‹ Traité clinique et pratique des maladies des enfants v. 3Chapitre 66 sur 95 · MT0Œ0A1R1S · texte numérisé non relu

MT0Œ0A1R1S

nous avons toujours noté tous les symptômes que nous présentaient nos jeunes malades, quelque légers qu'ils fussent, sans nous préoccuper de la nature de la maladie dont ils étaient atteints. L'état do faciès, de l'habitue extérieure, les troubles fonctionnels do Systems nerveux, circulatoire et digestif, ont été mentionnés dans tous leuri détails, à propos de chaque fait particulier. En étudiant chacune d« observations dans lesquelles on a fait mention de l'existence des vers, il nous a été impossible de reconnaître aucun symptôme local ou général qui ait pu nous mettre sur la voie du diagnostic de la maladie vermineuse, en sorte que nous partageons en définitive l'opinion de Bremser, qui dit que le seul signe certain de l'existence des lombrics est leur rejet à l'extérieur. Nous verrons tout à l'heure s'il est plus facile de rapporter à leur véritable cause les accidents que produisent les vers.

Indépendamment des descriptions générales, nous avons parcouru un grand nombre d'observations particulières publiées dans les recueils périodiques ou dans les monographies originales, et nous avons cherché en vain à constater dans chacun de ces faits ce faciès caractéristique, cette toux spéciale, ces symptômes abdominaux si tranchés, qui sont longuement énumérés dans l'exposé symptomatique de la maladie vermineuse. L'examen des faits qui nous appartiennent, contrôlé par celui des observations publiées par les auteurs, nous a conduits à la même conclusion, savoir, qu'il n'y a aucun autre symptôme pnthognomonique de la présence des vers que le rejet de ces animaux à l'extérieur. Cependant, comme nous n'avons pas pour habitude de nier les faits que nous n'avons pu constater nous-mêmes, nous allons présenter le tableau des symptômes dits vermineux, tels qu'on le trouve tracé dans les traités sur les entozoaires.

Le faciès est, dit-on, caractéristique (1) : le visage est tantôt rouge, tantôt pâle, tantôt plombé; un demi-cercle azuré circonscrit la paupière inférieure ; les yeux perdent leur vivacité ordinaire, se Oient sans se mouvoir vers les objets voisins ; ils sont tristes et abattus ; les paupières inférieures se gonflent ; d'autres fois elles deviennent jaunâtres, et la même teinte se répand dans le blanc de l'œil ; les narines sont tuméfiées, la lèvre supérieure est pâle et comme œdémateuse; les enfants se plaignent de vives démangeaisons dans le nez, ils le frottent constamment avec les doigts ; il y a des hémorrhagies uasales.

En outre, la soif est augmentée; l'on observe des rapports, des nausées, des envies de vomir, des vomissements; l'appétit est tantft nul, tantôt développé au point que le malade est obligé de se nourrir plus que d'ordinaire. D'après M. Romans (2), la langue offrirait un

(1) Brera, p. 162.

(2) Ann. de fa Soc. demtfd.prctf. de Montpellier, lêlO, t. XXII, p. 110.

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caractère pathognomonique qui consiste dans de petits points tuberculeux rouges saillants, isolés ; on les voit principalement sur les bords de l'organe. L'haleine est acide ou fade, la salive afflue en abondance dans la bouche.

L'abdomen est tantôt tuméfié, tantôt aplati. Les matières fécales, liquides ou solides, sont quelquefois glaireuses mêlées de sang, et de couleur d'un vert jaunâtre (1).

Les enfants, dit-on, se plaignent de coliques, au niveau de l'ombilic principalement; ces douleurs sont pongitives, déchirantes. (Dans l'observation de H. Bretonneau, le malade se plaignait qu'une béte le dévorait intérieurement.) Les auteurs ont aussi mentionné la constriction du pharynx, une sensation de reptation dans l'œsophage et dans l'intestin, etc.

Les caractères du pouls seraient, d'après quelques médecins, pathognomon iques de la présence des vers intestinaux. Ces caractères consisteraient dans l'accélération et l'irrégularité du pouls. Chez un garçon de trois ans, nous avons noté le ralentissement et l'irrégularité du pouls précisément à l'époque où il rendit un assez grand nombre de vers intestinaux. Le pouls redevint ensuite naturel.

On a prétendu aussi que l'excitation produite par les lombrics occasionnait des défaillances, des palpitations. Nous n'avons jamais rien observé de semblable.

D'après quelques médecins, il surviendrait de la toux dans les cas où les vers se sont insinués dans l'œsophage ; à la suite de cette toux, les lombrics seraient rejetés à l'extérieur par le vomissement.

Nous étudierons tout à l'heure les accidents qui résultent de la présence des vers intestinaux, et nous verrons que l'on a fait jouer un grand rôle aux troubles du système nerveux. Nous devons nous borner à dire ici que la dilatation des pupilles, et surtout l'inégalité de cette dilatation est, d'après Monro, un signe des plus positifs de la présence des vers intestinaux. On a joint à ce symptôme le strabisme, la tendance à la somnolence, des douleurs vagues, principalement an niveau des articulations, de l'agitation et des grincements de dents pendant le sommeil, de la céphalalgie, etc. L'enfant dont nous avons parlé et qui nous a offert une remarquable intermittence du pouls, eut en même temps une dilatation considérable des pupilles, et une tendance très marquée à l'assoupissement à l'époque où il rendit des vers.

