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VII. — Paralysies partielles

Je range sous ce chef toutes les paralysies puerpérales qui, ayant frappé un ou plusieurs organes, n'ont pu être classées dans les catégories précédentes. Cet article supplémentaire nous permettra de faire connaître un certain nombre de faits intéressants qui n'auraient pu, sans cela, trouver place dans notre travail.

Paralysies partielles alhuminuriques. — Le Journal de chirurgie de Malgaigne, année 1843, renferme une observation de Robert Johns, relative à une primipare de vingt-six ans, atteinte d'éclampsie après l'accouchement

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et qui, dans les derniers mois de sa grossesse, avait beaucoup souffert de maux de tète avec obscurcissement de la vue et paralysie du bras droit.

Dans son Mémoire sur les spasmes musculaires idiopatbiques et sur la paralysie nerveuse essentielle, Paris, 18^6, Delpech rapporte l'observation d'une femme de trente ans qui, sept mois après un troisième accouchement, éprouva des accidents paralytiques, liés à une albuminurie persistante, dans diverses parties du corps, telles que les membres inférieurs, les bras, les mains, la partie postérieure du cou. Malheureusement il est difficile de considérer cette albuminurie comme puerpérale en raison du laps de temps considérable qui s'est écoulé depuis la parturition.

L'observation 2 de Lécorché (1) nous montre une fille de vingt-six ans, atteinte quatre jours après son accouchement d'un phlegmon du ligament large gauche bientôt suivi de la paralysie du membre inférieur correspondant, paralysie qui dura enviïon deux mois. Puis apparait une anasarque albuminurique, laquelle donne lieu à des convulsions, de la cécité et des troubles généraux assez graves. Guérison au bout de six mois.

La succession des faits dans cette observation ne permet guère de rapporter à l'albuminurie les accidents paralytiques survenus après l'accouchement. En effet, ce n'est qu'après la guérison de ces accidents que sont survenus les phénomènes relatifs à l'anasarque et à l'albuminurie. L'amaurose seule et les convulsions doivent être placées dans ce cas sous la dépendance de la maladie de Bright.

Paralysies partielles traamatiques. — Les seules observations existant dans la science, qui appartiennent à cette variété, ont été rassemblées par Bianchi dans sa thèse sur les paralysies traumaUques des membres inférieurs, Paris, 1867. Nous les résumerons ici très-brièvement. La première est empruntée à Churchill, qui l'a tirée du livre de Romberg (2). Elle est relative à une paralysie de la jambe gauche, paralysie survenue à la suite d'un accouchement par le forceps. Guérison complète au bout de cinq semaines.

Chez une autre malade de Romberg, malade dont Jaccoud a donné l'observation dans son livre (3), le forceps a été nécessaire, mais, quatre heures avant qu'on en fit usage, la malade se plaignit d'un engourdissement dans la jambe gauche, lequel fut bientôt remplacé par des douleurs violentes sur le trajet du nerf sciatique. La compression subie par les nerfs ne donna lieu pendant quelques jours qu'à ces troubles de sensibilité ; mais bientôt il s'y joignit une paralysie des muscles qui meuvent les orteils, avec une anesthésie totale du pied et de la jambe.

(1) Lécorché, Thèse sur les altérations de la vision dans la néphrite albumineuse. Paris, 1858, p. 47.

(2) Romberg, Lehrbuch der Nerven Krankheitev , 3e edit. Berlin, 1837.

(3) Jaccoud, Des paraplégies. Paris, 1864, p. 291.

PARALYSIES PUERPÉRALES. 1009

La même réserve que nous avons dû faire pour la première observation de Romberg, nous parait exactement applicable à la seconde, d'autant mieux que l'emploi du forceps avait été précédé dans ce dernier cas d'un engourdissement dans la jambe gauche.

Une observation rédigée par Bianchi avec les notes qui lui ont été communiquées par Jacquemier et Château, nous parait beaucoup plus significative au point de vue de l'action du traumatisme sur la production de la paralysie. On y trouve mentionnée une paralysie traumatique et persistante de la jambe et du pied gauches, consécutive à un accouchement laborieux et prolongé.

Les vives douleurs ressenties par la malade dans les applications successives de forceps que l'accouchement nécessita, nous autorisent à penser que la paralysie qui se développa ultérieurement dans le membre inférieur gauche relève bien manifestement dans ce cas du traumatisme obstétrical.

