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Surdité puf.rpicrale

L'est une des variétés de paralysie puerpérale les moins fréquentes. Lependant elle avait été signalée par Hippocrate. A propos de la suppression des lochies, il disait : « Dans cette afTection, l'ouïe devient dure. » Et plus loin : « Les chances de salut ne sont pas nombreuses, et, si la malade guérit, il restera en général cécité ou surdité (k) ■

Itard indique parmi les causes de surdité l'accouchement laborieux (5). Tiedemann considérait la grossesse comme une des causes de la surdité périodique (6).

Dans le but de faire ressortir les suites fâcheuses que peut avoir l'omission

(1) Churchill, The Dublin quarterly Journal of médical Science, mai 1854, p. 257.

(2) Imbert-Gourbeyre, Mém. de l'Acad. imp. de méd., 1861, t. XXV.

(3) Cunier, Amaurose pend. Vaecoucli. Gaz. méd., 1848; Boullay, Gaz, méd., 1853, et Bull, de thérap., 1853, t. XLIV, p. 97 ; Paul Dubois, Bull, de thérap,, t. XXV, p. 143, ann. 1843.

(Il) Hippocrate, Œuvres complètes, trad. E. Littré, des Mal. îles femmes. Paris, 1853, liv. i, t. VIII, p. 101.

(5) Itard, Dict. des Se. med., art. SuRMTÉ.

(6) Tiedemann, Zeitschnft f, die Physiologie, vol. I, p. 272.

PARALYSIES PUERPERALES. 979

de la saignée pendant la grossesse, Portai a cité l'observation d'une dame devenue sourde d'une oreille à une première grossesse, des deux oreilles à la seconde, et qui, à la troisième grossesse, perd la vue d'un (fil. Devenue grosse pour la quatrième fois, elle est saignée et il ne survient aucun accident. On a eu soin de la taire saigner encore dans une autre grossesse, et elle est heureusement BCCQUchée sans aucune suite factieuse (1).

Dans ses Recherches sur les troubles nerveux liés à la grossesse et à l'accouchement, i, C. W. Lever rapporte quatre observations de surdité plus ou moins complète qui ont résisté à tous les traitements employés, et jusqu'à la déli- \ ranec. Dans un de ces cas, il s'agil d'ui.o femme de vingt-trois ans, dont l'ouïe s'affaiblit du troisième au quatrième mois delà grossesse. Cette surdité alla en augmentant jusqu'à la fin de la grossesse et disparut aussitôt après l'accouchement (2).

Dans une lettre particulière adressée à Churchill, Lever s'exprime ainsi : « J'ai vu plusieurs fois le sens de l'ouïe très-altéré pendant la grossesse, reprendre toute sa finesse après l'accouchement. On ru3 pouvait découvrir d'albumine après la délivrance. Quand l'albumine n'existait plus, l'ouïe reprenait toute sa subtilité. »

Churchill ajoute que, dans tous les cas analogues où Lever a examiné l'urine, il a trouvé de l'albumine (3).

Il résulterait de là que tous les faits observés par Lever se rapportaient à une surdité albuminurique.

Cette variété de surdité puerpérale est peut-être, en effet, une des plus communes,

Baudelocque et Gardien ont noté la surdité parmi les prodromes ou les suites passagères de l'éclampsie.

Braun a signalé les bourdonnements d'oreilles et la surdité incomplète comme étant un des symptômes de l'éclampsie.

Une observation de Sabatier note des tintements d'oreille très-vifs dans un cas d'albuminurie puerpérale avec hémiplégie.

« Les organes des sens, dit Burns, surtout l'oreille, sont souvent excessivement sensibles dan» l'éclampsie.

Des citations qui précèdent, il ressort que l'on peut rencontrer dans l'état puerpéral deux variétés de surdité : l'une qui est liée à la grossesse et que l'on peut classer parmi les troubles nerveux sympathiques qu'on observe si fréquemment et en si grand nombre dans le cours de la gestation ; l'autre, la surdité albuminurique, qui est symptomatique de la maladie de Brlght. Tout le monde sait, en effet, que la surdité figure comme l'amaurose parmi les manifestations syniptomatiques possibles de la néphrite albumineusc chro-

(1) Portai, Traité de l'apoplexie, 1812, p. 212.

(2) J. T.. W. Lever, Guy's Hospital Reports, 1847, 2e série, t. V, p. 18.

(3) Churchill, Mal. des femmes, trad. franc. Paris, 1860, p. 1115.

nique. Les écrits de Bright, Frerichs, Routh, Delaire, etc., témoignent de l'exactitude de cette proposition.

Mais il est une troisième variété de surdité, que j'ai fréquemment observée à la Maternité; c'est celle qui apparaît dans le cours des affections puerpérales graves, et notamment de celles qui sont susceptibles de revêtir la forme typhoïde, telles que la phlébite, l'infection purulente, la péritonite, la pleurésie purulente, etc. Dans ces cas, l'amoindrissement plus ou moins considérable de la faculté auditive résulte évidemment de la dépression profonde du système nerveux; elle accompagne la stupeur, la prostration des forces, l'hébétude de la face, l'indifférence de la malade à tout ce qui se passe autour d'elle, l'immobilité dans le décubitus dorsal. Cette surdité n'est, comme dans la fièvre typhoïde, qu'une des expressions symptomatiques de la maladie. Elle disparaît avec elle, quand la guérison a lieu. C'est un signe pronostique habituellement fâcheux.

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