‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 24 sur 95 · osa · texte numérisé non relu

osa

8 ans à 10 6 4 2 3

11 ans à 15 3 1 1 2

Ainsi sur 98 cas, 76 ont trait à des enfants âgés de moins de 7 ans 1/2 et 2t seulement à des enfants âgés de 8 à 15 ans. La proportion eu faveur du plus [euoe âge a été bien plus grande encore à Genève qu'à Paris, ainsi qu'on peut le roir dans le tableau ci-dessus.

L'âge de sept ans, auquel commence la seconde dentition, et qui est regardé par bien des médecins comme une des périodes fatales de l'enfance, parait être la barrière qui arrête l'extension delà maladie. La fréquence de la méningite dans la seconde période de l'enfance, nous paratt être la résultante de la loi qui régit la répartition de la tuberculisation suivant les âges, combinée avec celle qui règle le développement de l'intelligence et du système nerveux.

Sexe. — Fothergill, un des premiers, a fait observer que les garçons étaient, plus que les filles, sujets à l'hydrocéphale ; nous avons fait la même remarque. D'après les faits que nous avons recueillis! l'hôpital des Enfants, nous avions cru devoir conclure que» de no à cinq ans et demi, les garçons, comparés aux filles, étaient aussi sujets à la méningite tuberculeuse qu'à la tuberculisation en général ; mais que de six à quinze ans, et surtout de six à dix ans, la proportion était plus considérable chez les garçons, qui sont plus sujets que les filles à la méningite tuberculeuse. Les faits que nous avons recueillis en ville ont assez généralement confirmé ces différentes règles (1).

Constitution. — L'examen d'un grand nombre de faits observés dans notre pratique particulière nous a convaincus que la plupart des enfants atteints de méningite ont une constitution délicate, ils sont grêles et peu colorés. Il est vrai qu'au moment où nous avons été appelés à leur donner des soins, la plupart de ces enfants avaient franchi la période des prodromes, et que la délicatesse apparente de leur constitution était aussi le résultat de la maladie qui avait déjà miné sourdement leur santé ; mais en interrogeant attentivement les parents, nous avons pu nous convaincre que ces enfants n'avaient jamais été bien musclés, bien colorés ni bien robustes.

Jusqu'à présent il nous semble que rien ne peut indiquer s'il existe une différence dans le tempérament des enfants atteints par la phlegmasie tuberculeuse des méninges, ou par la tuberculisation en général. Quelques médecins, et en particulier Hopfengartner, Hufeland, Wendt, ont considéré la prédominance du volume encéphalique sur le reste du corps comme indiquant la prédisposition i l'hydrocéphale aiguë. On a prétendu aussi que les enfants vifs, dont l'intelligence est développée, étaient plus exposés que d'autres à la méningite. Nous pouvons affirmer que les enfants dont la tète est volumineuse ne sont pas plus prédisposés à la méningite que ceux dont la tête a ses dimensions ordinaires, et que l'intelligence moyenne des hydrocéphales ne diffère guère de l'intelligence moyenne des autres enfants.

Hérédité. — Nous nous sommes assurés que la méningite tuberculeuse était héréditaire comme toutes les affections tuberculeom Mais il est un point d'étiologie que l'observation de la ville nouai

(t) Garçons, 56; filles» 42.

révélé, et qui nous paraît fort important, c'est qu'un certain nombre ^hydrocéphales appartiennent à des familles d'hypochondriaques ou d'aliénés. Ainsi presque tous les enfants que nous avons observés dans les classes supérieures de la société et chez lesquels, par conséquent, l'influence des causes antihygiéniques doit être regardée comme nulle, sont nés de parents hypochondriaqucs ou aliénés, ou tout au moins font partie de familles dans lesquelles l'aliénation est notoire. Nous citons les classes supérieures parce que les renseignements étiologiques sont bien plus sûrs, mais nous sommes convaincus que l'influence de cette cause se retrouverait dans toutes les couches de l'ordre social.

Sans attacher une importance exagérée à l'hérédité collatérale, nous rappellerons que les auteurs ont signalé avec raison que l'hydrocéphale atteignait assez souvent des frères et sœurs; c'est aussi le lieu de faire observer que nous avons vu dans plusieurs familles un enfant succomber à la méningite et un autre au croup, nouvelle preuve de l'identité d'origine de ces maladies en apparence si diffé» rntes.

Condition sociale. — La méningite tuberculeuse atteint toutes les classes de la société, et dans une assez forte proportion les classes supérieures et moyennes ; parmi les pauvres, ce ne sont pas toujours les plus misérables qui en sont les victimes (1). La prédominance de la maladie dans les classes supérieures ne peut-elle pas trouver son explication dans la fréquence proportionnellement beaucoup plus considérable des maladies mentales chez les gens riches ?

(1) En publiant le tableau suivant, rétamé des faits de méningite tuberculeuse fae l'un de nous a recueillis à Genève, nous n'avons nullement la prétention que r*n prenne nos chiffres dans an sens absolu. Toute statistique médicale, pour être inattaquable, doit reposer sur la quadruple base du diagnostic, du nombre, du temps et de la généralité. Sans le diagnostic, point de vérité ; sans le nombre, point d'exactitude ; sans le temps, point de fixité ; sans la généralité, point d'uniformité.

