 34 15

Pas de vers 51 34

Ignoré 229 162

Abcès • . 8 4

Pas d'abcès 86 25

Ignoré 220 162

DES TUBBftCULES EN GÉfrÉRÀL. M9

onner n'offrent pas une très grande différence entre les enfants ■berculeux et ceux qui ne le sont pas. Il résulte, en effet, de nos ibleaax, que les éruptions chroniques du cuir chevelu sont à peu ris aussi fréquentes chez les premiers que chez les seconds. Les phthalmies, au contraire, sont plus habituelles chez les tuberculeux ; lit qui n'a rien d'étonnant si Ton se rappelle que cette phlegmasie est ne des conséquences les plus fréquentes de la diathëse scrofuleuse. Snfin les poux paraissent se développer et se multiplier chez les nberculeux moins facilement que les entozoaires du tube digestif.

H. Conclusions. — On a l'habitude de diviser les causes de la tubernlisation en prédisposantes et occasionnelles : pour nous, qui croyons [ne la prédisposition est toujours congénitale, nous devons admettre |ue les causes prédisposantes sont seulement celles qui augmentent la indisposition , sans déterminer le dépôt tuberculeux.

Ajoutons aussi que la plupart des causes que nous avons énumérées meuvent être indifféremment occasionnelles ou prédisposantes. Ainsi, m enfant est soumis pendant quelque temps à un mauvais régime, A sons son influence il se tuberculise. Voilà la cause occasionnelle. In autre enfant, soumis à la même influence, pâlit, dépérit, sans se nbérculiser, et au bout d'un temps variable, il contracte la rougeole, lia suite de laquelle il se tuberculise. Ici la cause occasionnelle est la vogeole, tandis que le mauvais régime est devenu cause prédis- Mante.

On doit donc regarder comme causes exclusivement prédisposantes selles qui sont antérieures à la naissance, et aussi les modifications urvenues dans les organes par la marche des années ; et même ces lernières ne sont pas les causes, mais simplement les symptômes l'une prédisposition plus ou moins marquée.

Si plus tard on prouvait, comme l'indiquent nos observations, que a vaccine aide la prédisposition originelle, elle serait à nos yeux une îause exclusivement prédisposante et acquise. D'un autre côté, parmi es causes prédisposantes congénitales, l'hérédité est évidemment Kcasionnelle dans certains cas rares, c'est-à-dire dans ceux où un snfantné d'une mère ou d'un père tuberculeux, vient au monde avec les tubercules déjà formés.

On doit donc ranger dans le groupe des causes exclusivement prélisposantes la constitution débile, l'âge de six à quinze ans, le sexe féminin et peut-être la vaccine.

Les causes qui agissent, soit comme prédisposantes, soit comme xcasionnelles, seraient l'hérédité, la viciation de l'air, l'habitation lins un lieu humide, la nourriture peu animalisée, le séjour proongé dans un hôpital, l'onanisme, diverses phlegmasies aiguës ou chroniques, la coqueluche, la rougeole.

En énumérant un nombre de causes aussi restreint, à côté de la nomenclature étendue qui se trouve dans nos préliminaires, nous ne

610 SCROFULE ET TlBBRCULES.

croyons pas être complets; mais nous nous contentons d'indiquer lai causes de tubercules dont nous avons pu constater l'influence rédb entre l'âge de un à quinze uns.

La plupart de ces causes sont débilitantes, et les autres, excitante d'abord, sont suivies de la formation des tubercules par la débilité secondaire qu'elles déterminent.

Art. X. — Traitement.

La tuberculisation est une maladie générale ; aussi, le traitement de cette affection doit-il être envisagé indépendamment du siège do produit accidentel dans les différents organes.

En agissant ainsi, nous avons l'avantage d'indiquer au praticien la médicaments qui ont été mis en usage dans toutes les formes de h tuberculisation interne et externe.

On ne peut pas se le dissimuler, il est d'autant plus difficile d'obtenir la guérison de cette maladie que, dans l'immense majorité des cas, elle envahit plusieurs organes à la fois ; aussi le Ihérapeutnte doit-il faire tous ses efforts pour empêcher son développement dans les cas où il peut soupçonner son imminence. C'est ici que l'on comprend l'utilité de la détermination précise des causes, puisque leur action étant connue, on peut légitimement espérer qu'en soustrayant l'enfanta leur pernicieuse influence, on empêchera souvent qoeb prédisposition ne soit mise enjeu.

Nous avons donc ici à étudier le traitement sous deux points de vue : celui de la prophylaxie et celui de la guérison radicale.

I. Prophylaxie (1). — L'époque orageuse de la dentition est passée, l'allaitement est terminé ; on a pris pour le sevrage toutes les précautions convenables; de nouveaux besoins se manifestent, et l'enfiut commence à passer de la vie végétative à la vie active. Attachez- vous dès ce moment à régulariser sa manière de vivre ; suivez son développement, ne négligez rien de ce qui concerne les aliments dont il doit se nourrir, l'air qu'il doit respirer, les exercices auxquels il doit se livrer, les soins de propreté qu'il réclame, les vêtements dont il doit être couvert, le climat qu'il doit habiter. Reprenons une à une ces différentes considérations.

La nourriture de l'enfant sevré depuis plusieurs mois se composera d'aliments auimalisés facilement assimilables; des bouillons, des gelées de viandes. A l'époque où l'on commencera à donner des aliments solides, on choisira les viandes noires, rôties, le mouton, le bœuf. L'enfant prendra à chaque repas une petite quantité de boa vin de Bordeaux ; ou aura soin de régulariser les repas, c'est le nvflleur moyen de régulariser aussi les digestions et de favoriser Tab-

(1) Voir pour l'hygiène des enfants a la mamelle, t. I, p. 722.

DES TU&ERCCLES EN GÉNÉBAL. 445

dire jusqu'ici, nous iravons parl«î que du traitement préservatif hygiénique, le seul, à notre avis, dont l'efficacité soit incontestable. Les auteurs ont, en outre, conseillé l'emploi de quelques moyens préventifs médicamenteux ; ceux qui ont eu le plus de crédit sont des agents thérapeutiques de nature très différente : les exutoires et les toniques.

Partant de ce principe, que chez les enfants prédisposés à la tuberculisation, la peau est souvent le siège d'éruptions chroniques, accompagnées d'un suintement abondant (eczéma, impétigo, etc.), et que ces dermatoses sont, jusqu'à un certain point, favorables à la mité générale des enfants qui en sont atteints, on en a conclu qu'une médication qui aurait pour but de provoquer une irritation artificielie et une suppuration abondante, ne pourrait que produire d'heureux effets. C'est principalement pour prévenir certaines formes de toberculisations (forme cérébrale) que Ton a conseillé l'emploi du cautère, du séton et du vésicaloire. Il faudrait des faits bien plus positifs que ceux qu'on a cités pour nous engager à conseiller cette médication dans tous les cas, et il nous semble plus rationnel d'accorder la préférence au traitement tonique, et de réserver les révulsifs pour des cas spéciaux.

