‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 50 sur 95 · T0BERC0L1SATION DU PÉRICARDE ET DU COEUR · texte numérisé non relu

T0BERC0L1SATION DU PÉRICARDE ET DU COEUR

Feuillet membraneux qui les recouvrait, elles restaient attachées au viscère. Cependant un examen attentif démoairait que ces plaques reposaient sur un autre feuillet membraneux irès mince, que Ton reconnaissait aisément pour être la séreuse viscérale.

Pour compléter l'analogie qui existe entre les tubercules du péricarde et ceux de la plèvre, nous rapportons une observation remarquable qui nous à été communiquée par le docteur Fauvel, et dans laquelle les masses tuberculeuses développées dans le tissu sousséreux viscéral avaient pénétré peu à peu entre les fibres charnues; quelques-unes de ces masses étaient sur le point de perforer l'endocarde. Une bypertophie du cœur en avait été la conséquence.

Les deux feuillets séreux du péricarde dont intimement unis dans toute leur étendue par des adhérences celluleuses très fortes qui présentent en plusieurs points une infiltration séro-sanguinolente. A l'aide d'une dissection attentive, on parvient à détruire ces adhérences, et la séreuse du cœur offre une teinte opaline.

Le cœur a un volume considérable ; il présente à la base des ventricules 23 centimètres de circonférence, et il cenUmètres de cette base a la pointe.

A sa surface, on voit un grand nombre de bosselures Inégales en grosseur, blanchâtres, entre lesquelles le tissu charnu est d'un rouge pâle. Ces bosselures, dont quelques-unes ont le volume d'une noix, existent dans toute l'étendue de l'organe, et sont aussi nombreuses en arrière qu'en avant.

Il y en a moins, et leur volume est plus petit au niveau des oreillettes (ce sont des masses tuberculeuses qui, placées entre les fibres charnues du cœur, soulèvent la séreuse). Elles sont constituées par une matière dure, friable, d'une teinte jaunâtre, ne présentant aucune trace de vaisseaux. Au centre de quelques-unes la consistance est moindre qu'à la circonférence.

Le ventricule droit offre une dilatation considérable, en rapport avec le volume du cœur; Il renferme quelques caillots noirâtres dlffluents. La membrane interne est lisse et violacée.

On voit à la surface interne du ventricule, dans toute son étendue, excepté do côté de la cloison, un grand nombre de peUtes bosselures qui soulèvent la membrane Interne dans les interstices des colonnes charnues. Ces inégalités sont d'un blanc jaunâtre et ont une surface granuleuse (on dirait qu'elles sont criblées de grains de semoule). Elles correspondent aux bosselures externes, et en dedans on voit au niveau de quelques-unes des ecchymoses noirâtres •ous-séreuses.

L'orifice de l'artère pulmonaire est sain (a centimètres 1/2 de circonférence); l'oreillette droite, très dilatée, a une capacité double de celle du côté gauche ; deux tumeurs y soulèvent la membrane interne.

L'une, an niveau et & la partie postérieure de l'orifice auriculo-ventricolaire, lait une saillie considérable ; elle a environ le volume d'une noisette ; elle diminue les dimensions de l'orifice, et tient à une tumeur plus grosse située profondément dans le Ussu charnu. Sa surface est inégale, jaunâtre, granulée.

L'autre, plus considérable en étendue, existe à la partie postérieure et interne de l'oreillette, avoisine l'appendice, et descend jusqu'à l'orifice auriculoventriculaire. Ses dimensions sont : A centimètres de haut en bas, et 2 transversalement ; sa surface est inégale, bosselée, granulée en jaune, et présente

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en outre une coloration rouge noir, due à une infiltration sanguine i séreuse.

Dans toute retendue de l'oreillette, et même au niveau des tumeurs, et une dissection attentive a été faite, la membrane interne est lisse et n'est pas ulcérée.

L'oriflce auriculo-ventriculaire droit est sain, ainsi que les valvules (6 ont mètres de circonférence).

Le ventricule gauche est dilaté ; il contient une petite quantité de sang noir liquide ; sa surface interne est lisse et a une couleur lie de Tin.

il n'y a pas de saillie anormale à l'intérieur.

