PLEURÉSIE CHEZ LES TUBERCULEUX
Art. IH. — Nature.
Nous trouvons dans ce chapitre comme dans les précédents la confirmation des idées générales que nous avons émises sur la nature des phlegmasies chez les tuberculeux.
Bien rarement, puisque nous n'en avons cité qu'un seul exemple (page 753), la pleurésie aiguë et d'apparence inflammatoire précède la tuberculisation et parait lui donner naissance.
Les pleurésies aiguës qui surviennent à la fin de la maladie et qui hâtent la terminaison fatale, sont les analogues des pneumonies terminales, et comme elles, doivent être le plus souvent considérées comme cachectiques.
Dans la grande majorité des cas, la phlegmasie aiguë, subaiguë ou chronique est liée à la tuberculisation de la plèvre ou du poumon, et paraît être développée sous son influence locale.
Hais cette cause traumatique ne saurait être invoquée lorsque les fausses membranes pleurales, denses, résistantes, anciennes, siègent loin du produit accidentel et échappent à l'irritation locale qu'il détermine. Il en est de même sans doute lorsqu'au milieu de ces produits inflammatoires chroniques on ne trouve que de rares et petites granulations tuberculeuses qui ne sauraient rendre compte d'une phlegmasie aussi ancienne et relativement aussi considérable.
Dans tous ces cas identiques, sauf le siège, avec la ménigite des tuberculeux, il faut admettre l'influence pathogénique de la diatlièse, qui seule peut expliquer ces inflammations subaiguës ou chroniques dont aucune cause locale ne peut rendre compte. Nous trouvons une preuve de la vérité de cette opinion dans la nature de l'exsudation plastique des pleurésies sans tubercules; différente des produits delà pleurésie inflammatoire, cette exsudation est tout à fait semblable à celle des fausses membranes tuberculeuses. Il parait donc peu probable que ces dernières se développent sous l'influence d'une cause exclusivement locale. Aussi croyons-nous que ta dia thèse est la cause générale et première de toutes ces pleurésies chroniques tuberculeuses ou non ; l'irritation locale causée par le tubercule explique seulement la fréquence comparative des fausses membranes tuberculeuses.
Enfin rappelons que la pleurésie aiguë cachectique est rare en général (1); et si nous la voyons plus fréquente chez les tuberculeux que dans toute autre maladie, nous en devons peut-être conclure que la diatlièse n'est pas étrangère à sa production.
Art. IV. — Traitement.
Lorsque la pleurésie des tuberculeux est la conséquence de la dia- (1) Tome ï, page 570
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thèse scrofulo-luberculeuse, le traitement général et local qui loi est applicable est celui de la phthisie pleurale.
Lorsqu'elle est aiguë et terminale, on comprend combien peu h thérapeutique a de prise sur elle. Nous ne saurions suivre les conseils de quelques médecins qui recommandent une médication un pea active. En pareille circonstance, nous pensons que la médecine hygiénique et expectante est un devoir. Le praticien doit se borner à prescrire des applications sédatives sur le côté malade; à l'intérieur, on donnera des préparations narcotiques, de l'opium ou delà belladone pour diminuer le besoin de respirer, calmer la douleur et procurer du sommeil. Si l'inflammation aiguë survenait à une période moins avancée de la phthisie, il faudrait mettre en usage le traitement que nous avons conseillé en parlant de la pleurésie secondaire aiguë.