Ainsi, nous conseillons chez les enfants délicats l'emploi des préparations furrugineuses, de l'huile île foie de morue, de la tisane de w>yer(voy ci-après)f des bains sulfureux ou salés, et si la chose est possible, des bains de mer; ou bien le séjour pendant une ou deux saiaonsaux eaux des Pyrénées, à celles de Schinznach ou de Lavey. Les unes sulfureuses, les autres salées, conviennent parfaitement dans les cas de faiblesse de constitution, de débilité générale, qui peuvent foire craindre le développement ultérieur de la maladie tuberculeuse*

Du traitement hygiénique dans les cas d'affections cutanées ou glandulaires chroniques. — Le traitement préventif, basé sur les principes que nous venons de développer, doit subir différentes modifications dans les cas où les enfants pour lesquels on redoute le développement des tubercules, sont déjà atteints d'affections cutanées accompagnées d'un suintement considérable. En pareilles circonstances, il faudra changer quelque chose au régime alimentaire et aux précautions hygiéniques dont nous avons prescrit l'emploi. Ainsi, la nourriture ne devra pas être aussi substantielle, on risquerait ainsi d'augmenter l'affection cutanée, surtout dans les cas où l'on a affaire à un impétigo ou à un eczéma, accompagnés d'une vive irritation.

Il serait imprudent d'employer les bains et les lotions froides dans les cas de dermatoses humides générales; si, au contraire, la maladie cutanée est sèche {lepra , psoriasis, pityriasis) , on continuera sans aucun inconvénient l'emploi des lotions et des bains froids. Du reste, les lotions ne doivent pas être interrompues dans les cas où l'affec*

tion cutanée sera bornée à la tête (impétigo larvalis, ttnea faciei, etc.), elles pourront être pratiquées alors avec avantage sur d'autres poinb du corps.

Une autre question bien plus grave, et que nous avons sootefél dans une autre partie de cet ouvrage, doit trouver ici sa place. &Mf convenable, dans le cas où l'on redoute pour l'avenir le développement d'une tuberculisation, de solliciter la guérison des éruption cutanées chroniques et la cicatrisation des ulcères scrofuleuxTPo» résoudre une pareille question, il faudrait des faits nombreux bk* observés, convenablement analysés. La science ne nous en (boni pas assez pour que les conclusions que nous pourrions en tirer sotat inattaquables. On lit bien dans presque tous les traités sur l'aifectkl tuberculeuse que la répercussion des dartres et des exanftMnv occasionne la phthisie; mais nous sommes forcés de reconnaître «pi parmi les assertions médicales, il y en a peu qui soient moins certaines que celle-là. La difficulté du sujet explique son obscuriti Pour prouver cette opinion, on s'est appuyé sur cette maxime : F* hoc, ergo propter hoc. Mais on n'a pas réfléchi que l'effet prétenÉ pouvait fort bien être la cause, et la soit-disant cause l'effet.

Bien que la question soit susceptible de cette double interpréUtioi, nous pensons cependant qu'il suffit que l'influence de la répercuaifli soit possible pour que le médecin prudent suive certaines règles datt le traitement des affections cutanées chroniques. Il doit avoir égaidl plusieurs circonstances, h l'étendue, à la nature, à l'ancienneté dek maladie, et à l'état général du sujet qui en est atteint. Ainsi, certain» affections chroniques de la peau sont accompagnées d'un dépérbttment général dont la prolongation peut avoir des suites funestes. Non avons vu des impétigos, des eczémas chroniques très étendus, ettoèm chez un malade, un véritable pom'^o (vraie teigne) qui couvrait la surface du corps, s'accompagner de maigreur, de perte des forces, & gonflement des ganglions en rapport avec les points malades. Dansai cas, évidemment, il y avait indication à faire disparaître la malafil de peau qui devenait elle-même une cause de tubercules par la déHrioration quelle imprimait à l'économie.

Lorsque l'on se décide à provoquer le disparition d'une affectai cutanée chronique, il faut employer un certain nombre de préetttions que nous avons indiquées ailleurs et que nous mentionnons M de nouveau.

1° La maladie doit être attaquée partiellement et non en totalité; 2° on doit prescrire à l'intérieur de légers purgatifs; 3° employer pu* dant quelque temps un exutoire qui remplace jusqu'à un point la maladie qu'il s'agit de faire disparaître, et qui n'en ait pas les inconvénients. On devra en outre préférer aux caments internes l'emploi sagement administré des eaux minéral* naturelles sulfureuses, qui, en même temps qu'elles sont spécifiqt*

pour les maladies de la peau, sont aussi toniques et quelquefois purgatives/

Traitement des maladies qui peuvent être l'origine de la tuberculisaùa.— Après avoir discuté la question du traitement des affections ifaroniquesde la peau, nous devons dire quelques mots de celui qu'il mment d'employer dans les maladies aiguës, qui peuvent être suiries de tnberculisation, telles que la rougeole, la coqueluche, la pneu- SKKie. Nous n'a?ons pas à revenir sur les détails de ce traitement ; I» sujet ayant été traité ailleurs d'une manière complète, nous nous SQOtenterons déposer quelques règles générales: 1° la médication ferra être active, mais pendant un temps très court, car, comme l'a brtbien remarqué M. Papavoine, si l'on agit autrement, laconvalesfeoce sera très longue et très orageuse, et c'est ce qu'il faut éviter ; S»le traitement ne devra pas, autant que possible, être trop débilitant ; •• il faudra se bâter de relever les forces du malade dès que l'affection •ont disparu, et faire ainsi succéder la médication tonique au traitement débilitant

Ma$tvrbation. — Les parents chercheront par tous les moyens possibles k rompre le cours de cette habitude honteuse et funeste. Il ne bat pas que Ton ignore que ce sont souvent de très jeunes enfants

Si se livrent avec fureur à l'onanisme. Le séjour prolongé dans un trop chaud ou trop mou contribue à l'excitation des organes génitenx. Il ne faudra pas négliger en conséquence le coucher de l'enfant ; osa matelas et son oreiller seront de crin ; il ne sera pas trop couvert, el on lut fera de bonheur prendre l'habitude de tenir les bras hors «a lit.

On examinera aussi avec soin l'état des organes génitaux. La masturbation, en effet, est souvent provoquée par le prurit qu'occasionne Vkerpesprœputialis et quelques autres phlegmasies légères des grandes livres ou du prépuce. Dans les cas de cette espèce il faudra insister sur les bains elles lotions émollienles, qui, en calmant l'inflammation nia subinflammation de ces parties, feront disparaître la cause excitante qui produit la masturbation. On ne devra pas négliger non plus de s'assurer si les jeunes malades rendent habituellement des fin; l'exploration directe peut, en effet, démontrer l'existence des oxyures vermiculaires, qui, en irritant l'extrémité inférieure du Metum, ou en s'insinuant entre les grandes lèvres, sont souvent une cause d'onanisme.

Une grande prudence est nécessaire dans les recherches auxquelles on se livre pour savoir si l'enfant est atteint de ce vice; on risque Souvent de lui donner l'idée d'un défaut qu'il n'a pas : aussi le docteur Donné a-t-il rendu un véritable service en indiquant un caractère on moyen duquel on peut reconnaître si un enfant se livre ou non à Il masturbation. Ce moyen consiste à examiner les urines au microscope; lorsqu'elles ont été rendues peu de temps après le moment où

m. ïl

k\ 8 SCROFULE BT TUBERCULES.

l'enfant s'est livré à sa funeste inclination, elles contiennent de lt matière muqueuse dans laquelle sont mêlés des cristaux d'oxalale de chaux.

