TUBEBCUL1SATI0N DES HE1NS
la diagnostiquer, en considérant l'état scrofuleux de la malade, l'absence de symptômes du côté de l'estomac, de la rate et des autres viscères de l'abdomen, le trouble de la sécrétion urinaire et la forme de la tumeur. La maladie offrit quelques alternatives d'amélioration et de rechute. La tumeur acquit un développement considérable; quelque temps avant la mort, elle dépassait la ligne blanche, elle s'étendait de haut en bas, depuis la région cardiaque, au-dessous des côtes qu'elle soulevait jusqu'au delà de la crête iliaque. L'urine, qui se sécrétait assez régulièrement, répandait une odeur fétide, et déposait un sédiment briqueté, muqueux, jaunâtre. (Nous avons indiqué ailleurs l'altération pathologique du rein, voy. page 854.)
Êtot des urines. — D'après M. Rayer, on ne peut reconnaître la maladie par l'examen de l'urine que dans les cas où la matière tuberculeuse est ramollie. L'urine est alors plus ou moins trouble au moment de l'émission, ou au moins elle tient en suspension des grumeaux de matière organique non fi brin eu se, qui se déposent avec les sels de l'urine; et si l'on examine au microscope ce sédiment, on voit qu'il est formé en grande partie de globules muqueux et quelquefois de globules sanguins, et d'une matière organique qui ne se dissout pas dans les acides étendus, comme le font les phosphates et les urates.
Cette matière inorganique, examinée au microscope, n'offre que des granules bien distincts des globules de pus et de sang. Ces caractères, qui appartiennent à l'urine des adultes, sont probablement les mêmes chez les enfants. Chez un seul de nos malades atteint de tubercules rénaux, volumineux, mais non ramollis, les urines étaient troubles et contenaient une certaine quantité de sang.
Anasarque. — M. Rayer n'a pas signalé l'anasarque au nombre des symptômes de la tuberculisation rénale ; cependant, à en juger par deux de nos observations, cet accident pourrait en être la conséquence. Voici le résumé de ces deux faits :
Dans le premier, il s'agit d'un garçon de huit ans, dont la phthisie débuta par une pleurésie gauche légère. Deux mois après le début des premiers symptômes, il survint de la bouffissure qui commença par la face, s'étendit ensuite progressivement et devint générale. La maladie persista pendant quatre mois; puis elle disparut, et se reproduis!!, vingt jours plus tard, aux paupières seulement : la maladie dura en tout huit mois et demi. Dans les derniers temps, les urines contenaient du sang.
Dans l'autre observation, il s'agit d'un garçon de treize ans, qui, depuis deux années, était sujet à une anasarque générale, qui paraissait et disparaissait à intervalles irréguliers. Lorsqu'il entra à l'hôpital, il était malade d'une manière aiguë' depuis six jours. La maladie avait débuté par des vomissements de matières noirâtres, liquides et amères. Le troisième jour, il rendit des urines sanglantes; le cinquième, les vomissements se répétèrent; il survint de la toux et une expectoration de crachats noirs ; il y eut des douleurs au niveau du sternum et du dévotement. Le huitième jour, la face s'infiltra ; les toux*
858 ABDOHIH.
suivants l'infiltration s'étendit aux extrémités; on dévotement aboadut et fétide s'établit ; le pouls était petit et faible. La mort survint oue jours aprti le début des accidents aigus: nous trouvâmes pour expliquer ranaaarqm Saurmilieu te des deux premières années une lésion chronique des reins (ijoa tuberculeux^ et pour rendre compte de l'anasarque aiguë et des urines sangânoientes des derniers jours, une lésion récente (inflammation du reia drait avec phlébite de la veine rénale).
Sauf les cas que nous venons de citer, la tuberculisation rénale est restée à l'état latent ; mais nous devons ajouter qu'elle n'a constitué qu'un épi phénomène de la tuberculisation générale, et qu'elle n'a exercé qu'une médiocre influence sur la marche et la terminaison de la maladie.
Les causes occasionnelles de la tuberculisation rénale nous ont complètement échappé. Cette maladie est peut-être un peu plus fréquente chez les garçons que chez les filles et chez les jeunes enfants que cher les plus âgés (1).
Art. m. — Historique.
Fleisch (2) est de tous les médecins qui ont étudié les maladies de l'enfance, le seul qui, à notre connaissance, ait parlé des tubercules des reins. Du moins il est probable que la description qu'il donne, d'après Kortum, des scrofules <\ez reins (Scrofeln der Nieren), t pottr objet les tubercules de ces organes. Les symptômes qui révèlent l'existence de cette maladie sont, d'après lui, des douleurs sourdes tantôt dans l'un des reins, tantôt dans l'autre. Lorsque la maladie s'accroît, elles augmentent d'acuité, il se forme des ulcérations, et l'urine est rendue mélangée de sang et de pus. Souvent il survient des convulsions, et les malades meurent rapidement, ou bien il te développe une fièvre hectique accompagnée de douleurs continues, une rétention d'urine périodique, et la plupart des accidents graves qui l'accompagnent.
M. Rayer (3), dans son excellent ouvrage sur les maladies des reins, a réuni la plupart des observations publiées sur les tubercules rénaux ; plusieurs ont été recueillies chez des enfants. Ainsi, Horgagui rapporte l'observation d'un scrofuleux, âgé de quinze ans, chez lequel il trouva le rein pénétré de matière tuberculeuse. Howsbip ïi cité l'observation d'un garçon scrofuleux atteint de tubercules ré-
(1) La division parâiçe et par sexe des quarante-neuf eufaots qui nous oal présenté des tubercules rénaux donne les résultats suivants :
De 1 à 2 ans 1/2. 9
De 3 à 5 ans 1/2 15
(2) Loc. cit., t. III, p. 2A0.
(3) Traité dç$ maladies ta rtfe&, V. WY, v m
Garçons. 6 I ^ fi . |0 f/2 q \ Garçons 1!
Filles.... 3 ** 6 à 10 ans f'2' 19 i Filles.... î
Garçons 9 - .. à ., fi f Garçons. 3
Filles. ..al1*"'15 aD* 6 I Filles.... I
TLBIECUL1SATI0N DE LA RATB. 859
liaux. 11 dislingue l'inflammation simple de l'inflammation scrofuleuse par le siège de la douleur, qui, dam le premier cas, occupe la région rénale et dans le second le col de la vessie. M. Rayer combat avec raison celle assertion ; H. Maréchal a rapporlé le fait d'une jeune fille, âgée de quatorze ans, à l'autopsie de laquelle il trouva des tubercules dans les reins. Nous rappellerons aussi les observations publiées par MM. Ammon et PasqueL Enfin, M. Rayer lui-même a reproduit deux observations qui lui ont été communiquées parMM.Jacquart et Vernois. Dans Tune, il n'est fait mention que de l'anatomie pathologique; dans l'autre, recueillie par M. Vernois, l'affection rénale n'a pas été diagnostiquée.