Dans une autre observation communiquée par Horand fils à Bianchi (1), nous voyons une fistule vésico-vaginale et une paralysie du membre pelvien droit, se produire à la suite d'un accouchement laborieux. Malheureusement les douleurs ressenties avant la parturition dans le membre inférieur du côté malade, douleurs très-vives et ayant nécessité l'emploi de frictions calmantes, ne permettent pas de faire au traumatisme la part aussi large que le voudrait l'auteur dans cette paralysie partielle. Comme dans les observations de Romberg, il y a lieu de penser que la compression exercée par la tète du fœtus a dû jouer un rôle important ; et les cas de ce genre seraient peut-être à tout aussi bon droit classés parmi les paralysies, non pas traumatiques, mais par compression des cordons nerveux.

L'observation recueillie par Bianchi lui-même à la Charité de Lyon, nous montre une fistule vésico-vaginale et une paralysie atrophique succédant à un accouchement difficile, et les accidents prédominant dans la sphère de distribution du sciatique poplité externe (2). Au bout de six semaines, on avait obtenu une amélioration assez grande pour que la malade pût quitter l'hôpital en marchant seule à l'aide d'une canne, mais avec un peu de claudication.

Un aussi petit nombre de cas que ceux que nous avons rapportés de paralysies traumatiques, ne permet pas d'en tracer l'histoire, mais nous appellerons avec Churchill, Romberg et Bianchi l'attention sur ce point que les paralysies affectent le plus souvent un seul membre. Il semblerait même d'après la dernière observation, celle de Bianchi, qu'elles tendent à se circonscrire dans une région déterminée du membre inférieur.

Le pronostic de ces paralysies partielles n'est pas très-grave, et, malgré l'atrophie qui peut en être la conséquence, les malades finissent toujours par recouvrer plus ou moins complètement l'usage de leurs membres. Bien différentes des paralysies réflexes qui disparaissent en quelques jours ou quelques

(1) Bianchi, Thèse citée, p. 57.

(2) Bianchi, loc, cit., p. 60.

HERMEl'X .

semaines au plus après l'accouchement, les paralysies traumatiques régnent habituellement plusieurs mois et parfois même plus d'un an.

Paralysies partielles réflexes. — Parmi les cas qui pourraient être rattachés à cette variété de paralysies, nous citerons :

1° Une observation de Lever (1), relative à une paralysie incomplète de la face et de plusieurs membres, survenue pendant la grossesse et guérie après l'accouchement.

2° Un cas de paralysie du membre supérieur droit développée pendant la grossesse et guérie après l'accouchement (2),

3° Une observation de paralysie du membre inférieur droit pendant l'état de couches, paralysie qui était manifestement en voie d'amélioration, quand la malade lut prise d'une péricardite et succomba en moins d'une semaine (3).

Il" Une paralysie de la face et du bras survenue après l'accouchement et suivie d'une prompte guérison (4),

5° Une observation de Robert Jones (5), relative à une fille de dix-neuf ans, entrée à l'hôpital avec une céphalalgie violente et une paralysie douloureuse du bras droit, et qui accoucha huit jours après sans convulsions.

Paralysies partielles de causes diverses. — Chomel a cité dans sa clinique, 1845, une observation de paralysie du bras gauche chez une femme récemment accouchée et qui guérit en cinq à six semaines. L'éminenl clinicien a qualifié cette paralysie de rhumatismale.

Un mémoire de Landry sur l'emploi du chloroforme et des narcotiques dans certaines paralysies (6), renferme une observation de paralysie hystérique pendant la grossesse, paralysie qui guérit aussitôt après l'accouchement. Une lecture attentive de cette observation nous a conduit à penser que les accidents qui y sont décrits, bien que ne différant en rien de ceux qu'on observe dans l'hystérie, pouvaient être cependant à tout aussi bon droit rattachés à l'action réflexe, attendu que la malade n'avait jamais présenté, antérieurement à la grossesse, de phénomènes hystériques.

(1) Lever, Guy's Hospital Reports, 1847, vol. V, p. d2.

(2) Lever, /oc. cit., p. 14.

(3) Beatty, Second Report of the New-Lying in Hospital. [Dublin Journal, 11C série, \ol. XII, p. 304).

(4) Ley in Bell, On the nerues, app. n° 85.

(5) Roberl Jones, Journal de Malgaiyne, 1843.

(6) Landry, Monit. des hôp., 1857, n° 48.

TÉTANOS PUERPÉRAL.

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