II. Traitement curatif. — « On ne peut méconnaître, dit Laênnee, une maladie incurable lorsqu'on voit tenter tour k tour contra aile

presque toutes les substances médicamenteuses connues. » «Oai

vanté les acides et les alcalis, la diète sévère et l'alimentation animale succulente, l'air sec et l'air humide, l'air pur et l'air chargeât vapeurs fétides, l'oxygène, l'hydrogène et l'acide carbonique, la exercices et le repos, les émollients et les toniques, le froid et lt chaud, les anodins parégoriques et autres, et les stimulants, non-m» lement tels que les aromatiques et les antiscorbutiques, mais mtai tels que les préparations les plus irritantes du mercure, le sulfata de cuivre, l'orpiment et l'arsenic. »

Certes, une pareille série d'antithèses est bien faite pour décourager le médecin. Aussi est -il indispensable, comme le dit encan Laénnec, « de mettre quelque ordre dans une abondance aussi stérile, en posant les indications que le praticien doit se proposer de remplir. »

§ I. Indications — Si la nature intime de la maladie nous était connue, nous pourrions peut-être trouver un spécifique qui neutraliserait dans l'économie le vice tuberculeux. Dans l'impuissance d'atteindre ce but, nous devons établir quelles sont les indications à remplir pour faire disparaître le produit accidentel lorsqu'il est dépoté au sein des organes.

1° Est-il convenable de chercher à favoriser l'absorption, /V/imtM* tion ou la transformation de la matière tuberculeuse? — Cette question n'a pas été résolue par tous les palhologistes de la même manière. Las uns ont admis que l'absorption de la manière tuberculeuse ne pouvait avoir que des avantages lorsque ce produit accidentel siégeait dans la système glandulaire, mais que de graves inconvénients pouvaient résulter de l'absorption de la matière tuberculeuse déposée dans hl poumons. On a prétendu que toutes les fois que le tubercule passait de l'état solide à l'état liquide, il déterminait dans les organes enn? ronnauts une réaction inflammatoire qui était toujours fâcheuse. Celte objection serait juste si les médicaments qui provoquent l'absorption déterminaient nécessairement le ramollissementdu tubercule dans sa totalité. Mais on comprend que la résorption moléculaire puisse se faire sans déterminer une fonte du tubercule, et surtout que inflammation des tissus voisins.

. On a dit aussi, et cette objection a plus de valeur, que chez les enfants tuberculeux dont les organes sont éminemment prédisposée à une phlegmasie, les médicaments actifs et irritants dont l'action résolutive est la mieux prouvée, tels que l'iode, l'or, le mercure, avaient le grave inconvénient de provoquer des inflammations secondaires

DES Tl'B&ACOLES fcN GKNÉHaL 449

ijours funestes. Celte objection est plus applicable à l'impéritie du riecin qu'aux médicament eux-mêmes. Sagement administrés, ils ivent produire d'excellents effets; donnés d'une manière intempesa à trop haute dose, ils seront évidemment nuisibles. Nous répondons donc à la première question que nous nous sommes lée : Oui, on doit provoquer l'absorption de la matière tuberculeuse. is nous ajoutons que la nécessité de cette indication générale une i reconnue, les moyens de la remplir nous font le plus souvent but: d'ailleurs leur emploi réclame des règles particulières, qui ront mieux exposées lorsque nous étudierons chaque espèce de turculisation en particulier.

Dans les cas où les tubercules out été éliminés et ont laissé à leur |ce des cavités plus ou moins considérables, le médecin doit se jposer d'en obtenir la cicatrisation et de tarir la suppuration que irnit la membrane qui les tapisse. Cette indication est du reste spé- \]e aux tubercules pulmonaires, bien que le poumon ne soit pas le il organe dans lequel on puisse constater l'existence d'excavations is ou moins considérables.

S'il peut y avoir dn doute sur la nécessité de favoriser l'absorption s tubercules, il n'en existe pas sur l'opportunité d'une médication i aurait pour effet de leur faire subir la transformation crétacée ; p il est avéré qu'à cet état le tubercule est devenu inerte, et en gérai n'occasionne plus d'accidents.

2° // faut empêcher de nouvelles éruptions tuberculeuses. — Il est indisnsablc de prévenir de nouvelles éruptions tuberculeuses pour obter |a guérison radicale. On comprend que dans les cas où le traiteent préservatif a été insuffisant pour s'opposer au développement s produits accidentels, il n'ait pas plus de chances de réussite pour spécher la formation de nouveaux tubercules ; tandis que s'il a été igligé on peut légitimement espérer que son emploi sera suivi de coèa.

S' Fortifier la constitution. — Cette troisième indication consiste à tpner aux organes une somme de ton suffisante pour que l'enfant lisse résister à la déperdition des forces qu'entraîne la maladie et wlqqefois môme la médication que l'on met en usage pour la faire tppraltre. L'opportunité de cette indication varie, du reste, suivant nature de la tuberculisation, la marche qu'elle a suivie, l'époque laquelle elle est arrivée, les organes qu'elle a envahis. 4* Empêcher et traiter les complications.— L'anatomie pathologique tnt démontré que la mort d'un grand nombre d'enfants tuberileux est le résultat de phlegmasies intercurrentes, il faut emleber, ou tout au moins retarder le développement de ces affections. 5^ Calmer les symptômes pénibles. — Dans l'impossibilité d'obtenir guérison radicale de la maladie, une dernière indication reste à mplir, celle de calmer les symptômes pénibles. Nous ne parlerons

ici que du traitement palliatif des symptômes qui appartiennent k la tuberculisation eu général, réservant pour chaque tubercolisttkm partielle les détails thérapeutiques qui la concernent spécialement

Enfin, il est un certain nombre de médicaments qu'il est impossible de rattacher à des indications précises, et qui cependant ont trouvé place dans le traitement de la tuberculisation ; nous en dirons quelques mots en terminant.

§ II, Examen des médications. — I. Les médicaments auxquels on a cru reconnaître la propriété de remplir la première indication sont nombreux. Nous ne les passerons pas tous en revue, nous nous contenterons de dire qu'ils sont pour la plupart empruntés au règne minéral. Ainsi, l'on a conseillé comme médicaments altérants : l'iode et ses préparations, le mercure, l'or, l'antimoine, l'arsenic, les eau minérales, etc.

L'iode a été surtout employé contre la tuberculisation externe. Chacun sait que Coindet, de Genève, et plus tard, les docteurs Lngol et Baudelocque, et beaucoup d'autres médecins, en ont vanté les heureux effets dans le traitement de la scrofule. Ces préparations ont aussi éternises en usage par quelques médecins dans le traitement de la tuberculisation interne générale ou partielle*

L'effet des préparations iodées données à l'intérieur consiste en général dans l'augmentation de l'appétit et des évacuations alvines, dans l'accroissement de la sécrétion urinaire et salivaire. Cet médicaments produisent, dans quelques cas, de la cardialgie, quels vin de quinquina fait disparaître (Baudelocque). On a observé aussi que lorsque leur usage était continué pendant longtemps, ils produisaient quelquefois une irritation de la langue et de la membrane muqueuse bucco-pharyngée.

Leurs effets doivent être attentivement surveillés, et Ton doit se hâter de suspendre la médication lorsqu'il se développe des accidents. MM. Evanson et Maunsell ont avancé que les effets fâcheux de l'iode étaient plus fréquents et plus facilement provoqués cbexles enfants que chez les adultes. Celte assertion ne nous parait nullement exacte. Nous avons employé l'iode, et souvent l'hydriodate de potasse à doses assez élevées, et nous n'avons jamais observé d'accidents semblables à ceux signalés chez l'adulte. L'un de nous a aussi recueilli à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. Lugol, un grand nombre d'observations d'enfants âgés de dix à quinze ans, chez lesquels on administrait ce médicament d'une manière continue, et il n'en a pis vu non plus résulter d'accidents. M. Baudelocque,dansson Traité it l'affection scrofuleuse, avait déjà fait les mômes remarques.