Mous sommes sûrs de notre diagnostic, mais nous reconnaissons que les chiffres sur lesquels nous opérons sont loin d'être suffisamment élevés, et si le temps que nous avons consacré à nos recherches (dix ans) est assez considérable, la règle de généralité, nous nous servons de ce mot à défaut d'un meilleur, n'a pu être suivie. Noos voulons dire par là que, tout en ayant recueilli la totalité des faits de méningite que nous avons observés pendant dix ans, nous n'avons pas été placés pour le faire à an point de vue assez universel, parce que notre clientèle est beaucoup plus nombreuse dans les classes riches et moyennes que dans la classe pauvre. Nous pouvons bien affirmer que le chiffre de la classe riche est véritable et absolu, parce qu'à Genève, l'un de nous, M. Rilliet, est à peu près certain d'avoir vu, seul ou en consultation, presque tous les enfants morts de méningite appartenant aux classes supérieures, mais il est bien évident que, pour les classes moyennes, il n'en est plus de même à fortiori pour les pauvres, et surtout pour les misérables. Enfin des recherches de cette espèce ne Sauraient étiv exactes qu'à la condition te \tativt III. ^\

51 A kNCÉPHALS.

Saisons. — Comme nous le disions dans notre première édition, «k question des saisons est, dans l'état actuel de la science, difficile I décider ; car on ne peut arriver à un résultat positif que si l'on ara le soin de recueillie!* toutes les observations dans un même lieu peu* dant plusieurs années de suite. Or, nous ne croyons pas que ce travail ait été fait par aucun des pathologistes distingués qui ont étudié j«* qu'à présent la méningite tuberculeuse. »

Aussi nous donnons les résultats suivants seulement à titre de renseignements pour les médecins qui voudraient ajouter à ces faits la données de leur expérience (1). Nous pouvons conclure de uoe recherches que la maladie est raie au mois d'août et en automne, et tantôt un peu plus, tantôt un peu moins fréquente dans les autres mois de frimée. D'après Guersant, la méningite serait surtout fréquenta su printemps, et d'après M. Piet, dans les mois de mars et de juillet; à l'hôpital des Enfants, c'était aussi pendant le mois de mars que nous avons observé le plus de méningites, tandis qu'à Genève c'ait pendant le mois de février, et pendant les mois de janvier* de i de juin et de juillet.

Maladies antérieures. — La tuberculisation des méninges* < celle des autres organes, peut succéder à d'autres affections, talte que la rougeole ou la suppression d'une maladie du cuir cheval*. Le docteur Pjet a cité des exemples de cette dernière cause; si nous avons vu nous-mêmes la rougeole être suivie de tuberculisatioa

aui quatre éléments de toute bonne statistique médicale la connaissance du chiite normal de la population. Une comparaison nous fera mieux comprendre. De même que Ton ne peut bien étudier l'aualomie et la physiologie pathologiques que IsrsfK Ton possède à fond Tanatomie et la physiologie uormales, de même oo ne peat connaître les lois statistiques qui règlent la fréquence des maladies qu'après atfir établi d'avance quelle est la répartition de la population suivant l'âge, le sot, l'état social, etc.

Quoi qu'il en soit, voici le tableau de nos malades répartis suivant leur coatidition sociale :

Classe riche et aisée 8

Classe moyenne . . « 35

Pauvres 37

Misérables 3

Total 63

(1) Janvier 7

Février 8

Mars 5

Avril 5

Mai 7

Juin »

Juillet . . : 8

Août 3

Septembre ........ 4

Octobre *

Novembre •

Décembre •

Total «

llftNlNGIÎR TCmiRCtJLKtJSK. SIS

feéningée. Noos nous rappelons entre autres avoir le même jour obier?é à Genève trois enfants atteints de méningite tuberculeuse dont a maladie remontait évidemment à l'exanthème qu'ils avaient eu |oelques semaines auparavant.

.La maladie tuberculeuse elle-même, soit des méninges, soit du terreau, soit même des autres organes, est une cause de phlegmasie les méninges i c'est là un fait incontestable et auquel ne peut se efiiser aucun des pathologistes qui ont étudié avec soin la méningite aberculeuse des enfants.

Mais il est une autre question soulevée dans ces derniers temps par f. le professeur Trousseau, et sur laquelle nous devons insister: la béningite ne peut-elle pas être une cause de tubercules méningés? le plutôt les granulations que Ton trouve dans la pie-mère ne sontillee pas un produit de son inflammation?

Pour nous* il est évident que, dans la très grande majorité des cas, e granulation est antérieure à l'inflammation méningée, à moins |oe l'on ne démontre que le tubercule peut se développer en quinze rars environ, ce qui, dans l'état actuel de nos connaissances, ne leerait être admis. H. Trousseau, ajoutant à cette première donnée |te les granulations ne peuvent exister dans les méninges en quanité un peu considérable sans se manifester par des symptômes, » conclut d'abord que les granulations sont contemporaines de e phlegmasie; puis, qu'elles sont le produit de cette inflamma- 4o&.

Nous croyons que ces conclusions sont prématurées, et qu'il est mpossible actuellement d'établir positivement que les granulations mot contemporaines de la méningite.

Il nous suffira, pour le prouver, de rappeler plusieurs des faits Uaeéminés dans le présent chapitre.

l°La méningite régulière, c'est-à-dire celle qui se manifeste par tout le cortège des symptômes ci-dessus énumérés, est caractérisés à 'autopsie par les granulations ou les tubercules méningés, et par ine inflammation et un épanchement.

2° Cette phlegmasie est constituée, entre autres lésions, par des rausses membranes ou du pus concret qu'il ne faut pas confondre ivec des groupes de granulations*

9* 11 peut arriver que l'autopsie ne révèle pas autre chose que des granulations; d'autres fois, au contraire, on ne trouve qu'une phlegmasie de la base.

4° La durée de la maladie n'est pas influencée par la nature de la lésion anatomique. Nous avons vu la méningite sans granulations le prolonger pendant deux mois, comme la méningite avec granulations; nous avons vu cette dernière ne durer que quelques pars.

5* Les granulations méningées, aussi bien que les tubercules des

méninges, aussi bien que la méningite, peuvent exister sans fournir de symptômes ; et ces cas sont assez nombreux pour que nous ayons cru devoir leur consacrer un article particulier.