On a attaché une grande importance aux caractères des urines; ainsi on a dit qu'elles étaient crues et ternes (2). Nous n'avons rien observé de pareil.

(I) Guerftint, Dict. de médty t. XXI, p. 245. (S)Brera, p. 164.

870 INTOTQAIIIS.

Art. IH. — AfttMefltè produite par Im ftMridt*,

S'il est difficile d'estimer la valeur de la plupart des sympMmés que nous venons d'énumérer, il est incontestable que les vers intestinaux produisent de sérieux accidents.

Ou peut les diviser en deux catégories* suivant qu'ils sont le rèmU tat de l'action mécanique exercée par les lombrics sur les parties avec lesquelles ils sont eu contact; ou bien suivant qu'ils sont sympathiques de la présence des entozoaires. L'existence des premiers accidents est incontestable; celle «les seconds est sujette à discussiouet entourée, à quelques égards, d'autant d'incertitude que la symptomatologie dont nous venons de présentée le tableau.

Nous diviserons les accidents mécaniques produits par les vers eo deux groupes : tantôt ils dépendent de Tact ion de ces eutatoaim sur le tube digebtif. tantôt, au contraire, ils résultent du déplacement des vers et de leur émigration dans un lieu plus ou moins éloigné de celui où ils ont pris naissance.

À. Accidents résultant de l'action mécanique exercée par le$ vers intestinaux sur la membrane muqueuse gastro intestinale (perforation, abcès, hémorrhagie, entérite). — a. Perforation. Nous avons va, dans l'article d'anatomie pathologique, que les vers pouvaient s'échapper de la cavité intestinale, soit en perçant les tuniques, soit ea se taisant jour au travers dune perforation préexistante. Si l'intestin est flottant dans Im cavité du ventre, la chute de l'entozoaire déterminera très probablement une péritonite. Nous disons très probablement, parce que nous ne connaissons pas d'observation dans laquelle l'influence de celte cause ait été démontrée d'une manière positive. Dans un t'ait consigné dans le journal d'Hufeland, il s'agit d'une jeune fille hydropique chez laquelle on trouva, il est vrai, uu certain nombre de vers intestinaux dans la cavitédu ventre, et d'autres engagés dans des perforations. Hais» d'après H. Mondîère, ta perforatioa aurait été dans ce cas pioduite après la mort. M. David (1) a vu aussi des perforations intestinales par des vers; comme preuve de l'innocuité de la perforation de l'intestin dans les cas de cette nature, il cite l'exemple d'une jeune fille de cinq ans qui avait avalé une aiguille. 11 eu résulta un abcès qui fut ouvert ; l'enfant guérit.

Le fait suivant est rapporté avec trop peu de détail pour être pris en sérieuse considération.

Perforation de l'estomac par un ver. — Une petite fille de huit ans, aprti une indisposition légère, est prise de vomissements et rend une grande quantité de liquide noirâtre. Mort en trente-2»ix heures. — A l'autopsie, perforatioa de

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l'estomac sur la face antérieure de cet organe. A 2 pouces du pylore, on trouva un ascaride dans l'épipJoon (1).

b. Abcès vermincux. — Lorsque le ver se fraye un passage à travers les muscles abdominaux, il en résulte nécessairement un accès. Les recueils périodiques de médecine renferment un grand nombre de faits de cette espèce. M. Mondière, qui les a analysés et en a rapproché quelques autres qui lui appartiennent, est arrivé aux résultats suivants (2): 1° Ces abcès peuvent également se montrer dans tous les points de la circonférence de l'abdomen ; cependant on les observe plus souvent au niveau de l'ombilic ou dans les environs du canal inguinal ; 2° les symptômes auxquels donne lieu ce passage des vers au travers des tissus sont une sensation douloureuse de ponction dans un point fixe de l'abdomen, suivie, au bout d'un temps plus ou moins long, de la formation au dehors d'une tumeur d'abord peu volumineuse et sans changement de couleur à la peau. Elle s'accroît plus ou moins lentement, devient le siège d'un picotement particulier, se ramollit et s'abcède enfin pour donner issue à du pus bien élaboré et à un ou plusieurs vers, le plus ordinairement vivants.

Les abcès peuvent se présenter sous une autre forme, suivre une marche différente et donner issue à des produits d'une autre nature. Ainsi, d'après M. Mondière, des vers agglomérés, en nombre plus ou moins grand séjournent dans un point limité de l'intestin, le dilatent, l'enflamment, lui font contracter des adhérences avec les parois abdominales; l'inflammation s'y propage et se termine par la formation d'un abcès qui s'ouvre au dehors au bout d'un temps plus ou moins long, et donne issue à du pus d'abord, puis à des vers plus ou moins nombreux, puis aussi à des matières fécales. Nous voyons dans une observation consignée dans le Bulletin de Ferussac (1831, t XXV, p. 340) un enfant rendre 96 vers au travers d'une fistule ouverte à l'ombilic ; c'est de toutes les observations que nous avons consultées relie où les ascarides rendus par cette voie ont été les plus nombreux. Les tumeurs se forment principalement au niveau des régions inguinales et ombilicales. El les sont précédées d'une douleur plus ou moins vive dans le point des intestins correspondant à celui des parois abdominales où elles se montrent. Elles se terminent toujours par suppuration, et dégénèrent en vraies fistules intestinales, qui ne guérissent qu'après la sortie complète des vers.