Les auteurs sont loin d'être d'accord sur l'opportunité de l'administration de ce remède, et sur ses indications et ses contre -indict. tions. Les uns veulent qu'on réserve son emploi pour les cas apyrétiques, dans lesquels le tube digestif est à l'état normal, et où le

DBS TUBKRCULES EN GÉNÉRAL. 621

poumon contient peu ou pas de tubercules; les autres ne craignent pas de l'administrer, quel que soit l'état général et local.

L'iode peut être prescrit à l'extérieur et à l'intérieur.

La médication externe est surtout conseillée dans la scrofule; l'iode a été aussi -employé par la méthode iatralcptique pour des affections tuberculeuses internes.

il l'intérieur, ce médicament a été prescrit aux enfants sous forme de teinture et de solution.

Lugol pensaitquela teinture avait l'inconvénient de se décomposer avec une grande facilité, et de laisser précipiter l'iode. Baudelocque s'est assuré que l'on pouvait, sans inconvénient, mélanger une certaine quantité de teinture d'iode à de l'eau, sans qu'il y eût précipitation du médicament.

On préfère généralement une solution dans laquelle l'iode est uni à l'hydriodate de potasse.

Lugol employait cette solution à divers degrés de concentration ; Baudelocque l'administrait aux doses, suivantes : la solution est composée de 10 centigrammes d'iode et de 20 centigrammes d'iodure de potassium pour 500 grammes d'eau. Il administrait cette solution à la dose de 90, 120, 150, 180 grammes, etc., suivant l'âge.

Viodure de fer a été conseillé par le docteur Dupasquier, de Lyon. Ce médecin a publié, sur l'emploi de ce médicament chez l'adulte, un mémoire fort intéressant, etqui semblerait prouver que cette préparation exerce une influence positive sur la résorption des tubercules.

D'après M. Dupasquier, le proto-iodure de fer serait à la fois tonique, astringent et résolutif. Voici les conclusions d'un mémoire publié sur l'emploi de ce médicament, par M. Gilbert Boissière, élève de M. Dupasquier (1): « Comme tonique, le proto-iodure de fer relève toutes les fonctions, et surtout la digestion, l'hématose et l'assimilation ; comme astringent, il fait cesser la sécrétion exagérée de la muqueuse bronchique et les sueurs nocturnes ; enfin, comme résolutif, il provoque la résorption des produits organiques déposés dans le parenchyme pulmonaire. Il reste donc démontré que l'administration du proto-iodure de fer dansla phthisie pulmonaire est nonseulement innocente, mais encore d'une utilité incontestable, et j'ose même dire que nulle autre médication connue ne peut lui être comparée. »

Nous ne devons pas oublier de faire remarquer que ce médicament agit quelquefois comme irritant de la membrane muqueuse de la partie sus-diaphragmatique du tube digestif» et qu'il serait peut-être dangereux de le prescrire à des enfants atteints de stomatite, ou d'une irritation pharyngée et laryngée.

Le proto-iodure de fer employé par M. Dupasquier est un proto-

(t) Go*, méd , n* 53, 24 décembre 1842.

sel parfait qui n'est nullement altéré par le contact de l'air. Ce médecin le prescrit en solution. Pour les jeunes sujets, on commence. l'administration du médicament par cinq gouttes de la solution, et on augmente progressivement la dose en surveillant l'action du remède. Nous avons très souvent administré le sirop de proto-kxhn* de fer à la dose d'une à deux cuillerées à soupe par jour. Les enfants prennent le remède sans répugnance, et il remplace avantageusement l'huile de foie de morue dans les grandes chaleurs de l'été. Cependant, il est des enfants qui le supportent avec peine, et nous l'avons vu déterminer des douleurs gastriques qui nous ont forcé d'en suspendre l'usage. L'hydriodate de potasse est admirablement toléré par les enfants, même à doses fort élevées ; c'est presque exclusivement contre la tuberculisation méningée que nous en avons filt usage. (Voyez Méningite.)

A l'extérieur. — On peut recourir aux frictions avec la teintai* d'iode, ou aux onctions avec une pommade d'hydriodate de potasse iodurée. Lugol employait la suivante :

y Iode . . . . , 30 centigrammes.

lodure de potassium 1 grammes 10 eeatigr»

Axonge récente 32 grammes.

Baudelocque prescrivait une pommade qui contient une plus grands proportion de substance active :

% Iode 60 centigrammes.

lodure de potassium h grammes.

Axonge 32 grammes.

Baudelocque a remarqué que les frictions avec cette pommade s'accompagnaient quelquefois d'un sentiment de picotement, de chaleur ou de brûlure, qui durait au plus un quart d'heure et souvent beaucoup moins. A celte sensation près, il n'est survenu à la peu aucun accident.

Ces différentes pommades ont été employées en frictions sur la tumeurs tuberculeuses extérieures ; on pourrait aussi en faire usage dans le but de faire pénétrer une certaine quantité d'iode dans l'économie.

Les eaux minérales qui contiennent une forte proportion d'acide peuvent être utilement employées. On peut recommander en particulier celles de Kreuznach ou celles de Lave y qui, mélangées aui eaux mères des salines de Bex, jouissent de propriétés toniques *l résolutives évidentes. Du reste, en parlant de la tuberculisation de chaque organe, nous indiquerons les cas où la médication iodée est ou non applicable.

Mercure. — Les préparations mercurielles ont été conseillées dtqs

certaines formes de la tuberculisation externe ou interne cbfx les enfants.

On a principalement vanté l'emploi du calomel, donné comme thérant à la dose de 2 centigrammes et demi à 5 centigrammes, deux Ml par jour. Les frictions avec la pommade de calomel ont aussi été csmeillées.

Une antre préparation mercurielle, qui a été particulièrement van* Mi par Wendt, Hufeland et Tourtual, est l'éthiops minéral (sulfure loir de mercure), seul ou uni à d'autres préparations. Ces médecins fanent ce médicament à très petites doses.

• D'après eux, il aurait le grand avantage de n'occasionner jamais la afivation ; accident, du reste, rare dans l'enfance, quelle que soit la préparation mercurielle que l'on mette en usage.

Nous sommes peu partisans de la médication mercurielle chez les taberculeux, nous en exceptons la méningite et le cas où les évacuations alvines sont décolorées. Dans ce dernier cas nous donnons pendant quelques jours le calomel ou ïhydrargyrum cum cretâh petites doses ; mais sauf cette exception nous repoussons une médication qui a pour effet d'appauvrir le sang et de débiliter l'organisme.

Or. — Si nous proscrivons le mercure, nous n'en disons pas autant de l'or : ce remède a le grand avantage d'être un roborant en même .temps qu'un altérant. C'est à l'oxyde que nous donnons la préférence "41a dose de 1 à 5 centigrammes par jour en friction sur la langue.