Donc personne ne peut prouver actuellement que les granulations méningées soient contemporaines de la phlegmasie. Cependant il ne nous répugne pas de croire qu'il en puisse être ainsi dans quelques cas, aussi bien qu'il nous a semblé possible que la tubercolisationdes plèvres el du péritoine succède à la phlegmasie de ces membranes; mais nous croyons devoir rester dans le doute, parce que la prente manque à peu près complètement.

Il est certain d'ailleurs que les deux lésions peuvent exister indépendamment l'i.ne de l'autre. La méningite des tuberculeux peut parcourir ses périodes sans qu'il y ait de granulations méningées, et celles-ci peuvent exister en l'absence de toute phlegmasie des enveloppes du cerveau. 11 serait donc également faux de soutenir : soit que la granulation est toujours un produit de la phlegmasie, soit que celle-ci est toujours déterminée par l'irritation mécanique qu'entretiennent les tubercules. Il y a là un fait supérieur et général qui domine toutes ces questions d'influence locale : c'est l'existence d'une dia thèse scrofulo -tuberculeuse qui produit directement soit le tubercule, soit la phlegmasie.

Dentition. — L'influence de la dentition, ou tout au moins des conditions anatomiques et physiologiques qui accompagnent révolution dentaire, est-elle sans valeur, comme le pense M. Piet? Sans accorder une action prépondérante à cette cause, nous pe serions pas éloignés de croire qu'elle agit dans une certaine mesure. Ce qui nous le ferait penser, c'est que la maladie se montre surtout pendant l'époque de l'évolution du premier appareil dentaire, et pendant le travail qui précède ou accompagne la seconde dentition. Rien ne répugneà admettre que l'activité circulatoire et la susceptibilité nerveuse qui résultent de la dentition ne fixent sur l'organe encéphalique le germe morbide qui, à une autre époque de la vie, se serait localisé sur les poumons ou sur d'autres organes.

Les causes que nous venons d'énumérer sont toutes des causes prédisposantes. Nous croyons, en effet, que les causes occasionnelles ne jouent qu'un rôle très secondaire, et si l'on a vu quelquefois l'insolation, la frayeur, un accès de colère, une chute, un coup sur la tête, provoquer une maladie cérébrale, c'est plutôt une méningite franche qu'une méningite tuberculeuse qui sera engendrée par des causes de cette nature. Quant h nous, après bien des recherches, nous sommes arrivés à cette conclusion, que les causes occasionnelles n'exercent qu'une minime influence. N'est-ce pas ici le cas de rappeler cette observation si curieuse d'un enfant qui, guéri d'une méningite, fit une chute sur la tête, se fractura très probablement le crâne, et se rétablit après avoir offert des symptômes cérébraux fort gravés, mais très du**

rente de ceux de f hydrocéphale ? Cinq ans et demi plus tard, ce même eufant succomba à la récidive de la méningite tuberculeuse, que cette violente cause occasionnelle n'avait pas été capable de faire éclater avant l'époque fatale où elle devait reparaître spontanément (1).

Art. TIXI. — Traitement.

Camper, qui applique à la méningite tuberculeuse la désolante épithète d'incurable, a dans son dédain pour toute médecine active, conseillé de confier les malades à la bonne nature, de peur, dit-il, qu'en leur donnant des remèdes, nous ne rendions \?uv position plus fâcheuse encore : Ne misellorum sortent pejorem vel vitam brevwrem reddamus. Cette réflexion sur l'impuissance de l'art a bien souvent abordé notre esprit, et nous nous sommes demandé s'il ne valait pas mieux, en effet, abandonner à elle-même une maladie qui semble se jouer de tous les efforts de la thérapeutique. Mais les guérisons obtenues à la suite d'une médication, en général, fort active, doivent nous donner un peu de courage et nous engager à persévérer dans la voie que nous ont tracée nos devanciers.

Le traitement de la méningite doit être prophylactique et curatif.

Prophylaxie. — Le traitement hygiénique général que nous avons conseillé contre la tuberculisation est tout à fait applicable ici ; nous insisterons seulement sur quelques points relatifs à l'organe qu'il faut mettre à l'abri de la tuberculisation.

Les auteurs donnent le conseil très sage d'habituer l'enfant, dès l'Age le plus tendre, à avoir la tête peu couverte, les cheveux coupés courte; ils conseillent aussi de tenir les extrémités dans un état de chaleur convenable, et recommandent d'activer la circulation aux extrémités inférieures pour la détourner de la tête. Henke prescrit de faire coucher les enfants dans un lit fait de façon que la tête soit élevée ; il faut aussi qu'ils ne soient pas trop couverts.

Il ne faudra pas négliger non plus de donner une direction convenable à l'intelligence; on devra chercher à restreindre plutôt qu'à exciter le développement prématuré des facultés intellectuelles. En faisant une large part aux amusements du jeune âge, et surtout à ceux qui exercent le corps, on évitera les inconvénients qui résultent d'une application trop soutenue. L'enfant sera peut-être moins instruit, mais il aura traversé sans danger cette période de la vie où la méningite se développe si fréquemment ; et arrivé à l'époque où les facultés prennent tout leur essor, doué d'une constitution rendue robuste par tous les soins qu'on aura pris pour la fortifier, il pourra aisément regagner le temps perdu.

(1) Voir le mémoire de Tan de nous sur la guériion de la méningite, Archton

Indépendamment du traitement hygiénique, on a conseillé l'emploi de révulsifs actifs dans le but de prévenir l'irritation qui pourrait » fixer sur l'organe céphalique. Odier, Quin et Matthey disent avoir employé avec succès les vésicatoires. Le docteur Sachse (t ) a va réoerir l'emploi d'un exutoire chez un enfant dont les frères et sœurs avaient succombé à l'hydrocéphale : il rapporte aussi les succès obtenus en cas pareil par le docteur Cheyne.

