‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 54 sur 95 · III · texte numérisé non relu

III

818 ABDOMKN.

Pendant les vingt jours que la malade passa a l'hôpital, Pétat général, qtf était déjà fort détérioré lors de son entrée, s'aggrava encore. Il survint dei éplslaxts assez fréquentes, pois des taches de purpura, des vomissement» mb> brenx de matières brunes, laissant un dépôt analogue au chocolat. La diarrhée persista abondante, sauf les derniers jours. L'état du ventre resta a peu pris le même. Quinze jours environ après la première exploration, on percevait toujours la même tumeur i la partie droite de l'épigastre ; elle était saUlaaie, dure, bosselée, et tenait d'une manière bien évidente à l'extrémité da lobé gauche du foie. Elle était immobile et ne pouvait être déprimée, et se continuait profondément à gauche ; supérieurement et Intérieurement on pouvsft facilement la circonscrire par le palper et la percussion. En auscultant la rameur, la tête était légèrement soulevée, et l'on éprouvait la sensation (Tu battement sourd isochrone au premier bruit du cœur.

L'enfant succomba dans le dernier degré de marasme, quatre mois envine après le début des premiers accidents.

A l'autopsie, on constata les altérations suivantes, dont noua abrégeons k description.

1° En ouvrant l'abdomen, on vit dans l'hypochondre droit une tumeur di volume d'un petit œuf, et correspondant à la saillie que l'on sentait pendait la vie. Elle n'était qu'une partie d'une masse volumineuse qui s'étendait pisfondé ment vers la colonne vertébrale et dans l'hypochondre. C'est cette der* nière partie qui simulait le bord tranchant du foie. La tumeur était bosselée, irrégulière, ayant le volume d'un fœtus à terme. Après des recherches Qttoatteuses, on ne retrouva de tout le pancréas que l'extrémité gauche de l'orgast dans l'étendue de deux pouces environ : là, le tissu était sain ; mais phuUi il se confondait avec la tumeur, et oh n'en trouvait plus de trace, qneiost soin que l'on apportât è la dissection. Des coupes pratiquées dans le tissa malade faisaient voir qu'il était d'un blanc jaunâtre, avec des taches rougestre), de densité très variable. Tantôt le tissu était dense, criant sons le scalpel, é comme libre ux ; tantôt il formait des noyaux réni tente, plus moos a l'intériear que le tissu précèdent ; tantôt, enûn, on trouvait des noyaux convertis en sac bouillie d'un jauue un peu rougeâtre. En outre, de petits foyers étaient disséminés dans l'épaisseur de la tumeur ; ils contenaient une matière molle, d'M jaune citrln, qui s'écrasait sous le doigt. Tous ces caractères faisaient ressembler la tumeur à un mélange de tissu squirrheux et encéphaloïde, a ce dernier surtout.

Obligés d'abréger cette description, nous nous contenterons de dire que b masse cancéreuse primitivement développée dans le pancréas enveloppai! le duodénum, les conduits biliaires, le rein droit, et pénétrait dans riutérieox de cet organe, enveloppait aussi l'aorte et la veine cave sans les comprimer. Les parois de l'estomac et du duodénum étaient altérées; mais il n'existait pu d'ulcérations.

Nous trouvons dans ce fait quelques phénomènes qui pouvaient en imposer pour une phthisie mésentérique, c'était surtout la présence d'une tumeur dure, bosselée, située sur la ligne à peu près médiane de l'abdomen, et s'en fonçant profondément vers la colonne vertébrale; mais nous remarquons tout d'abord que la maladie a débuté par dt* douleurs abdominales, un ictère, des vomissements, srn>

TtJBERCULlSATtON DES GANGLIONS MKSBNTÉRIQUKS. 819

ptômrs qui n'existent pas au début du carreau. La nature lancinante des douleurs rie pouvait dépendre d'une phthisie mésentérique, le siège même de la tumeur à (a partie supérieure de l'abdomen, sa èohtinuité apparente avec lé foie, devaient inspirer du doute sur l'existence d'une affection des ganglions abdominaux. 11 était, du teste, difficile d'arriver à la connaissance exacte de la nature de la maladie, et eh présence d'un cas pareil, on devait rester dans le doute.

Art. IV. — Pronostic

Si là maladie restait concentrée dans l'abdomen, son pronoctic ne serait sans doute pas aussi grave que celui de la tuberculsation des autres organes, car les accidents locaux qui déterminent de pareilles tumeurs sont rares, et sont, en général, bien loin d'offrir la gravité de ceux de la phthisie bronchique ou péritonéale.

Lés autres symptômes généraux sont peu intenses, l'amaigrissement moins rapide, la fièvre moins vive que dans le cas de phthisie pbhnoriaire ou péritonéale. La gravité n'est donc pas dans la maladie locale ; elle dépend toutentière de la maladie générale, et surtout des complications pulmonaires.