L'orifice aorlique a a centimètres 1/2 ; il est sain, ainsi que les valvule. L'oreillette a des dimensions normales ; elle est lisse, et présente la même coloration que le ventricule. L'orifice auriculo-ventriculaire gauche a 6 centimètres de circonférence. L'aorte n'offre aucune autre altération qu'âne imbibition de ses parois.

A part les masses tuberculeuses décrites plus haut, qui pénètrent entre la fibres ebarnues de l'extérieur vers l'intérieur, le tissu du cœur lui-même n'en le siège d'aucune altération : on n'y observe ni ecchymose ni ramollissemfat

L'épaisseur des parois dans toutes les cavités est en rapport avec le* capacité.

La cloison interventriculaire et l'oreillette gauche sont les seules paria exemptes de tubercules.

Nous ne saurions mieux faire que de rapporter les remarqua que ce fait a suggérées à M. Fauvel :

« Si Ton se rappelle qu'ordinairement les tubercules du cœur sié- * gent à sa surface sous le péricarde, affectant une disposition ana- » logue à celle des tubercules pleuraux et des autres séreuses, il sera » rationnel d'admettre que, dans ce cas, les tubercules étaient placés » primitivement sous le péricarde. Je ne sache même pas qu'on ait » jamais rencontré de la matière tuberculeuse enveloppée de toute » part dans le tissu charnu du cœur. Et ici, aucune granulation, si » petite qu'elle fût, n'affectait cette disposition. Or, admettant que le » premier travail morbide qui s'est opéré ait été le dépôt des tuber- » eu les sous le péricarde, il est évident que bientôt une inflammation » adhésive entre les deux feuillets séreux en a été le résultat, comme » cela a lieu pour la plèvre. Dès lors, les tubercules emprisonnés » dans un sac fibreux ont éprouvé de la résistance à leur accroisse- » ment excentrique. Cependant la sécrétion continuant à s'opérer, il » a bien fallu que ce produit sécrété se fit place, et, tout naturelle- » ment, il s'est frayé un passage entre les fibres charnues du cœur » jusqu'à sa surface interne, où il a rencontré l'endocarde, qui Ist- » même a été soulevé, et qui aurait été bientôt perforé si la vie s'était » prolongée plus longtemps. Cette explication du développement de » la luberculisation est non-seulemeut en harmonie avec les faits » observés, mais encore elle s'appuie sur ce qui résulte de l'examen » anatomique.

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a Eo effet, c'était à l'extérieur que les tubercules formaient les » saillies les plus considérables, et pour les ventricules, ils étaient » aussi nombreux à gauche qu'à droite. Or, les cavités droites furent » les seules où l'on trouva des tubercules faisant saillie sous la séreuse, » c'est-à-dire précisément là où il y avait un obstacle plus faible à » vaincre, à raison de l'épaisseur moins considérable des parois.

» A gauche, au contraire, ils étaient seulement enchatonnés dans le » tissu charnu sans avoir atteint la surface interne*

» Il est à remarquer encore que les masses qui formaient saillie à » l'intérieur, n'étaient pas indépendantes, mais faisaient corps avec » les masses extérieures. »

Dans l'observation que nous venons de citer, l'hypertrophie du cœur avait été la suite du développement des tubercules. Dans les faits que nous avons recueillis et vus, évidemment la maladie du péricarde n'avait pu, par son étendue, influer sur la nutrition de l'organe central de la circulation ; nous n'avons observé ni hypertrophie ni atrophie. Les orifices du cœur étaient libres ; mais une fois nous avons trouvé la valvule mitrale un peu rouge et épaissie à son bord libre.

Les faits qui nous appartiennent, et celui qui nous a été communiqué par M. Fau'vel, semblent indiquer que la tuberculisation du tissu même du cœur est infiniment rare ; cependant, à en juger par une observation du docteur Couture, il paraîtrait que ce produit accidentel peut occuper les valvules et la fibre musculaire elle-même, ou tout au moins se développer primitivement dans les interstices musculaires.

Art. XX.— SymptOmef.

La science ne possède pas de faits assez nombreux pour qu'on poisse tracer avec quelque certitude le tableau de la maladie et faire le détail des symptômes; nous en dirons cependant quelques mots.

