Paralysie de l'olfaction, du goût et de la voix
11 existe dans la science bien peu d'observations relatives à ces variétés de paralysie puerpérale.
Imbert-Gourbeyre assure que l'anosmie a été notée comme une des suites possibles de l'éclampsie. Mais je n'en connais aucune observation.
Capuron a cité un cas de paralysie du goût au neuvième mois de la grossesse. Il s'agit de la femme d'un traiteur, dont la moitié du visage fut frappée de paralysie au commencement du neuvième mois. Les paupières et tous les muscles de la joue gauche étaient dans le relâchement. Cette femme éprouvait aussi une telle perversion dans le goût, que toutes les substances placées 0 sur la langue, même le sel, le poivre et le vinaigre, lui paraissaient douces comme du sucre et du miel (1). (
Dans la quinzième livraison des Annales de la Flandre occidentale, 1855-56, Liégey cite le cas d'une éclamptique à laquelle on fit avaler, après l'attaque, un mélange de kina et de sulfate de quinine. Elle ne manifesta aucune sensation. Quelques heures après, seconde dose, alors que la connaissance était revenue avec la parole. Le sens du goût reparut; aussi le mélange fut-il trouvé amer.
Les deux observations qui précèdent ne sauraient être considérées connue des cas de paralysie du goût bien démontrée. En effet, dans l'observation de Capuron il s'agit, non pas d'une paralysie complète, mais d'une perversion du goût liée à une hémiplégie faciale chez une femme grosse. Quant au cas de Liégey, il nous est impossible d'admettre autre chose qu'une obtusion passagère du sens du goût, comme cela peut avoir lieu chez la plupart des
(1) Capuron, Mo/, des femmes, 1812, p. 459.
PARALYSIES PUERPÉRALES. 981
éclamptiques, dans les premières heures qui suivent 1* attaque. Ce n'est pas là de la paralysie vraie.
Une observation d'aphonie consécutive à des accès éclamptiques a été rapportée par Prestat dans sa thèse sur YÉclampsie (1). La malade, après avoir repris connaissance et recouvré l'usage de ses sens, l'ouïe, la vue, le goût, l'odorat, le toucher, s'obstinait à ne répondre que par signes, ne prononçant que quelques paroles de loin en loin. Cette aphonie ne fut, dit-on, que passagère.
Je ne ferai qu'une remarque, c'est que la malade prononçait quelques paroles de loin en loin. Donc, elle n'était pas aphone.
Une autre observation relatée dans le OEsterr. Wochenschrifft (année 1843) fournirait un exemple d'aphonie plus durable. Il s'agit d'une primipare, âgée de trente-cinq ans, dont les couches furent suivies d'une paralysie de tout le côté droit, sans convulsions antécédentes. Le mouvement et le sentiment se rétablirent peu à peu, mais il resta un mutisme qui finit par céder à l'emploi du Chenopodium ambrosiades.
Il y a lieu de penser qu'ici le mutisme dépendait de la même cause qui a produit l'hémiplégie.
En somme, il est facile de voir que nous ne possédons pas, dans l'état actuel delà science, de faits bien convaincants de paralysie puerpérale portant sur les organes de l'odorat, du goût et de la voix.