Nous partageons l'avis des pathologistes qui admettent la curabilité du carreau; nous avons, en effet, trouvé dans le mésentère d'un enfant une masse tuberculeuse considérable et entièrement crétacée. Aucun signe n'avait révélé la présence de cette tumeur, dont une grande partie avait évidemment été résorbée. Nous n'avons jamais cunstaté la résolution complète des tumeurs tuberculeuses mésentétiques, ni la perforation de la paroi abdominale et l'évacuation des tubercules par cette voie, ainsi que quelques auteurs disent en avoir vu des exemples.

Art. V. — Causes.

Age. — C'est un préjugé assez généralement répandu que le carreau est une maladie fréquente chez les jeunes enfants; il est important de dissiper cette erreur; car, lorsque nous aurons prouvé que cette maladie n'atteint jamais, ou presque jamais, les enfants au-dessous de l'âge de trois ans, il sera de toute évidence que les tumeurs abdominales et la tuméfaction du ventre des jeunes sujets sont tout à fait indépendantes de la tuberciilisation mésentérique.

Il résulte de nos tableaux sur l'intensité comparative des tubercules mésentériques aux différents âges : 1° que la maladie du mésentère est d'autant plus légère que l'enfant est plus jeune; 2» qu'on observe surtout la luberculisation arrivée à son maximum de développement entre la cinquième et la dixième année; 3° qu'enûu, grave ou légère, elle est fort rare de douze à quinze ans.

Sexe. — Les garçons paraissent plus sujets que les filles à la tuber*

culisaliod mésentérique. Hais c'est surtout quand la maladie est très considérable que la prédominance des garçons sur les filles est Icès marquée (1).

La plupart des auteurs qui ont écrit sur le carreau ont cru trooicr les causes de la phthisie mésentérique dans l'alimentation insuffisante, ou peu en rapport avec les forces digestives de l'enfant, diw l'abus des purgatifs, dans la pression occasionnée par les maillots oa les corsets sur l'abdomen ; si de pareilles causes ont quelque influeoce, nous avouons qu'elles nous ont toujours échappé.

Nous n'avons jamais observé que des coups ou des chutes aient es une part évidente à la tuberculisation des ganglions mésentériquo. On trouve dans la nosographie de Sauvages une observation qui, bia qu'incomplète, offre cependant de l'intérêt, et semblerait indiquer qu'une violence extérieure peut être la cause occasionnelle de la phthisie mésentérique. « 11 s'agit d'un enfant de huit ans qui, ajsal i» reçu un coup de bâton sur les lombes, commença peu de jotrs » après à aller mal ; et, au bout de quelques semaines, quoiqu'il ftt » bien nourri jusqu'au dernier instant de sa vie, il mourut de eoa- » somption ; quoiqu'il n'eût point été affligé d'une toux importa» » ni de la fièvre, il fut cependant traité comme phtliisique. A l'as- » topsie, les glandes du mésentère parurent non-seulement tuméfiées, » mais encore squirrheuses ; elles étaient plus grosses que les deu » poings. »

Nous ne devons pas quitter ce sujet sans rechercher si la tuberculisation mésentérique ne reconnaît pas pour cause l'ulcération tuberculeuse de la membrane muqueuse intestinale. Mais pour apprécier avec quelque exactitude l'influence de cette cause, il faudrait que nous pussions déterminer positivement quelle est celle des lésions qui est antérieure à l'autre. Cette question, difficile à résoudre quand elle est ainsi posée, devient plus facile lorsqu'il s'agit d'établir un rapport

(1) 144 enfants ont présenté des tubercules méseotériqnes.

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GarçoM. FiUta.

Tubercules peu nombreux 49 27

Tubercules assez nombreux 28 20

Tubercules très nombreux 1 6 4

TUBIBCUUSATION DBS GANGLIONS MftSENTftftIQUBS. 821

entre l'intensité des lésions. On peut alors conclure quelquefois à l'antériorité de celle qui est la plus considérable. Nous remarquons d'abord qu'un bon nombre d'enfants ont des tubercules dans le mésentère sans présenter dans les intestins ni tubercules, ni ulcérations, ni cicatrices tuberculeuses. Et chez ceux-là au moins, il reste bien prouvé que la tuberculisation mésentérique peut être indépendante de celle de l'intestin.

