MORT 5 IMITE PAU LÉSION DES ORGANES RESPIRATOIRES
à une heure du matin. Douleurs lentes, accompagnées de fréquence du pouls et d'un peu d'agitation. A cinq heures du soir, syncope suivie de symptômes alarmants : résolution complète des membres, alternatives de pâleur et de rougeur violacée à la l'ace, globes oculaires et paupières immobiles, pupilles insensibles à l'action de la lumière, disparition du pouls aux deux radiales ; respiration haute, incomplète, stertoreuse ; expansion pulmonaire obscure ; râles sous-crépitants dans les points auscultés. Mort au bout de cinq minutes.
Autopsie. — Splénisation des deux poumons, qui sont unis aux parois thoraciques par d'anciennes adhérences. Deux cuillerées de sérosité dans le péricarde. Pas de lésion utérine.
Femme de trente et un ans, primipare. Au deuxième mois de sa grossesse, hémiplégie gauche guérie par les évacuations sanguines. A sept mois et demi, vers quatre heures du matin, accès de suffocation qui dure jusqu'à la mort, laquelle a lieu vers sept heures du matin. Pendant ces trois heures, il y avait eu un commencement de travail. Autopsie. Une grande quantité de sérosité limpide dans les deux plèvres. Sommet du poumon droit œdémateux, résistant sous le doigt ; foyer apoplectique du volume d'une grosse noix au bord antérieur du lobe inférieur. Sommet du poumon gauche infiltré comme le droit ; mais hépatisation rouge plus considérable dans le lobe inférieur. Un peu de sérosité dans la cavité crânienne, ramollissement du corps strié droit. Induration cartilagineuse avec concrétion osseuse de la valvule auriculo-ventriculaire gauche ; oreillette du même côté distendue par un caillot sanguin.
Si les faits qui précèdent ne laissent pas de doute sur la part plus ou moins active que la congestion ou l'apoplexie pulmonaire ont pu prendre à la détermination de la mort subite, il n'est pas douteux, d'autre part, que le terrain avait presque toujours été préparé par d'autres processus morbides. Ainsi, chez la malade de Campbell, il avait existé deux bronchites antécédentes, sans compter une hypertrophie du ventricule gauche. Dans le cas où Devilliers a constaté cadavériquement l'existence d'un foyer apoplectique au sommet du poumon droit, il existait un double épanchement pleural et de plus un ramollissement du corps strié droit. Dans l'autre cas, recueilli par cet observateur, le cerveau n'avait pas été examiné. Je ne prétends pas induire de là que la congestion ou l'apoplexie pulmonaire qui frappent de mort subite les femmes enceintes ou en travail, doivent être nécessairement précédées de quelque autre maladie grave, mais j'appelle l'attention des pathologistes sur les affections légères ou sérieuses, aiguës ou chroniques, qui pourraient avoir existé antérieurement et dont la lésion des poumons ne serait plus dès lors qu'une conséquence ou une complication.
Pleurésie, pleuro-pneumonie, asthme. — En dehors de l'état puerpéral, la pleurésie est une cause assez fréquente de mort subite. Il en a été commu-
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niqué un certain nombre de cas à la Société des hôpitaux dans ces dernières années, et j'ai moi-même fait connaître à mes collègues une observation semblable il y a quinze ans. On ne s'étonnera donc pas que, soit pendant la grossesse, soit après l'accouchement, la pleurésie ait pu déterminer des catastrophes aussi inattendues.
J'ai déjà mentionné plus haut, en parlant des morts subites par empoisonnement puerpéral, une observation de Mordret, dans laquelle l'issue fatale reconnaissait pour cause un double épanchement pleurétique. Mais comme il existait en même temps une péritonite, il y a lieu de penser que la malade qui était accouchée à la Maternité avait subi les conséquences pathologiques d'une intoxication nosocomiale.
Ollivier (d'Angers), dans son travail sur les morts subites (1), rapporte le fait suivant : Une jeune fille de vingt-deux ans, enceinte de cinq mois, éprouvait depuis plusieurs jours un malaise qu'elle ne pouvait définir. Un jour, elle se plaint de souffrir davantage et s'habille pour se rendre chez sa sœur. 11 était huit heures du matin. A neuf heures, on entre dans sa chambre, et on la trouve morte, étendue sur le carreau. L'autopsie fit reconnaître que la mort avait été causée par une pleuro-pneumonie double et récente.
J'ai rapporté à l'article Diathése diphthérique une observation de mort subite par bronchite pseudo-membraneuse. On pourrait rapprocher ce cas de l'observation 6 de Delamotte, qui nous montre l'issue fatale survenant à la suite d'un accès d'asthme après l'accouchement.
Marquise de X..., âgée de trente-huit ans, sujette à des accès d'asthme. Devient grosse la quatrième année de son mariage, et souffre davantage de sa maladie pendant sa grossesse et surtout durant le dernier mois. Accouchement naturel; délivrance un peu laborieuse. Pas d'accidents sérieux les jours suivants. Un peu de fièvre le sixième jour. Le soir, la respiration devient fréquente et difficile; la poitrine s'embarrasse et la malade meurt en deux heures.