Les abcès vermineux peuvent se montrer à toutes les périodes de l'enfance. M. Chailly en a rapporté un exemple chez un enfant de deux ans. Cependant la plupart des malades dont nous avons compulsé les observations étaient âgés de sept à quatorze ans. Les garçons étaient plus nombreux que les filles.

(1) British and foreign med. Review, avril 1842. (Arch.t 1842, t. XV, p. 353.)

(2) Expérience, 1838, p. 71 Ct 77.

872 tNTOZOAIftlS.

Les abcès vermine» ne doivent pas être considérés comme des accidents graves. L'expérience est là pour montrer que la guérisona lieu dans la très grande majorité des cas, alors même que la fistule donne passage à des matières stercorales. Nous citerons en particulier une observation extraite d'un journal italien (1). Il s'agit d'an enfant de quatorze ans, atteint d'une affection abdominale chronique, accompagnée d'un amaigrissement considérable, et chez lequel on abcès, ouvert à l'ombilic, donna passage à plusieurs vers lombrics et à des matières stercorales. Après l'évacuation desentozoaires, la suppuration diminua; peu après, les fonctions digestives s'améliorèrent, l'embonpoint revint, et l'enfaut ne tarda pas à guérir. On comprend cependant que le pronostic devrait être modifié dans les cas où la maladie qui a donné naissance à l'inflammation adhésive de Tintestin est elle-même grave (péritonite tuberculeuse, etc.)* Dans ces cas, l'abcès vermineux n'est qu'un épi phénomène d'une maladie déjà fâcheuse par elle-même. Le traitement des abcès vermineux ne différant pas sensiblement de celui des autres abcès de l'abdomen, nous renvoyons le lecteur aux traités de chirurgie.

c. Hèmorrhagie intestinale. — D'après M. Charcelay, les vers pourraient, en perforant l'intestin, rompre une petite nrtériole, et donner ainsi naissance à une hèmorrhagie intestinale mortelle. Nous avons déjà cité (voy. anatomie pathologique, page 867) un extrait de l'observation recueillie par ce médecin distingué. Voici l'autre partie, qui offre un haut degré d'intérêt.

« Un garçon âgé de sept ans, d'une constitution peu robuste, mais jouissant d'une bonne santé, est pris de dé voiement accompagné de violentes coliques; les selles sont fréquentes et douloureuses, la fièvre modérée, la langue humide, blanche au milieu, rouge à la pointe et sur les bords.

» Le lendemain, même état général; les matières rendues sont peu attendantes, et en grande partie formées par des mucosités rouge* 1res, comme fibri* neuses. Selles très fréquentes et peu abondantes.

» Le troisième et le quatrième jour, même état à peu près. I/enfant rend n lombric. Le visage est pâle, contracté, souffrant.

» Le cinquième jour, le malade est agité, s'inquiète, et pousse sourent des cris ; depuis la veille, il ne répond aux questions qu'on lui adresse que par des plaintes ; il est pelotonné sur lui-même, les jambes fléchies sur les cuisses, et celles-ci sur l'abdomen, qui est un peu plus volumineux que les Jours précédents et parait douloureux à la pression. Pâleur du visage ; pouls petit et fréquent; peau d'une chaleur ordinaire; pupilles dilatées, regard fixe. Les laitières sont rendues presque involontairement parfois, soit dans le lit, soit à côté du vase de nuit; elles sont fortement ensanglantées depuis hier soir ;k sang est noirâtre, et il teint de la même couleur les autres matières rendues avec lui; un ver lombric non vivant a encore été expulsé; les lèvre» sont blanches. Outre Phémorrhagie intestinale abondante, causée sans doute par ks ulcérations dysentériques, ou peut-être par simple exhalation de la muqueuse

(!)irc*JMf,t.l,p. 4*4.

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du gros intestin, hémorrhagie à laquelle le malade doit l'affaiblissement de ses forces, on pense qu'un léger narcotisme pourrait bien contribuer a produire le délire qui existe.

» Dans la journée, et surtout vers le soir, cet enfant rend par le rectum une grande quantité de sang pur, noir ; il s'agite beaucoup, pousse des cris plaintifs, et succombe enfin à dix heures du soir.