Le docteur Hahn se montre aussi partisan de cette médication, et nous-mêmes, nous serions plus tentés de la mettre en usage aujourd'hui qu'autrefois, d'après quelques faits observés dans notre pratique particulière.

Rappelons, en terminant, le conseil que nous avons donné ailleurs, de n'attaquer que partiellement les maladies du cuir chevelu et d'employer en même temps quelques dérivatifs sur la peau et sur le canal intestinal.

IL Traitement curait /. — § 1. Indications, — Le traitement ooa< seillé par les auteurs a varié suivant le temps et suivant les théories.

Ceux qui ont vu dans répanchement ventriculaire la cause de tous les accidents ont préconisé une méthode générale de traitement baafe sur la nature présumée de la maladie. Il fallait à tout prix empêcher la formation de l'épanchement, et pour atteindre ce but, ils mettaient en usage les émissions sanguines et les révulsifs sur les extrémités. L'épanchepient une fois formé, c'était aux médicaments qui ont II propriété de favoriser l'absorption et à ceux qui activent les fonctions urinaires et la transpiration cutanée qu'ils avaient recours. Dans ee but, on a proposé depuis le chiendent jusqu'à la digitale. depuU les boissons chaudes jusqu'aux bains de vapeur.

Ceux qui faisaient à l'inflammation une part large ou même exclu*sive, employaient presque uniquement la méthode antiphlogUtique; ils prodiguaient tour à tour les saignées générales et locales, les topiques réfrigérants, les affusions froides, les préparations antimonialfi et mercurielles, etc.

La connaissance de la véritable nature du mal indique que nous avons, au point de vue local, deux lésions à combattre : l'tuiesub? aiguJH la phlegmasie; l'autre chronique, le tubercule. La connaissance que nous avons de la marche de celte dernière lésion fait pressentir que la thérapeutique doit avoir d'autant plus de peine à en triompher que la tuberculisatioo des méninges suit plus souvent une marche rapide. Chez tous les malades, les deux lésions nespqtpjp également accusées. Ainsi, chez les uns, la méningite tuberculeuse revêt la forme d'une phlegmasie primitive ; le tubercule ne paît é|fi foiipçonné que par la nature des symptômes. Chez d'autres, beaucoup plus nombreux, des signes positifs indiquent l'existe^pe 4*W

certain dérangement de la santé ou d'une tuberculisation déjà avancée dans d'autres organes, au moment où débutent les accidents cérébraux. On comprend que ces conditions différentes doivent influer •ur le traitement à suivre.

Les indications d'un traitement rationnel consistent, dans le premier cas, à attaquer la phlegmasie, et à obtenir ainsi la disparition des accidents cérébraux aigus, puis à favoriser le passage des tubercules à l'état chronique, et à les attaquer ensuite par les moyens les plus propres à les taire disparaître. Nous retrou vous donc ici une partie des indications que nous avons détaillées ailleurs (voy. t. III, p. M8-M4.)

Dans le second cas il faut d'abord s'opposer à la marche envahissante des prodromes par le traitement destiné à combattre la tuberculisation (voy. p. Al 8).

La médication destinée à combattre la phlegmasie doit être employée avec plus de ménagement que dans les cas où l'inflammation est franche ; car un traitement trop débilitant aurait l'inconvénient de favoriser la généralisation du dépôt tuberculeux.

Quant aux indications tirées de la nature tuberculeuse de la maladie, elles sont les mêmes que celles que nous avons énumérées ailleurs, c'est-à-dire qu'elles consistent à favoriser la résorption du dépAt tuberculeux et à empocher sa reproduction ; mais la maladie marche avec tant de rapidité, qu'on n'a presque jamais l'occasion de satisfaire à cette dernière indication.

§ II. Examen des médications. Emissions sanguines. — Nous employons très rarement les émissions sanguines. Elles ne sont guère indiquées que dans les cas où la maladie surprend les enfants au milieu d'une santé en apparence parfaite, et nous avons montré combien le fait était exceptionnel. Nous préférons l'emploi des émissions sanguines locales, peu abondantes, surtout chez les plus jeunes enfants; les sangsues ne seront pas placées aux apophyses mastoïdes; elles auraient, vu leur petit nombre, l'inconvénient de provoquer un afflux de sang vers l'encéphale; on les appliquera donc au siège, ou aux extrémités inférieures, et elles seront alors à la fois déplétiveset dérivatives Le nombre des sangsues variera suivant l'âge, la force de la constitution, et l'état dans lequel se trouve l'enfant au début de la méningite; on ne laissera pas couler les piqûres pendant plus d'une ou de deux heures.

C'est seulement au début que nous conseillons l'usage des émissions sanguines ; employées dans la seconde et surtout dans la troisième période, elles ont pour effet inévitable d'accroître les symptômes nerveux; le délire devient plus violent, et le coma, s'il existait, augmente; nous avons plusieurs fois constaté ce fait. Nous nous rappelons en particulier un garçon de sept ans auprès duquel nous fûmes appelé en consultation par uotre honorable confrère le docteur Baum-

520 KNCBPBALK.

gàrtner. Désolé de tous nos insuccès, nous voulûmes essayer la médication antiphlogislique pure; nous prescrivîmes à cet enfant, dam un espace de onze jours, quatre fortes applications de sangsues aux tempes et cinq saignées d'environ 200 grammes chacune. Nous n'avons pas eu à nous applaudir de cet essai. Il va sans dire que la mort a terminé la scène ; mais ce malheureux enfant a eu une dm plus violentes ataxies dont nous ayons été témoin. Cette surexcitalioa nerveuse que l'on n'observe pas, en général, au même degré dans la méningite tuberculeuse, nous a paru être le résultat évident de l'aboadance des pertes sanguines.