Lorsque les intestins sont tuberculeux en même temps que le mésentère, il est fréquent de noter un rapport entre l'intensité de la tuberculisation des deux organes, en sorte qu'il est difficile de décider lequel est devenu malade le premier, et qu'on est porté à croire que le dépôt du produit accidentel s'est fait simultanément. Plus fréquemment, il n'existe pas de rapport entre l'intensité de la tuberculisation intestinale et mésentérique. Alors les ganglions sont quelquefois beaucoup plus malades que l'intestin, et leur tuberculisation est évidemment antérieure; mais le contraire a lieu plus souvent, et Ton peut conclure que, dans un certain nombre de cas, la tuberculisation mésentérique est postérieure aux ulcérations tuberculeuses de l'intestin et est sans doute une de leurs dépendances (1).

Dans les considérations précédentes, nous avons pu tenir compte de l'absence de tubercules dans le tube digestif, parce que nous pouvions conclure avec quelque certitude qu'il n'y en avait pas eu à une époque antérieure et au moment où les ganglions correspondants se tuberculisaient. Nous avons pu aussi réunir les gros intestins et les intestins grêles, parce que les ulcérations tuberculeuses des premiers siègent le plus habituellement dans sa moitié supérieure, et que les lymphatiques de cette portion du tube digestif se rendent au mésentère.

Nous ne pouvons plus procéder de la même manière pour étudier l'influence de l'inflammation intestinale sur la production des tubercules mésentériques, car la phlegmasie de l'intestin grêle est beaucoup plus rare que celle du gros intestin ; en outre la partie inférieure de celui-ci s'enflamme bien plus souvent que sa partie supérieure, et ses lymphatiques se rendent dans les ganglions lombaires. D'autre part, l'inflammation peut disparaître avec facilité sans laisser de traces, en sorte que, si l'on trouve les ganglions tuberculeux et le tube digestif non enflammé, on ne peut pas conclure avec certitude que la

(l) Sur 144 enfanti dont le mésentère était tuberculeux,

42 fois les intestins n'avaient ni tubercules ni ulcérations intestinales;

43 fois la tuberculisation était à peu près également intense dans les intestins et le mésentère ;

39 fois la tuberculisation intestinale était plus considérable que celle du mésentère;

20 fois la maladie du mésentère offrait une prédominance marquée sur celle des intestins.

.tuberculisation des ganglions n'a pas été précédée d'une phlegmasie des intestins.

Enfin une dernière difficulté vient s'ajouter aux précédentes : c'est la nécessité de séparer les inflammations aiguës des chroniques. Or, si le lecteur se rappelle ce que nous avons dit à ce sujet duos ta premier volume de cet ouvrage, il comprendra que l'anatomie pathologique seule ne peut prouver la chronicité d'une inflammation intestiiiale que dans un petit nombre de cas. Si d'autre part on veut se diriger d'après les symptômes, il est presque impossible de porter u jugement certain eu raison du mélange des signes de la tubercoljntjon avec ceux de la colite.

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer n'ont pas d'auto but que de prouver les difficultés que l'on rencontre ppnr établir |a relation de cause à effet entre les phlegmasies intestinales et le* tubercules mésentériques, et de faire comprendre pourquoi nous regarda* les considérations suivantes comme moins exactes que celles déjà données sur les rapports de la tuberculisation intestinale et méseotérique.

Bon nombre d'enfants nous ont présenté des tubercules mésentériques sans que leurs intestins fussent le siège d'aucune inQaiprattioa; sur ce nombre, il en était plusieurs dont la tuberculisation était asjg peu avancée pour qu'il fût permis de croire qu'aucune phlegmasie intestinale n'existait au moment où les tubercules se sont déposés dam le mésentère.

Lorsque les intestins étaient phlogosés en même temps que le mésentère était tuberculeux, nous avons vu souvent qn rapport inverse exister entre l'intensité des deux lésions; mais dans la très grande majorité des cas, il nous a paru que l'inflammation était postérieure au dépôt tuberculeux; tandis que chez un petit nombre de malades, la phlegmasie nous a semblé chronique, alors que la tuberculi&lioa indiquait par son peu d'intensité une date plus récente. Noos pensons donc que dans quelques cas on peut regarder une phlegmasie intestinale comme la cause occasionnelle de la tuberculisation des ganglions mésentériques auxquels se rendent les vaisseaux lymphatiques de la membrane muqueuse (1).

(l)Sur 144 en fan U dont le mésentère était tuberculeux, 6* n'avaient aucun phlegmasie intestinale; et chez 34 de ces enfants la tuberculisation métenlérique était assez peu avancée pour qu'on pût la regarder comme indépendante d'um inflammation antérieure de l'intestin.

La tuberculisation peu avancée du mésentère a coïncidé avec une lésion aiguë de l'intestin grêle 1 5 fois, et 3 fois avec sou inflammation chronique.

Elle a coïncidé 26 fois avec une lésion aiguë du gros intestin et tO fois aveeaoe chronique. 12 fois sur les nombres précédents la maladie intestinale siégeait à II fois dans les intestins gros et grêles.

