‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 65 sur 95 · III. Va · texte numérisé non relu

III. Va

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sur les arguments suivants : r l'histoire naturelle démontre que m helminthes ne sont pas pourvus d'une tète qui puisse agir à la manière d'une vrille ou d'un suçoir, et soit susceptible d'acquérir assri de force, en s'érigeant, pour traverser les tuniques intestinales, comme le pensait Brera ; 2" en outre, dans tous les cas où l'on a va des vers intestinaux, soit dans la cavité du péritoine, soit dans h vessie, soit enfin a l'ouverture d'un abcès, ils s'étaient échappés da canal intestinal au travers d'une perforation préexistante. M. Craveilhier a critiqué fort justement plusieurs des anciennes observttions contenues dans les annales de la science, et celtes plus récent» publiées par M Lepelletier (1). Il s'agit, en effet, dans les deux faite mentionnés par cet auteur, de perforation ulcéreuse de l'œsophage, dont l'une communiquait avec le poumon par l'intermédiaire d'os ganglion bronchique tuberculeux, et dont l'autre est un exemple de rupture spontanée de l'œsophage. Des lombrics s'étaient insinués dans le poumon au travers de ces orifices accidentels ; mais il est de toute évidence qu'ils n'avaient pas occasionné la perforation.

M. Mondière, tout en admettant qu'un grand nombre de faits militent en faveur de l'opinion que nous venons d'exposer, et toutes convenant qu'un étranglement intestinal , une hernie suivie de gangrène, une ouverture accidentelle des parois abdominales, peuvent livrer passage à des vers lombrics, sans que pour cela ces entozoaires aient rompu les enveloppes du tube digestif, a cependml rassemblé plusieurs observations qui ne lui paraissent pas pouvoir être ainsi interprétées. Ce médecin admet, avec Lieutaud, Lassus, les docteurs Noverre, Chailly et Sédillot, la possibilité de la perforation des parois intestinales par les ascarides. Il ne croit pas, avec quelquesuns des auteurs que nous venons de citer, que ces entoxoaires rongent les tuniques de l'intestin au moyen des trois tubercules que présente leur extrémité antérieure ; mais, appuyé sur l'imposante autorité de M. de Blainville, il pense que la tête du lombric, pointue, et jusqu'à un certain point susceptible d'érection, suffit non pas pour détraire et perforer largement et de part en part les parois de l'intestin, mais pour écarter lentement et progressivement les fibres des différentes tuniques. Après avoir livré passage à l'entozoaire, elles reviennentsor elles-mêmes et rétablissent la continuité du canal.

M. Mondière a appuyé son opinion sur les faits pathologiques suivants; il a recueilli lui-même et rassemblé dans les auteurs plusieurs observations dans lesquelles des vers intestinaux s'étaient pratiqué une issue à l'extérieur au travers d'un abcès. La tumeur fluctuante avait été ouverte au moyen de l'instrument tranchant, et l'on avait vu sortir par l'ouverture de l'abcès un ver lombric sur lequel il avait fallu exercer d'assez fortes tractions pour l'attirer au dehors. Le pas

(1) Journ. h$bd.y 1831, U IV, p. 367.

ÀftfARÎDKS I ÔMBBICOÏDKS. 867

fourni par les abrès était jaunâtre, trouble, ne contenait pan de matièret fécnlei, ni n'exhalait nullement l'odeur propre aux abcès stercoraux ; tant que la suppuration a persisté, la nature du pus ne s'est pas modifiée, puis l'abcès a fini par se cicatriser, et les enfants ont par* faitemeut guéri. * Comment, dit M. Mondière, ne pas admettre pour expliquer ce phénomène que le ver étant sorti du canal intestinal, les fibres momentanément écartées sont revenues sur elles-mêmes et ont empêché l'épanchement des matières stercorales? » On pourrait ajouter qu'il est possible que le ver, après avoir perforé la membrane muqueuse, ait rampé entre les deux tuniques et ait fini par traverser la lame péritonéale dans un point fort éloigné de celui où il avait entamé la membrane muqueuse. Cet le explication rendrait parfaitement compte de l'absence d'un épanche ment stercoral et d'une péritonite par perforation.

M. Charcelay a confirmé par l'observation directe l'explication donnée par M. Mondière ; il a vu (1 ) chez un enfant de neuf ans qui succomba à une hémorrhagie, résultat de la perforation d'une artériole produite par un lombric, une petite ulcération de deux lignes d'étendue au niveau de laquelle la membrane muqueuse et le tissu sous-jacent paraissaient avoir été détruits par écartement. Dans cet espace étroit et comme érodé, M. Charcelay aperçut une petite artériole blanche, d'un tissu résistant : « elle était complètement divisée en travers, et son orifice était béant. »

Nous sommes portés à nous ranger à l'opinion des auteurs qui admettent la possibilité de la perforation des parois intestinales saines par les vers lombrics; mais nous reconnaissons en môme temps que, dans la grande majorité des cas où Ton retrouve des ascarides dans la cavité péritonéale, ou dans les abcès, les entozoaires s'y sont introduits en traversant des ulcérations préexistantes de l'intestin. Et môtpe, sans admettre la préexistence d'une ulcération, ou peut croire aussi que les helminthes pelotonnés emprisonnent une certaine quantité du mucus altéré, qui, agissant à la manière d'un poison, détermine l'inflammutionou le ramollissement de la membrane muqueuse, ou même des trois tuniques (2).

Art» XX.— Symptfcnftt.

Les auteurs ont énuméré une foule de symptômes au moyen desquels on peut reconnaître l'existence des vers dans le tube digestif, Notre expérience personnelle est loin de confirmer las résultats de nos devanciers. D'après la manière dont nos observations ont été recueillies, elles peuvent nous servir à résoudre la question, car

(1) Loc. cit., p. 4.

(2) Voyez l*obttrvâtioQ citée dans Gai. mtf.

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