Concurremment aux émissions sanguines, on prescrira l'emploi de boissons rafraîchissantes ; il faudra, à cet égard, suivre plutôt le goût de l'enfant que les exigences de la thérapeutique.

On placera le malade dans une chambre spacieuse, au milieu d'un air frais et fréquemment renouvelé ; on évitera l'accès de la lumière vive, et on éloignera toutes les causes de bruit.

Lotions et a/fusions froides. — On rasera la tête, et comme topùpte antiphlogistique, on appliquera des compresses froides fréquemment renouvelées; nous sommes de l'avis de Guersant relativement i l'application de la glace sur la tête ; nous l'avons souvent vu mettre en usage sans qu'il en soit résulté de bons effets. Au contraire, ortie application parait causer aux enfants une vive douleur, et ils la supportent difficilement. Autant de simples réfrigérants sont utiles pour diminuer ou dissiper la céphalalgie, autant le froid intense produit par la glace est pénible et douloureux. On sait que M. Charpentier dit avoir obtenu des effets merveilleux de l'emploi continu delà glace sur la tète, combiné avec des révulsifs appliqués en permanence aux extrémités; mais il n'avait pas affaire à des méningites tuberculeuses.

On a aussi proposé des affusious froides sur toute la surface da corps. Nous les avons rarement vu mettre en usage; mais d'après ce qu'en dit M. Piet dans sa thèse, d'après l'opinion de MM. Senn et Charpentier, qui n'en ont jamais vu de bons effets et ont même observé qu'elles produisaient l'accroissement des accidenta, nous sommes peu tentés d'y avoir recours. M. Piet a proposé de substituer aux méthodes précédentes l'emploi de l'irrigation continue, d'après la méthode employée en chirurgie.

Purgatifs. — Nous ne saurions conseiller les purgatifs trop énergiques, pas plus que nous n'avons recommandé d'abondantes évacuations sanguines. Nous avons, en effet, employé un grand nombre de purgatifs depuis les plus doux (huile de ricin, préparations salines) jusqu'aux plus énergiques (huile de croton). Ce dernier a toujours triomphé de la constipation ; mais il a eu pour effet presque nécessaire de provoquer l'apparition d'une entérite qui a certainement abrégé de quelques jours la vie du malade.

MBMfiGlTK TUBkRCULLUSE. 521

croyons donc convenable de ne conseiller que les purgatifs lsque l'huile de ricin, les préparations salines ou le calomel. icaments doivent être administrés dans le but de faire dispaconstipation. Une fois qu'ils l'ont atteint on doit en suspendre Il nous semble plus convenable aussi de ne pas les prescrire toque avancée de la maladie, ils auraient alors l'inconvénient nter la débilitation et de hâter la terminaison fatale. nts. — Mercwv. — Le calomel est le médicament qui a été ouvent administré dans l'hydrocéphale aiguë, et bien qu'il le plus souvent comme les autres remèdes, cependant c'est n administration que l'on a vu s'opérer la plupart des guéri- •crites dans les annales de la science. Les auteurs et nouswons donné le calomel sous toutes les formes. Tantôt à dose tionnée et fréquemment répétée (2 à 5 centigrammes toutes es), tantôt à doses plus élevées et plus rares. Un de nos con- Genève, le docteur Herpin, emploie le calomel à doses purlonnées une seule fois par jour, et il augmente la quantité du jusqu'à ce qu'il obtienne quelques selles. M. Herpin nous a ' guéri plusieurs malades par cette mélhode. Nous n'avons itissi heureux que lui, car après avoir bien souvent suivi le iode d'administration du remède, nous n'avons réussi qu'une s.

lédecins anglais administrent le calomel largement et portent \ jusqu'à huit, dix et même douze grammes. Ainsi Thompson té l'observation d'un enfant qui prit jusqu'à treize grammes lel, qui occasionna une salivation abondante, is ordinairement le calomel ne produit pas la salivation, mais ionne souvent de la fétidité de l'haleine, l'inflammation des i, quelquefois même la nécrose des maxillaires et la gangrène ouche. Cependant les auteurs ont cité un certain nombre >les de salivation à la suite de l'emploi du calomel. Nous é nous-mêmes témoins d'un fait de cette nature. Les cas do î obtenus à la suite de l'administration du calomel l'ont été >ar la méthode purgative, tantôt par la méthode altérante il non de salivation.

édi cation hydrargyrique est souvent renforcée par l'emploi des ! mercurielles, de 8 à 16 grammes dans les vingt-quatre

— « En considérant la nature tuberculeuse de la méningite, Mirrait peut-être réussir dans cette maladie. C'est là une idée »t théorique. Bien que nous n'ayons pas eu l'occasion d'en la justesse par l'expérience, nous avons pensé qu'il était utile *r sur elle l'attention des praticiens (1). » Tels étaient les

MDière édition, t. m, p. 544.

termes dont nous nous servions en 4863. Depuis lors nous avons trouvé dans les journaux anglais et allemands, dans le journal d'Hofelandtdans le Zeitschrift fur die gesammte Medicin, dans le Wwrtmbergischem Correspondenxblatt, dans le Journal der Kin'lerknmkheiten, etc.)i les observations d'enfants atteints de méuingite, traités et guéris par l'emploi de l'iode. Plusieurs de ces faits manquent de détails, ou tout au moins ils n'ont pas été traduits dans les journaux français d'une manière assez complète pour que nous ayons pu reconnaître la véritable nature de la maladie. Mais il en est deux qui nous ont offert des exemples évidents de méningites terminées par le retour à la santé. La première de ces observations a été publiée par le docteur Roeser, et concerne la méningite tuberculeuse; la seconde appartient au docteur Malin, et nous semble plutôt relative à la méningite franche, car il y eut dès le début de la fièvre, du délire, de l'ataxie et un état convulsif . Une enfant de sept ans est prise de vomissements, de douleur de télé, de constipation. Les vomissements se répètent pendant dix jours. Le cinquième jour, la malade est couchée sur le dos, sans mouvements, la bouche ouverte, assoupie; au milieu de son sommeil, elle pousse des cris aigus et grince des dents; Il pupille est largement dilatée et insensible à la lumière, le pouls est lent et irrégulier, les extrémités sont froides et comme paralysées. La purgatifs à doses élevées (calomcl et jalap) n'ont produit aucune en* euation. C'est dans ces circonstances que le doeteur Roeser prescrivit Thydriodate de potasse, qui fut suivi de succès. La maladie don en tout quinze jours.

