PLEURÉSIE CHEZ LKS TUBERCULEUX
dques; de temps & antre on entend un peu de toux sèche. L'abdomen est assez volumineux, tendu, sonore; il paraît un peu douloureux à gauche; pas de tumeur. Soif assez vive ; intelligence intacte ; gaieté.
An bout de huit jours, la respiration était un peu moins obscure à la base gauche en arrière, la matité moins absolue ; la toux était petite, sèche et fréquente, le pouls et la respiration plus accélérés ; la légère amélioration notée dans l'état local se soutint pendant quelques semaines, puis de nouveau l'obscurité du bruit respiratoire redevint complète. A plusieurs reprises, on entendit quelques bouffées de râle sous-crépilant très fugace, bien que la matité et l'obscurité du bruit respiratoire fussent très prononcées. L'accélération du pouls et de la respiration ne persistèrent que peu de jours; le nombre des mouvements respiratoires varia de 28 à 32, et le pouls de 106 à 122. La chaleur fut presque toujours nulle; la toux le plus ordinairement rare. La langue resta toujours humide, l'abdomen volumineux, tantôt indolent, tantôt légèrement douloureux. Un dévotement abondant s'établit peu après l'entrée, et dura jusqu'à la mort. L'appétit était cependant conservé et la soif normale. L'intelligence fut toujours intacte ; à aucune époque on n'observa de symptômes du coté du système nerveux.
L'enfant mourut cinquante-huit jours après son entrée à l'hôpital, et cinq mois et demi environ après le début.
A l'autopsie, nous constatâmes les altérations suivantes :
1° plèvre gauche. — A l'ouverture de la plèvre, il s'écoule un grand verre d'un liquide épais, jaune rosé, purulent, assez homogène, sauf quelques petits débris d'un jaune plus clair, solides et tuberculeux. Tout le liquide s'étant écoulé, il reste une cavité qui comprend tout ie côté gauche du thorax, depuis la clavicule jusqu'au diaphragme, et dont les parois sont formées d'abord par une couche de même liquide adhérent; puis au-dessous, du côté de la plèvre costale, existe une fausse membrane jaune, molle, peu épaisse en certains points, pins épaisse et d'un rouge vif on d'autres. Au-dessous se trouve la plèvre, opaline et doublée d'un tissu dense, serré, d'un blanc grisâtre, et épais d'un millimètre environ; il sépare la plèvre des muscles. En d'autres points, mais surtout au sommet et en arrière, on trouve entre la plèvre et la couche de pus, soit des grumeaux, soit des plaques tuberculeuses très molles. Ailleurs encore, la fausse membrane est rouge, épaisse de 1 à 2 millimètres, très dense, comme musculeuse, très adhérente, de telle sorte qu'on a de la peine à distinguer la plèvre du tissu sous-pleural endurci. Dans ces parties de la fausse membrane se trouvent de petites granulations miliaires, tuberculeuses, du volume d'une tête d'épingle aplatie.
Du côté de la colonne vertébrale on voit une petite saillie à peine distincte du cœur, située à côté de lui au niveau de la racine du poumon, et qui parait constituée par cet organe lui-même, très affaissé. En ce point, au-dessous de la couche purulente, on voit une fausse membrane rosée, dense, d'aspect mnsculeux, tapissée par place par de la matière tuberculeuse molle qui la perfore çà et là. Si Ton enlève cette fausse membrane, on arrive sur la plèvre pulmonaire et on développe un peu le poumon qui était complètement encaissé par elle. Au niveau de la racine de cet organe, et dans un point, qui correspond au sommet du lobe inférieur, on voit une plaque tuberculeuse de l'étendue d'une pièce de 2 francs, an niveau de laquelle la fausse membrane se confond avec la plèvre et une masse tuberculeuse venue du poumon ainsi qu'il a été décrit ci-dessus, page 745.
Partout ailleurs la plèvre est opaline, parfaitement lisse, sauf quelques points où la fausse membrane enlevée a laissé de petites granulations tuberculeuses.
2° Le poumon débarrassé de la fausse membrane qui cachait complétant!! ses deux lobes, a environ le volume d'un œuf de cane. 11 eut d'une coules violacée claire, flasque dans toutes ses parties, nullement crépitant. A la coupe, son tissu est semblable à de la chair, sa couleur est rouge, un peu vineuse; il est très flasque, difficilement pénétrable au doigt; sa coupe est lisse. Le sommet du lobe supérieur présente des tubercules miliaires assez nombreux. Au sommet du lobe inférieur existe une masse du volume d'un œuf de pigeon qui est produite par la réunion de tubercules pulmonaires et ganglionnaires.
3° Les autres organes contiennent tous les tubercules ep quantité plus m moins considérable. LVncéphale en particulier nous a offert 4e nombreuses granulations et une méningite assez intense.
Remarques. — Lorsque cette jeune hialade fut admise à l'hôpital, nous fûmes, dès le premier jour, en doute pour savoir si elle était atteinte d'un phthisie pleurale, ou d'un épanchement pleurétiqui L'étendue et l'intensité de la matité, l'absence totale du bruit respiratoire en avant et en arrière, nous portèrent, toutefois, à adopter la seconde opinion. La mensuration de lu poitrine eût éclat rci toussa doutes ; mais nous avons eu le tort de ne pas la pratiquer. Les légère alternatives d'augmentation et dediminutiou que nous constatâmes! plusieurs reprises, devaient confirmer notre opinion sur l'existence d'un épanchement. Le noyau tuberculeux ganglionnaire qui existait au sommet du lobe intérieur, était l'intermédiaire par lequel h respiration bronchique que nous perçûmes à plusieurs reprises éuil transmise à notre oreille. L'épanchemeiit était évidemment la maladie principale; la tubercuiisaiion pleurale n'était pas assez considérable pour fournir des symptômes. L'altération de la plèvre di iissu sous-pleural, et de la fausse membrane, est digne d'attention. Nous avons déjà eu occasion d'en parler ailleurs (voy. Pktkiùt pleurale) .