Lorsque la maladie esta son début, elle reste à l'état latent

Dans les cas où les tubercules plus nombreux coïncidaient avec des produits phlegmasiques chroniques, nous n'avons observé ni douleur ni voussure à la région précordiale; une seule fois, nous avons noté un bruit de soufflet au premier temps, qui persista pendant douze jours; puis il disparut Vingt-deux jours après qu'on eut cessé de l'entendre, la jeune fille succomba, et nous trouvâmes à l'autopsie les plaques tuberculeuses et le léger épaississement de la valvule mitrale dont nous avons parlé plus haut. Nous devons ajouter que, dans ce cas, à l'époque où nous entendîmes le bruit de soufflet, la percussion était mate dans une assez grande étendue.

Voici quels furent les symptômes dans le fait observé par M. Fauvel .

A la suite d'une maladie abdominale aiguë survenue à l'âge de six ans et demi, la jeune fille dont il s'agit n'a fait pas recouvré la santé; elle avait perdu son embonpoint, et se plaignait souvent de douleurs dans la poitrine.

778 porrouiB.

Trois semaines avant son entrée à l'hôpital, de l'œdème te manifesta an jambes, puis a la face, et le ventre augmenta de volume.

Quand on vit la malade, elle présentait de l'œdème aux membres Infftfcm, a la face, et l'on constatait l'existence d'un peu de liquide dans rabdosaca,

La région précordiale donnait un son obscur dans une assex grande tante; on y voyait une légère voussure. Le cœur donnait une forte impulsion,*» battements étaient réguliers, sourds, mais sans aucun bruit anormal. Lt ma du thorax résonnait bien à la percussion.

On entendait à l'auscultation dans toute l'étendue, en avant et en arrière, un mélange de râle ronflant et sibilant, avec quelques balles humides à la bue. A la partie supérieure, le bruit respiratoire, perceptible de temps en tenus, était rude, surtout à gauche.

La malade toussait et se plaignait d'oppression (respiration a 40)

La face, pâle, ne présentait pas de teinte violacée, mais an peo d'ccdèa* autour des yeux et du nez.

. Le pouls (a 96/ était régulier, large, dépressible. Cinq ou six selles eo diarrhée avaient lieu tous les jours.

L'état général de la malade annonçait une constitution assez forte, ans détériorée depuis longtemps.

Au bout de huit jours, sous l'influence de cinq sangsues à l'épigastre,<kix bains de vapeur et de boissons diurétiques, une amélioration notable s'eut manifestée. L'anasarqoe avait beaucoup diminué ; l'enfant mangeait un pet et Commençait à se lever.

Cette amélioration persista quelque temps, et l'œdème disparut endèresKSL La malade continua i se lever et à manger avec appétit jusqu'au demie** mois de sa maladie; mais a cette époque la diarrhée devint plus forts; te douleurs de ventre se manifestèrent, et l'amaigrissement fit des progrès.

L'œdème se manifesta de nouveau aux membres inférieurs et a la face, A partir de ce moment, il n'y eut plus d'amélioration; IVnfant se tenait consument couchée sur le ventre; la fièvre était intense, continue. Elle se plaignit beaucoup de souffrir du ventre, dont le volume augmenta. Jamais elle l'accusa de douleurs à la région précordiale, et une exploration attentive a>i pas noter de nouveaux symptômes. Enfin la diarrhée devint excessive, et l'enfant mourut dans le marasme soixante-huit jours après rapparions) de l'anasarque.

Art. XII. C«u*«f . — Pronostic. — Traitement,

Nous n'avons aucune considération spéciale à présenter air ta causes et le traitement de la tuberculisation du péricarde.

Nous nous contenterons de remarquer que, sauf une seule, toute les observations que nous avons recueillies l'ont été chez des etifanti Agés de cinq ans et plus (1).

(t) 2 ans Fille 1

3i .«iAt (sar;:::;;::::: \

6 à iO ans i/2. . Garçons S

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TUBBRCCLISÀTIOfl DU PÉRITOINE. 779

La tuberculisation générale était, chez tous ce* enfants, très considérable; les plèvres, les poumons, les ganglions bronchiques, étaient profondément atteints, et la lésion du péricarde (sauf dans le cas où il y eut hypertrophie du cœur) ne nous paraît pas susceptible d'accroître -beaucoup la gravité du pronostic de l'affection tuberculeuse.

Dana les cas où l'on aurait reconnu la maladie, on prescrirait, outre le traitement général tonique, l'application de vésicatoire* Tôlants sur la région précordiale, ou de frictions mercurielles sur le même point, ou mieux encore, des frictions iodées.

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