Nous avons bien souvent administré Thydriodate de potasse à haute dose (de 1 à 3 grammes dans les vingt-quatre heures), et avec pertérérance, du début à la fin de la maladie, sans pouvoir enregistrer aucua succès. Le médicament, donné en solution un peu étendue, a été parfaitement bien supporté ; nous l'avons retrouvé en abondance dam les urines, preuve de son absorption ; mais le plus souvent il n'a produit aucun résultat apparent. Nous devons dire toutefois que, chai plusieurs malades plongés dans un coma absolu, Thydriodate de potasse a paru agir à la manière des excitants, eu faisant disparaître l'assoupissement Cet effet n'a, du reste, été ni constant ni permanent

Ces lignes étaient écrites, lorsque nous avons pris connaissance de l'excellente monographie du docteur Hahn (1). Ce médecin, après avoir rapporté en abrégé la plupart des faits cités par les auteurs comme des exemples de guérison par les préparations iodées, conclut que dans la pluralité des cas, ces observations concernent la méuingîte tuberculeuse. Nous ne sommes pas de son avis, car, bien peu de ces faits ont résisté à une analyse sévère.

Dans la majorité des cas, M. Hahn conseille d'employer la prépe-

(1) Preuss. Verfins&U. 1848, traduite p*r U cjoeteur Hal)«, ho. <*„ p. f ST.

ration la plut douce (iodure de potassium). Cependant il ajoute que Ton pool recourir à l'emploi de l'hydriodate ioduré de potasse et aux poudres de Schwarz, dont voici la formule :

y Iode 5 centigrammes.

Calomel i

D|gita|e | aa AO centigrammes.

Sacre 15 grammes.

Divisai en seize paquets, une poudre toutes les trois heures.

Or. — Nous avons aussi expérimenté les préparations d'or dans feuit ou dix cas, mais sans plus de succès que pour l'kydriodate de potasse.

Sulfure de potasse, — Nous avons les premiers prescrit le sulfure de potasse, mais dans deux cas seulement. Une fois il a réussi, l'autre fois il a échoué. Ces observations ont été publiées ailleurs (1). Nous nous contenterons de rappeler que, dans le premier cas, il s'agissait d'un garçon de neuf ans, d'une constitution délicate, qui avait été soumis à l'influence de causes antihygiéniques. Cet enfant fut pris des prodromes d'une méningite tuberculeuse, caractérisés par de l'iimaigrissement, de la tristesse, quelques accès irréguliers de céphalalgie, des nausées et des douleurs d'estomac. Deux mois plus tard, la période aigué sannonça par une vive céphalalgie, de la crainte, du bruit et de la lumière, des vomissements, de l'accélération du pouls, puis survinrent de la somnolence, de la constipation ; le pouls fut ralenti et irrégulier. A partir du seizième jour, les symptômes alarmants s'éloignèrent; cependant le pouls resta irrégulier pendant bon nombre de jours. Le sulfure de potasse fut donné à la dose de 30 à &0 centigrammes dans un looeh. La dose totale fut de h grammes hh centigrammes. On commença le remède le neuvième jour, après avoir vu les symptômes s'aggraver, malgré l'administration de l'émélique et du calomel à dose purgative. Sous l'influence du sulfure de potasse, les symptômes graves ont disparu. Les effets physiologiques produits parle médicament, ont été de la constipation, quelques coliques passagères, mais surtout une abondante diurèse qui a coïncidé avec l'amélioration.

La désespérante incurnbilité de la méningite, et le succès que nous venions d'obtenir, nous engagèrent à essayer le sulfure de potasse chez un autre enfant de cinq ans, au treizième jour d'une méningite tuberculeuse.

Après des prodromes de trois semaines et des symptômes aigus qu'il est inutile d'exposer en détail, l'enfant était dans l'état suivant lorsque nous commençâmes le traitement : « Il est couché sur le dos, immobile; les yeux sont

(1) Voir notre mémoire sur la guéripon de la méniogite.

52*4 ENCBPHALï.

firmes, les pommettes colorées, la respiration lente et de temps à autre interrompue par de profonds soupirs; l'assoupissement est profond; l'entait ram les yeux avec peine et fronce le sourcil de temps à autre, puis il referme te paupières. Quand on lui demande de montrer sa langue, il ouvre la booche qui reste béante, quoiqu'on lui dise de la fermer. Cependant il a encore de l'intelligence, mais ses réponses sont plus lentes, plus difficiles à obtenir qu'auparavant. Le pouls est très inégal, donnant dans cinq secondes tantôt sept, tantôt huit, tantôt neuf pulsations. L'abdomen est complètement rétracté. »

Nous commençons l'emploi du foie de soufre à la dose de 20 centigrammes mêlé à h grammes d'oléo-saccharate de citron, à prendre toutes les den heures. On continua cette médication en augmentant la dose de 10 centigrammes le lendemain et le surlendemain. Pendant ces trois jours la maladie a suivi sa marche fatale. Tous les symptômes ont augmenté d'intensité, le pans a offert les plus grandes variations ; il est tombé jusqu'à 92 et 82 par minute, extrêmement petit, les pupilles se sont dilatées, surtout la droite. Le ventre a été rétracté et surtout contracté; l'intelligence, plus obtuse et fatiguée, a ai besoin d'être plus vivement sollicitée pour se manifester par quelques loean passagères. Les excrétions sont devenues involontaires; les urines n'ont pat augmenté d'abondance. Aucun effet n'ayant été obtenu, on cesse le sulfure* potasse. L'enfant meurt cinq jours plus tard.