La tuberculisation assez avancée du mésentère a coïncidé avec Pin

TUBEHCOLISATION DES GANGLIONS MÊSBNTÊR1QUSS. 823

Art, TI. — Traitement.

On trouve dans tous les auteurs qui ont écrit sur le carreau Ténu* mératîon d'un nombre considérable de médicaments dont remploi, suivant eux, a été suivi de succès. Mais nous avons la conviction qu'ils ont été dirigés contre d'autres maladies que la phthisie mésentérique. Presque impossible à diagnostiquer à une période peu avancée, cette affection parvenue à un haut degré de développement nous paraît au-dessus des ressources de l'art. Nous allons toutefois exposer les indications à remplir, et les moyens qui paraissent les plus propres à y satisfaire.

§ I. Indications. — Le but que le médecin doit se proposer est : 1* de favoriser la résolution des tumeurs mésentériques ; 2° de parer aux complications dont cette lésion est souvent accompagnée ; 3° de faire disparaître les accidents qu'elle peut déterminer; U° de soutenir les forces.

§ II. Examen des médications. 1° Altérants. — Bon nombre d'auteurs ont préconisé l'emploi du mercure dans le carreau. Ils ont conseillé à l'intérieur le calomel, à l'extérieur des frictions avec l'onguent napolitain ou avec une pommade contenant une forte proportion de calomel. Wendt recommande au début l'emploi du calomel uni au soufre, d'après la formule suivante :

¥ Calomel 40 à 80 centigrammes.

Fleurs de soufre 2 à U grammes.

Sucre blanc 4 grammes.

Divisé en 8 parties égales, une soir et matin.

Administré à cette dose, le mercure ne nous paratt pas offrir d'inconvénients ; mais il ne faudrait le mettre en usage que dans les cas où la diarrhée serait nulle ou peu abondante, et en suspendre l'emploi si elle augmentait évidemment sous son influence.

Viode pourrait peut-être offrir quelques chances de succès.

Il serait prescrit à l'intérieur ou à l'extérieur: sous cette dernière forme, les eaux minérales de Lavey pourraient peut-être rendre d'utiles

aiguë de l'intestin grêle, 5 fou; avec celle du gros intestin, 17 fois; avec son inflammation chronique, 5 fois, 3 fois les deux intestins étaient à la fois malades.

La tuberculisation très avancée du mésentère a coïncidé avec l'inflammation de l'intestin grêle, 4 fois; avec celle dn gros intestin, 6 fois ; avec son inflammation chronique, f fois; une seule fois les deux intestins étaient en même temps malades.

Chez 1 2 enfants, les denx intestins étaient parfaitement sains et n'offraient ni tubercules, ni inflammation ; 25 fois l'intestin grêle était tout à fait saiu, le mésentère étant tuberculeux.

services. Nous lisons dans le Compte rendu du docteur Lebert quel» eaux de la source, auxquelles on ajoute de 3 à 6 kilogrammes des eaux-mères d^s salines de Bex, ont été utiles dans les engorgements mésentériques. A cette médication on joignait quelquefois des douches peu fortes en arrosoir, de 10 à 15 minutes de durée. Les bains de Lavey pourraient être remplacés par les bains iodés. Baudelucque, qu a suivi en grande partie le mode d'administration de ces bains conseillés par Lugol, emploie la formule suivante :

Dans une baignoire en bois de 300 litres, il fait mettre.

Eau distillée i litre.

Iode 10 grammes.

Iodure de potassium 20 grammes.

L'iode peut être aussi employé à l'extérieur sous Forme de teinture. Nous avons trouvé dans un recueil périodique quelques observations dans lesquelles la teinture d'iode, employée en frictions sur l'abdomen, parait avoir été suivie de succès (1).

Dans la première observation, il s'agit d'un garçon de quatre ans atteint <Tta dérangement des voies digestives. Au bout de plusieurs mois l'auteur rk le malade. Il offrait les symptômes suivants : abdomen volumineux, parsemé 4e duretés inégales; membres amaigris; borborygmes : dévotement qui aliène avec une difficulté extrême d'aller à la selle; douleur lombaire ; appétit nul; langue rouge ; soif. Pendant la première semaine Fauteur traita le malade pv la diète antiphlogisliquc, une application de sangsues autour de l'ombilic Ai bout d'une semaine on fit une seconde application de sangsues. Au bout d'aa mois il y avait un mieux sensible. Cependant V abdomen était encore empâté, et on y sentait, en pressant assez fortement, les ganglions du mésentère tuméfiés et volumineux. On prescrivit alors des frictions chaque matin avec t reste gouttes do teinture d'iode ; on employa trente-huit frictions et dix- huit baias aromatiques. L'enfant guérit.

