‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 43 sur 95 · PLEURÉSIE CHEZ LES TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE CHEZ LES TUBERCULEUX

Art. X. — Anatomie pathologique.

La pleurésie des tuberculeux se présente sous des aspects trii variés :

1° Nous avons parlé dans le chapitre précédent de ces fausset membranes, tantôt minces, tantôt épaisses, qui accompagnent les granulations tuberculeuses. Cette pleurésie, conséquence de l'irrite* tion locale causée par la présence du corps étranger, passant inaperçue pendant la vie, et, concourant à peine à abréger les jours du jeune malade, n'a, pour ainsi dire, qu'une existence purement anatomkpe. Il en est de même de ces fausses membranes anciennes ou récentes, mais non parsemées de tubercules et qui occupent divers poiuts de h séreuse, souvent au niveau des tubercules pulmonaires, quelquefois dans un point éloigné de tout corps étranger. Ces produits de l'inflammation sont partiels et sont accompagnés d'un épânchement très peu abondant qui manque le plus souvent.

2* D'autres fois, au contraire, la pleurésie est caractérisée anatomiquement par des produits inflammatoires, solides et liquides, et cette complication aiguë ou subaiguë peut exercer une certaine influence sur la maladie principale. Alors, l'une ou l'autre plèvre, rarement

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toutes les deux renferment une certaine quantité de liquide, presque jamais sanguinolent, quelquefois séreux, le plus souvent trouble, et mêlé à des flocons albumineux. Les plèvres costale ou pulmonaire sont tapissées de fausses membranes plus ou moins épaisses, qui contiennent rarement des granulations ou de petites plaques tuberculeuses. La quantité du liquide varie de 120 à 1500 grammes ; d'ordinaire, on en trouve de 120 à 500. Le poumon qui correspond à l'épanchement est tantôt simplement carnifié, et ne présente ni tubercules ni pneumonie ; mais c'est le cas le plus rare: tantôt il est en partie parnifié, hépatisé, oedémateux ou apoplectique; tantôt, enfin, envahi par une tuberculisation plus ou moins étendue avec ou sans pneumonie ou carnification.

Lorsque l'épanchement est borné à l'une des plèvres, l'autre offre le plus souvent, ou des adhérences anciennes ou des fausses membranes récentes sans épanchement ou des granulations tuberculeuses ; trois fois seulement nous l'avons trouvée parfaitement saine. Le poumon du côté opposé présente d'ordinaire quelqu'une des lésions que nous avons énumérées.

La pleurésie avec épanchement, telle que nous la décrivons ici, est plus souvent droite que gauche, plus rarement double ; dans ce dernier cas, l'épanchement est d'ordinaire plus abondant d'un côté que de l'autre.

3° Enfin, l'on voit quelquefois la pleurésie chronique avec épanchement considérable purulent, telle que nous l'avons décrite dans le premier volume, coïncider avec la phthisie pleurale. Nous ne possédons que deux exemples de ce genre ; nous rapporterons l'un de ces faits.

Art* XX. — Époque d'apparition. — Symptômes.

Dans presque tous les cas où la pleurésie nous a donné des symptômes appréciables, elle s'est développée chez des enfants gravement tuberculeux, mais plus souvent dans des tuberculisations abdominales ou ganglionnaires que dans des tuberculisations pulmonaires avancées.

Dans la grande majorité des cas, l'inflammation a pris naissance dans les derniers jours ; cependant nous avons vu, chez une jeune fille phthisique, une pleurésie avec épanchement abondant se développer quarante-neuf jours avant la mort, et, après de nombreuses alternatives d'augmentation et de diminution, disparaître au bout de trente-quatre jours. Ce jour-là môme, une autre pleurésie se développa du côté opposé, et persista jusqu'à la mort, qui fut causée par une hémorrhagîe foudroyante. Chez un autre enfant dont la tuberculisation était moins considérable, nous observâmes aussi successivement deux épanchements pleurétiques ; mais le premier était consécutif à une anasarque scarlatineuse. Le second, qui put être rapporté

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