Antimoine. — Les préparations antimoniales ont aussi été conseillées dans la tuberculisation des enfants ; mais c'est presque exclusivement contre les scrofules qu'on eu a fait usage. On a recommandé an particulier le soufre doré d'antimoine, et même l'antimoine cru. Ce dernier médicament peut être administré aux enfants de deux à 4taq ans à la dose de 25 centigrammes ; à ceux de cinq à huit ans 4a donne 50 centigrammes, et aux plus âgés 70 centigrammes en

Îmrtre ou en pastilles. Il est convenable d'unir ce métal à des balances aromatiques, pour faciliter la digestion, et aussi à une substance absorbante, afin de neutraliser les acides contenus dans fêttomac, et d'empêcher ainsi la formation d'un sel antimonial qui fourrait provoquer des vomissements (1). Hufeland donne l'antimoine ara d'après la formule suivante :

Tf Antimoine cru finement pulvérisé . 25, 50, 75 centigrammes.

Magnésie 25 centigrammes.

Sacre blanc 60 centigrammes.

Poudre de cannelle 10 centigrammes.

Faites une poudre. — Une à trois fois par jour.

Eaux minérales. — On doit rapprocher des préparations que nous (1) FrtenW, traduction d'Evanson et Maunsell, il Lier. S. 613,

venons d'étudier les eaux minérales, conseillées par un gvand nombre de médecins dans le traitement de la tuberculisation.

Celles qui jouissent de la plus grande réputation sont'les eaux des Pyrénées, et en particulier celles de Bonnes; celles du Mont-Dor, éi Weissembourg en Suisse, et d'Ems dans le duché de Nassau. Ces différentes eaux sont spécialement indiquées dans les cas de tubereolisatiou localisée sur le poumon. Dans la forme générale chronique, lorsque l'élément fébrile est peu accusé, nous préférons les eaux iodurées et bromuréesde Challes, de Wildegg, deCœse.

H est préférable qu'elles soient prises dans le pays même; maison peut aussi prescrire celles que Ton fait venir de la source, et qui sont très pures.

Nous ne savons pas si les médications que nous venons de paner en revue sont capables de produire la transformation crétacée des tubercules, tandis que quelques maladies produisent évidemment cet effet. Ces affections, nous les avons déjà énumérées ; ce sont : la fiène typhoïde, la scarlatine et surtout la variole.

De ces trois maladies, celle qui jouit de l'influence la plus marquée pour crétacer les tubercules, la variole, peut être transmise d'an individu à un autre par voie d'inoculation. Devons-nous en profiter dans le but d'obtenir la guérison des tubercules ?

Pour résoudre cette question et en déduire des règles thérapeutiques, il serait indispensable d'élucider les points suivants :

1° L'influence curative de la variole est-elle permanente ou temporaire?

2° S'exerce- t-e Ile à tous les degrés de la maladie ?

1° 11 est très difficile de répondre à la première question. Pour que l'action exercée par la variole fût permanente, il faudrait que la fièvre éruptive agit à la fois sur le principe général qui produit la tuberculisation et sur le produit sécrété lui-même. Or nous ne pouvons juger que de ce dernier résultat, puisque nous ne possédons pas de signes positifs qui nous indiquent l'existence de cette tendance générale à la tuberculisation qui précède le dépôt tuberculeux. 11 y aurait on autremoyen d'élucider la question, mais les éléments nécessairesnoos manquent : ce serait de déterminer si, sur un nombre considérable d'individus prédisposés à la tuberculisation par leurs antécédents, ceux qui, non vaccinés, ont contracté la variole, sont morts phthisiques en nombre beaucoup moins considérable que ceux qui, placés dans les mêmes circonstances, n'ont pas eu la variole. On comprend toutes les difficultés d'un pareil calcul.

Un fait positif, c'est que la variole ne détruit pas la prédisposition originelle, puisque les enfants qui ont été atteints de cette fièvre éruptive peuvent devenir ensuite tuberculeux.

2° L'influence exercée par la variole a-t-elle lieu à toutes les périodes de la phthisie ? La variole cicatrise- t-el le les excavations pnl-

KMiaires, comme elle Tait passer les tubercules à l'état crétacé? Nous 'en possédons pas d'exemple. On conçoit, du reste, qu'il est bien ifficile deconstaterun pareil résultat, puisque la variole survient très iranent chez desenfants dont la tuberculisation est avancée, et que, ans ce cas, c'est la variole, qui est modifiée et non la tuberculisa* on.

De cette discussion il résulte: 1° qu'il n'est pas prouvé que l'influence urcéeparla variole sur la tuberculisation soit définitive; 2° qu'il 'est pas prouvé qu'elle détermine la cicatrisation des excavations ulmonaires ; en conséquence, il ne convient pas d'inoculer la variole un sujet tuberculeux dans l'espoir de guérir sa maladie. IL Les médications auxquelles on doit recourir pour remplir la eoxième indication (de prévenir de nouvelles éruptions tuberculoses), sont : 1° le traitement tonique que nous allons étudier tout l'heure; 2° la médication révulsive; 3° le changement de climat. Peu artisans en général des médicaments révulsifs chez les enfants, M» croyons cependant qu'ils ne doivent pas être bannis du traitelent de la tuberculisation. Il va sans dire qu'il ne faut pas les proiguer : mais les employer seulement dans les cas où ils peuvent exerm» une influence réelle. Ainsi si l'on était assez heureux pour voir les un enfant disparaître les symptômes de la tuberculisation; si en érae temps les forces étaient peu déprimées, l'embonpoint conservé, tempérament lympathique, il serait convenable dans la tuberculiition à forme chronique de prescrire un exutoire. Nous préférons ins ce cas l'application d'un cautère au bras dont on aurait soin entretenir la suppuration pendant longtemps, à celle d'un vésicairedont l'effet est temporaire et superficiel. Un autre traitement iqnel on devrait recourir si les conditions dans lesquelles le malade trouve placé le permettaient, serait le changement de pays; on iTerrait l'enfant dans un climat plus doux, en Italie, à Nice, à yères, à Pau, non pas seulement passer un hiver, mais plusieurs .vers ou plusieurs années de suite.

III. La troisième indication réclame l'emploi du traitement tonique. Cette médication a été conseillée par quelques médecins comme la «île qui convint à la tuberculisation. Il est hors de doute que dans Ni nombre de cas elle peut être mise en usage comme méthode incipale et le plus souvent comme méthode accessoire. Il est des nnes de tuberculisation dans lesquelles le traitement tonique ne sut avoir que des avantages, quelle que soit la période de la maladie, ndis qu'il en est d'autres où il n'est applicable qu'à une certaine loque, ou même ne doit pas être mis en usage. Ainsi, il convient ms la plupart des tuberculisations générales ou locales chroniques, , surtout dans celles où les voies digestives n'offrent pas d'altéraons profondes, tandis qu'au contraire il est rarement applicable dans * formes générales ou locales aiguës, sauf peut-être à une période

626 SCROFULE ET TUBBRCULBS.

avancée de la maladie. Ces règles souffrent quelques exceptions qui seront indiquées au sujet des tuberculisations partielles.

Parmi les toniques les plus vantés, nous citerons le fer, le quinquina et l'huile de foie de morue. On pourrait aussi y ranger un médicament que nous avons déjà conseillé, liodure de fer.

Les préparations ferrugineuses que l'on peut mettre en usage sont:

1° Le chocolat ferrugineux, facilement pris par les enfanta;

2° Le pain ferrugineux, qui n'a aucune saveur particulière et doit l'usage peut être continué pendant longtemps ;

3° Les pastilles ou les dragées de lactate de fer contenant chacune 5 centigrammes de ce sel ; la dose est de k pour les enfants âgés de moins de six ans, et de 6 à 8 pour ceux de six à sept ans.

k° La limaille de fer ou le fer précipité par l'hydrogène, seuls oo unis à d'autres préparations, telles que le sous-nitrate de bismuth, qui en facilitent la digestion ; ce médicament doit être donné I 11 dose de 2 centigrammes trois fois par jour, aux enfants âgés de moi» de deux ans, de 5 centigrammes à ceux de deux à quatre ans, et aax plus âgés de 10 centigrammes deux fois par jour.

