‹ Traité clinique et pratique des maladies puerpérales suites de couches [electronic resource]Chapitre 88 sur 136 · ÉRYSIPÈLE · texte numérisé non relu

ÉRYSIPÈLE

ment de phénomènes généraux graves susceptibles d'en imposer pour une phlébite avec infection purulente : frissons, fièvre, soif, sécheresse de la langue, fuliginosités des lèvres et des dents, vomissements, diarrhée, abattement, pâleur de la face, dyspnée, délire, etc. L'autopsie ne justifie pas toujours cette supposition.

Des observations que j'ai rassemblées, il résulterait encore que l'érysipèle de la face se termine le plus habituellement d'une manière favorable. Il n'en est pas ainsi de l'érysipèle du siège et des membres inférieurs. C'est dans cette variété que j'ai rencontré le plus souvent la terminaison par suppuration et par gangrène. La mort en était alors la conséquence habituelle.

Parmi les faits que j'ai cités se trouvent deux cas d'érysipèle pendant la grossesse. Les deux malades ont guéri, mais l'une d'elles a accouché prématurément.

Isoler les femmes en couches atteintes de cet exanthème, les éloigner s'il est possible du milieu où elles ont contracté la maladie, les placer dans de bonnes conditions d'aération, prévenir par des soins assidus de propreté, par le renouvellement quotidien de l'air, des alèzes et des pièces de pansement, l'accumulation des principes miasmatiques qu'engendrent les sécrétions lochiale, lactée, intestinale, etc.; s'opposer à toute communication de la malade avec les personnes du dehors, mais plus spécialement avec les femmes grosses, les jeunes filles ou les jeunes enfants, telles sont les précautions hygiéniques qu'impose au praticien le développement de l'érysipèle puerpéral.

Quant aux moyens thérapeutiques proprement dits, ils ne diffèrent pas de ceux auxquels on est accoutumé de recourir dans cette maladie ; mais la connaissance des causes locales susceptibles d'engendrer l'érysipèle nous oblige à l'emploi de quelques soins spéciaux qu'il ne sera pas supertlu d'indiquer.

Lorsque l'érysipèle reconnaît pour cause l'irritation produite par l'écoulement de lochies abondantes ou fétides sur la marge de l'anus, les fesses et la face interne et supérieure des cuisses, les injections avec les infusions de camomille, de thé vert, avec l'eau aiguisée par l'alun ou l'alcool camphré, mais surtout avec l'eau chlorurée au quinzième ou au douzième, suivant les cas, constituent les meilleurs moyens de combattre la lésion initiale.

S'il existe à la face interne des grandes ou des petites lèvres des déchirures ou des eschares dont la formation ait servi de point de départ à l'exanthème, des plumasseauxde charpie imbibée d'eau chlorurée, ou des éponges trempées dans ce même liquide, devront être placés entre les grandes et les petites lèvres, de manière à modifier par leur action absorbante, caustique et désinfectante à la fois, les surfaces malades.

Dans les cas où les régions fessière et sacrée sont le siège de ces ulcérations qui succèdent si fréquemment chez les femmes en couches à une éruption érythémateuse et phlyeténoïde, je ne connais pas de meilleur mode de pan-

sèment que le son répandu en couche assez e-'paisse sur la partie du lit où repose le siège.

Si une collection purulente profonde du membre inférieur, qu'elle provienne d'une phlébite locale ou d'une phlébite utérine avec infection purulente, avait donné lieu au développement d'un érysipèle de la cuisse ou de la jambe, l'ouverture de cette collection est le seul moyen efficace d'arrêter les progrès de l'exanthème.

Quant à ces érysipèles de la face qui sont déterminés par un eczéma du nez, des lèvres ou des oreilles, par une conjonctivite, par une angine, par une stomatite, par un impétigo du cuir chevelu, etc.; il va de soi qu'on doit leur opposer tout d'abord l'emploi des agents les plus propres à guérir ces lésions locales.

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