Nous avons cité l'extrait de cette observation pour ne pas cacher l'insuccès après avoir proclamé la réussite; mais nous ferons observer que, chez notre premier malade, la méningite était beaucoup moins avancée que chez le second ; peut-être que si le sulfure eût été employé plus près du début, son administration aurait été couronnée de succès.

Révulsifs — Nous avons usé des révulsifs à toutes les périodes de la maladie sans avoir jamais obtenu une amélioration durable. Il nom est arrive quelquefois, par l'application de larges vésicatoires sur h tête, ou par des moxas à Tenu chaude, de faire disparaître le coma; mais ce symptôme n'a pas tardé à reparaître. Cependant, malgré ce résultat négatif, nous croyons qu'il ne faut pas négliger remploi des révulsifs. Le docteur Hahn a publié des observations intéressantes de guérisons de maladies cérébrales fort graves obtenues à la suite de frictions faites avec la pommade slibiée, sur la tête préalablement rasée. Pour la plus grande partie des faits rapportés par le docteur Hahn, le diagnostic n'est pas à l'abri de toute contestation ; mais il est une de ces observations sur laquelle on ne peut élever de doute:

Il s'agit d'un jeune garçon de cinq ans, d'une complexion délicate, né (Tue mère phlhisique et ayant des frères et sœurs scrofuleux, qui, après trois semaines de prodromes, offrait les symptômes suivants : pouls lent et intermittent, vomissements, céphalalgie, constipation puis assoupissement et dilatation des pupilles. L'amélioration ne commença à se dessiner que vers le milieu de la troisième semaine ; et, au commencement du deuxième mois, l'enfant entra en convalescence, mais la suppuration produite par les frictio» persista pendant près de dix mois.

A l'âge de boit ans cet enfant fut atteint d'une récidive; les symptômes forent les mêmes que la première fois, mais la maladie se termina d'une manière fatale dans le cours de la quatrième semaine. Les parents s'étaient refusé à laisser appliquer de nouveau la pommade stibiée.

Voici le procédé indiqué par le docteur Hahn (1). Après avoir fait raser le sinciput, on fait une friction avec la pommade stibiée, en ayant soin de frotter légèrement au moins pendant une dizaine de minutes; puis on couvre la partie frictionnée avec un morceau de linge que Ton a enduit de la même pommade. On renouvelle les frictions de deux en deux heures. Comme les pustules ne commencent ordinairement à paraître qu'au bout de vingt-quatre heures de traite* ment et qu'il faut encore quelque temps pour qu'elles prennent un développement suffisant, il faut commencer les frictions vers la fin de la première période.

Nous avons employé chez une jeune fille de trois ans des frictions stibiées, en nous servant de la formule suivante :

9* Huile de croton . . . . i gramme 50 centigr.

Tartre émétique . . . . ) . Axonge. j aa 3 grammes.

L'éruption pustuleuse fut effroyable, le mot n'est pas trop fort, mais à peine sentie. L'enfant était plongée dans un coma complet et donnait à peine quelques signes de sensibilité.

Dans le cas où l'on veut produire une violente révulsion, c'est à cette formule qu'il faut avoir recours, car la réunion du tartre stibié et de l'huile de croton provoque une éruption bien plus intense que celle qui résulte de la pommade stibiée simple.

Le docteur Hahn a signalé comme un des inconvénients de la pommade stibiée, l'abondance et la persistance de la suppuration ; mais c'est probablement à cette action énergique que ce remède doit son influence favorable.

Les docteurs Fabre et Constant ont conseillé l'emploi des moxas sur le cuir chevelu, et l'on trouve, dans leur Mémoire (2), l'observation très intéressante d'un garçon de dix ans atteint d'une affection cérébrale fort grave, et qui recouvra la santé à la suite de l'application de six moxas sur la tète. Cet enfant était évidemment atteint d'une affection tuberculeuse de l'encéphale ; mais d'après le début, les symptômes, et la marche de la maladie, nous croyons que latuberculisation était localisée dans le cerveau plutôt que dans les méninges. En

(4) Archives de médecine, 1849, avril, p. 411.

(2) Leltie en date du 23 novembre 1835, adressée à messieurs les membres de la commission pour le prix Monthyon, à l'Académie des sciences, annexée au manuscrit cité.

538 kfici(»ttALt.

effet de& accès YloleMs de céphalalgie, précédant um a ttiqtie de convulsions qui, elle-même, est suivie d'une hémiplégie gatiche,cafractértsent plutôt un tubercule du cerveau qu'une méningite.

Médicaments divers. — Dans la troisième période, lorsque lès enfant* sont dans un état ataxique ou convulsif, on a conseillé, et nous avons nous-mêmes employé bien souvent le musc, le camphre, i'asa-fœtub en lavement, l'oxyde de zinc; mais cela va sans dire, sans aucun succès. Gœlis affirme qu'une infusion de digitale rend moins sensible les convulsions et les symptômes nerveux de la seconde période. Ktipp attribue les mêmes avantages à l'acétate de potasse.

Dans les cas où il s'opère une rémiltence ou une intermittence manifeste dans les symptômes, nous avons employé le sulfate de quinine. Il est bien probable que dans les cas où il réussit, il s'agit de ces affections cérébrales intermittentes à courtes périodes, sut1 Iciquelles le docteur Duparcque a publié d'intéressantes observation!