Les préparations de quinquina les plus facilement supportées parte enfants, et assimilées par les organes digestifs, sont :

1° Le sirop de quinquina à la dose de 16 à 30 grammes;

2* Le vin de quinquina à la même dose ;

3° L'infusion faite à froid dont nous avons donné ailleurs la for» mule (Voyez t. Il, p. 331 );

U° L'extrait donné à petite dose.

Le quinquina doit être associé à d'autres médicaments, suivant que la tuberculisation prédomine dans tel ou tel organe.

Huile de fuie de morue. — La thérapeutique a fait une précieuse conquête dans l'huile de foie de morue, qui agit à la fois comme remède et comme aliment. Nous avons prescrit ce médicament à un nombre considérable d'enfants dont les uns étaient évidemment tuberculeux, tandis que les autres nous donnaient de sérieuses inquiétude! pour l'avenir. Chez les premiers, cette huile a, dans bien des cas, ralenti, sinon arrêté la marche de la maladie; et chez les seconds» elle a dissipé les symptômes alarmants qui n'étaient peut-être que le premier degré du mal. On associe quelquefois à ce médicament des préparations aromatiques pour en rendre la digestion plus facile et pour masquer son goût et sa saveur désagréables, comme on le verra dam quelques-unes des formules suivantes qui appartiennent au docteur Tourtual.

Tfi Huile de foie de morue 8 à 12 grammes.

Gomme arabique q. s.

Faites une émulsion avec eau de fenouil. 30 grammes.

Ajoutez sirop d'écorces d'oranze .... 15 grammes. Toutes les trois Retires une cuillerée à thé;

btt TUBMCULBS EN GÉNÉRAL. 627

il bien:

y Huile de foie de morue 32 grammes.

Liqueur de carbonate dépotasse. .... 8 grammes.

Huile de calamus aromaticus 3 gouttes.

Sirop d'écorces d'orange 32 grammes.

itin et soir une à deux cuillerées à thé.

s bien encore :

y Huile de foie de morue 8 grammes.

Jaune d'oeuf n° 1.

Sirop de menthe )

- de fleurs d'oranger. . . / | aa- w &ramme'-

iris fols par jour une cuillerée à dessert.

près bien des essais, nous avons fini par donner l'huile de foie de lie pure ; malgré son goût et sa saveur désagréables, les enfants Minent sans trop de répugnance. Mais tout en en continuant sge pendant des mois, et même pendant des années, nons avons ours soin de prescrire cinq jours de repos après quinze jours de efaent, et de suspendre le remède dans les grandes chaleurs de . Ces deux précautions sont nécessaires afin d'éviter l'embarras rique ou l'état bilieux qui se manifestent bien souvent lorsque prolonge pendant un temps trop long l'usage de ce médicament. ni aux doses, nous ne dépassons guère deux cuillerées à dessert r les jeunes enfants et deux cuillerées à soupe pour les plus i. Nous n'avons jamais, à l'exemple de quelques médecins, donné île de foie de morue à la dose énorme de 500 grammes par i des doses bien moins considérables nous ayant toujours paru santés.

Préparation* de noyer. — Ces préparations ont été spécialement immandées dans le traitement de la scrofule; mais il nous est rent arrivé de prescrire ce remède aux tuberculeux, dans les cas out où l'huile de foie de morue était mal supportée, et où, cepen- I, nous voulions agir sur l'ensemble de l'économie sans employer remèdes trop excitants, tels que le fer ou l'iode. Nous donnons eyer sous forme de tisane, de pilules ou de sirop. Les pilules sont 0 centigrammes d'extrait, et leur nombre varie de quatre à six, et ne douze par jour. Le sirop se prescrit à la dose de deux à quatre lerées à soupe par jour. Chez les tuberculeux affaiblis par ondantes hypersécrétions muqueuses, il rend de vrais services. l'extérieur. — Le traitement tonique consistera dans l'emploi bains sulfureux et gélatineux, composés avec 250 à 500 grammes ;élatine, et 60 à 90 grammes de sulfure de potasse. es bains salés contenant 1,000 à 4,000 grammes d'hydrochlorate oude.

428 SCnOFLLK ET TUBERCULES.

Nous nous trouvons bien d'ajouter à l'eau de ce bain une forte décoction de noyer.

Des bains aromatiques dont la formule a été donnée (t. 1, p. 362).

Ces différents bains seront donnés à la température de 26 à W R.

Des lotions toniques, faites sur différentes parties du corps avec une forte décoction de quinquina ; de l'eau à laquelle on mélangera de l'alcool, ou du baume de Fioraventi, etc., pourront être utiles.

Régime. — Le régime tonique sera celui que nous avons conseillé en parlant de la prophylaxie. On insistera tout particulièrement sur la diète animale; on prescrira -des bouillons de coqs cuits avec des herbes aromatiques, des bouillons de tortue; les viandes noires grillées, telles que le mouton et le bœuf. La boisson sera du vin de Bordeaux ou de Bourgogne coupé d'eau.

Quant à l'exercice, plusieurs auleurs, tels que Sydenham, Simmons, Portai, Vogel, Clarke, ont spécialement recommandé l'équitétion; Rush va même jusqu'à dire que la première question que h médecin doit adresser au phthisique ne doit pas porter sur les voies respiratoires, mais sur le talent d'équitation du patient. Cullen a précisé le temps pendant lequel la course à cheval devait avoir lîeo; 3 la conseille le matin à dix heures, et le soir entre quatre et 6u\ heures; elle doit durer d'une demi-heure à une heure (voyez Flebcfc, loc. cit.% p. 342). Si l'enfant est trop jeune pour se livrer à ce genre d'exercice, il recommande l'usage de la balançoire.

V. Nous avons pu rattacher à des indications positives la plupart des médicaments que nous venons de passer en revue ; mais il en est bon nombre d'autres qui ont été conseillés dans le traitement de la tuberculisation. Fleisch, dans son Traité des maladies des enfants, en a fait une énumération à peu près complète. Nous ne croyons pas nécessaire de les mentionner tous ici. Nous nous contenterons d'étadier ceux qui ont joui d'une certaine vogue, et dont il est important de discuter les avantages et les inconvénients.

Ces médicaments sont : la digitale, les émissions sanguines, et les purgatifs.

La digitale a été vantée dans la scrofule et dans diverses formes de la phthisie.

Ce médicament peut être utilisé dans le traitement de la tuberculisation ; son influence bien connue sur les mouvements du cœur peut faire espérer que son emploi sera suivi d'une diminution dans l'inteosité de la fièvre. En outre, une moins grande quantité de sang abordant dans les organes, les congestions et les inflammations seront peut-être moins facilement produites, et, comme nous le disions tout à l'heure, ou parviendra ainsi à éloigner le moment où les phlegnusies secondaires se développent.

Noos pensons qu'on doit limiter l'emploi de la digitale aux cas hrants :

1* Lorsque la maladie suit une marche aiguë, et est accompagnée ine réaction intense;

J* Dans la forme chronique, lorsque le mouvement fébrile prédoae, et qu'il n'existe pas de symptômes du côté de l'estomac ou du Aèroe nerveux.