Dans la seconde observation, il s'agit d'un garçon de trois ans mal noerri pendant la première année. Au bout de ce temps-là on s'aperçut que le ventre était tumcTié. Lorsque l'auteur vit le malade, il avait de la fièvre ; l'appétit était perdu, la langue rouge, l'abdomen dur, volumineux et bosselé, la constipation rebelle. Il prescrivit le même traitement que dans le cas précédent, c'est-à-dire deux applications de sangsues. L'état gastrique se rétablit, et alors on employa la teiuture d'iode ; et, à partir du moment où elle fut administrée, l'aotear prétend avoir senti les ganglions mésentériques se fondre et disparaître. Le traitement fut suivi pendant trente jours, et l'on employa en tout 136 grammes de teinture d'iode. (Cet alcoolat contenait 2 grammes 40 centigrammes d'iode pour 32 grammes d'alcool.)

Le sujet de la troisième observation est un garçon de trente mois, lymphatique. Le début de la maladie n'est pas précisé. Lorsque l'enfant fut examiné,

a*; ait la peau sèche, la langue rouge ksts bords; le ventre considérablement

(I) Observations sur l'emploi de l'iode contre le carreau, par M. Protper Gis- *aud, médecin de l'hotp.ic2 civil d'Aix. (Hev. méd., 1850, t. Iil, p. 397.)

TUBERCUUSATION DBS GANGLIONS MÉhENTÉMQtJBS. 825

méléorisé, laissait percevoir un engorgement considérable de la rate, et surtout des ganglions mésentériques qui simulaient à la pression de petits cailloux. 11 y avait en outre du défoiement. On eut recours au régime adoucissant et a d*8 applications de sangsues (douze dans quinze jours). On employa ensuite la teinture d'iode et les bains aromatiques.

Dans la quatrième observation, il s'agit d'une fille de six ans dont ie père était pbthisique; elle-même était sujette à la teigne et avait les glandes du cou supputées. Lorsque l'auteur vit la malade, l'abdomen était dur et bosselé, elle «▼ait des vomissements, le pouls était fréquent, l'abdomen douloureux un peu au-dessous de l'ombilic. Même traitement que dans les cas précédents. GuérisoD.

Nous avons rapporté ces faits qui nous paraissent dignes d'intérêt ; mais nous regrettons que l'auteur ne soit pas entré dans plus de détails. Bien que sa méthode ait été suivie de succès, nous ne saurions cependant conseiller son emploi dans toute sa rigueur. Nous n'oserions pas mettre en usage le traitement antiphlogistique chez des sujets arrivés a une période aussi avancée de la maladie. Hais il nous semble que l'on peut conclure de ces observations à l'emploi de la teinture d'iode administrée en frictions de la manière indiquée par l'auteur.

Il faudra être plus réservé sur l'usage de l'iode à l'intérieur. Toutefois l'état des voies digestives ne nous semblerait pas le contre- indiquer. Ne serait-il pas possible, en effet, que ce médicament exerçât sur les ulcérations intestinales une action analogue à celle qu'il produit quelquefois sur les ulcères scrofuleux de la peau, qu'il tend évidemment à cicatriser ?

L'huile de foie de morue a été conseillée par plusieurs auteurs dans le traitement du carreau. On pourrait la prescrire en même temps que l'on mettrait en usage le traitement iodé externe. Ce médicament serait donné sous la forme et aux doses que nous avons indiquées ailleurs.

2* Pour remplir la seconde indication, il faudra mettre en usage le traitement conseillé contre les complications qui peuvent se développer dans le cours de la phthisie mésentérique (voy. Péritonite et Ulcérations intestinales). Wendl conseille, dans le cas où il existe une grande sensibilité du canal intestinal, et où les selles sont fréquentes et douloureuses, le looeh suivant :

9? Semence de pavots. 16 grammes.

Eau distillée 180 grammes.

Faites une émulsfoo, et ajoutes;

Amandes a mères de 2 à 8 grammes.

Sucre blanc 12 gramme».

Toutes les deux heures une cuillerée à bouche.

3° Pour l'emploi du régime et du traitement tonique général, il faudra se guider d'après l'état des forces, de l'amaigrissement et surtout d'après les symptômes digestifs. Remarquons à ce sujet i* que l'appétit est d'ordinaire conservé jusque dans les derniers temps de la maladie ; 2* que les vomissements sont nuls ou rares; que la «if n'est pas exagérée. Il en résulte que Ton ne devra pas craindre de donner une alimentation un peu substantielle. Les auteurs conseillent dans le carreau l'emploi du café de gland, des bouillons de vipère, de coq. Frédéric Hoffmann et Baumes après lui, ont recommandé rasage des bouillons de volaille cuite avec de la racine de chiendent, de fenouil, de persil, d'asperge et de céleri.