» Quelques heures avant la mort, il y avait eu du hoquet avec vomissement de matières noires, sanglantes et fétides. »

d. Étranglement intestinal. — Il n'est pas irrationnel de supposer que l'accumulation d'un grand nombre de vers intestinaux dans une portion du tube digestif puisse produire un arrêt dans le cours des matières fécales et donner naissance aux symptômes de l'iléus. Cependant, en remarquant, d'une part, que l'intestin est très extensible ; d'autre part, que les vers pelotonnés sont, en général, enduits de mucus et forment une masse lisse et facile à déplacer, nous pensons que l'étranglement vermineux doit être un accident fort rare. Wedekind, qui a publié une dissertation sur les étranglements des hernies occasionnés par les vers, s'exprime ainsi : « Les vers, en s' accumulant dans le canal digestif, peuvent donner lieu au miserere ou bien au vomissement de matières stercorales (1). » Il admet même une double cause d'étranglement, tantôt une contraction spasmodique de l'intestin déterminée par l'irritation produite par les vers sur la muqueuse, tantôt un arrêt dans le cours des matières par obstacle mécanique proprement dit. Nous n'avons pas trouvé, dans les observations que nous avons parcourues, d'exemple incontestable de cet accident.

e. Inflammation de l'intestin. — L'accumulation des vers dans l'intestin peut, comme nous l'avons vu, produire l'inflammation de la membrane muqueuse ; mais cette phlegmasie est, en générai, légère. Dans l'observation publiée par M. Bretonneau, où l'inflammation était assez intense, l'enfant se plaignit d'une sensation d'étranglement, qui lui faisait porter la main au-devant du cou ; le soir, il eut quelques mouvements convulsifs et vomit. Dans la nuit, il poussa des cris perçants, et mourut en disant qu'une bête le dévorait intérieurement.

Il est difficile de distinguer les entéro -colites produites par les vers de celte qui sont spontanées ; car, dans les cas mêmes où l'on trouverait dans les selles un certain nombre d'ascarides, on ne pourrait guère décider si ces entozoaires sont la cause de la maladie, ou bien, au contraire, s'il n'y a pas une simple coïncidence : nous ne voyons pas, d'ailleurs, qu'il y ait une utilité pratique réelle à trancher la question.

B. Accidents produits par le déplacement des vers intestinaux, et par

(1) Compendéum dû médecine, t. I, p. 337.

S76 IKTOTOAIMS.

leur introduction dons les cavités ou les organes en rapport médiat m immédiat avec le tube digestif. — a. Lombrics dans le foie. — L'introduction des vers intestinaux jusque dans l'intérieur du foie parle canal cholédoque donne-t-elle lieu, à des symptômes particuliers? Guersant (f) a observé, dans un cas de cette nature, quelques coliques bientôt suivies de convulsious, et il a attribué la production des convulsions à l'introduction brusque et instantanée des ento» zoaires dans les voies biliaires. H. Cruveilhier a révoqué en doute cette explication : ce médecin pense que le canal cholédoque qui, comme tous les orifices muqueux, est pourvu d'une vitalité remarquable, ne peut permettre, pendant la vie, l'introduction desi rides; il croit donc que ces animaux y ont pénétré après lai Tout en reconnaissant que les convulsions peuvent être indépendantes des vers, nous ne saurions cependant partager l'opinion de M. Cruveilhier sur l'impossibilité de leur introduction dans lescanaax biliaires pendant la vie. Le fait suivant, que noua empruntons à H. Tonnelé, nous semble mettre hors de doute la possibilité de cet accident.

Il s'agit dans ce cas d'uu jeune garçon quî, deux mots avant son entrée \ l'hôpital, fut pris de vomissements et de diarrhée, bientôt suivis d'amalgrtement. On nota les symptômes suivants : le ventre était tendu, volaminets, sensible a la plus légère pression, surtout dans la région do foie. Ciiaqne jtar, l'enfant rendait quatre ou cinq selles liquides; les vomissements étaient rara, la langue rouge et sèche, le pouls fréquent ; les traits étaient étirés; le faàa exprimait la souffrance et l'abattement ; plus tard, l'enfant fut pris de rougeole, puis de croup, puis de pneumonie qui entraîna la mort. A l'autopsie, indépendamment de différentes lésions que présentèrent le cervrau, le larynx et les poumons, on trouva dans l'intestin grêle, trente vers lombrics rassemblés ei plusieurs petites masses. La membrane mnquense était fortement injectée daas les divers points où ils séjournaient : le fôle avait conservé à l'extérieur «s aspect naturel ; mais dans son intérieur existaient trois foyers, communiqua* les uns avec les autres, deux plus petits et pleins d'un pus brun bien consistait, l'autre beaucoup plus étendu et rempli partie par du pus, partie par un fm ver lombric roulé sur lui-même (2). »

On ne trouva, dit M. Tonnelé, aucune communication entre ces cavités et les vaisseaux biliaires ; il est donc probable que les vers avaient été apportés en germes dans le parenchyme du foie, où ils s'étaient développés, et avaient donné naissance à un travail inflammatoire; maison comprend très bien que l'en tozoaire se soit introdoit par un des canaux biliaires, bien qu'on n'ait pas retrouvé l'orifice de celui qui lui avait donné passage.

b. Lombrics dans le canal nasal, les sinus frontaux et l'oreille. — Nous ne faisons que mentionner ici la possibilité de ces accidents, nous

(1) Loc. cit., p. 244.