Dans le premier cas, il faudra continuer la digitale tant qu'on ne m pas survenir d'amendement. Dans le second, on devra eu intermpre l'usage pour le reprendre ensuite, afin de ne pas épuiser l'acn du médicament.

On pourra employer la teinture de digitale ou la poudre, d'après formule que nous avons donnée ailleurs (voy. tom. II, p. 226), ou ieox encore la digitaline.

Les émissions sanguines doivent, en général, être repoussées du traînent de la tuberculisation. Nous en exceptons le cas où la maladie ferait une marche aiguë et s'accompagnerait d'un mouvement Mrile intense. Il serait utile alors d'appliquer quelques sangsues à ans, ou de pratiquer une saignée du bras d'une à deux palettes. Dans la phthisie à forme chronique, il faut être avare d'émissions Bguines, et d'autant plus que la maladie est à une période plus ancée; à cette époque, en effet, le médecin doit surtout s'efforcer t prévenir les complications inflammatoires, et la méthode antiilogistique aurait, sans contredit, l'inconvénient de provoquer leur iparition.

Purgatifs. — Si nous parlons ici des purgatifs, c'est plutôt pour les roacrire que pour en recommander l'usage. La facilité avec laquelle i inflammations du tube digestif se développent chez les tubercunx, et les graves lésions des intestins qui existent chez bon nombre antre eux, contredisent évidemment leur emploi. On exceptera de tte règle le cas où l'on soumet les malades à la médication altérante. est alors nécessaire d'interposer de temps à autre quelques légers inoratifs au traitement général.

VI. En étudiant chacun des symptômes de la tuberculisation, nous 'ons mentionné quels sont ceux qui fournissent des indications érupeutiques spéciales.

Le traitement, tel que nous le conseillons, doit remplir plusieurs de • indications.

Ainsi, le mouvement fébrile et l'amaigrissement seront combattus ir le traitement général, seul susceptible, en faisant disparaître la ose qui entretient ces symptômes, de faire en même temps dispattre ses effets. Quelquefois, cependant, il sera convenable de cherter à diminuer l'intensité du mouvement fébrile au moyen de la gitale. Si la fièvre, soit au début de la tuberculisation, soit à une loque plus avancée, revêtait le type intermittent, on devrait la

combattre par les remèdes antipériodiques, et en particulier, parle sulfate de quinine.

Les troubles des voies digestives réclament un traitement particulier qui sera exposé dans les chapitres où nous étudierons les taberculisations abdominales.

Nous avons indiqué ailleurs le traitement de l'anasarqoe cachectique; c'est celui qui convient aux hydropisies qui surviennent da« le cours de la tuberculisation chronique (voy. t. II, p. 2S1).

Nous devons mentionner ici le traitement à suivre pour lea suent* lorsqu'elles sont trop abondantes. Un grand nombre de médicament* ont été proposés. Voici ceux qui jouissent de la plus grande Itaor; nous empruntons ces détails à l'ouvrage de Fleisch (1).

Agaric. — De Haen a conseillé l'agaric en poudre. Ce médicameÉt peut être donné à doses élevées. Nous l'avons administré jonfrt celle de 1 gramme, mais toujours sans succès.

Elixir de Haller. — Domling (2) a conseillé l'emploi de l'élixir de Haller. Il a rapporté l'observation d'une jeune fille qui était dam le dernier degré de marasme, et avait des sueurs très abondantes, et chez laquelle il employa avec succès la liqueur acide de Haller à U dose d'un gramme 10 centigrammes dans 180 grammes d'eau éMcorée. La malade prenait deux cuillerées de mélange toutes lea dan heures. La dose fut progressivement augmentée et portée à 2 gramme 20 centigrammes dans les vingt-quatre heures.

V acétate de plomb a été conseillé par plusieurs médecins dans le traitement des sueurs des phthisiques. Si on voulait le prescrire au enfants, il faudrait le donner à petites doses, de 5 à 20 centigrammes, associé à une très petite quantité d'opium.

VII. — Traitement des formes de la tuberculisation. — Nous venooi d'énumérer les différentes méthodes qui répondent le mieux aux indice* lions rationnelles que réclame le traitement de la tuberculisation. Mes nous avons fait comprendre qu'elles n'étaient pas également applicables à toutes les formes et à toutes les époques de la maladia, Le mode de début par tel ou tel organe implique une médication quiae peut être exposée que dans les chapitres où la tuberculisatioa des organes sera étudiée en particulier. Nous devons donc nous contenter d'exposer le traitement qui nous semble le plus convenqble dans le forme générale aiguë et chronique.

Dans la forme aiguë, générale, notre expérience personnelle et celle de tous les auteurs qui ont écrit sur la tuberculisation ne peuvent nous être d'aucune utilité. Dans bon nombre de cas, la maladie etf trop difficile à reconnaître pour qu'on puisse fixer des règles thérepeutiques convenables, et d'ailleurs, elle est d'une désespéras*

(1) Loc. cit., dritter Band> S. 373.

(2; Hom's Archw, III Bd. S. 7t.

DES TOfiKRCCLKS EN GÉNÉRAL. 631

incnrabililé. Noos pensons donc qu*en pareil cas le médecin est forcé de faire de la médecine symptomatique.

Ainsi l'enfant est-il fort, la fièvre vive, l'aspect de la maladie tout à fait inflammatoire, il faudra chercher à enrayer l'état fébrile. Dans ce but on prescrira :

1* Une émission sanguine proportionnée à l'âge et à la force de l'enfant;

2° La potion de digitale dont nous avons donné la formule. On en continuera l'usage aussi longtemps que l'enfant pourra le supporter, et tant qu'elle n'occasionnera pas des accidents cérébraux ou abdominaux ; on la remplacera alors par l'aconit ou par les poudres de James.

Si d'emblée, ou à une époque plus avancée, la maladie revêt le type typhoïde, il faudra, suivant les indications, prescrire les préparations toniques ou insister sur l'emploi des antispasmodiques à haute dose. On trouvera dans le chapitre sur la fièvre typhoïde l'indication des médicaments les plus convenables.

jkp$la forme générale chronique, il faut insister particulièrement sur les préparations iodées et sur les médicaments toniques. Ainsi on prescrira ;

1* L'iodure de fer aux doses et avec les précautions indiquées plus haut;

2° Les médicaments toniques précédemment énumérés, et en particulier, l'huile de foie de morue. On devra, suivant les indications du moment, alterner l'emploi de l'iode et celui des toniques; ces deux médications devront souvent être suspendues, puis reprises, puis de nouveau suspendues. De temps à autre, si les voies digeslives sont à l'état normal, on interposera un purgatif;

5° Les contre-indications tirées de l'état des voies digestives devront, dans certains cas, engager le médecin à recourir à la médication iatraleptique ou aux bains toniques, ou légèrement excitants dont nous avons parlé plus haut.

OwiavATiow.— Fièvre grave continue chez un enfant de trois ans.— Constipation au début ; quelques selles en dévotement plus tard ; pas de vomisêements ; lèvres croûteuses ; dents fuligineuses ; abdomen ballonné, puis souple. — Deux taches lenticulaires douteuses. — Pas de sudamina. — Pas de symptômes cérébraux. — Mort le trente-troisième jour de la maladie. — A V autopsie y tuberculisation granuleuse générale, mais surtout pulmonaire et méningée; ramollissement superficiel du cerveau; foyer apoplectique.

Équelaine (Eugène), âgé de Irois an*, fut amené, le 5 mars 1839, à l'hôpital des Enfanta.