Les préparations ferrugineuses ont été conseillées par plusieurs auteurs; ils les prescrivent dans le cas où la maladie est apyrétiquei Elles nous paraissent moins bien indiquées que les préparations iodées; mais elles peuvent remplacer l'iode dans les cas où ce médicament n'est pas supporté.

La phthisie mésentérique ne produit pas , comme la phlhiiie bronchique, un grand nombre de symptômes qui réclament un traitement particulier. Il n'y a guère que les hydropisies qui demandent à être combattues par une méthode spéciale. Le traitemeat tonique, et celui qu'on dirigera contre la malade générale, eoot les seuls à suivre. Le traitement local sera celui conseillé tome u\ p. 231.

§ III. Résumé. — A. Un enfant présente quelques symptômes qui peuvent faire soupçonner une tiiberculisation mésentérique, en même temps que rien n'indique le développement de la maladie dans kl autres organes. Il faut :

1° Insister sur les précautions hygiéniques exposées page MO;

2° Accorder une attention toute spéciale à la nourriture de l'enfant, la proportionner à son âge, ainsi que nous lavons dit ailleurs, et surtout surveiller ses effets. Ainsi la digestion est elle pénible, l'enfant est-il plus triste et plus abattu, a-t-il plus de fièvre après l'indigestioa des aliments? On doit diminuer leur quantité à chaque repas, et choisir ceux dont la digestion est plus facile. Il faut aussi examiner ke évacuations, afin de s'assurer s'il y existe des fragments d'aliments non digérés. S'il en est ainsi, on s'abstiendra de donner ce genre de nourriture, et on insistera sur celle qui, complètement digérée, convient évidemment mieux à l'enfant.

3° On administrera l'huile de foie de morue, ainsi qu'il a été dit page 426.

Si l'enfant la refuse, on administrera les préparations iodées sous l'une des formes ci-dessus prescrites ; enfin, si ces dernières ne peuvent être supportées, on essaiera les préparations ferrugineuses, ou bien quelqu'une des médications indiquées dans le chapitre I", p. 420.

TUBEECULISATION DBS GANGLIONS MÊSENTÉRIQUES. 827

B. Si la maladie fait des progrès, si Ton commence à palper des tumeurs :

1° On continuera le même traitement autant que l'enfant pourra le supporter, en proportionnant toujours la quantité et la qualité des aliments à la force digestiye de l'estomac.

2° On joindra à la médication des frictions sur l'abdomen avec la teinture ou la pommade iodée, ainsi qu'il a été <iit page 824.

C. EuQn, si la tubercu|isatiou s'accroît , si les autres organes deviennent malades, si l'enfant ne peut plus quitter le lit, si la fièvre s'établit d'une manière régulière, ou supprimera toute médication excitante ou toriiqpe, et {'on se bornera à faire une médecine palliative et expectante.

Art. VU. — Historique.

La phthisie mésentérique a été décrite par un grand nombre de médecins; elle porte différents noms, mais elle est généralement cqniiue souq celui de carreau.

On l'a tour à tour appelée atrophia infanium (Fischer), contabescentia infantilis (Juch), étisie rachial gigue (Tulpius), tabès mesenterica (Svdenham), tabès glandularis (Roussel), étisie mésentérique (Sauvage), pœdatrophia (Grunuer, Werner), eniphraxie mc&entfrique (Baumes), marasmus infantum (Schônlein), entéro-mésentérique (Desruelles). Plusieurs de ces dénominations s'appliquent à la fois à la pbtbisie péritonéale et mésentérique.

Plusieurs auteurs anciens paraissent avoir eu connaissance de la pbtbisie mésentérique. Leurs noms et les passages de leurs écrits qui s£ rapportent à cette maladie oqt été cités par Sauvage, qui lui-môme a tracé un tableau très racourci de l'affection du mésentère, à laquelle il a donné le nom d'étisie mésentérique.

a Cette espèce, dit-il, dépend des glandes du mésentère seulement, devenues squirrhepses, comme je l'ai souvent vu dans l'Hôpital Général, ou qui sont tombées en suppuration. Je n'ai jamais pu saisir chez ces malades aucun signe d'affection écrouelleuse ; elle attaquesurtout les enfants nés de parents débauchés. Vers l'âge de sept ans ils sontpAles, tristes, tourmentés par une faim vorace. Aces accidents se joignent quelquefoisuu appétit dépravé, un flux de ventre, la lientérie, et une petite fièvre qui les consume, et se termine souvent en une hydropisie ascite et uneœdématiequi les mènent à la mort. » À l'article Physconie mésentérique, Sauvage cite plusieurs observations d'augmentation de volume du ventre par suite du développement des tubercules mésentériques.