(2) Jottrn, heW., m$, v* *»fo *\vnn,

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avons dit ailleurs que nous n'en connaissions pas d'exemples chez les enfants.

o. Lombrics dans les voies aériennes, — Nous ne voulons pas parler ici des cas dans lesquels on a retrouvé des vers intestinaux qui s'étaient introduits dans le poumon au travers d'un orifice fistuleux de l'œsophage, mais de ceux où ces eutoznaires, après avoir émigré du tube digestif, avaient gagné l'orifice supérieur du larynx et s'étaient introduits dans sa cavité, et de là dans la trachée ou dans les bronches. Haller (1), le premier, dit avoir trouvé dans la trachée ou dans les bronches d'une jeune fiile de dix ans des vers intestinaux qui avaient évidemment occasionné la mort par suffocation. Le docteur Arronssolu! (2) recueillit en 1822 un fait anologue, et déposa la pièce anatomique au musée de la Faculté. Blandtn rapporte dans son Anatomie topographique que, étant interne à l'hôpital des Enfants, il recueillit l'observation d'un enfant qui fut étouffé par un énorme ver lombric ; l'ascaride s'était insinué dans la trachée et dans la bronche droite. M. Tonnelé (3) a rapporte l'observation détaillée d'un enfant de neuf ans qui fut pris subitement d'une oppression excessive, de cris aigus, de douleur à la partie supérieure delà poitrine, et chez lequel une exploration attentive ne donna que des signes négatifs. Au bout de douze à quinze heures, il mourut asphyxié. A l'autopsie, on retrouva un lombric engagé dans le larynx, dont il bouchait la cavité. Il y avait d'autres vers dans l'intestin grêle ; les autres organes n'offraient pas d'altération.

D'après une autre observation de H. Tonnelé, on pourrait croire que, dans certains cas, les vers intestinaux peuvent comprimer mé-

i diatement les voies aériennes et produire des accidents de suffocation.

i II s'agit d'une jeune fille de dix ans qui fut prise d'oppression, d'angoisse, de menace d'asphyxie, et chez laquelle l'expulsion d'une grande quantité de vers lombrics fit disparaître tous les accidents. D'après H. Tonnelé, la suffocation dépendait, dans ce cas, de la compression exercée sur la trachée par l'intermédiaire de l'œsophage.

H. Arronssohn a rapproché de ces faits quelques autres qu'il avait recueillis lui-môme. Il a tiré de leur analyse les conclusions sui-

i vantes (A), que nous modifierons un peu en ajoutant à ses observations celle de M. Tonnelé, dont il ne paraît pas avoir eu connais-

i sance.

i 1° Les vers qui pénètrent dans les voies aériennes peuvent s'intro-

l duire dans le larynx, dont ils oblitèrent la cavité ; ils peuvent aussi

(I) Opuscula pathologiœ, in-8. Lausanne, 1768, obs. X. ' (2) Mémoire sur l'introduction des vert dans les voies aériennes. (Archiv., 1836, I u'aérie, t X, p. 44.)

(S) Journal hebdomadaire, l. IV, p. 289, 1829,

(♦) Loc. cit., p. 52.

376 BNT0Z0A1RBS.

franchir les lèvres de la glotte et pénétrer dans la tracbée et dans la bronches

2° Dans le premier cas il y a des accès violents de toux avec imminence de suffocation, accompagnée d'anxiété, de cris aigus, dedoaleur au niveau du larynx ou à la partie supérieure de la poitrine. Lei malades portent la main au cou, comme pour arracher l'obstacle qoi s'oppose à l'introduction de l'air. Si le ver n'est pas expulsé par une violente quinte de toux, l'asphyxie fait d'incessants progrès; il survient quelquefois des mouvements convulsifs, et la mort arrive m bout d'un temps très court L'enfant dont M. Tonnelé a rapporté l'histoire mourut en quinze heures. Lorsque le ver est rejeté à l'extérieur, tous les accidents cessent. H. Arronssohn a publié le fait suivant :

» Une jeune fille de huit ans, jouissant de la meilleure santé, fat prise toatl coup et sans cause connue d'une toux qui, en peu d'instants, détint très forte et continua d'augmenter, en s'accompagoant de suffocation, malgré tat a qu'on put faire pour la calmer. Cet état d'angoisse durait depuis deux heora, et déjà des convulsions commençaient à s'y joindre, lorsqu'à la suite de graaà efforts la petite malade rendit un strongle vivant. Aussitôt la toux cessa empiétement. »

L'un de nous a vu à Genève un cas entièrement semblable à celui-ci

Lorsque le ver a franchi l'orifice laryngé, il a pénétré dans la trachée ou dans les bronches ; la toux est moins intense ; il y a plutôt de la dyspnée et de l'orthopnée par accès, avec grande agitation, vomissements, incontinence d'urine, et la mort est précédée de convulsions.

Le diagnostic d'un semblable accident est fort difficile. On peoi confondre les symptômes de suffocation produits par l'introductioa d'un ver dans les voies aériennes avec les accidents déterminés par la présence des corps étrangers venus du dehors. L'oedème delà glotte, le croup, et surtout la laryngite spasmodique, produisent aussi des symptômes analogues.