Cet enfant n'a jamais eu de maladie grave; mais il a toujours été faible, maigre ; Il n'a commencé à marcher qu'à deux ans et demi ; sa dentition a

été achevée à cette époque. Sujet à s'enrhumer, il n'a pas eu de long dévotement. Il a été vacciné, et n'a pas eu de fièvre exanthématique. Lorsqu'à Tarnena à l'hôpital, ses parents nous apprirent qu'il était malade depuis troh semaines environ, mais que depuis cinq à six jours les symptômes s'étafcst aggravés. Au début, on avait observé de rabattement, de la faiblesse, de h diminution d'appétit, de la toux, pas de vomissements, les selles étalent rép* lières et naturelles; il y avait eu plusieurs épistaxis. Depuis dnq à six jouis, H était survenu de la fièvre très intense, des douleurs générales, de Taghatah nuit, des cris et des pleurs sans cause. L'appétit avait été complétemoU perdu ; 11 n'y avait pas eu de vomissements, mais de la constipation defuk quatre jours, de la soif intense, et des douleurs abdominales. La toux aufc augmenté, et se montrait par quintes sans sifflement. L'enfant était faute d prostré ; on n'avait constaté ni convulsions ni éruption ; aucun trailemcsj n'avait été fait, et la maladie était survenue sans cause connue.

Le vingt-deuxième jour du début environ, et le sixième des accidents aigus, l'enfant était dans l'état suivant: Cheveux blonds, yeux bleus, peau blanche* fine, chairs un peu flasques, constitution assez forte ; la face est légèrement colorée, le masque pâle ; pas de trait facial ; pas de dilatation des ailes du net; lèvres médiocrement sèches.

La peau est chaude et sèche; le pouls est à 140; on compte &0 inspiratteai égales, sans anxiété.

La langue est humide, rose à la pointe, blanche à la base, l'haleine est fétide, l'abdomen volumineux généralement, ballonné. On ne sent pas la raie, pas 4s gargouillement, pas de taches typhoïdes, pas de sudamina, la pression de Vêh domen n'est pas douloureuse.

En avant et en arrière à gauche, respiration forte et pure, percussion soasre, un peu plus faible à droite, sans différence sensible à la percussion; toux légère et peu abondante.

Pas de symptômes cérébraux, intelligence nette. Le petit malade se «et aisément sur son séant. (Orge, miel.)

Le lendemain et le surlendemain, pas de changement ; le pouls et la respiration sont aussi accélérées que la veille ; le nez est sec, les lèvres collantes, Il langue humide. Une selie semi-liquide dans la journée du vingt-qualrièaK jour. {Lavement; orge, miel.)

Le vingt-cinquième jour, la peau est chaude ; le pouls est à 1&8» régaler, peu développé, mou ; le faciès est abattu ; la respiration, régulière, plaintive, se fait ZiO fois par minute; la langue, humide, est légèrement blanche I te base. La soif est vive ; il y a deux selles en dévoiement après le lavement. U nez est sec, non croûteux ; les lèvres sont croûteuses, collantes, les dents si peu collantes ; l'abdomen est dans le même état que le premier jour. Ou donne une potion huileuse; elle provoque deux selles abondantes. La nuit est tranquille.

Le vingt-sixième jour, le pouls bat 170 fois ; il est régulier, vibrant ; la respiration est à 40, ample, sans anxiété. Les joues sont un peu marbrées de rage, les yeux sont croûteux, les lèvres collantes, les narines sèches. Les sites èi nez se dilatent; le faciès exprime la souffrance; les conjonctives ne sont psi Injectées; les pupilles ne sont pas dilatées; par intervalles, il y a un léger strabisme. L'intelligence est nette ; l'enfant demande à boire, dit qu'il a mal as ventre, prie qu'on le couvre, etc. Pas de mouvements convulsifs, pas decoatracture, pas de carphologie : l'abdomen est dans le même état ; la soif est vive,

DES TUBERCULES EN (iÉNÉRAl,. 433

: est légère; en arrière à droite, la respiration est un peu plus faible *deux tiers supérieurs que dans le point correspondant gauche; la don ne présente pas de différence. (Traitement émollient.) rfngt-septième jour, même accélération du pouls et de la respiration ; ralt nasal; joue gauche colorée; langue humide, rouge, cou?ertede s blanches Inégalement disséminées; soif très vive, gêne légère de la ttion. Même état de l'abdomen, une selle naturelle ; intelligence nette. il est très tranquille. En arrière à droite, la respiration est toujours nn 09 faible qu'à gauche ; léger ronflement à la base. (Traitement émol-

Ingt-huitième jour, insomnie la nuit précédente; pas d'agitation. Face arines sèches, lèvres croûteuses, noirâtres; faciès exprimant l'abatte* t la souffrance ; peau très chaude, pouls de 450 à 160, irrégulier, plein, as le doigt; 48 inspirations amples. La langue commence à se sécher a lire; elle est couverte d'un enduit brunâtre. L'abdomen est peu déveoiou, toujours sans taches ; on ne sent pas la rate ; pas de sudamina ; Si vive, mais le petit malade ne peut avaler que quelques gorgées de i h la fois. Une selle en dévoiement. Toux rare, courte, pénible. Même l'auscultation. Intelligence toujours nette, pas de symptômes cérébraux. , kermès, 5 centigr.)

ingt-neuvième jour, le pouls est à 160, régulier; 60 inspirations plains'accélérant après la déglutition des boissons. Conjonctives injectées, m peu ternes, pupilles contractées; même expression du faciès. Lèvres , croûteuses, dents fuligineuses, plaques blanches sur les gencives. Même ! l'abdomen, si ce n'est que l'on aperçoit entre l'ombilic et la région aie gauche deux taches lenticulaires, petites, pâles, mal dessinées, peu tes ; soif toujours vive. Une selle liquide jaune. Même état de Pauscul- Pas de symptômes cérébraux.

trentième jour, pouls à 158, dépressible; 48 inspirations plaintives. »men est mou, indolent ; les taches d'hier ont disparu ; le foie déborde es de trois travers de doigt; on ne sent pas la rate. Une seule selle hier, ipiration est parfaitement pure des deux côtés en arrière, la percussion inore. Pas de symptômes cérébraux. (Pot. huit., julep, diacode.) rente et unième jour, pouls à 164, assez large et bien senti; chaleur vive et sèche; 32 inspirations, larges, bruyantes, interrompues par nts et suivies alors de grands soupirs. Face légèrement violacée; ppemeot des veines des paupières. La faiblesse a beaucoup augmenté ; Igence est toujours nette, pas de symptômes cérébraux. Les dents sont «uses; la langue est humide, un peu rouge a la pointe. Même état de men. Quatre selles abondantes de couleur jaune mêlée de vert. Des deux en arrière, gros râle, muqueux et sibilant. (Vésicat. camphré aux 9.)

trente-deuxième jour, face pâle, joues marbrées, yeux croûteux, narines i et sanglantes, dilatation large des ailes du nez, lèvres très croûteuses, res; peau chaude et sèche; pouls régulier, à 152; 44 inspirations les, inégales, plaintives, interrompues par une toux presque continuelle. le humide, couverte d'un enduit blanchâtre épais. Deux selles jaunâtres nement fétides. Même état de l'abdomen. Soif intense; il ne boit que t par goutte. La faiblesse a encore augmenté. Mis sur son séant, il retombe int de tout son poids. L'auscultation est impossible. Dans la journée, le

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