La citation que nous venons de faire, et d'autres que nous épargnons k nos lecteurs prouvent que la phthisie mésentérique était connue des auteurs qui ont précédé Baumes ; mais c'est à ce médecin que revient ^'honneur d'avoir le premier donné une monographie complète du

828 ABDOMKN.

carreau (1). Son mémoire a été couronné en 4787 par la Faculté de médecine de Paris, et réimprimé en 1800 avec peu de changements.

Nous allons donner une analyse un peu détaillée de ce mémoire, ce qui nous dispensera de parler longuement des travaux faits sorte même sujet, et qui, à peu d'exceptions près» n'en sont que la copie.

Baumes reconnaît que la maladie siège dans le mésentère; et ans se prononcer d'une manière positive sur sa nature intime, il admet qu'elle consiste dans une augmentation de volume des glandes do mésentère, avec développement du ventre. Rejetant le nom vulgaire de carreau, il proposa celui de parectamie physconique, quand l'abdomen a augmenté de volume, et A'emphrasie métentêrique quand les glandes mésentériques sont engorgées.

Quelques considérations sur le mésentère, accompagnées d'idées théoriques sur les fonctions glandulaires, lui serveut à expliquer la formation de la maladie, et les accidents consécutifs qu'elle détermine.

Baumes admet trois degrés dans la phthisie mésentérique. Noos reproduisons textuellement sa description :

« Si, dit notre auteur, je trouve dans un enfant soumis à l'influence » des causes qui donnent lieu à cette affection morbide, le visage » plombé ou pâle, les extrémités inférieures peu nourries et faible*, » le ventre un peu rénitent ou empâté sans douleur, des garde-robes » délayées, quelquefois entremêlées de matière blanchâtre, un com- » mencement de maigreur précédé de tristesse, d'un état de langueur, » d'une espèce d'engourdissement, une faim désordonnée, qui, en » général, est toujours suspecte chez les enfants, de la soif, la paume » des mains un peu chaude, je reconnais que cet enfant est attaqué » de la maladie du mésentère, et que son mal est au premier » degré.

> Si je vois dans ce même enfant le visage terreux ou livide, la petu » rude et comme chagrinée, les extrémités inférieures sensiblement » amaigries, le ventre proéminent, dur et sans douleur, la faim plus » pressante, la soif plus vive, la tristesse plus marquée, une diarrhée » soutenue, des déjections grisâtres et fétides, un sommeil difficile* » court, l'enflure des malléoles, je dis que la maladie du mésentère est » au second gegré.

n Enfin, si dans ce même enfant le volume et la dureté du ventre » sont considérables, si le dévoieraent est continuel, la fièvre hectique » réglée, si le visage est d'un blanc de cire, si les lèvres sont pâles, » si les joues sont parsemées de stries rouges ou vineuses, s'il y a des » signes d'épanchement dans le ventre ou la poitrine, et quelquefois

(t) Traité de l'amaigrissement des enfants accompagné de V élévation et de k dureté du ventret maladie du mésentère vulgairement connue sous le nom A carreau.

TtJBIBCULISATION DBS GANGLIONS MÉSENTÉRIQUKS. 829

» en même temps dans ces deux cavités, je pense que la maladie est » déjà parvenue à sa troisième et dernière période. »

Ce tableau de la maladie est sans doute fort bien tracé; mais les symptômes assignés au premier et au second degré se rencontrent dans une Foule de maladies différentes, et manquent le plus souvent lorsque la phthisic mésentérique ne consiste que dans le dépôt d'un petit nombre de tubercules. Quant à ceux du troisième degré ils caractérisent mieux le carreau à une période avancée, mais ils se retrouvent aussi dans beaucoup d'autres maladies.

C'est avec raison que Baumes a cru devoir metlre en garde le praticien contre des erreurs de diagnostic qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses : ainsi il a établi les différences qui existent entre les tumeurs qui résultent de l'engorgement des ganglions mésentériques, et celles qui sont le résultat des maladies de l'épiploon, du foie ou qui dépendent seulement de l'arrêt des matières fécules dans quelques parties du gros intestin.

Nous n'en umérerons pas toutes les causes qui, d'après Baumes, sont susceptibles de produire le carreau ; nous nous contenterons de dire qu'un grand nombre de celles qu'il mentionne appartiennent à la phthisie; telle est l'influence de l'ai r humide peu renouvelé, d'une alimentation insuffisante, de la répercussion des fièvres éruptives, etc. Il en trouve d'autres plus spéciales dans la compression exercée sur le ventre par des maillots ou descorsels.

Le pronostic varie suivant que la maladie est plus ou moins avancée.

Le traitement, dit Baumes, doit être à la fois préservatif et curatif. Trois indications sont à remplir : 1* fondre ou résoudre les tumeurs; 2° évacuer le canal intestinal ; 3° fortifier la constitution. Les moyens de remplir ces trois indications doivent être diversement combinés, suivant l'occurrence. Baumes termine sou mémoire en citant plusieurs observations dans lesquelles ce traitement parait avoir eu du succès. Hais il n'est pas bien prouvé pour nous qu'il s'agisse dans ces cas de tumeurs mésentériques tuberculeuses.