Pour éclaircir le diagnostic, on devra s'informer tont d'abord auprès des personnes qui donnent des soins à l'enfant : 1° s'il était parfaitement bien portant lors du début de l'accès de suffocation. S la réponse est affirmative, elle éloignera l'idée de l'œdème de la glotte, qui, chez l'enfant, est presque toujours consécutif à une autre maladie, et celle du croup pseudo-membraneux, qui s'accompagnede symptômes généraux précurseurs. L'heure à laquelle l'accident est survenu, l'âge de l'enfant, et les renseignements que l'on obtiendra sur la cause probable de l'accès, seront d'une grande utilité; ainsi, si l'accès de suffocation est survenu dans la journée, et chez un enfant de huit ans (comme le fait a eu lieu chez la plupart des enfants dont nous avons parcouru \e& o\Km*\tarc&V <*& courra être presque cer-

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tain qu'il ne s'agit pas d'une laryngite spasmodique ; si, d'un autre côté, l'on s'assure par les commémora tifs qu'il n'y a aucune introduction de corps étrangers venus de l'extérieur, et que l'enfant est sujet à rendre des vers ; que depuis peu on lui a administré des anlhelmintbiques, des évacuants ou des vomitifs, on pourra fortement soupçonner la cause de l'accident.

Il faudra joindre à cet ordre de preuves positives ou négatives l'examen attentif de l'arrière-gorge, et, en portant un doigt sur l'orifice supérieur du larynx, s'assurer s'il n'existe pas une tuméfaction des replis aryténo-épiglottiques, ou même si l'on ne peut pas sentir le corps de l'entozoaire.

Le diagnostic une fois établi, il faudra, comme le conseille M. Arronssohn, tâcher de retirer avec le doigt le ver engagé dans le larynx; Si l'on ne peut pas y parvenir, on administrera immédiatement un vomitif dont l'effet sera prompt (sulfate de cuivre, émétique, ou des sternutatoires énergiques. Si ces moyens ne produisent pas d'effet, si l'asphyxie fait d'incessants progrès, il ne faudra pas hésiter à pratiquer l'opération de la trachéotomie.

d. Lombrics sortant par Vurèthre. — On trouve dans London médical and chirurgical review, l'observation d'un garçon de sept ans qui, à plusieursreprises, rendit des vers par l'urèthre, et plus tard des urines purulentes. A une époque avancée de la maladie, il y eut rétention d'urine ; il arriva même que les urines furent quelquefois rendues par Fanus. — A l'autopsie on constata un calcul vésical dont le noyau était formé par une épingle. L'appendice vermiforme du cœcum adhérait à la vessie; une perforation faisait communiquer entre eux ces deux organes. (Arch. 1843, t. XV, p. 223.)

G. Accidents sympathiques. — Les accidents que nous venons de passer en revue sont évidemment produits par les vers intestinaux : le rapport de cause à effet est incontestable. H est loin d'en être de même des phénomènes que nous avons rangés sous le nom de sympathiques. A en croire certains auteurs, Mareschal de Rougères (1), Fortassin (2), Marteau de Granvilliers (3), etc., les vers seraient la cause de la plupart des maladies qui affligent l'humanité. Bremser (6) a déjà fait justice de pareilles assertions en critiquant un grand nombre d'observations publiées sur ces prétendues maladies vermineuses; il a reconnu avec raison que le plus souvent les vers étaient tout à fait innocents du rôle qu'on leur faisait jouer.

[X)Journ. méd.% chir.tpharm.t t. XXX, p. 44.

(S) Considérations sur l'histoire naturelle et médicale des vers du corps de V homme y 22 ventôse an xn.

(3) Sur quelques fièvres vermineuses singulières (Journ. de méd.t chir. et pharm., 1762, t. XVII, p. 24).

(4) Loc. cit., p. 464 et iniv.

8 78 ÈNToftniRfts.

a. Accidents nerveux. — Les affections nerveuses ou cérébral**, tl principalement celles qui ne s'accompagnent d'aucune altératk* matérielle de l'encéphale, sont, d'après quelques auteurs, fréquemment sympathiques de la présence des vers intestinaux. Ainsi, on lit dans presque tous les traités des maladies des enfants, que lesooa* vulsions, la chorée, l'épilepsie, différents accidents nerveux iirégir liers sont produits par les vers intestinaux. On comprend combien il ' est difficile d'apprécier cette influence; d'une part, parce que ces maladies existent dans un grand nombre de cas chez des enfants qii n'ont jamais rendu de vers; d'autre part, parce qu'il arrive fréquemment de voir de jeunes malades rendre un grand nombre (toc* entozoaires sans qu'on ait jamais constaté d'accidents contulrif*. épileptiformes ou choréiques.

Amaurose. — M. Hondière (1 ), s'appuyant de l'autorité de Samsoa, Béer, Weller et du docteur Pétrequin, admet l'existence d'ooe amaurose vermineuse ; il en cite plusieurs exemples empruntés à différents auteurs. Cette variété de I'amaurose offre ceci de caractéristique qu'elle disparaît en général promptemeut après l'expulsion do lombrics, et qu'elle est accompagnée de symptômes nerveux variés et fugaces.