Dans la seconde ou la troisième période, lorsque le coma et l'affàl*» sement des forces prédominent, on a conseillé l'emploi des stimulants les plus énergiques, tels que l'arnica et le phosphore. Ce dernier médicament a été vanté par Coindet, qui le donnait à doses fort élevées, puisqu'il prescrivait, dans les vingt-quatre heures, de 10 à 15 centigrammes de phosphore dissous dans 32 grammes d'huile d'amendes douces. Nous sommes restés bien au-dessous de cette dose, car nous n'avous pas dépassé 2 centigrammes ; nous n'avons obtenu aucun résultat, même momentané, et en lisant les observations rapportées parCoindet (1), nous ne les avons pas trouvées assez détaillées pour entraîner la conviction. Peut-on, en effet, admettre comme dai faits positifs les deux observations suivantes :

« 1° Je le donnai (le phosphore) en 1802 au jeune Boyer, fils d'aa cordonnier, âgé de dix ans, dans la dernière période de l'hydroséphale après que la vin de quina, etc., eurent échoué. Il opéra immédiatement après les premières doses. »

Celle-ci est-elle plus concluante?

« 2s L'enfant Liotier, âgé de trois ans, était dans la seconde période de la maladie : les pupilles dilatées, sensibilité à la lumière, grincements de dents, convulsions, lenteur du pouls... Chaque dm de phosphore calmait les convulsions, elles cessèrent dans la journée, le mieux s'établit. La convalescence fut longue. »

UM. Bricheteau et Matthey pensent qu'un médicament aussi énergique demande trop de soin et trop de précaution dans son administration, pour qu'il soit prudent d'y avoir recours, et Coindet n'a pu non plus dissimulé les accidents qui pourraient succéder à son emploi. Quant à nous, bien que nos essais aient été infructueux, nous ne

(I) Coindet, Mémoire sur l'hydrocéphale, p. 211,

MÉNINGITE TUBBRCULI USE. 527

croyons pas que le phosphore employé à doses modérées ait les inconvénients que nous redoutions avant de l'avoir mis en usage.

Béiumé. — A. Un enfant, après avoir pendant plusieurs semaines offert la plupart des symptômes des prodromes, ou bien au milieu l'une santé en apparence parfaite, commence à vomir et à se plaindre 1e la tête ; il est fortement constipé ; son pouls n'est pas fébrile ; ces symptômes suffisent pour faire craindre l'invasion d'une méningite, H justifient le médecin prudent d'employer un traitement actif.

En cas pareil il faut prescrire :

1° Le séjour au lit dans une chambre dont les volets seront soigneusement fermés ;

2° Le repos sera absolu ; l'enfant ne verra que sa mère ou la personne chargée de lui donner des soins, et l'on ne se départira pas de a rigueur de cette prescription, alors même que l'intelligence serait jiarfaitement nette ;

3° Pour toute nourriture, le petit malade prendra quelques tasses le bouillon de poulet ;

&• Sa boisson sera de l'eau fraîche, afin de ne pas augmenter les romissements ;

5e Toutes les deux heures il prendra une poudre de 5 à 10 centigrammes de calomel suivant l'âge. On continuera le remède jusqu'à se qu'il ait produit une ou plusieurs évacuations. Alors on le suspendra pour le recommencer le lendemain ;

6" Des compresses trempées dans l'eau fraîche seront appliquées en permanence sur le front, tandis que les extrémités inférieures seront înveloppées dans de larges cataplasmes vinaigrés.

Les jours suivants on continuera le même traitement, en surveilant l'action du calomel sur les gencives, et en le supprimant dès ju'on verra les symptômes disparaître. Il ne faut pas oublier, en îffet, que les symptômes de la première période sont souvent trompeurs, et qu'il faut éviter, en combattant un ennemi peut-être ibsent, d'occasionner un mal réel par une médication irop énergique, t primumnonnocere. *>

B. Dès que la somnolence se manifestera et que le pouls deviendra rrégulier, il faudra :

1° Faire raser la tête ;

2° Prescrire des frictions avec la pommade stibiée , d'après la nélhode du docteur Hahn;

S# Remplacer le calomel par le sulfure de potasse, ou par les pou- Ires de Schwarz, ou par celles du docteur Malin (1/12* de grain Tiode et 1/2 grain de calomel en poudre toutas les deux heures).

C. Si la maladie continuée s'aggraver, et si les symptômes ataxijues dominent, on cessera les altérants et l'on prendra :

1° Un looch avec 6G centigrammes à 1 gramme de musc ; 2° Des lavements avec 1 à 2 grammes d'asa-fœtida ;

3° Des frictions avec une éponge trempée dans l'eau de lauriercerise.

D. Si, au contraire, c'est la forme comateuse qui l'emporte, on prescrira :

1° Un iooch dans lequel on incorporera de vingt à quarante gouttes d'huile phosphorée ;

2° Pour tisane une infusion d'arnica ;

3° Des vésicatoires aux jambes et aux cuisses ;

U° Quelques cuillerées de bouillon chaud.

F. Si au début les symptômes sont plus aigus, plus fébriles, comme on l'observe quelquefois, ou bien s'il s'agit d'un jeune enfant en travail pénible de dentition chez lequel des mouvements congestifc se répètent vers la tête, il sera convenable de commencer le traitement par une application de sangsues avant d'administrer lecalomeL Dans le cas de dentition laborieuse, les bains tièdes prolongés, et l'incision des gencives seront indiqués.

F. Si la méningite débute dans le coups d'une phthisie confirmée, le musc dans la forme ataxique, l'arnica dans la forme comateuse et les révulsifs aux extrémités, sont les seuls remèdes à prescrire.

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