La monographie que nous venons d'analyser contient beaucoup d'idées théoriques erronées; mais elle n'en est pas moins l'œuvre d'un esprit supérieur, et peut être consultée avec fruit par le praticien. La plupart des auteurs qui ont succédé à Baumes l'ont copiée presque littéralement : ainsi l'article de Chambon sur le carreau, celui de Lullier Winslow dans le Dictionnaire des sciences médicales, sont la reproduction presque textuelle de la monographie du médecin de Montpellier.

Les auteurs allemands, Fleisch, Wendt, Henke, Joerg, Rau.Meissner, ont décrit plus ou moins longuement le carreau. Ils ont tous regardé le tabès tnesenterica comme une dépendance des scrofules, et l'ont rangé à la suite de la maladie scrofuleusc. Leur description, en

général succincte, ne s'éloigne pas de celle d* Baumes, et, sauf quelques modifications dans le traitement, elle est toiit à fait semblable l celle de l'auteur français.

Le docteur SchOnlein (1) a publié une courte monographie sur h carreau. Sa description est identique avec celle de Baumes ; la seule différence est que l'auteur admet deux variétés de carreau : l'une, qui est liée à l'existence des vers intestinaux ; l'autre, qu'il rattache aux scrofules. Il assigne pour caractères à la première, indépendamment des symptômes ordinaires du carreau, la dilatation de la pupille, les démangeaisons du nez, un cercle bleuâtre autout des yeux, l'haleine fétide, etc. ; l'autre offre en outre les signes de la scrofule, les lésions delà peau propres à celle maladie, la croûte laiteuse du visage, il tuméfaction des glandes inguinales, et plus souvent aussi celle des glandes mésentériques.

D'après Schônlein, la maladie est très fréqueutedu troisième mois à la seconde année, rare depuis, et nulle à partir de six ans. Cette différence entre nos résultats et ceux de l'habile médecin que nous venons de citer nous portent à croire que nous n'avons pas décrit la même maladie.

MM. Evanson et Maunsell consacrent un assez long article aa carreau. Ces auteurs ont décrit cette maladie avec celles des organes de la digestion. Leur travail se rapproche de celui du docteur Guersant, que nous allons analyser toutà l'heure.

Ils admettent trois périodes ou trois degrés dans le carreau : l°dans un premier degré, la maladie est à son commencement, et ne se révèle par aucun symptôme local ou général ; 2° dans un second degré surviennent des selles de couleur blanche, et de la tuméfaction des glandes en quelques points du corps ; 3° dans un troisième degré, le* glandes suppurent; il survient de la fièvre; de l'amaigrissement, des inflammations de la membrane muqueuse intestinale, etc.

Ces auteurs indiquent qu'à cette période les ganglions engotgés peuvent, parla pression qu'ils exercent sur les organes voisihs, troubler leurs fonctions, et produire eh particulier l'anasarque.

M. Toimelé, dans son mémoire sur les tubercules, a fait remarquer que le mésentère élait de tous les organes de l'abdomen celui où les tubercules se rencontraient le plus souvent. Il rapporte un fait curieux dans lequel la matière tuberculeuse était épanchée entre les lames de l'épi ploon, jusqu'aux bords adhérents de l'intestin : l'amaigrissement, la pâleur, Ih boufGssure étaient les principaux symptômes de la maladie. Il cite en outre deux eus d'ascite coïncidant avec des tubercules mésentériques volumineux.

Le doctébr Guërsatlt, dans l'article Carreau du Dictionnaire en 55 vol., après avoir établi que la maladie consiste dans ta tuhercull-

(1) Analccm, ix Hefl, S. 112.

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sation des ganglions mésentériques, et prouvé avec raison que la plupart des symptômes indiqués par lesauteurs sont illusoires ou [appartiennent à un grand nombre de maladies différentes, distingue deux espèces de carreau : l'une avec l'inflammation, carreau douloureux ;

1 l'autre sans inflammation, carreau indolent. Nous avons déjà dit qu'il nous a été impossible d'établir la corrélation des symptômes avec l'ab-

1 senceou la présence de l'inflammation, dans les ganglions mésenté-

1 riques en partie tuberculeux.

1 En 1837, MM. de la Berge et Monneret publièrent dans le Compen-

! dium de médecine pratique un article bien présenté sur le carreau. Leur travail n'est qu'un résumé complet des recherches de leurs devanciers; et, bien qu'ils n'émettent aucune idée nouvelle, ils ont pu contrôler les opinions d'autrui par leur propre expérience, et corn* poser ainsi une monographie qui mérite d'être lue avec attention.

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