Aphonie. — Le même auteur croit aussi à l'existence de l'aphonie entretenue par les vers ; mais il n'en cite pas d'exemple bien concluant chez des enfants. Le fait d'un sourd-muet guéri par les anthelminthiques demande confirmation (docteur Sch(eifer). Les exemples que rapporte M. Mondière d' hydrophobie, d'hystérie, à* palpitations devraient être plus nombreux pour qu'on pût juger de leur valeur.

Catalepsie. — Sous ce nom, le docteur Crommelinck a rapporté l'observation d'une jeune paysanne de sept ans qui tout à coup était frappée d'une perle complète de volition avec conservation de l'oûi et de la vue; désir de crier, mais impossibilité d'articuler. PeudapJ l'accès, énorme dilatation des pupilles, qui mit II. C sqr la voiedt la causedes accidents. En effet, sous l'influence des anthelminthiques, l'enfant rendit plus de cent vers et guérit rapidement.

Convulsions. — Nous avons vu des enfants périr de convulsions, et à l'autopsie nous avons quelquefois trouvé des vers dans le canal intestinal ; mais alors la maladie, dans le cours de laquelle l'attaque éclamptique était survenue (coqueluche), nous a paru avoir bien plus de part à la production des convulsions que les lombrics eux-mêmes. Il est des cas cependant où les entozoaires paraissent évidemment avoir été le point de départ de convulsions mortelles. Nous avons cité plus haut un fait rapporté par H. Guersant : qui pense qu'un accès

(1) Mémoire sur les accidents que peut produire chez l'homme la présence é* vers intestinaux . {Gaz.deshôp., 1848, p. 139.)

ASCARIDES LOMBRIGOÏDES. g79

d'éclarapsie a été produit par l'introduction dos vers dans le canal cholédoque, l'attaque ayant été précédée de coliques, résultat probable de l'introduction des entozoaires dans le conduit membraneux. Une observation de M. Gaultier de Glaubry (1) nous semble aussi prouver l'existence des convulsions vermineuses. Ce médecin observa chez une jeune fille de huit ans, qui offrait depuis plusieurs jours les signes de la présence des vers intestinaux, quatre violentes attaques d'éclarapsie qui disparurent à la suite de l'emploi de l'huile de ricin, qui fit évacuer un grand nombre de vers. L'enfant guérit

On doit aussi à M. Mondière (2) l'observation d'un garçon de huit ans qui fut radicalement guéri d'attaques d'éclampsie par l'emploi des vermifuges ; et à H. David (3) le fait intéressant d'une jeune fille de dix ans, qui était dans un état de coma avec rotdeur du tronc, tête renversée en arrière, dilatation considérable des pupilles, et chez laquelle tous ces symptômes étaient produits par des lombrics qui forent rendus par la bouche. L'enfant guérit rapidement

Le fait suivant, dans lequel la maladie eut une issue funeste, est encore plus concluant.

Il s'agit d'une Jeune fille de huit ans, assez faible, mais ayant toujours joui d'une bonne santé, qui éprouva tout à coup de violentes coliques accompagnées de vomissements, d'évacuations alvines sanglantes, de convulsions et d'une espèce de coma. Le ventre était tendu, volumineux, douloureux; le pouls dur, à peine sensible; puis 11 survint un violent accès convulsif qui ne cessa qu'avec la vie. La maladie dura en tout sept heures. A l'autopsie, on trouva treize ascarides dans l'estomac ei plusieurs centaines dans le canal intestinal, et surtout dans l'Inteiin grêle. Un grand nombre d'entre eux étaient encore liés en pelotons et environnés de mucosités épaisses (4).

L'âge des enfants, la rareté des convulsions idiopathiques dans la seconde période de l'enfance, les douleurs abdominales, les évacuations sanglantes, le ballonnement du ventre, la grande quantité de vers contenus dans le canal intestinal, nous semblent évidemment prouyer qu'il y a eu chez cette malade un rapport de cause a effet entre les vers intestinaux et les attaques convulsives. Le praticien devra se guider sur des considérations analogues à celles que nous venons de présenter pour faire la part d'influence des vers sur la productiou des accidents nerveux.

Chorée. — Marteau de Granvilliers a surtout insisté sur les chorées vermineuses ; mais les faits que lui ou d'auties ont apportés en faveur de leur opinion ne sont rien moins que concluants. Nous en excepte-

(I) Recueil périodique d$ la Société de médecine de Paris, faln 1818.

(2, Loc. cit., p. 269.

(3j Gaz. méd., 1843, p. 41.

(4) Archives, t. I, 1838, p 480.

880 INTOZOÀltBS.

rons ceux cités par H . Ifondière. Ce médecin rapporte les obserntions de deux jeunes filles choréiques do douze à quatorze ans, qui ont évidemment dû leur maladie à la présence des lombrics, etleor guérison à l'usage des anthelminthiques. L'un de ces faits est particulièrement remarquable en ce que la guérison paraît avoir été obtenu en dix jours.

Pseudo-méningite. — Quelques accidents cérébraux ir régulier* paraissent dans certains cas dépendre des vers, tandis que dans (f entres cas, des enfants ont évidemment succombée une véritable méningite (hydrocéphale aiguë), au développement de laquelle les vers étaient tout à fait étrangers.

Nous citerons parmi les faits de la première espèce les cas suivants:

Un garçon de douze ans se plaint de vires coliques dans l'hypochondre droit principalement ; il est pris de délire intense, puis il tombe dans le coma, et trois Jours après il meurt. A l'autopsie, on trouve l'intestin distendu par ui quantité de vers intestinaux (1).

Un autre garçon du même âge, et dont nous devons l'observa lion an i auteur, est pris de fièvre, d'agitation, de délire, de douleurs générales : on administre un vermifuge; l'enfant rend une énorme quantité de vers; tons les accidents cessent au bout de trois jours ; la guérison est complète.

Une observation à peu près semblable à été publiée par le docteur Viguier (Journal général des hôpitaux, deuxième année, p. 397 ; 28291

Il s'agit dans ce cas d'un garçon de dix ans qui fut pris tout à coup d'à pissement avec pâleur de la face, respiration lente, un peu gênée, pools petit, les pupilles étaient très dilatées et la sensibilité diminuée. A la suile de l'émétique, l'assoupissement fut moins marqué; on prescrivit deux lavements avec une forte décoction de séné et de mousse de Corse. Plusieurs vers lombrics furent rendus par les selles, et au bout de trois jours l'enfant avait repris si santé ordinaire.

Devons-nous ranger dans la même catégorie le fait suivant, raconté par le docteur Ménard, et intitulé : Lombrics simulant par leur pré» sence une méningite, et expulsés par l'eau froide (2) ?

Un garçon de neuf ans se plaint d'une vive céphalalgie ; au bout de dix-sept jours, l'intelligence s'éteint, la vision s'altère, les mouvements deviennent automatiques : on renonce alors à tout traitement, et l'on se contente de donner de l'eau froide, à la suite de laquelle survient l'expulsion de vers lombrics asstf nombreux. Le malade reprend successivement ses forces et guérit.

Citons un dernier fait publié par le docteur Pierquin sous le litre

(1) Daquin, loc. cit.

(2) Hev. nritfMlM9,p. 226,

ASCARIDES LOUBRICOÏDES. 881

de : Vers intestinaux donnant lieu aux symptômes d'une affection cérébrale (1).

Un enfant de trois ans et demi, atteint de catarrhe et d'ophthalmie, fat pris subitement de somnolence ; il se plaignit de la tête et du rentre ; la langue était rouge sur les bords et à sa pointe, blanche au milieu et parsemée de points rongeât res. Le soir, ûèvre légère, changements fréquents de coloration de la face ; à dix heures et demie, la paupière supérieure de l'œil gauche est consîamr ' ment abaissée : soupirs et plaintes fréquentes; 5 onze heures, la vue est diminuée, délire, rêvasseries, dilatation de la pupille. L'enfant rend quelques fragments de vers par les selles; l'aggravation continue; à trois heures de l'après-midi mouvements convulsifs qui se répètent plus tard. La mort survient trente-six heures après le début.

A l'autopsie, l'encéphale et ses membranes n'étaient le siège d'aucune lésion ; les poumons étalent congestionnés et contenaient quelques tubercules; le cœur était hypertrophié; les intestins étaient sains, et renfermaient quelques débris de lombrics.

Nous n'en finirions pas si nous voulions rapporter tous les faits analogues que renferment les recueils périodiques; nous nous contentons des précédents, que nous soumettons sans commentaires à nos lecteurs.

b. Phlegmasies. — 1° Méningite tubeiwleuse. — Est-il nécessaire de dire qu'à une époque où l'anatomie pathologique n'était pas cultivée, on a dû attribuer aux vers intestinaux des accidents qui dépendaient d'une inflammation simple ou tuberculeuse des méninges cérébrales? On conçoit facilement la facilité d'une pareille erreur; l'existence des lombrics dans l'intestin était, en effet, plus facile à constater anatomiquement que celle des granulations dans les méninges.

Nous ne citerons pas toutes les observations déjà publiées de méningite pris pour une maladie vermineuse, nous en remplirions plusieurs pages; nous nous contenterons de signaler les faits suivants. Le docteur Hangin a rapporté plusieurs observations d'enfants de trois ans, dix ans et neuf ans, qui tous furent pris de convulsions, et qui rendirent en même temps un nombre considérable de vers. Trois guérirent; deux succombèrent. Ces deux derniers étaient atteints d'hydrocéphalie aiguë; on comprend que la présence des vers était tout à fait étrangère aux accidents cérébraux.

2* Phlegmasies diverses. — Si la cause des accidents cérébraux chez les enfants dont le canal intestinal contient un grand nombre de vers intestinaux, est plus ou moins sujette à contestation, les doutes qui s'élèvent dans l'esprit sont bien plus grands quand on cherche à apprécier la part d'influence des entozoaires dans cette prodigieuse quantité de maladies qui ont été énumérées par les auteurs Ainsi,

(1) Journal des pivgrès, 2* série, 1830, t. II, p. 270.

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